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05/11/2008

BRAVO, M. OBAMA !

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Je lui souhaite bien du plaisir, au nouveau président des Etats-Unis ! Contrairement à ce que je lis abondamment deci-delà, je ne crois pas que la couleur de sa peau ait été tellement déterminante dans son élection. Je croirais plutôt que les Américains en avaient marre des gesticulations guerrières à la Bush et commençaient à se rendre compte de l’addition … Parce que finalement, c’est toujours à ça qu’on en arrive.

Alors, le nouvel élu est prometteur justement parce qu’il est nouveau et qu’il a promis qu’avec lui, tout allait changer ! Une formidable promesse que nous n’avons jamais entendue, pas vrai ?

Il faut dire que dans sa musette, il en a pour tous les goûts : social-démocrate, noir, jeune, musulman, chrétien, sioniste, pro palestinien. Le plus difficile, c’est de faire son choix parmi toutes ces facettes si exciting.

Bon, après le 20 janvier 2009, les problèmes épineux vont commencer. Et les Américains ont plutôt moins de patience que nous autres au chapitre de la réalisation des promesses. Mais quoi, on a le temps de voir venir et d’ici là, on a le droit de planer, non ?

Nelson_Mandela.jpgJe ne sais pas pourquoi, vous allez encore dire que je suis mauvaise langue, mais cette élection  - et surtout les commentaires dithyrambiques qui l’accompagnent – me font un peu penser à une autre élection survenue en 1994 en Afrique du Sud. Cette année-là, la presse extatique saluait l’arrivée à la présidence de Nelson Mandela, le leader (noir) communisant de l’ANC.

C’était aussi une formidable promesse qui ne s’est hélas pas tout à fait concrétisée. L’Afrique du Sud a reculé de 35 places dans le classement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) entre 1990 et 2005. Pauvreté, chômage, sida et criminalité ont flambé depuis cet avènement pourtant si prometteur, lui aussi.

Je souhaite de tout mon cœur que rien de pareil n’arrive aux Etats-Unis, ce grand, grand pays qui nous est si cher.

04/11/2008

NAIVETE … INSONDABLE

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Je lis que les Français seraient 86% à souhaiter l’élection d’Obama plutôt que celle de McCain ! Les medias peuvent être satisfaits, le bourrage de crâne a bien fonctionné. Non pas que je sois pour McCain. Je m’en fiche royalement. Là encore, le système gagnera de toute façon. Les deux candidats se sont dépêchés d’aller faire toutes les génuflexions requises, il n’y a donc aucune révolution en vue au pays de l’oncle Sam.

Ce qui est navrant, c’est que les Français soient toujours aussi naïfs et continuent d’avaler sans broncher le brouet qui leur est servi. Question : pourquoi sont-ils à ce point massivement pour Obama ? Parce qu’il est noir et que c’est très bien vu d’être pour les noirs ? Il faut dire qu’on leur a tellement fait la leçon que maintenant, ils connaissent la bonne réponse. Pour ses propositions ? Il y a gros à parier qu’ils seraient incapables d’en aligner une seule.

Non, c’est toujours pour l’éternelle même raison : l’image. Seule compte désormais l’image. Ils ont pourtant donné avec Sarkozy, ça ne leur a pas servi ?

Il reste quand même un petit pourcentage de Français sensés dans ce pays : les 8 % qui n’ont pas d’avis. Eux du moins ont compris que Obama ou McCain, c’était pour l’essentiel du pareil au même. Et des perspectives pas très réjouissantes pour le reste du monde.

Moi, ce qui me surprend le plus dans cette élection, c’est qu’un grand pays comme les USA ne soit capable d’aligner que DEUX candidats à une élection aussi importante. Et deux candidats dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne brillent pas par un niveau étourdissant. Il n’existe donc pas d’autres personnalités et d'autres partis pour proposer une autre vision de l’avenir du pays ? Il n’y a donc plus là-bas non plus aucun débat réel sur des questions importantes intéressant à la fois la sécurité mondiale et l’utilisation des finances publiques? Suivez mon regard …

On comprend en tout cas que les dirigeants actuellement en place aient fait diligence pour sortir de leur chapeau les milliards destinés à sauver le système. Et donc leur peau. Car la seule chose qui parviendra à faire sortir les Français – et les autres – de leur hébétude virtuelle, sera que la crise -  mais la vraie, la leur perso – finisse par les toucher réellement dans leur quotidien. Ce qui n’est pas encore le cas.

C’est à ce moment-là, et à ce moment-là seulement, qu’ils finiront par se réveiller et comprendre que l’image, c’est bien joli, mais finalement très limité comme projet politique.

01/11/2008

UN PARCOURS « CLASSIQUE »

Au hasard de mes recherches sur Internet, je tombe sur une femme responsable locale du CRIF qui présente son parcours. Et quand même, je m’étonne. Ce parcours d’une personne née à Toulouse est présenté par elle-même comme « assez classique ».

 

Quel cheminement classique a donc suivi cette Toulousaine ? Elle a tout d’abord fréquenté les éclaireurs israélites de France. Puis elle s’est inscrite à l’Union des étudiants juifs de France, pendant ses études dentaires. Tout en faisant de longs séjours à l’Université hébraïque de Jérusalem. Petit tour ensuite à New York où elle se marie. Forcément avec un coreligionnaire puisqu’elle précise que ce mariage lui permettra de mieux connaître le judaïsme américain.

 

Revenue en France, elle est membre d’une autre association juive, puis se retrouve élue au Fonds social juif unifié avant de finalement rejoindre le CRIF.

 

Loin de moi l’idée de critiquer ce parcours. A chacun de diriger sa vie comme il l’entend, et comme il le peut. J’observe simplement – et il sera difficile de prétendre le contraire – que dans ce parcours « classique », il y a quand même une volonté manifeste de vivre en vase clos et de ne surtout pas sortir de son milieu d’origine. Et ça me gêne un peu.

 

Cette femme perçoit-elle ce que cette volonté si évidente de rester « entre soi » en refusant toute possibilité d’assimilation peut avoir de déplaisant pour les autres ? Et risque même de finir par alimenter un agacement certain ?

Je suis bien placée pour savoir que la plupart des juifs de France ne suivent nullement un tel parcours « classique ». Parfaitement assimilés, eux, et n’appartenant à aucune organisation communautaire, ils vivent très exactement comme tout un chacun.

 

Le problème, c’est que eux, on ne les entend jamais. Et que ce sont toujours les autres que l’on entend, ceux qui vivent soigneusement entre eux et se plaignent d’ « antisémitisme » à tour de bras. Ils devraient pourtant remarquer que les regroupements communautaires exposent fatalement à la critique communautaire. L’un ne va pas sans l’autre et il est impossible d’avoir tous les avantages du regroupement sans les inconvénients.

 

Encore que les risques soient assez limités à Toulouse. Notre responsable « classique » attend impatiemment l’inauguration d’un monument à la mémoire de la shoah, prévue pour le 9 novembre. Placé en plein centre de Toulouse, il sera inauguré par le nouveau maire de Toulouse, élu en début d’année, le socialiste Pierre Cohen.

 

 

Petite précision concernant la précédente note : le président du CRIF, Richard Prasquier, a été reçu par le pape avant-hier au Vatican. Il faisait partie d’une délégation de l’International Committee for interreligious consultations conduite par le rabbin David Rosen. Il s’agissait de bien resserrer les boulons, ce qui fut fait. La béatification de Pie XII n’est pas pour demain, tranquillisez-vous.

30/10/2008

EH BIEN, CA N’AURA PAS TRAINE !!!

 

 

pape.jpgDébut octobre, j’évoquais la messe anniversaire célébrée par le pape Benoît XVI en mémoire de son prédécesseur Pie XII, décédé le 9 octobre 1958. Et j’indiquais que le Vatican était en train d’achever le procès en béatification de ce pape malchanceux qui accéda au pontificat en 1939 et eut à subir à titre posthume l’ire opiniâtre des responsables juifs.

 

A mon retour, j’apprends que devant les pressions, le pape a piteusement fait machine arrière à toute allure et renoncé à réhabiliter Pie XII, afin de « conserver de bons rapports avec les juifs ». Ces derniers ont donc gagné une fois de plus.

 

Je suppose que toutes les communautés avaient dû donner de la voix avec un bel ensemble. Je n’ai cherché que la réaction en France. Le 17 octobre, le CRIF se fendait d’un communiqué alarmiste, précisant que « le projet de béatification de Pie XII, pape de 1939 à 1958, porterait, s’il était mené à son terme, un coup sévère aux relations entre l’Eglise catholique et le monde juif ».

 

Le pape a donc reculé devant une menace aussi terrifiante. Le même s’étonnera sans doute de la désertification des églises …

 

Sans rapport (encore que), mais éclairant : il paraît que « l’antisémitisme » croît en Allemagne et que 25% des Allemands portent un regard défavorable sur les juifs. Encore du boulot en perspective et des prosternations sans fin pour ce pauvre pape même pas soutenu par ses ex-compatriotes.

 

Heureusement qu’il n’est pas tout seul pour lutter contre tous ces regards défavorables surgis on ne sait d’où. Le gouvernement allemand est fermement à ses côtés. Il voulait vertueusement marquer le 70e anniversaire de la Nuit de cristal (9 novembre 1938) par l’adoption d’une loi contre l’antisémitisme. Un beau symbole qui aurait fait tellement plaisir à cette communauté systématiquement persécutée. Mais, aux dernières nouvelles, il paraît qu’il y a controverse et le projet est repoussé pour l’instant.

 

J’ai lu cette information concernant « l’antisémitisme » allemand sur le site de Guysen, ainsi que les réactions qui l’accompagnaient. Elles sont souvent plus éclairantes que les infos.

Ainsi, une correspondante est totalement bouleversée par ces affreuses révélations : « Cet antisémitisme contre les juifs, en Allemagne ou ailleurs sur la terre, est une chose qui me dépasse. (…) on pourrait à la limite comprendre la mise à l’écart d’une nation « parasite » qui profiterait des autres peuples sans jamais rien produire en échange pour le bien-être de tous. On n’observe rien de tel chez les juifs : plus que compétents scientifiquement, à la pointe de la recherche, travailleurs, producteurs, courageux, talentueux, faisant preuve d’une rare ouverture d’esprit, ils sont ceux dont tous devraient rechercher la société et imiter le savoir-faire ! »

 

Et encore, cette correspondante est bien en deçà de la réalité. Elle a oublié de citer leur grande  modestie et leur amour immodéré du prochain, quel qu’il soit. Mais allez donc comprendre la nature humaine ! Ces pauvres goyim sont tellement écrasés par une supériorité aussi manifeste qu’au lieu de chercher avec humilité à l’imiter – mais n’est-ce pas perdu d’avance ? –  ils réagissent comme les nuls qu’ils sont par une certaine dose d’exaspération qui monte, qui monte …. Incroyable, non ?

 

Cette correspondante semble par ailleurs ignorer qu’il existe des victoires éminemment dangereuses, car trop facilement atteintes et trop souvent répétées, elles finissent tout doucement par dessiller quelques yeux .

14/10/2008

OH LA LA, ON L’A ECHAPPE BELLE !!!

Ah, il s’en passe des choses à Strasbourg ! Heureusement que certains veillent, car sinon où irait-on, on se le demande ! Figurez-vous qu’une médiathèque vient d’être inaugurée dans nos murs. Elle porte le nom d’André Malraux* et pour l’animer un peu, les concepteurs ont eu l’idée d’en décorer murs, sols, etc, de citations d’auteurs. Il y en a partout et c’est une très bonne idée.

 

celine.jpgSauf  qu’emportés par leur élan, ils ont orné la porte des toilettes messieurs (non, non, je ne plaisante pas, c’est très sérieux) d’une citation d’un innommable. J’hésite à écrire son nom, il évoque tant de douloureux souvenirs, mais enfin, je m’y risque quand même, puisque tout s’est bien terminé: Louis Ferdinand Céline soi-même.

 

Vous vous rendez compte de l’horreur ! Bon, reconnaissons que la citation n’était pas des pires. Elle était même particulièrement inoffensive. Tirée de Rigodon, œuvre posthume de Céline, elle disait :

« Je vous laisse en plan et mes comics … Vite, mes oignons, que je vous retrouve ! Par ici, Mesdames et MESSIEURS … Encore deux mille pages au moins ! ».

Vous avez bien sûr compris que toute l’astuce consistait à placer le mot MESSIEURS au bon endroit. D’où le choix de la citation.

 

Heureusement, avant l’inauguration, vint à passer par là une sommité strasbourgeoise : Freddy Raphaël, sociologue et président de la Société d’Histoire des Juifs d’Alsace et de Lorraine. Son sang n’a fait qu’un tour devant l’énormité de la chose – quoi, une citation de Céline, cet antisémite notoire ! - et il l’a fait savoir très clairement au sénateur maire de la ville, Roland Ries.

 

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Heureusement encore, ce dernier, quoique socialiste – et agrégé de lettres dans le civil, c’est amusant - est un très brave homme qui ne veut surtout pas faire de peine à qui que ce soit. Cette crème d’homme aime à dire oui. Il a donc immédiatement dit oui à Freddy Raphaël et la citation de cet ignoble antisémite a été promptement effacée. Non mais !

 

Ils ont eu bien raison. Je ne sais pas si vous vous rendez très bien compte de ce que cet horrible Céline a été capable d’écrire. Voyez plutôt un échantillon de ses délires : « La seule chose grave à l’heure actuelle, pour un grand homme, savant, écrivain, cinéaste, financier, industriel, politicien (mais alors la chose gravissime) c’est de se mettre mal avec les juifs. – Les juifs sont nos maîtres – ici, là-bas, en Russie, en Angleterre, en Amérique, partout ! … »

 

Il écrivait ça en 1937. Rien à voir avec aujourd’hui, heureusement.

 

9782356410207.gifEnfin, je suis bien contente pour Freddy Raphaël. Le mois prochain, il va avoir largement de quoi se rasséréner : Simone va rejoindre le paradis des Immortels. Une belle revanche et qui n’est que justice pure, car sa contribution au patrimoine littéraire français est au moins aussi immense que celle de Céline. Un seul livre, oui, bon, mais quel livre ! Une vie pareille méritait bien de finir en apothéose à l’Académie française !

 

 

* Grand admirateur de la révolution bolchevique et auteur de cette phrase impérissable : Le communisme en URSS n’a pas supprimé la souffrance, mais il lui a donné un sens. Espérons que les dizaines de millions de victimes auront au moins apprécié le sens de la chose.

13/10/2008

ET LA BOUCLE EST BOUCLEE !

krugmzn.jpgLe Prix Nobel d’économie vient d’être décerné à Paul Krugman "pour son analyse des schémas commerciaux et de la localisation de l'activité économique".

Ne comptez pas sur moi pour vous expliquer de quoi il s’agit. C’est sûrement très ingénieux et délibérément trop complexe pour le citoyen lambda. Je lis simplement sur Wikipedia qu’il est « l’un des principaux auteurs de la nouvelle théorie du commerce international, qui repose sur le commerce intra firme et intra industrie, les effets de réseau, et les situations de concurrence imparfaite. »

Ce que je constate simplement, c’est que M. Krugman appartient à une communauté décidément très en pointe dans tous les domaines liés à la politique et/à l’économie, surtout américaines. Communauté qui semble réussir le prodige de parvenir, même en ces temps de crise aiguë, à gagner sur tous les tableaux. Pseudo chahutés d’un côté, récompensés de l’autre, on ne sort pas du même petit cercle décidément très actif et omniprésent.

M. Krugman est surtout connu dans son pays comme journaliste économique au New York Times. Sa tribune lui sert régulièrement de lance-missiles contre l’administration Bush.

Mais pas seulement Bush. Voici ce qu'il écrivait en mars 2006 à propos de celui qui est à présent le candidat républicain, McCain :

 

 « Donc, voici ce qu'il vous faut savoir sur John McCain.

 

Il n'est pas franc du collier. Ses volte-face sur les réductions d'impôt, son appel à envoyer en Irak des soldats que nous n'avons pas en Irak et son appui à la législation anti-avortement du Dakota du Sud, tout en clamant qu'il trouvera un moyen de contourner la provision centrale de cette législation, montrent qu'il est un politicien aussi suspect et évasif que, eh bien ! George W. Bush.


Il n'est pas un modéré. Les positions politiques de M. McCain et ses votes au Sénat ne le placent pas seulement à l'extrême droite du spectre politique américain, ils le placent dans l'aile droite du Parti Républicain.


Et il n'est pas un anticonformiste, du moins pas lorsque cela compte. Sous le feu des caméras, M. McCain peut de temps en temps être vu prenant une position courageuse d'opposition à la Maison Blanche. Mais lorsque cela est important, lorsque la capacité de l'administration Bush de faire ce qu'elle veut est en cause, M. McCain suit exactement la ligne du parti. »

 

Ayant lu cela, je me demande – mais il est vrai que je vois le mal partout – si la nomination qui honore aujourd’hui M. Krugman ne serait pas légèrement chargée de quelques arrières pensées plus politiques que simplement économiques ?

Ou bien, si ce ne serait pas un moyen subtil de redorer un blason communautaire qui a tendance à s'écailler ces temps-ci?

Dans tous les cas de figure, j'ai l'impression d'assister à un numéro de jonglerie. Patience. Il y aura bien une baballe qui  finira par rouler par terre ...

12/10/2008

ALLEZ, ALLEZ, TOUT NE VA PAS SI MAL !

C’est vrai ça, à la fin, il y a quand même des Français qui arrivent – péniblement, il est vrai – à s’en sortir. Et ce n’est tout de même pas leur faute s’ils ont du flair… Et s’ils sont assez intelligents pour savoir vendre (et acheter) au bon moment. Bande de jaloux !

bouton.jpgTenez, un exemple au hasard : Daniel Bouton. Voilà un homme au-dessus de tout soupçon – chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre du mérite, alors hein – de son état président de la Société Générale. Eh bien, lui, il a réussi, non seulement à ne pas perdre d’argent, mais même à en gagner en cette période tristement chahutée. Un surdoué, on vous dit ! Il faut reconnaître que sa banque est moins intelligente que lui, elle a plongé, elle.

Voyez plutôt : une dépêche AFP nous apprend que : « Le président de la Société Générale, Daniel Bouton, a réalisé une plus-value de 1,3 million d’euros en moins de quatre mois, malgré la chute du titre en Bourse, en revendant des actions de son groupe acquises au titre des stock-options, a affirmé vendredi le site d’informations Mediapart.

 

«En moins de quatre mois, le président de la Société générale a réalisé 1,3 million de plus-values», assure le site Internet qui a effectué ce calcul en se référant notamment aux déclarations obligatoires transmises par M. Bouton à l’Autorité des marchés financiers (AMF).

 

Interrogée par l’AFP, une porte-parole de la banque française s’est refusée à commenter «les calculs faits par Mediapart».

Selon le site Internet, le président de la banque a, «en toute légalité», commencé il y a quatre mois à revendre des actions SocGen acquises à un prix plus avantageux que le cours de l’action en Bourse au titre des stock-options.

 

Le 3 juillet, il a ainsi acheté 18.000 actions au prix unitaire de 47,57 euros avant de les recéder le jour même au prix de 55,53 euros, générant une plus-value de 143.280 euros, affirme Mediapart, qui énumère plusieurs opérations similaires réalisées par Daniel Bouton.

 

Le 2 octobre, il a réalisé «une nouvelle levée de 30.000 options» qu’il a revendues au prix unitaire de 66,03 euros, en y ajoutant la cession de 5.000 actions, poursuit Mediapart, qui chiffre la plus-value ce jour-là à 348.100 euros.

Plombé par la crise financière comme les autres valeurs bancaires, le titre Société Générale a perdu plus de 25% ces six derniers mois à la Bourse de Paris. »

Quel flair, reconnaissez-le ! Un flair que son épouse, directrice adjointe à la Banque d’affaires Lazard, et chargée d'assurer les contacts entre la banque et la bourse, partage certainement avec lui à 100%.

Déjà qu’il ne figurait pas parmi les Français les plus à plaindre : selon un classement du magazine Capital datant de novembre 2007, Daniel Bouton avait vu son salaire fixe augmenter de 25 % en 2006 à 1,250 millions d'euros. En y ajoutant la part variable, son salaire total s'élevait à l’époque à 3,3 millions d'euros. Avec les stock-options, ses revenus ont ainsi dépassé les 10,8 millions en 2006, faisant de lui le 2e patron le mieux payé de France.

Bon, à côté de cela, comme nul n’est parfait, il y a bien eu quelques peccadilles : ainsi ce PDG de choc a été mis en examen en 2002 dans une affaire d'escroquerie à des chèques transitant par Israël, l'affaire dite « Sentier II ». Mais attention, il avait aussitôt reçu le soutien de Laurent Fabius, alors ministre de l’Economie et des Finances.

Vous savez ce que c’est, parfois la justice est un peu lente … Notez qu’il y a des fois où elle est très rapide. Mais dans ce cas, elle a été un peu lente et le procès ne s’est finalement ouvert qu’en février de cette année. Il s’agissait de juger une affaire compliquée (vue de l’extérieur) : un circuit de chèques entre la France et Israël qui aurait servi à blanchir des fonds détournés d'entreprises, le produit de fraudes fiscales ou de vols. J’ai lu que lorsque son tour de comparaître arriva, il fut reproché à Daniel Bouton d’avoir "apporté son concours au blanchiment de fonds d'origine frauduleuse" d'un montant de 210 millions de francs, entre 1998 et 2001.

Sa profession de banquier était une circonstance aggravante qui lui faisait encourir jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.

Eh bien, le croirez-vous, jamais je n’ai pu réussir à trouver à quoi – et si – il avait été condamné. Sûrement pas à grand-chose, car sinon, il n’aurait pas été en mesure de nous éblouir aujourd’hui encore avec ce flair si étonnant.

 Source : AFP

08/10/2008

POURQUOI SYSTEMATIQUEMENT DES MEDIOCRES ?

images.jpgLe texte suivant émane d’un fidèle et fort intelligent contributeur du blog, que je remercie. Je n’ai pas vu ce débat (moi, de 3h à 4h30, je dors bêtement), mais je lui fais confiance, car je le sais honnête intellectuellement. En tout cas, je partage entièrement sa conclusion : comment se fait-il que le sort de la planète soit de plus en plus – surtout dans les pays occidentaux – entre les mains de tels médiocres ? Est-ce délibéré ? A qui en revient la faute ? A des peuples aussi médiocres que leurs dirigeants, en qui ils se reconnaissent pleinement ? En tout cas, le débat est ouvert. Je précise à l'intention de ceux qui riposteraient dans le style "Et vous, vous vous croyez si intelligente, vous croyez que c'est facile, etc, etc" que moi, je n'ai pas la prétention de gouverner les Etats-Unis, ni la France. On a le droit d'attendre AUTRE CHOSE de ceux qui l'ont, cette prétention.

« J'ai regardé cette nuit le « débat » Obama/McCain de 3h00 à 4h30. Compte rendu rapide. Je ne pense pas que vous serez surpris par mes opinions ! Je ne fais pas de l’art littéraire. Juste une brève réaction sur le vif. OK ?

Déjà sur la forme, je déteste ce genre de pseudo-débat : une salle avec une centaine de pékins abrutis tirés au hasard à qui on demande de poser des questions formulées débilement. Ca fait PEUPLE et DEMOCRATIQUE. Ambiance conseil de rentrée entre professeurs/parents d’élèves pour ceux d’entre vous qui ont connu ce bonheur.

A l’arrivée, les deux se serrent la main mais ensuite s’ignorent superbement. Je crois que JAMAIS, ils ne se sont parlés l’un à l’autre.

Encore sur la forme, j’ai trouvé que McCain, que je regardais en LIVE pour la première fois était TRES MAUVAIS. Je l’imaginais plus dans le rôle du vieux baroudeur fatigué qui parle à ses petits enfants, lui sur son fauteuil, eux sur ses genoux Je parle de l’allure parce que, pour ce qui est du contenu, ça compensait : une violence inouïe dite sur un ton mollasson. Une combinaison que je déteste. Je l’ai jugé dangereux.

Obama clairement est un bien meilleur tribun. Mais je suis très indécis dans mon jugement : est-il aussi conformiste  que ce qu’il dit ou bien dit-il ce qu’il dit pour atteindre le poste et y faire des choses d’envergure ? Le doute m’habite.

Maintenant, le contenu :

La crise financière : Pour les deux, c’est pas beau. Pas un ne nomme les fautifs. Pas un n’a dit aux abrutis du public qu’à vouloir consommer tout un tas de merdes sans argent, qu’en empruntant de l’argent qu’on ne pourra jamais rembourser, on est soi-même un acteur du désastre. Mais, clairement, la faute est à Washington – comprendre les fonctionnaires. Haro sur le baudet ! McCain a accusé Obama d’avoir voté une ligne de crédit pour des rétroprojecteurs au Pentagone, je crois. Ca volait vachement haut – parce que des B52 , awacs et autres avions furtifs personne n’en a parlé ! Ca doit pourtant être moins cher que des rétroprojecteurs … ou plus furtifs.

La politique sociale aux USA : Là, je crois que Obama parlait aux 95% de noirs dont on dit qu’ils vont massivement voter racialement pour lui. McCain a joué son rôle de libéral (au sens français) : si vous voulez vous assurer, cherchez un assureur où vous voulez. Je vais vous filer 5.000$ d’avoir fiscal pour ça. Obama : je vais forcer les employeurs à vous offrir une mutuelle. Quelle révolution ! L’horreur rouge communiste selon McCain !

L’énergie : Aucun doute émis sur le réchauffement climatique : c’est le dogme obligatoire de la bien-pensance. Donc, les mecs, va falloir devenir ENERGETIQUEMENT AUTONOMES ! J’ai trouvé que Obama prenait un air lyrique intéressant sur le sujet, se référant à Kennedy et à son projet d’aller sur la lune : « Personne n’y croyait, 4 ans plus tard , on y était ». Bon orateur.

McCain a dit qu’il fallait creuser et creuser et creuser off-shore. Obama lui a répondu qu’avec 3% des réserves mondiales et 25% de la consommation, creuser allait faire un peu juste ! Bingo ! Mais McCain a rappelé à Obama que lui et ses copains (on dira de gauche) ont toujours voté contre le nucléaire sous prétexte que c’était dangereux tandis que lui, vivait alors sur un porte-avion à moteur nucléaire sans être irradié. Bingo en retour. Ils ont tous les deux indiqué que l’indépendance énergétique leur donnerait plus de fric et plus d’indépendance. Mazette ! Fantastique découverte !

Les guerres de la Paix (terme orwellien) : Un type du public pose la question « Moi que je suis un ex-Marine retraité (environ 40 ans), notre belle armée au service de la Paix etc etc etc » Le type avait tout d’un bouffeur de McDonald mais McCain est venu le féliciter (poignée de main chaleureuse, des voix de gagnées + la femme +la famille) d’avoir glorieusement servi l’Amérique, son idéal de Paix, etc etc. En France, on l’aurait illico qualifié de néo-fasciste hitléro-mussolinien. Mais là-bas, non ! Gott mit uns !

Maintenant, après la poignée de main, la réponse : Pour McCain, c’est simple. Faut leur foutre sur la gueule ! A qui ? A tous ! Tous ceux qui n’aiment pas les « Peace Makers » (le terme a été employé au moins 20 fois !) Pour Obama,, ouais, ouais, (au fait, Monsieur spectateur merci du Don que vous avez fait à la Patrie confirme Obama)  il faut leur taper sur la gueule mais après avoir diplomatisé : par exemple, au Pakistan, on va attaquer s’ils ne nous laissent pas casser la gueule aux talibans qui rentrent chez eux. C’est la diplomatie Obama.

Pour McCain, toutes les guerres US ont été victorieuses. Pas de raison que ça s’arrête. Les boys reviendront d’Irak glorieusement (en cercueils ?), idem en Afghanistan. Avec quoi va-t-on payer les guerre de « pacification » ? Avec l’argent qu’on gagnera quand on sera energy-self-sufficiant dit Obama.

Ensuite, on parle des grands pays :  de la Principauté de Monaco, du Lichtenstein et du Luxembourg. Non ? Des îles Caïman, du Bénin ? Non, d’Israël ! Ca, il fallait l’attendre : je pense qu’on a entendu le mot « holocauste » environ dix fois. Mais je n’ai jamais entendu parler des armements nucléaires de Tel Aviv quand il fut question des abominables Iraniens qui ont 4000 centrifugeuses selon Obama.

Un spectateur demande : « et si les Iraniens attaquent Israël, attendrez-vous le feu vert de l’ONU pour intervenir ? » Boum ! dit McCain On fonce. Re-Boum dit Obama, holocauste plus jamais etc etc. Y a-t-il quelqu’un dans la salle pour demander ce que feront les US si Israël attaque l’Iran ? Non. Next question !

La Russie : Ce fut un instant de bravoure pour  pas cher. Un auditeur demande « La Russie est-elle la réincarnation du Mal  qu’était l’URSS » ? Les deux : On dirait bien ! McCain raconte qu’en regardant dans les yeux de Poutine, il y a vu les trois lettres terribles : KGB ! Il Diabolo ! L’horreur. (Pour ceux qui ont la mémoire courte, Bush-papa avait été le chef de la CIA). Mais McCain ne devait pas encore être né alors.

La Russie a agressé sauvagement une jeune et petite démocratie : la Géorgie. Et l’Amérikkk, protectrice de la veuve et de l’orphelin (pas ici, là-bas !) blablabla Etc etc.  Au moins, ça fera plaisir à 100% des analphabètes étatsuniens qui ne connaissent du monde que la face visible de la terre (leur état) sur Google Earth. Madame Palin, la vice-présidente de McCain n’avait pas de passeport voici 6 mois !!!!!

Conclusion : Débat nul et ennuyeux. Deux acteurs aux discours archi-convenus. Des attitudes mielleuses sucrées pour rassurer un peuple bouffeur de marshmallows.

Je sais bien qu’il faut convaincre 50.00001 % d’améringouins pour gagner, que la subtilité, l’exigence intellectuelle, le savoir, l’expression des obligations faites aux citoyens, ce n’est pas le lieu.

Je suis sidéré que l’avenir de la planète soit entre les mains de tels individus. Bien peu rassurant.

PS : Je ne suis pas plus rassuré par le gouvernement de la France. »