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28/02/2008

TAISEZ-VOUS KOUCHNER !

Si vous voulez vous marrer un brin, je vous conseille fortement la lecture de cette tribune libre parue ce jour chez Guysen.com …

Tss, tss, Bernard, dangereux de franchir la ligne rouge, non?

http://www.guysen.com/articles.php?sid=6807&titre=Tai...---- 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14:17 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

27/02/2008

COMBIEN D’ENFANTS JUIFS OU NON MORTS EN DEPORTATION PARRAINABLES PAR LES ENFANTS DE CM2 ? 1.240 ou 13.000 ?

Mon correspondant (voir note Izieu) est en train de se livrer à une enquête très intéressante au pays des chiffres. Je vous livre ci-après un extrait de ses conclusions. Vous allez penser que nous accordons beaucoup d’importance à cette nouvelle lubie présidentielle. C’est que nous atteignons là un point qui sera peut-être (soyons optimistes) LE point d’achoppement qui permettra enfin au troupeau de moutons d’ouvrir au moins un œil. En tout cas, la chose est vitale car ce sont à présent nos enfants – et petits-enfants – qui sont dans le collimateur, prêts pour le méga conditionnement à vie. Il va falloir se bouger.

 

"Le comptage des morts n'est certes pas une activité très attrayante, mais l'exploitation des morts est abjecte. Je me suis procuré sur Internet, sur un site accessible à tous, le fichier complet et à jour des 51.100 personnes décédées en déportation tel que paru au Journal Officiel de la République Française. http://mortsdanslescamps.com/general.html

Le lecteur de ce qui suit possède ainsi toutes sources pour se livrer à vérification.

Pour mémoire, on estime à 600.000 le nombre total de morts militaires (250.000) et civils (350.000) en France. Je dis bien EN France et non Français : les statistiques sont incroyablement floues sur ce sujet mais le fichier référencé ci-dessus comporte par exemple 7.709 personnes nées en Pologne et 4543 nées en Espagne  sur un total de 51.100 noms soit plus de 20% pour ces deux seuls pays!

J’ai compté sur Excel les gosses JUIFS ET NON JUIFS (le fichier ne donne évidement pas l’ethnie) décédés en déportation sur ce fichier dit «Journal Officiel » de 51100 noms :  3 601 mineurs DE TOUTE ORIGINE (nés de 1926 à 1944 inclus donc 0 à 18 ans).

Le compte des Klarsfeld qui fait autorité dans les médias inclut des « jeunes » de 19 et 20 ans qui n’étaient plus vraiment des enfants mais vraisemblablement, pour beaucoup, des combattants. Exemple : Simone Veil née en 1927 devint résistante en 1943 donc à 16 ans http://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Veil . Autre exemple : « Nous considérons comme jeune un résistant ayant entre 10 et 25 ans. »  http://pedagogie.ac-toulouse.fr/col-r.roger-rieumes/resistance/jeunes_resistance.htm et bien entendu Guy Môquet militant communiste / résistant arrêté à 16 ans.

A noter que dans le cadre du parrainage par les petits de CM2, on imagine mal le parrainage d’un homme de 20 ans par des gosses de 9 ans!

Si on s’en tient aux enfants décédés en déportation de moins de 10 ans «parrainables» par les CM2 : 1 240 mineurs DE TOUTE ORIGINE!

On est bien loin des 11.000 enfants JUIFS exclusivement proclamés urbi et orbi, en particulier par les Klarsfeld dont on trouvera le comptage en annexe 1.

Pour comprendre comment les Klarsfeld arrivent à leur chiffre, c’est très simple : il suffit de lire le titre de leur tableau : « Nombre d’enfants déportés » et non « Nombre d’enfants décédés en déportation ».

On dira que presque tous les enfants déportés sont morts en déportation (ce qui est invalidé par les photos de libération des camps, entre autres – voir annexe 3) mais alors pourquoi M. Klarsfeld ne peut-il, selon son propre aveu, donner le nom et l’âge des 2000 autres enfants qui lui permet d’atteindre le nombre de 13.000 ? Pas assez de détails dit-il. Pas assez de détails mais alors d’où vient ce nombre de 2000?

Les Klarsfeld ont été prompts à déposer ces listes dans la base de données de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah en Israël : les entrées y sont parfois dupliquées 4 fois aboutissant, selon la page d’accueil du site, à 3 millions de références ! »

AU SECOURS ! CE PAYS EST DEVENU COMPLETEMENT FOU !!!

Ca y est. C’est dans les tuyaux. Ah, on peut dire que certaines mesures ne traînent pas. C’est que les priorités, ça n’attend pas. Si ces stupides Français ne sont pas capables de le comprendre ….

Bref, vous, vous l’aurez compris, il n’ y a vraiment rien de plus urgent à faire en ce moment pour améliorer l’éducation nationale. Alors c’est parti :

"Xavier Darcos lance la mission sur l'enseignement de la Shoah au CM2

PARIS (AFP) - Le ministre de l'Education Xavier Darcos réunit mercredi notamment Simone Veil et Serge Klarsfeld pour lancer la réflexion sur la mise en oeuvre du souhait de Nicolas Sarkozy que chaque enfant de CM2 se voie "confier la mémoire" d'un enfant mort dans la Shoah.

Lors d'une table-ronde censée "marquer le début de la mission pédagogique confiée à Hélène Waysbord-Loing", inspectrice générale et directrice de la Maison d'Izieu (Ain), le ministre réunira "les institutions et les personnalités engagées dans la transmission de la mémoire de la Shoah", a expliqué le ministère dans un communiqué.

Outre Simone Veil, très vivement opposée à l'idée du président de la République, sont conviés Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France, et Richard Prasquier, président du conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), tous deux plutôt favorables à l'initiative présidentielle.

La liste des invités comprend aussi Pierre Besnainou, président du fonds social juif unifié, Béatrice Rosenberg, présidente de Yad Layeled France, Philippe Schmidt, vice-président de la Licra, Raphaël Haddad, président de l'Union des étudiants juifs de France, Théo Hoffenberg, membre du conseil d'administration du Mémorial de la Shoah, Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah et le cinéaste Claude Lanzmann.

L'Education nationale sera représentée par Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'Enseignement scolaire, François Perret, doyen de l'Inspection générale et Joëlle Dusseau, inspectrice générale prendront part aux travaux.

La mission pédagogique de Mme Waysbord-Loing est "chargée de concevoir, avec l'appui d'experts du ministère et en consultant très largement, les documents pédagogiques qui permettront de la mise en place à la rentrée 2008 de la proposition du président de la République". 

09:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : shoah, cm2, anne, kling, sarkozy

16/02/2008

BRAVO, KONK !

Notre ami Konk a encore frappé avec son talent habituel et pour ceux qui ne connaîtraient pas son blog, je reproduis ci-dessous ses deux derniers articles, excellents.

Parrainage

Est-ce que le parrainage d’un enfant juif à l’école donnera des points au bac ?

Est-ce qu’on sera puni si on ne parraine pas ?

Est-ce qu’on aura la médaille des justes quand on aura été parrain d’un enfant juif ?

Autoriser l’antisémitisme…

Voilà le résultat de 30 ans de lutte contre l’antisémitisme, bravo ! Vous les juifs, à force de nous traiter de cannibales et de nous sermonner comme des gosses, vous nous avez rendus enragés. Savez vous que les leçons de morale c’est ce qu’il y a de plus humiliant… Ainsi donc nous les chrétiens aurions assisté à la Shoah sans broncher ! Notre pape Pie XII aurait laissé faire! Mes parents, mes grands parents auraient fermé les yeux ! Je ne vous permets pas de dire ça ! Mes parents et grands parents étaient des gens bien, tout comme les vôtres sans doute et ils n’auraient pas assisté à un massacre sans réagir ! Faut-il que vous nous haïssiez ! Faut-il qu’on vous en ait raconté des horreurs sur les chrétiens, pour nous croire capables de ça !

Mais comment avez-vous pu gâcher en si peu d’années les atouts que vous aviez ? Cette sympathie ou du moins ce respect que vous avaient valus vos souffrances indiscutables ? Vous auriez pu vivre peinards pendant 2 siècles !

Le meilleur moyen de combattre l’antisémitisme c’est de l’autoriser ! Ces lois qui vous protègent vous nuisent à long terme, elles vous poussent aux abus, c’est comme ça que vous vous retrouvez tous juifs sur des plateaux de télé parce que personne n’a le droit de dire que vous exagérez . Si une loi interdisait  d’être anti-rouquin je suis sûr que 30 ans plus tard les rouquins posséderaient  la moitié du pays et qu’ils seraient détestés. C’est dangereux les privilèges, regardez comment ça a fini pour la noblesse

 La place des juifs 

Quelqu’un a dit qu’il fallait remettre les juifs à leur juste place « qui n’est pas la première » Je suis d’accord, (sauf que j’aimerais qu’ils s’y remettent tout seuls). Puisqu’ils sont très minoritaires en nombre ils doivent donc être très minoritaires au pouvoir, c’est ça la démocratie ! Il n’y pas de raison que 50 millions de chrétiens et 10 millions de musulmans soient gouvernés par 1 million de juifs. 

J’entends déjà vos cris d’horreur : Comment ça « on gouverne » 50 millions de chrétiens? Vos présidents, ministres, députés ne sont-ils pas majoritairement  chrétiens ? Ne jouez pas les idiots, vous savez bien qu’en démocratie le pouvoir est exercé par les médias ( c’est bien pour ça que vous aimez tant la démocratie) et reconnaissez que vous les contrôlez largement : Quand vous n’avez pas le journaliste vous avez le journal ; quand vous n’avez pas le journal vous avez l’agence de pub qui le fait vivre ou la banque qui le finance. Et puis c’est si facile d’acheter les gens ! Vous allez me dire aussi, on connaît la chanson, que la France est un pays laïque et qu’il n’y a ni juifs ni musulmans ni chrétiens mais seulement des citoyens français… Fariboles ! Un journaliste ou un homme politique chrétien ce n’est pas pareil qu’un journaliste ou un homme politique juif ou musulman : L’un s’intéresse à la  France , l’autre à Israël et l’autre à la Palestine. Ca change beaucoup de chose…

 A suivre, j’espère…

 PS : Merci de nous laisser vider notre sac sur ce blog ; même si ça fait grincer quelques dents  je suis sûr qu’en fin de compte c’est  bon pour tout le monde.

http://konktextes.over-blog.com/article-7374387-6.html#anchorComment

18:04 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (9)

15/02/2008

INSTRUCTIF, NON ?

Pour ceux qui douteraient encore de la totale interchangeabilité des deux faces prétendûment de « droite » et de « gauche » du système au pouvoir et de leur soumission totale aux dogmes dominants, voilà une petite démonstration qui prouve que sur les sujets vraiment importants, ils se retrouvent parfaitement sur la même longueur d’onde …

Ségolène Royal a jugé que l'initiative du président Nicolas Sarkozy de confier à partir de la rentrée prochaine à chaque enfant de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah "va dans le bon sens".

"Ce sont des initiatives qui sont déjà prises beaucoup dans des associations et dans de nombreuses écoles. Ça va dans le bon sens", a estimé l'ex-candidate socialiste à la présidentielle lors d'un déplacement en banlieue lyonnaise, à Vaulx-en-Velin et Villeurbanne (Rhône). "Non seulement ce n'est pas une mauvaise idée mais elle est déjà mise en application dans beaucoup de communes donc c'est bien", a-t-elle ajouté, jugeant qu'"il n'y a pas de raison de polémiquer là-dessus".

Hier soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le président de la République a annoncé que tous les enfants de CM2 se verront confier à partir de la rentrée 2008 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah. Nicolas Sarkozy a expliqué que "chaque enfant de CM2 devra connaître l'existence d'un enfant mort dans la Shoah".


Source : AFP

08:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4)

14/02/2008

UN PAS DE PLUS DANS LE CONDITIONNEMENT DE MASSE IMPOSE PAR LE POUVOIR A L’EDUCATION NATIONALE

Sarkozy était présent hier au dîner annuel du CRIFConseil représentatif des Institutions juives de France. C’est la première fois qu’un président de la République – en principe garant de la laïcité - y assistait, ce qui en dit long sur les rapports de force et de pouvoir à l’œuvre dans ce pays. Vous noterez que je ne dis plus jamais « mon » pays car il y a belle lurette que je ne le considère plus comme tel et que ce qu’il devient m’indiffère de plus en plus.

Je me contenterai de relater – sans trop de commentaires – la dernière trouvaille de ceux qui nous gouvernent : histoire de bien enfoncer dans les têtes enfantines le vade-mecum qui leur servira ensuite tout au long de leur vie - avec des piqûres de rappel naturellement - à partir de la rentrée 2008, chaque enfant de CM2 en France se verra attribuer la mémoire d’un enfant mort de la shoah. . "J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la ShoahLes enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui » a notamment déclaré Sarkozy.

Formidable comme idée, non ? Bon, vous allez me dire : pourquoi ne pas leur attribuer la mémoire d’un enfant mort de faim pendant la famine d’Ukraine orchestrée par un certain Kaganovitch ? Ou d’un enfant arménien victime du génocide turc ? Ou d’un enfant cambodgien victime de la folie furieuse des communistes khmers rouges ? ou … ou… ou….

Oui, bon, mais il faut bien commencer par quelque chose, n’est-ce pas ?

Si j’avais des enfants d’âge scolaire, je ne me laisserais pas faire. Parce que là, franchement, on franchit un pas décisif et inédit dans le conditionnement de masse imposé par le pouvoir. Exactement le contraire de ce que devrait enseigner l’école. Et j’espère que les associations familiales et scolaires vont donner de la voix. Mais ce n’est pas sûr. L’abrutissement généralisé est tel dans ce pays depuis quelques décennies que tout le monde est sur le carreau et pratiquement incapable de réaction.

Tout le monde se trouve pris et empêtré dans cette formidable toile d’araignée : le moindre mot de travers et hop, accusation de racisme, déjà très embêtant, ou d’antisémitisme, alors là, l’horreur absolue. Qui s’y risque ? Le terrain ainsi magistralement libéré, le système qui nous gouverne peut donc l’occuper impunément et même s’y vautrer. Jusqu’à où ? Jusqu’à quand ?

07/02/2008

Traité de Lisbonne : est-ce un coup d’État ? OUI

 Je relaie sur ce blog l’excellent article suivant de Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel (vous trouverez dans les archives d’octobre 2007 l’article initial)

"Dans l’article intitulé « Haute trahison », que j’ai publié le 9 octobre 2007 sur le site www.marianne2.fr, j’ai qualifié de « coup d’État » le fait, pour le président de la République, de faire ratifier par voie parlementaire un « traité modificatif » en réalité identique à 90 % au traité établissant une constitution pour l’Europe pourtant rejeté par les Français lors du référendum du 29 mai 2005. On m’a dit « Tu vas fort ! », mais puisque Pierre Lefranc reprend le terme en appuyant, l’onction gaullienne m’est accordée, donc je persiste et je signe.

1 ° Qu’est-ce qu’un coup d’État ?

On utilise le plus souvent ce terme pour désigner une prise de pouvoir illégitime tendant à renverser un gouvernement établi ou, à l’inverse, le maintien de force au pouvoir d’un individu ou d’une équipe qui a perdu les élections. Dans tous les cas, c’est le refus de s’incliner devant le verdict des urnes, conformément à l’ordre constitutionnel établi, qui conduit à la qualification de coup d’État. Dans d’autres cas, c’est une violation grave d’un principe constitutionnel majeur, généralement aussi destinée à renverser le régime, qui est ainsi qualifiée. Par exemple, lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, n’ayant pu obtenir le vote d’une révision constitutionnelle pour proroger son mandat, dissout l’Assemblée le 2 décembre 1851 alors que la Constitution de 1848 ne permet pas la dissolution, il commet évidemment un coup d’État. C’est d’ailleurs aussi à partir d’accusations d’inconstitutionnalités répétées que François Mitterrand a qualifié la pratique gaullienne du régime de la Vème République de « coup d’État permanent ».

Or, de quoi s’agit-il dans notre affaire de traité « modificatif » européen sinon, précisément, de refuser ostensiblement de s’incliner devant le verdict des urnes rendu tout à fait régulièrement et massivement le 29 mai 2005 en vertu d’un référendum organisé dans le strict respect des formes constitutionnelles ?   Sans doute la Constitution de 1958 n’interdit-elle pas expressément, comme la Constitution californienne, de modifier ou abroger une loi référendaire par une loi parlementaire. Mais il y a des principes supérieurs de notre texte constitutionnel dont cette règle découle implicitement : « La France est une république (...) démocratique. (...) Son principe est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. (...) La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Il va sans dire que les mandataires n’ont pas le droit moral de violer la volonté directement et clairement exprimée par les mandants. Le Conseil constitutionnel lui-même, en se déclarant incompétent pour contrôler les lois référendaires qui sont « l’expression directe de la souveraineté nationale » reconnaît que la loi référendaire est d’une essence supérieure à la loi parlementaire et que l’on ne peut les mettre sur le même plan.

Logiquement d’ailleurs, à quoi servirait-il de soumettre un projet de loi au peuple si le parlement pouvait aussitôt ignorer et piétiner la volonté populaire ?

En réalité nous sommes en face d’un double coup d’État, formel et matériel. Formel parce que l’on nous fait passer par voie parlementaire un traité refusé par voie référendaire, matériel parce que l’objet de cette procédure, le traité de Lisbonne, comme son prédécesseur, abandonne le gouvernement démocratique de la France à la gouvernance technocratique de l’Europe. Le verdict apparaîtra dans la décision du Conseil constitutionnel qui ne pourra pas dire autre chose de ce traité que ce qu’il a dit du précédent dans sa décision de 2004 : le texte porte atteinte aux « conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale » et ne pourra être ratifié qu’après révision constitutionnelle. C’est le peuple français que l’on dépouille ainsi de la maîtrise de son destin, et le Dictionnaire constitutionnel (PUF, 1992) parle aussi de coup d’État lorsque les autorités légitimes abandonnent le pouvoir à des institutions sans titre pour l’exercer, l’armée par exemple ou... la commission européenne. On appelle cela un « coup d’État par consentement mutuel ».

2 ° Les auteurs de coups d’État ont tous un point commun, celui de tenter de camoufler le caractère illégitime de leur acte par des mensonges et dissimulations. Et nous sommes servis depuis quelques mois en la matière.

On nous a d’abord annoncé un minitraité simplifié qui ne reprendrait que les dispositions de la Constitution européenne « n’ayant pas fait l’objet de contestations ». À notre connaissance les Français n’ont eu à se prononcer, par un « oui » ou un « non » global, que sur l’ensemble du traité. Celui-ci ne leur a pas été proposé par tranches comme c’est le cas dans certains référendums à questions multiples. Nous avons dit « non » à tout le traité et, effectivement, on a constaté pendant la campagne que toutes les dispositions étaient contestées par les uns ou les autres. Certains s’offusquaient principalement des symboles fédéraux, d’autres de la charte des droits fondamentaux, d’autres du principe de concurrence libre et non faussée, d’autres encore de la primauté ou de l’extension de la règle de la majorité, chacun avait quelque chose à redire à une ou plusieurs dispositions. On pouvait sans doute apercevoir que le non de gauche était plus sensible au recul de l’État providence et celui de droite à celui de l’État régalien, mais tout, dans ce traité a été contesté. On ne voit donc pas comment le président de la République pourrait se permettre de prétendre que nous aurions en réalité accepté les trois quarts de ce texte, c’est un mensonge éhonté.

On nous assène aussi qu’en élisant le candidat Sarkozy les Français auraient validé par avance la ratification parlementaire du minitraité annoncé. C’est un comble ! D’une part, ce n’est pas du tout un minitraité que l’on nous sert, mais 90 % du précédent, d’autre part confondre une question référendaire et un programme électoral est une énormité politique et constitutionnelle. Jamais aucun électeur n’approuve l’intégralité du programme d’un candidat ou d’une liste, il choisit celui dont le programme est globalement le plus proche de sa sensibilité ou, simplement, celui qui lui déplaît le moins. Prétendre que les électeurs auraient approuvé sans nuances l’intégralité du programme sarkozyste est d’autant plus malhonnête que les principaux candidats étaient tous favorables au fédéralisme européen et qu’on ne voit pas quelle alternative se serait offerte aux électeurs. Jamais aucun politiste, aucun constitutionnaliste ne pourrait affirmer qu’en votant pour le candidat Sarkozy les Français auraient ratifié par avance le traité de Lisbonne, c’est une aberration intellectuelle.

Mais c’est aussi une injure que de sous-entendre que les Français seraient assez sots et inconstants pour approuver en mai 2007 un traité constitutionnel qu’ils ont refusé en mai 2005. On nous prend pour des écervelés.

 3° Alors puisque double coup d’État il y a donc bien, quelle peut en être la sanction ?

Lorsque le maire d’une commune pioche dans les caisses publiques pour se construire une piscine, nous nous tournons naturellement vers le Code pénal pour chercher comment cela s’appelle et comment c’est puni. Quand un président de la République viole les droits du peuple en accompagnant sa forfaiture de moult tromperies, on doit naturellement se tourner vers la Constitution pour voir comment cela se nomme et quelle en est la sanction.

Les juristes s’accordaient autrefois à considérer que le crime de haute trahison était constitué en cas d’atteinte grave à la démocratie ou à la séparation des pouvoirs. Dissoudre l’assemblée dans des conditions illicites, recourir irrégulièrement aux pouvoirs de crise ou encore ignorer effrontément les résultats d’un référendum constituent assurément des actes de haute trahison. Aux États-Unis, où le pouvoir judiciaire est plus sacré que chez nous, ce sont, par exemple, les obstructions à la justice ou le parjure qui peuvent justifier la destitution du président.

La notion symbolique de haute trahison a cependant été effacée de notre Constitution par la révision du 23 février 2007 qui lui a substitué l’expression affadie et plus banale de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » (voir Anne-Marie Le Pourhiet, Manuel de droit constitutionnel, Economica, 2007). Bien qu’il soit difficile de cerner cette notion insignifiante, on ne peut pas nier que le fait de bafouer la volonté populaire et de chercher à tromper les citoyens en leur présentant comme un traité « simplifié » la copie conforme de celui qu’ils ont rejeté, constitue un manquement grave aux devoirs d’un chef d’État démocratique manifestement incompatible avec la probité qu’implique son mandat.

C’est donc par une opération très classique de qualification juridique des faits que l’on peut conclure, sans forcer, à la possible mise en cause de la responsabilité du président de la République par le parlement réuni en Haute Cour. Au lieu de quoi nos parlementaires vont sans doute plutôt choisir de se faire complices du coup d’État en s’empressant de réviser la Constitution française et de ratifier le traité de Lisbonne.

Le rapport du comité Balladur sur les institutions, remis sur sa demande au président de la République est intitulé, sans rire, « Une Vème République plus démocratique »... Au moment même où ce président s’apprête à s’asseoir sur la volonté du peuple français, à tel point qu’on ne voit plus ce qui distingue notre pays d’une république bananière, le titre de ce rapport prend des allures de provocation. »

par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel ; article publié sur gaullisme.fr

Source : http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1657

08:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

17/01/2008

FRANCHEMENT, ILS NE SONT PAS TOUS ENFERMES …

399848aa051c40c32406a93336af52a1.jpgJuste deux mots pour vous apprendre la dernière lubie-provoc de Georges Frêche : il aurait l’intention de rapatrier des USA une statue de Lénine pour la mettre en bonne place à Montpellier. Pas à ses frais, naturellement, il n’est quand même pas fou à ce point-là. Mais à ceux des contribuables, qui, eux, l’ont été suffisamment pour lui confier les clés et les finances de la région Languedoc-Roussillon.

La statue – qui pèse la bagatelle de 7 tonnes - avait été dégotée en 1989 à Poprad, en Slovaquie, par un Américain dénommé Lewis Carpenter qui l’avait achetée pour 15 000 dollars et ramenée dans le coin de Seattle. Il est mort en 1994 et ses héritiers ont décidé de se défaire de cet héritage encombrant. En attendant qu’un pigeon se présente (mise à prix actuelle : 150 000 dollars), ils l’ont louée à la ville de Fremont où elle a quand même fait des vagues, notamment auprès de la population originaire de Russie. 

Il paraît que Frêche a eu le coup de foudre. C'est qu'il aime tellement ce bienfaiteur de l'humanité! Trop méconnu, hélas, de son point de vue. Je vous laisse imaginer combien coûterait le rapatriement de cet engin des Etats-Unis en France. Quand je vois combien coûtent les frais d’envoi de mon bouquin d’une ville à l’autre … Mais Frêche est bien sûr au-dessus de ces contingences sordides. Quand on aime, est-ce qu’on compte ?

Il faut donc conclure que la région Languedoc-Roussillon est positivement bourrée de fric pour se permettre des folies pareilles. Bravo. Dans ce cas, au nom de la solidarité dont on nous rebat les oreilles et que nous sommes sommés de mettre en pratique, qu’elle fasse donc profiter d’autres coins de France moins bien lotis de sa richesse phénoménale.

Cette amusette de Frêche pose en tout cas un problème politique de fond dont il faudra bien un jour finir par s’occuper avant que tous ces cinglés ne ruinent définitivement le pays : comment responsabiliser, d’une manière ou d’une autre, les politiques et les obliger à rendre enfin des comptes précis quant à l’utilisation des deniers publics qui leur sont confiés. Car pour le moment, l’irresponsabilité règne à tous les étages.

Ce serait un sacré progrès et on pourrait enfin tout doucement commencer à parler de démocratie. Dans les actes, et pas dans les mots.