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23/12/2007

"ERREUR" DE JEUNESSE ...

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Je ne vois pas pourquoi on cherche des poux dans la tête de Miss France. Elle est si parfaitement emblématique de notre société « progressiste » vouée à la dérision ciblée et à la vulgarité satisfaite qu’on devrait la féliciter au contraire. Et puis, franchement, dans le tableau que présente ce pays aux yeux du monde à l’heure actuelle, elle ne dépare nullement. Elle est tout à fait à sa place, elle aussi.

Pourquoi ne pas s’interroger plutôt sur les dessous de cette innocente photo ? Qui l’a commandée ? Qui l’a prise ? Pour qui ? Pourquoi ? Il paraît que ce serait  -  sorti de la fraîche bouche de Miss France -  une « erreur de jeunesse ». Maintenant qu’elle est une femme mûre de 22 ans, sûr qu’elle ne referait pas ce genre d’enfantillages. D’autant que la tartufferie ambiante va le lui faire payer au prix fort.

Pour nous changer les idées et nous rafraîchir un peu, je vous propose, envoyée par un correspondant du blog, une affiche qui nous vient de la dernière campagne de Russie. Celle des législatives, bien sûr. Elle porte le slogan Paix et Pain, émane du parti agraire russe et reprend les couleurs du drapeau ukrainien : ciel bleu sur champs de blés dans les steppes. Le parti agraire n’a pas fait de miracles aux dernières élections, mais il faut reconnaître qu’il a de superbes affiches.

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Finalement, ces deux images sont emblématiques de deux mondes que tout oppose et entre lesquels passe - et passera de plus en plus - le vrai clivage politique : l’enracinement et l’identité prenant sa source dans la terre et la tradition, d’un côté, et de l’autre, le matérialisme effréné et le rejet par la dérision de toute valeur transcendante.

07:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : licra, anne, kling, miss, france

20/12/2007

DEBARRASSEZ-VOUS D’URGENCE DE LA TELE : PREMIER PAS VERS LA RECONQUETE !

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La lecture des programmes télé d’hier soir m’a une fois de plus plongée dans le ravissement. Je passe sur les broutilles, genre Al Andalus, l’Espagne et le temps des califes, sur Arte, où l’on apprenait en résumé que « La présence arabe en Espagne entre le milieu du VIIIe siècle et le début du XVIIe siècle est l’un des chapitres les plus passionnants de l’histoire culturelle européenne ». Bigre ! Si je comprends bien, heureusement qu’ils ont occupé l’Espagne, car sinon, on en serait sans doute encore à l’âge des cavernes. Message sous-jacent à l’usage du téléspectateur lambda :  vous voyez bien qu’ils ont parfaitement leur place chez nous.

Ou encore, juste à côté, sur Canal +, une docu-fiction finement intitulée Mauvaise foi : « Une jeune femme enceinte et son compagnon décident de vivre ensemble. Elle est juive, lui musulman. Le plus difficile est de l’annoncer aux familles ». Avec en commentaire, mais vous l’aurez deviné : un beau plaidoyer pour la tolérance. Là, je me pose juste une petite question : l’enfant, après, il sera juif ou musulman ? Je parierais que la tolérance, quand les problèmes précis se poseront, trouvera vite ses limites …Mais la télé ne sera plus là pour nous le montrer.

Non, en fait, ce que j’ai réellement adoré, c’est Les braqueuses, sur Frisson. Là je dois dire que j’ai été bluffée. Alors, le résumé, c’est : « Quatre femmes éprouvées par la vie, qui se retrouvent à vivre ensemble dans la même maison à Montélimar, forcent le destin en cambriolant une banque ».

Et le commentaire vaut le détour aussi: le film type que l’on aimerait adorer à cause de ses formidables actrices et de son sujet sympathique. Mais la réalisation trop paresseuse rend cette comédie pesante et caricaturale. Dommage.

J’ai certainement dû rater bien plus qu’un épisode du feuilleton depuis le temps lointain où l’on m’enseignait que braquer une banque, c’était mal. Apparemment, maintenant, c’est devenu plutôt sympathique, du moment qu’on a été éprouvé par la vie. C’est ce qui fait toute la différence. Le téléspectateur lambda est donc en droit de conclure : quand on a été éprouvé par la vie, on a le droit de braquer une banque. On ne fait que se rembourser, en somme.

Notez bien que je ne critique pas. Quand on voit ce qui se passe au sommet de l’Etat, il est tout à fait admissible de voir les choses sous cet angle. 

Non, ce qui me fait froid dans le dos, c’est de constater le délitement de pans entiers de valeurs qui soudaient il y a encore une génération les habitants de ce pays et qui faisaient de lui une communauté nationale. A la place, des communautés étrangères se sont imposées et on fait voler en éclats une cohésion qui avait certes ses faiblesses, mais aussi sa grandeur et sa force. En laissant à la place des individus plutôt paumés, des consommateurs qui dépensent, des citoyens qui ne pensent plus.

Peut-être est-il nécessaire qu’avant une éventuelle recomposition et renaissance, la décomposition soit totale et la décadence achevée? Dans ce cas-là, on est bien partis. Et la télé nous offre un miroir implacable de ce qu’est devenue notre société. Ou plutôt de ce qu’on voudrait que les gens croient qu’elle est devenue. Ce qui n’est, heureusement, pas tout à fait la même chose.

18/12/2007

L’ESCAMOTEUR ET LES PIGEONS

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Ce tableau de Jérôme Bosch a été peint entre 1475 et 1480. Il est également appelé Le Jongleur, Le Tricheur ou Le Charlatan.

Dans tous les cas de figure, il montre un bonimenteur qui excelle à détourner les yeux du pigeon de l’essentiel pendant qu’un comparse le déleste de sa bourse et que des personnages goguenards se paient sa tête en prime.

 

Tous ceux qui y verraient une analogie avec la situation qui prévaut dans ce pays auraient parfaitement raison. C’est très exactement le stade où nous sommes arrivés.

Et puisque nous en sommes au chapitre des métaphores, je vous offre en plus une Fable de Jean Anouilh écrite en 1961. Elle s’intitule Le rat 

Un rat sortait de l’Opéra :

Plastron blanc et cravate noire ….

C’était un rat dont tout Paris savait l’histoire.

On disait que pendant l’occupation des chats,

Il avait stocké du gruyère.

Il était décoré pourtant, de mine fière,

Mais de cette fierté incertaine des rats.

Il est rare que ces gens-là

Aient la conscience tranquille …

Portant beau, poil lustré et ras

Ongles faits par les manucures ;

Costumes du meilleur tailleur ;

Dès qu’il sort de l’égout et se fait place en ville

Un rat a voiture

Et chauffeur,

Chevalière d’or, jolies filles.

Cette race toujours inquiète

A besoin pour se rassurer

De s’entourer de beaux objets

L’illusionnant sur sa puissance :

C’est un défaut qui tient au manque de naissance.

Le chauffeur de mon rat, un gros chien du pays,

Décoré d’ailleurs, lui aussi,

Pour avoir combattu les chats héréditaires

Lors de la précédente guerre,

Acceptait ses hauteurs sans lui montrer les dents

Tant le prestige de l’argent

Est, hélas ! puissant chez les bêtes …

« C’est un rat, disait-il, mais c’est un rat honnête.

Il en est. Et la preuve est qu’il est décoré. »

Ah ! mon Dieu que les chiens sont bêtes !...

Pauvres niais abusés, lisant journaux de rats,

Qui ne sauront jamais que ce que rat dira.

 

Ce soir-là, saluant son maître à la portière,

Le chien ravi lui fit le salut militaire.

Il exultait. La vie lui paraissait plus belle.

Il dit : « Monsieur sait la nouvelle,

Que, pendant que Monsieur écoutait l’opéra,

A donnée la radio ? » - « Qu’importe, dit le rat

Lassé, montant dans son automobile ;

Laissons la radio à un peuple imbécile –

J’ai mes informateurs. » - « Quoi, Monsieur ne sait pas ?

Je crois, Monsieur, qu’il faut, tous deux, qu’on s’y remette

Si on veut faire place nette.

La radio nous annonce une invasion des chats.

Il va falloir tuer tout cha ! »

(Il prononçait à l’auvergnate

Etant chien de Clermont-Ferrand.)

Le rat, entendant

Ces mots, bondit soudain des quatre pattes.

Laissant l’engin de luxe aux portes nickelées,

Dépouillant son plastron, sa pelisse fourrée,

Jetant sa canne et son chapeau

Rat nu, en poil de rat,

Comme au jour de naissance,

Le rat ne fit qu’un bond jusqu’à l’égout voisin

D’où il cria au sot :

« Apprenez, sotte engeance,

Que la race des rats a bien d’autres desseins !

Un rat gras à New York vaut un rat gras à Vienne

Ou à Paris.

Courage, mon ami !

Défendez le pays :

Et lorsque nous aurons enfin

Vaincu la race des félins,

Informez-moi, que je revienne. »

 

13/12/2007

ET VOILA, TOUJOURS ABANDONNES!

256fae8f48836344f03c5d291df4788d.jpgLe dernier National Intelligence Estimate (NIE) a été publié la semaine dernière à Washington et a fait du bruit: il estime en effet que l’Iran a cessé de poursuivre son programme nucléaire militaire depuis 2003.

Le NIE est un document sérieux, produit par 16 agences américaines de renseignements relatifs à la sécurité nationale et destiné à éclairer les décisions des responsables politiques. L’administration Bush en général, et Dick Cheney, le vice-président en particulier, ne souhaitaient nullement cette publication qui vient entraver les efforts des va-t-en guerre obsessionnels. Mais impossible de l’empêcher.

Les spécialistes du renseignement relatif à la sécurité du pays ont ainsi conclu que l’Iran ne constituait  pas à ce jour une menace réelle, ce qui semble réjouir les dirigeants du Pentagone, largement réticents à toute action militaire des Etats-Unis contre ce pays. Ne serait-ce que pour ne pas ouvrir un nouveau front, ultra dangereux, à un moment où les troupes américaines sont copieusement enlisées ailleurs.

9252275aa573a0d4a9b74cfd8a228f0c.jpgEn Israël, par contre, vive a été l’indignation à la parution de ce rapport, l’Etat hébreu y voyant une reculade de la part de son grand allié et ami indéfectible. Du coup, chose inhabituelle, le chef d’état-major des forces armées américaines, l’amiral Mike Mullen, a fait une visite éclair en Israël ce lundi pour tenter d’apaiser les esprits. Inhabituelle car il paraît que cela faisait dix ans qu’un chef d’état-major US en exercice ne l’avait fait.

Cette visite s’est passée dans un climat de grande nervosité, accru par le fait que les Israéliens redoutent un désengagement des Etats-Unis d’Irak et d’Afghanistan, qui les isolerait plus encore. Mike Mullen a bien sûr assuré ses hôtes de la profonde amitié des USA et de leur souhait de « renforcer » davantage encore l’armée israélienne. Mais côté israélien, on n’est pas dupe.

D’autant que Mullen a fait tout récemment aux Etats-Unis des déclarations plutôt alarmistes sur la situation … au Kosovo, qui pourrait dégénérer à nouveau, entraînant des réactions en chaîne. D’où éventuellement le risque d’un nouveau front qui impliquerait à nouveau les Etats-Unis. Rien que du bonheur en perspective…. Il faut savoir que Mullen était précédemment commandant des forces armées de l’OTAN dans les Balkans, il connaît en principe le sujet.

Bref, les officiels israéliens commencent à se sentir mal aimés ou plus exactement, plus tout à fait au centre de l’attention de Big Brother comme ils le souhaiteraient.

Leur réaction est très caractéristique de ce type de situation: puisque c’est comme ça, on ira tous seuls et on se débrouillera tous seuls. De toute façon, depuis toujours, on est seuls au monde, alors … Je schématise bien un peu, mais l’essentiel est là.

Ceci dit, des propos menaçants à l’attaque effective de certaines cibles iraniennes - sans l’aide des Etats-Unis - il y a plus qu’un pas. Un abîme. Pour l’heure, les responsables israéliens de la défense réaffirment haut et fort leur détermination inébranlable à « assurer la survie du pays ». Ils ont commencé à passer en revue tous les moyens de restructurer, de réorienter et d’adapter leurs moyens militaires à cette nouvelle donne. Car eux aussi se trouvent confrontés au problèmes des fronts multiples : Gaza, Liban, Syrie, etc.

Là où l’on voit à quel point sont manipulées ou occultées les données, dans le but de poursuivre envers et contre tout le dessein que l’on s’est fixé, c’est qu’il y a deux ans, en août 2005, un autre rapport NIE avait déjà conclu que l’Iran était bien loin de pouvoir atteindre l’arme nucléaire. Qu’il lui faudrait au moins dix ans pour y parvenir. Alors même que l’administration Bush, pressée d’aller en découdre, soutenait mordicus que l’Iran était à deux doigts d’y arriver et qu’il fallait se dépêcher. Depuis, elle avait agi en conséquence, faisant continuellement monter la pression, avec l’aide d’Israël.

Apparemment, les choses ont quand même évolué et des voix américaines plus raisonnables - ou  simplement plus lucides - semblent se manifester davantage.

15:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : licra, anne, kling, mullen, NIE, iran, isarel

12/12/2007

SOUFFLONS UNE BOUGIE !

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Notre blog a aujourd’hui un an. Je dis « notre » car je le considère comme une œuvre collective, vos messages et commentaires m’ayant ouvert de nombreux horizons et appris beaucoup de choses.

 

J’ai moi-même évolué sur bien des points et approfondi ma réflexion sur pas mal de sujets. Ayant créé ce blog sur suggestion d’autrui, avec réticence, j’ai au fil des mois été captivée par ce rendez-vous quasi quotidien qui me demande beaucoup de temps, d’énergie, de travail, mais me le rend très largement.

 

J’espère que nous aurons encore un bon bout de route à faire ensemble.

(N’oubliez quand même pas de lire l’article suivant, car aujourd’hui, il y en a deux. Soyons fous !!)

11/12/2007

ISRAELIS, GO HOME !

71d51f467e29a2cbd0b02aef57b238db.jpgA l’heure actuelle, il y aurait - chiffres gouvernementaux - environ 700 000 Israéliens ayant fait le choix de quitter leur pays natal pour des cieux plus cléments: 60% d’entre eux vivent aux USA, 25% en Europe, et le reste à travers le monde.

Ces « déserteurs », assez ingrats pour abandonner le navire en péril, ont longtemps été traités par le mépris et désignés sous le terme péjoratif de yordim. Mais voilà que les temps changent. Dans un contexte démographique qui se dégrade, tous les apports possibles et imaginables sont désormais requis et les officiels ont cessé de faire la fine bouche devant les yordim.

Bien au contraire. Une grande offensive de charme vient d’être lancée par le ministère de l’Immigration (Immigrant Absorption Ministry) pour inciter les expatriés à rentrer au bercail. Elle s’intitule Bring Israelis Back Home. « Nous voulons faire passer le message que nous ne sommes plus écoeurés par le fait qu’ils ont décidé de partir, que nous comprenons pourquoi ils l’ont fait, et que nous souhaitons juste qu’ils reviennent » a déclaré le porte-parole du ministre. C'est qu'il s’agit d’une population jeune, entreprenante, d'un bon niveau général, dont 70% a entre 20 et 44 ans, et dont l’absence se fait cruellement sentir de multiples façons.

Pour les décider à rentrer, la fibre patriotique a bien sûr été titillée, car Israël fêtera son 60e anniversaire l’an prochain – je suppose que nous aurons l’occasion d’en reparler – mais pas seulement. Des avantages plus matériels et des incitations plus directes ont été prévus, et des crédits débloqués en conséquence. Comme le souci premier de ces ex-expatriés potentiels est de retrouver le même niveau de vie, des efforts ont été consentis dans ce sens, s’agissant des assurances médicales, d' emplois équivalents, de l’éducation des enfants.
De grandes entreprises israéliennes ont joué le jeu, débloquant un certain nombre de postes pouvant leur convenir. Une agence de placement style Manpower a même été installée pour s’occuper des problèmes spécifiques. Pour bénéficier des mesures incitatives mises en place, il faudra cependant avoir séjourné à l’étranger pendant au moins deux ans. Il paraît que 4 000 Israéliens sont d’ores et déjà rentrés cette année.

Faire revenir les yordim c’est bien, mais faire en sorte que les jeunes Israéliens restent au pays et ne soient pas tentés de partir eux aussi, c'est mieux. C’est à cela que va s’attaquer en parallèle le gouvernement. Qui a pris conscience que ces départs entraînaient des risques autrement plus grands qu’un manque à gagner économique ou des capacités perdues. C’est l’identité juive qui est en péril.

Une  étude inquiétante vient en effet de révéler que les enfants des yordim étaient en grand danger de perdre leur identité juive et israélienne. Car, vivant à l’étranger, ils avaient une fâcheuse tendance à s’assimiler. Terrifiant, isn’it ? Figurez-vous qu’un quart des jeunes Israéliens vivant en Europe font des mariages mixtes – quelle horreur – et que 60% d’entre eux n’appartiennent plus à aucune communauté juive et ne participent plus à des activités juives. Vous voyez d’ici le danger. Ils ne suivent même plus l’exemple de leurs parents qui, eux, tiennent malgré tout à conserver leurs racines.

Pour pallier ce danger, le ministère israélien de l’Education nationale a notamment prévu des cours renforcés d’hébreu à l’intention des enfants des yordim qui rentreront. Cours qui constituent dans son esprit une incitation supplémentaire au retour.

source:  www.jpost.com  

14:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : licra, anne, kling, yordim, israel

09/12/2007

PETIT BILLET DE (TRES MAUVAISE) HUMEUR

Je suis allée à la FNAC et au rayon politique/société, je suis tombée sur deux méga-présentoirs, du style trois colonnes en largeur sur quatre étages. Pour les rater, il fallait vraiment le faire exprès. Alors, à gauche, vous aviez les mémoires de Simone Veil, intitulées Une Vie. Je suppose que vous n’ignorez pas que Simone Veil, 80 ans, est rescapée d’Auschwitz et que c’est en rescapée qu’elle a traversé le reste de son existence. Elle a beaucoup de choses à raconter.

Et à droite, c’était Michel Drucker qui nous interpellait anxieusement sous le titre Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Il paraît que lui aussi se raconte pour la première fois. Comme je n’ai pas acheté le livre, je ne sais pas s’il y parle également de son père Abraham, qui était médecin-chef du camp de Drancy. En tout cas, lui aussi se considère comme un survivant : oui, il est le seul rescapé de la télévision de grand-papa à être toujours en activité.

J’ai pensé fielleusement qu’ils en avaient, de la chance, d’avoir de si beaux présentoirs et que moi par exemple … Je me suis alors retournée et tenez-vous bien – je vous jure que c’est vrai – juste derrière moi, il y avait d’autres présentoirs tout aussi grands et beaux où cette fois on trouvait :   

A gauche, un Abécédaire mal pensant de Jean-François Kahn. Achetez-le si vous voulez savoir ce qu’est un hérisson : « Animal tiré à beaucoup plus que quatre épingles » ou un kangourou : « Mammifère de l’ordre des marsupiaux. A investi beaucoup en Australie et en fut de sa poche » ou encore un Arno Klarsfeld: «Avocat judéo médiatique (…), candidat aux élections législatives de juin 2007 dans le 20ème arrondissement de Paris, il a expliqué qu’il connaissait l’arrondissement parce qu’il l’avait traversé à la course. C’est sans doute ce qu’on appelle être à course d’arguments. Il n’a pas réussi à convaincre les électrices qui, elles, y font leurs courses».

Dieu, que je suis mauvaise langue. Mais ils m’agacent aussi, à la fin. Parce que juste à côté, sur la droite, vous aviez un bouquin de Jacques Attali intitulé Amours – Histoires des relations entre les hommes et les femmes. Quel homme éclectique, soit dit en passant. Comment fait-il pour avoir ainsi un avis définitif et autorisé sur toutes choses en ce bas monde?

Voilà. Ces quatre titres, je ne vous mens pas, sur 1 mètre carré maximum. Heureusement que nous savons tous que la France est un pays odieusement antisémite, car sinon, qu’est-ce que ce serait !

Et dans tout ça, pas le moindre petit bout de fond de rayon pour La France LICRAtisée. Franchement, vous trouvez ça normal, vous?

07/12/2007

GARRY KASPAROV, LES ETATS-UNIS ET LES IDIOTS UTILES…

Vladimir Poutine a remporté haut la main les élections législatives en Russie, ce qui a fait tordre le nez à l’Union européenne toujours prompte à donner des leçons et à chercher la petite bête démocratique…chez les autres. Normal, quand on est soi-même irréprochable sur la question, quand on prend scrupuleusement en compte tous les souhaits exprimés par le suffrage dit universel et qu’on permet à toutes les opinions de participer au débat et d’avoir des élus, normal, dis-je, dans ces conditions, d’être si exigeant pour les autres.

La France, justement, modèle s’il en est de démocratie appliquée, a cru bon de faire savoir par la bouche de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, qu’elle craignait beaucoup que ces élections n’aient pas été aussi régulières qu’il eût été souhaitable. "Force est de constater qu'il y a certaines allégations, que ces allégations sont fortes et qu'il serait temps que toute la lumière soit faite et que la Russie se comporte de ce point de vue-là comme toutes les démocraties. Il y a du progrès à faire", a-t-il indiqué. Sur ce point, je suis bien d’accord avec lui, il y a du progrès à faire…ici, pour commencer.

Les Etats-Unis n’ont pas été en reste de critiques, mais là se joue un jeu entre puissances - USA, Russie - qui laisse l’Union européenne au bord du chemin, juste bonne à jouer en écho la voix de son maître. Et c’est là qu’intervient Garry Kasparov et le drôle de jeu qu’il joue aux Etats-Unis contre Poutine, qu’il vient formellement d’accuser d’avoir truqué les élections.

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Né Garri Weinstein en Azebaïdjan en 1963, il a pris plus tard le nom de sa mère arménienne, Kasparyan, qu’il a russifié en Kasparov. Il est devenu le champion du monde d’échecs bien connu, cela chacun le sait, mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il est également un militant politique de longue date. Et que son parcours est à première vue étonnant.

En 1984 – il a donc 21 ans – il adhère au parti communiste soviétique et sera élu en 1987 au comité central du Komsomol ( les jeunesses communistes). Il quitte le Parti en 1990, mais poursuit son activisme, soutenant notamment la candidature de Boris Eltsine.

Il fera le grand saut en 2005, après son retrait officiel du monde des échecs. Il crée le United Civil Front, mouvement destiné à préserver la « démocratie électorale » en Russie. Il est dès lors un adversaire virulent de Poutine. Il participera également à la création de la coalition L’Autre Russie, qui accueille diverses formations, dont le National Bolshevik Party. Sûrement un modèle de démocratie électorale.

L’Autre Russie n’a pas pu se présenter à ces élections législatives, faute d’avoir pu se faire enregistrer. Pour quelle raison, je l’ignore. Ce qui est certain en revanche, c’est que cette coalition plutôt hétéroclite est pratiquement ignorée par les Russes, mais chouchoutée en occident, allez savoir pourquoi.

Dans le cadre de son combat démocratique contre Poutine, Kasparov a été arrêté fin novembre et incarcéré durant cinq jours à Moscou. Mais ne soyez pas trop tristes, comme la nourriture de la prison ne lui convenait pas, et sous la pression de la presse occidentale qui hurlait à la mort, il a pu recevoir des colis de chez lui. Sympa quand même. Il faut donc croire que Poutine n’est pas encore tout à fait Staline, comme il le prétend.

J’ai failli oublier de préciser que Kasparov avait reçu en 1991 le Keeper of the Flame Award décerné par un think tank de Washington consacré aux questions de sécurité nationale, le Center for Security Policy, pour « résistance anti-communiste et propagation de la démocratie ».

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Curieux, déjà pour un ancien communiste - tiens, il venait tout juste de quitter le Parti… -  mais surtout quand on sait que cette récompense est en principe attribuée aux "individuals for devoting their public careers to the defense of the United States and American values around the world"  (« individus consacrant leur carrière publique à la défense des Etats-Unis et des valeurs américaines partout dans le monde »). Un prix décerné également à Paul Wolfowitz, Richard Meyers ou Donald Rumsfeld, tous colombes bien connues.

Kasparov était même membre du comité directeur de ce think tank - en compagnie notamment de Richard Perle -, mais il s’en est retiré depuis peu, c’était un peu trop voyant.

Il continue par contre à collaborer au Wall Street Journal de Rupert Murdoch, ce qui lui fournit une tribune prestigieuse d’où lancer ses tirades venimeuses contre le président russe. Car il compte se présenter l’an prochain à la présidentielle. En Russie, bien sûr.