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21/01/2009

QUEL CYNISME !

« La décision d’interrompre l’offensive israélienne était certes attendue mais ses modalités, son timing et surtout ses conséquences ont largement été commentées en Israël. Principalement visées, les prochaines élections générales prévues dans 3 semaines.

La décision du cabinet restreint de sécurité à Jérusalem d’appliquer une trêve unilatérale dans la bande de Gaza a surpris. D’abord parce que l’unilatéralité n’a jamais apporté à Israël les fruits escomptés.

 

On se souvient que le retrait de la bande de Gaza à l’été 2005 a laissé la place vacante au Hamas, et que le même scénario s’est reproduit après le retrait du sud Liban décidé par Ehoud Barak en 2000, au profit cette fois du Hezbollah qui a investi le terrain.


Alors pourquoi maintenant après 22 jours de combats, alors que le Hamas était en passe d’être défait ?

La réponse est d’abord à chercher dans l’agenda politique. Dans moins de 20 jours, les électeurs israéliens sont conviés à élire une nouvelle Knesset et donc un nouveau Premier ministre. Il reste peu de temps pour convaincre, pour faire campagne et faire entendre sa différence. Ce sera la campagne la plus courte de l’histoire du pays. Ehoud Olmert ne se représentant pas, reste Tsipi Livni et Ehoud Barak.


La première est cheffe de la diplomatie et leader du parti centriste Kadima. Elle vient de laver l’affront de la seconde guerre du Liban et profitera sans doute largement des bénéfices politiques et diplomatique de cette offensive à Gaza.

 
Elle devra compter sur le ministre de la Défense et chef de file des travaillistes qui a bien l’intention de faire valoir son rôle central de chef des armées pendant cette guerre menée, et gagnée, contre le Hamas.


Reste que le calendrier politique n’est pas le seul facteur déclencheur de cessez-le-feu. La pression internationale, les ballets diplomatiques, l’image détériorée d’Israël dans le monde et l’arrivée d’un certain Barack Obama à la maison blanche cette semaine, ont évidemment pesé de tout leur poids dans la balance. »

 

Source :http://www.guysen.com/articles.php?sid=8966&titre=Un-cessez-le-feu-à-point-nommé

 

Eh oui, on déclenche les guerres au moment psychologique voulu (largement ici en l’occurrence pour mettre Obama devant le fait accompli) et on les arrête de même, quand le calendrier politique et autres nécessités électorales le réclament. Le reste : victimes, horreurs, désolations en tous genres, on ignore ce que c’est là-haut, tout là-haut. Et franchement, on n’en a rien à cirer. Les contribuables sont là pour payer les dégâts. Ils ont les moyens.  

 

D’ailleurs, justice sera faite et le Hamas risque d’être bien puni pour tous ses méfaits, car  bien sûr, tout est de sa faute : « (…) des associations pro-israéliennes devraient porter plainte contre le Hamas à la Cour Pénale Internationale pour « crimes de guerre et contre l'humanité ». L'association Avocats sans frontières, présidée par Me William Goldnadel, est à l'initiative de ce projet.


ASF accuse le Hamas d’utiliser des boucliers humains ce qui constitue une violation du droit international. »

 

Et violer le droit international, c’est très, très mal, tout le monde sait cela en Israël.

 

La petite partie désagréable (pour les autres s’entend) mais nécessaire sur le terrain étant pour l’instant terminée, on va pouvoir se remettre à jouer au meccano dans les hautes sphères, chacun cherchant à tirer la couverture à soi. Et devinez qui remporte la palme en Europe à ce petit jeu ? L’ex-éphémère président de l’Union Européenne qui n’arrive décidément pas à faire son deuil de sa royauté trop vite envolée. Histoire de se remettre en vedette et d’avoir l’air de dominer les événements – il ferait bien de commencer par la France, mais ça, c’est vraiment trop compliqué – il envisage la tenue d’une «grande conférence internationale qui permettra enfin d'établir la paix cette année». A Paris, naturellement. Normal, on a des moyens à ne savoir que faire et il faut bien que la Galerie des Glaces serve de temps en temps.

 

Quant à la « paix cette année » dans ce conflit empoisonné, on nous a déjà fait le coup souvent, notamment en 2003 lorsque la feuille de route triomphalement brandie par Tony Blair et George Bush était censée faire avaler l’attaque contre l’Irak.

Bon, il fallait obligatoirement attaquer l’Irak, le pays du Mal, mais en contrepartie, on ferait la paix au Proche-Orient dans les plus brefs délais. Promis, juré. On a vu ce que ça a donné.

 

Je souhaite bien du plaisir à Obama pour la suite des événements. Heureusement, toutes les fées étaient penchées sur son berceau, hier pour l’Investiture : y compris trois rabbins représentant les trois branches principales du judaïsme aux Etats-Unis. Il en aura bien besoin, de leurs prières.

20/01/2009

LE CONSEIL DE L’EUROPE A GAGNE (4e épisode)

Voici le texte de la sentence rendue par les juges du Tribunal administratif du Conseil de l’Europe. Pour alléger, j’ai laissé de côté tous les attendus du début, qui ne faisaient que répéter ce que nous connaissons déjà. J’ai supprimé aussi le rappel des textes administratifs, assez indigestes.

(…)

"B. Les faits concernant le présent recours

13. La requérante a écrit et fait publier un livre intitulé « La France LICRAtisée ».

14. Le 18 avril 2007, le Secrétaire Général saisit le CDD [Conseil de discipline, ndla] en indiquant qu’il envisageait de sanctionner la requérante par une révocation. [Là, j’ouvre à nouveau une parenthèse pour signaler une erreur étonnante. Le Secrétaire général ne demandait pas la révocation, mais déjà la rétrogradation. Qui n’a donc pas été « proposée » par le CDD, comme mentionné au paragraphe suivant, mais acceptée conformément aux vœux du Secrétaire général. ndla]

15. Le 8 juillet 2002, [en réalité, le 6 septembre 2007. que d’erreurs ! il y a manifestement confusion avec la précédente affaire, ndla] le CDD émit l’avis, à l’unanimité, que les faits reprochés devaient entraîner une sanction disciplinaire et proposait, à la majorité, une rétrogradation.

16. Le 5 octobre 2007, par une décision ad personam (n° 4092), le Secrétaire Général infligea la sanction de la rétrogradation à la requérante.

(…) 

17. Le 12 novembre 2007, la requérante introduisit une réclamation administrative contre la décision A. P. n° 4092.

18. Le 10 décembre 2007, la réclamation administrative de la requérante fut rejetée.

19. Le 6 février 2008, la requérante introduisit le présent recours.

(…)

EN DROIT

24. La requérante demande au Tribunal d’annuler la décision ad personam n° 4092 lui infligeant la sanction disciplinaire de la rétrogradation. Elle demande également au Tribunal d’ordonner à titre de réparation du préjudice matériel subi le paiement rétroactif de la différence de salaire résultant de la rétrogradation depuis le 1er novembre 2007.

25. Pour sa part, le Secrétaire Général prie le Tribunal de déclarer le recours non fondé et de le rejeter.

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19/01/2009

LE CONSEIL DE L’EUROPE A GAGNE (3e épisode)

Avant de clore cette petite série par la sentence (demain) je pense utile de donner quelques informations sur la juridiction propre au Conseil de l’Europe, qui s’appelle le Tribunal administratif. En restant bien sûr uniquement dans les faits. Mais je connais votre sagacité …

 

Le Tribunal administratif est composé de trois juges n’appartenant pas au Conseil de l’Europe. L’un ou l’une des juges est désigné(e) par la Cour européenne des droits de l’homme, parmi les membres de celle-ci. C’est le Président du Tribunal. Les autres juges sont désignés par les représentants permanents des Etats membres du Conseil de l’Europe parmi des juristes ou d’autres personnes de haute compétence, possédant une grande expérience en matière administrative.

 

Les juges du Tribunal sont nommés pour trois ans. Ils sont rééligibles.

 

Les juges du Tribunal exercent leurs fonctions en pleine indépendance ; ils ne peuvent recevoir aucune instruction.

 

Les sentences sont prononcées à la majorité des voix. Elles sont motivées.

 

Les sentences ne sont pas susceptibles d’appel.

 

Pour répondre à l’une ou l’autre question, il faut indiquer que ce présent Tribunal était différent aux 2/3 par rapport à celui qui avait prononcé ma réintégration en mai 2004.

 

Ont jugé cette fois :

 

-         Mme Elisabeth Palm, Présidente. Née en 1936 en Suède, a fait l’essentiel de sa carrière juridique dans divers ministères de son pays

 

-         M. Angelo Clarizia, Italien, avocat, professeur de droit administratif à l’Université de Rome. C’est le seul qui était présent à la première affaire.

 

-         M. Hans Knitel, né en 1944 en Autriche. Note originale, il a été représentant permanent de son pays, l’Autriche, auprès du Conseil de l’Europe, de 1984 à 1987. A la retraite depuis juin 2005, il a été élu juge au Tribunal administratif.

 

Laissons le Tribunal et disons un dernier mot au sujet du Conseil de discipline. C’est l’organe interne au Conseil de l’Europe, qui prépare le terrain pour le Tribunal. Il est composé de collègues tirés au sort sur deux listes : une établie par le Secrétaire général, une émanant du Comité du personnel.

 

Lors de la première affaire, qui avait conduit à ma réintégration, le Président du Conseil de discipline était déjà en fonction lorsque l’affaire a éclaté. Il était par ailleurs sur le point de prendre sa retraite.

 

Cette fois, le Président du Conseil de discipline fut nommé par le Secrétaire général juste au « bon moment » si je puis dire. C’était sa première affaire. Il n’était pas davantage à l’aube de sa retraite.

18/01/2009

LE CONSEIL DE L’EUROPE A GAGNE (2e épisode)

"Chère Anne, Les condamnations que nous inflige la "justice" du Système sont des encouragements pour les militants que nous sommes. Amitié et solidarité. Roland Hélie"

Je place ce message en clair car il me permet de  bien préciser une chose : ce n’est nullement pour me plaindre (ou pire, me faire plaindre) que j’expose ces faits. Je ne suis pas à plaindre, loin de là. Non, c’est essentiellement pour leur aspect terriblement révélateur et même emblématique de la situation d’absence de liberté dans laquelle nous vivons. Et pour que ces faits se sachent, malgré tout. Bien sûr qu’en réalité, ce ne sont pas des brimades, mais des Légions d’honneur. Les seules que nous aurons jamais.

Je précise à l’un ou l’autre correspondant que les décisions du Tribunal administratif du Conseil de l’Europe ne peuvent faire l’objet d’aucun appel. Au-dessus de lui, il n’y a que la Cour européenne des droits de l’homme.

Voici donc  ci-après  les arguments qui furent présentés, après ma propre plaidoirie, lors de l’audience publique par le représentant du Conseil de l’Europe. En fait, une représentante, car c’était un procès très féminin. Cette personne est anglo-saxonne, d’où certaines approximations que j’ai laissées en l’état, respectant scrupuleusement le compte-rendu d’audience. Mais ces approximations n’ont pas dû trop gêner la Présidente, qui elle, est suédoise.

 

« Madame la Présidente et messieurs les membres du Tribunal administratif, c’est comme toujours, un honneur pour moi de me présenter aujourd’hui devant vous en tant que représentante du Secrétaire général.

J’aimerais bien juste esquisser très brièvement les faits dans cette affaire :

Effectivement, Mme Kling qui est « la requérante » (…) a écrit et fait publier un livre intitulé La France LICRAtisée et le 18 avril 2007, le Secrétaire général a introduit une procédure disciplinaire à son encontre, au regard des déclarations qui figuraient dans ledit livre.

Le 6 septembre 2007, le Conseil de discipline a émis un avis selon lequel les faits reprochés à la requérante devaient entraîner une sanction disciplinaire et le Conseil de discipline a proposé une rétrogradation.

Le 5 octobre 2007, le Secrétaire général a infligé cette sanction de rétrogradation à la requérante et le 12 novembre 2007, la requérante a introduit sa réclamation administrative à l’encontre de cette décision et, suite au rejet de cette réclamation, elle a introduit le recours dont on discute aujourd’hui.

La requérante nous a dit qu’elle estime :

Qu’il y avait violation des articles 9, 10 et 14 de la Convention européenne des droits de l’homme

Qu’elle n’a pas transgressé les obligations qui sont les siennes en qualité d’agent du Conseil de l’Europe

Qu’il y a violation du principe général du droit nullum crimen sine lege

Qu’elle n’a pas failli à une obligation de réserve qui n’est d’ailleurs d’après elle pas prévue dans l’ordre juridique interne de l’Organisation

Qu’elle n’a pas violé l’article 27 du Statut du personnel sur les publications

Qu’il ne saurait lui être fait grief du caractère répétitif de ses agissements, et finalement

Que ses propos ne sont pas en contradiction avec les valeurs du  Conseil de l’Europe.

Pour éviter des répétitions qui pourraient être assez fastidieuses, je vais juste référer votre Tribunal à nos Observations dans cette affaire ; ainsi qu’aux Observations produites dans d’autres recours de la requérante dans le passé.

Néanmoins je dois quand même préciser certains éléments.

En ce qui concerne les violations alléguées de la convention des droits de l’homme, je ne vais pas me référer aux nombreuses situations et exemples qui ont été référées par la requérante, mais je voudrais quand même dire le suivant. La requérante se plaint de violations des articles 9, 10 et 14 de la CEDH au motif que – et je cite : « le discours antireligieux est le pendant corrélatif inévitable à la liberté du discours religieux ». mais, nul ne le conteste. La requérante est bien évidemment libre de ses opinions, de choisir sa religion et de désapprouver les autres religions. Ça il n’est pas question, et il n’a jamais été question, de donner une préférence à une religion ou d’accepter des critiques sur une religion et pas sur une autre. Ce qui est reproché à la requérante, c’est de continuer à diffuser des propos en contradiction avec les valeurs fondamentales et les activités de l’Organisation, malgré les nombreux avertissements reçus et en violation avec les obligations qui lui incombent en qualité d’agent.

Bien évidemment, les agents du Conseil de l’Europe, même s’ils ont un statut de fonctionnaires internationaux, ils jouissent tous du droit à la liberté d’expression, y compris dans les domaines couverts par l’activité de l’Organisation.

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17/01/2009

LE CONSEIL DE L’EUROPE A GAGNE (1er épisode)

La sentence dans le conflit m’opposant à mon employeur, le Conseil de l’Europe, à propos de mon livre La France LICRAtisée, vient de tomber. Le Tribunal administratif* rejette mon recours, donnant ainsi raison à l’Organisation internationale qui m’avait sanctionnée par une rétrogradation. J’en prends acte. Une audience publique s’était tenue le 23 septembre 2008 devant ce Tribunal. J’y avais développé ma plaidoirie, car je m’étais défendue moi-même, et l’Organisation avait présenté ses arguments. Il s’agit-là de documents publics, puisque énoncés dans le cadre d’une audience publique. Est également publique la sentence du Tribunal.

 

J’ai décidé de publier ces trois pièces – ma plaidoirie, celle de la partie adverse, la sentence – sur le blog, aujourd’hui et les jours suivants. Pourquoi ? Mais pour donner des éléments d’information, de réflexion et même de méditation, aux citoyens européens. Bien entendu, je m’abstiendrai de tout commentaire, puisque l’on ne commente pas les décisions de justice. C’est du reste inutile.

 

Je ne précise pas dans le présent préambule l’objet du litige, il est clairement expliqué dans ma plaidoirie.

 

Donc, voici aujourd’hui l’acte I : ma plaidoirie, présentée devant le Tribunal administratif, le 23 septembre 2008, comme si vous y étiez :

 

« Madame la Présidente, messieurs les juges,

La présente affaire se situe dans une longue lignée d’affaires similaires m’ayant opposée depuis six années à mon employeur, le Conseil de l’Europe. Ces affaires ont abouti à trois sanctions : la révocation, tout d’abord, puis le blâme et à présent, la rétrogradation.

 

Comme l’argument de la récidive a été très largement utilisé par la partie adverse, et va certainement l’être à nouveau tout à l’heure, je n’éluderai pas cet aspect des choses. Et même je commencerai par là.

 

Encore que je croie savoir qu’en droit, une affaire est considérée comme terminée lorsqu’elle a abouti à une sanction. Dans mon cas, la première - et principale - affaire a même abouti à une double sanction puisque les propos concernant l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne qui m’étaient alors reprochés ont été sanctionnés par une révocation qui a pris effet au 1er octobre 2002. A cette date, j’ai été mise à la porte du Conseil de l’Europe, en subissant de surcroît l’opprobre d’une révocation publique qui s’est étalée dans les pages du journal régional, qui indiquait clairement mon nom et celui de l’Organisation qui m’employait. Autre point litigieux dont je ne suis certes pas responsable, et sur lequel je reviendrai tout à l’heure.

 

C’était une sanction très lourde qui a duré près de deux ans, jusqu’au moment où votre Tribunal a ordonné ma réintégration, en mai 2004. A ce moment-là, le Secrétaire général a immédiatement rouvert une nouvelle affaire, se terminant par une nouvelle sanction : cette fois, celle du blâme, qui était la sanction initialement requise par le premier Conseil de discipline.

Voilà pourquoi il est permis de parler de double sanction pour une même faute.

On pourrait donc s’attendre à ce que ce sujet soit à présent considéré comme clos et la première affaire définitivement terminée.

 

Il n’en est rien et pour charger un dossier qu’il faut bien qualifier de plutôt mince au départ, pour bien alourdir un esquif plutôt frêle - en réalité pour étayer une absence de base juridique solide - l’argument de la récidive d’agissements dits fautifs est au contraire très lourdement martelé.

Il sert à justifier du point de vue de l’Administration la lourde sanction qui m’est aujourd’hui infligée.

 

Le Statut du Personnel du Conseil de l’Europe  - qui régit les droits et devoirs réciproques des agents et de l’Administration - autorise l’exercice d’activités politiques et associatives. Ses articles 33, 34 et 35, en précisent les modalités.

 

J’ai fait usage de cette possibilité prévue par le Statut. Or, vous le savez, un engagement politique s’exerce dans la durée. C’est un long cheminement, ingrat la plupart du temps, surtout pour ceux qui s’écartent de l’idéologie officielle. C’est ce militantisme qui s’est effectivement exercé durant plusieurs années à travers un certain nombre d’actions et de propos, qui ne cesse d’être qualifié de « récidive » par l’Organisation.

 

Il faut donc admettre que ce qui serait qualifié de persévérance et loué comme tel, s’il s’agissait de défendre des idées et des opinions conformes aux siennes, est blâmé comme étant une « récidive » caractérisée lorsqu’il s’agit d’idées ou  de mouvements politiques qui ne plaisent pas. Car c’est là tout le fond de la question.

 

Cette persistance a même été qualifiée par le Conseil de discipline, dans son récent avis, de désinvolture, voire de mépris : « Ainsi, outre le manque avéré de prudence dans l’expression, le Conseil de discipline perçoit, dans l’attitude de l’intéressée, si ce n’est du mépris, du moins une désinvolture qui illustre un manque de loyauté à l’égard de l’Organisation »

Et un peu plus loin : « En conclusion, le Conseil de discipline est d’avis que Mme Kling n’a pas respecté les dispositions de l’article 25 du Statut du personnel, de par la réitération d’agissements contraires à ses obligations, la nature des manquements relevés et la désinvolture dont elle témoigne ».

 

Je  trouve éminemment regrettable que le Conseil de discipline se laisse aller à une telle interprétation de mes activités, voyant dans ma constance à défendre mes idées une marque de désinvolture, voire de mépris à l’égard de l’Organisation. Rien dans mon comportement ne l’autorise pourtant à tirer de pareilles conclusions qui sortent du cadre juridique et ne visent qu’à me  stigmatiser davantage.

 

Dès lors que le Statut du personnel reconnaît à un agent le droit d’exercer une activité politique, le Conseil de l’Europe est-il habilité à lui faire grief d’user de ce droit avec constance? Il le pourrait, certes, si ces activités étaient répréhensibles ou tombaient sous le coup de la loi, ce qui n’a jamais été mon cas.

Le Secrétaire général n’est par conséquent pas fondé à me reprocher, dans le but évident de renforcer le caractère prétendument « fautif » de mes agissements, la répétition d’actes licites et légitimes.

 

La longue suite des procédures disciplinaires engagées démontre en réalité

 

* Des précisions sur le Tribunal administratif seront fournies avec la sentence

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16/01/2009

ALORS, LE PIRE, IL EST DEVANT OU DERRIERE ?

33.jpg15 mai 2008 : « DSK: "Le pire est derrière nous"

 Le directeur général du FMI assure que les institutions financières ont révélé l'essentiel des dégâts. Mais rappelle que les conséquences de la crise sur l'économie réelle vont encore durer. Sans doute "plusieurs trimestres". A lire aussi, notre dossier complet sur les subprimes.

Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a estimé jeudi que le pire de la crise financière née aux Etats-Unis était "derrière nous".  

Article de L’Express, en date du 15 mai 2008

 11 décembre 2008 : « Strauss-Kahn: "Ce sera pire en 2009..."

 

« La crise financière est "mondialisée", et aucun pays n'échappera à ses effets qui seront pires en 2009 que cette année, a déclaré jeudi le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, en visite au Costa Rica. »

 

Le « jeudi » en question était le 11 décembre 2008. La bombe Madoff explosait aussi ces jours-là.

 

Je vais vous dire, moi, ce qui est le pire, et pourtant je ne suis pas une spécialiste de l’économie : c’est que nous laissions ces guignols nous diriger sans piper un mot. Avouez qu'ils auraient tort de se gêner. Eux, de toute façon, le "pouvoir d'achat", ils planent largement au-dessus. Ils ne doivent même pas avoir idée de ce que ça signifie.

16:13 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

UN NOUVEAU « PROJET MEMORIEL ET EDUCATIF D’ENVERGURE »

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« Richard Prasquier et Haim Musicant participeront dimanche 18 janvier 2009 à l’inauguration du mémorial du camp des Milles, près de Marseille.

 

Dix mille personnes, venues de 27 pays d’Europe, furent internées entre 1939 et 1942 au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, seul camp français d’internement et de déportation encore en bon état et aménageable. Deux mille cinq cents hommes, femmes et enfants juifs y furent déportés par le régime de Pétain vers Auschwitz via Drancy, avant même l’invasion de la zone libre. On trouve encore dans ses bâtiments de 15 000 m², des peintures murales et d’autres traces de la présence des internés, laissées en particulier par de nombreux artistes et intellectuels, résistant par l’esprit au sort qui leur était imposé. Y furent ainsi internés, et parfois déportés, Max Ernst, Hans Bellmer, Lion Feuchtwanger, Karl Bodek…(…)

 

Initié par un collectif d’associations, un projet de « Mémorial pour l’Avenir » s’est développé depuis les années 1980, porté aujourd’hui par l’Association Mémoire du Camp des Milles, et très bientôt par une Fondation reconnue d’utilité publique.

Il constituera, dans l’enceinte de l’ancien camp, un lieu de mémoire et d’histoire de l’internement et de la déportation, aménagé en espaces innovants d’éducation citoyenne et de culture.

 

L’ambition du Mémorial du Camp des Milles est de renforcer la vigilance et la responsabilité du visiteur face aux menaces permanentes du racisme, de l’antisémitisme, de l’intolérance et du fanatisme. Contribuant ainsi hautement aux valeurs humanistes de respect, de dignité et de solidarité, il constituera, par les médiations utilisées, une réalisation pédagogique unique au monde dans un lieu de mémoire. Il représente à ce titre un des piliers du dossier Marseille Provence Capitale européenne de la culture 2013.

L’ouverture du site au public est prévue en 2010 et son potentiel est estimé à 100 000 visiteurs par an.

 

Soutenue par de nombreuses personnalités comme Elie Wiesel, Simone Veil, Serge Klarsfeld, et Richard Prasquier, bénéficiant d’appuis institutionnels, médiatiques et associatifs, et sous le Haut Patronage de Monsieur le Président de la République, l’Association mémoire du Camp des Milles lancera le 18 janvier 2009 à 11h30 les travaux d’aménagement du site – concrétisation de vingt-cinq années d’efforts et première pierre d’un projet mémoriel et éducatif d’envergure. Des « fouilles » vont notamment débuter pour mettre au jour les fresques et traces laissées par les internés, dont certaines seront présentées dès ce même jour.»

 

Source : http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid...

 

Sans doute êtes-vous anxieux d’en savoir un peu plus sur le financement de ce « projet mémoriel et éducatif d’envergure ». Eh bien, voilà (d’ailleurs, cela rejoint notre série « Que font et que disent nos élus ? ») :

 

« COMMUNIQUE DE PRESSE DE l’ASSOCIATION « MEMOIRE DU CAMP DES MILLES » 31 janvier 2007

Le financement du Mémorial du Camp des Milles est assuré

 

Ce 31 janvier 2007, une réunion a rassemblé l’ensemble des partenaires du projet « Mémoire du Camp des Milles », à savoir l’Etat (Ministères de la Culture, de l’Education Nationale et de la Défense), le Conseil régional, le Conseil général, la Communauté du Pays d’Aix, la Ville d’Aix-en-Provence, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (présidée par Mme Simone VEIL et représentée à la réunion par Me Serge KLARSFELD), le groupe Lafarge, le CRIF, l’Association du Wagon-souvenir et du Site-Mémorial des Milles, le Mémorial de la Shoah, auxquels s’étaient joints, pour la première fois, la Caisse d’Epargne et France Télécom.

 

1/ Le budget prévisionnel d’investissement du projet est de 13,8 M€ TTC, compte tenu de l’exonération de TVA confirmée le 18 décembre dernier par le Ministre du Budget, conformément au Code Général des Impôts. Le 14 juin 2005, le Conseil général avait porté sa contribution à 2,9M€, le Conseil régional à 2,5M€, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah à 2,5M€, le groupe Lafarge à 1,8M€, la CPA à 1,5M€. Le Mémorial de la Shoah avait confirmé son apport à titre gracieux.

Ce 31 janvier, l’Etat a annoncé un apport de 0,6M€ du Ministère de la Culture, en complément des 2M€ antérieurement annoncés par le même Ministère.

Le budget d’investissement de l’opération est ainsi bouclé, permettant de garantir la réalisation du futur Mémorial. (…)

 

4/ L’étape décisive du budget d’investissement étant franchie, un échange a pu ensuite avoir lieu sur les moyens de fonctionnement du futur aménagement. D’ores et déjà, l’Etat a confirmé la mise à disposition d’enseignants et s’est déclaré ouvert à la discussion, la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse a annoncé un apport exceptionnel de 500 000€, la CPA a affirmé qu’elle prendrait sa part de ce financement, le Conseil régional souhaite que le projet soit inscrit au CPER, le Conseil général s’est déclaré prêt à un tour de table sur le sujet, la FMS a déclaré qu’elle contribuerait à la vie de l’équipement selon des modalités à définir, et France Télécom a annoncé un apport pour la dimension « nouvelles technologies » en moyens techniques notamment. Il a été décidé que cet aspect serait approfondi lors d’une nouvelle réunion aussi rapide que possible.

 

5/ Concernant les moyens de fonctionnement de la structure porteuse du projet, le Conseil général a annoncé une forte augmentation de sa subvention, compte tenu de l’évolution de l’opération. Le Conseil régional et la CPA ont affirmé la poursuite de leur aide à cette structure nécessaire. France Télécom a confirmé une mise à disposition de personnel. »

 

Vous voyez bien que quand on veut, on peut, et que l’argent, s’agissant des priorités, n’est jamais un problème …

 

Ah, dernière petite précision à propos des artistes internés cités par le CRIF : si Karl Bodek est bien mort en 1942, les autres ont survécu, heureusement pour eux : Feuchtwanger est mort en 1958, Bellmer en 1975 et Ernst en 1976.

15/01/2009

POIGNEZ UN VILAIN, IL VOUS OINDRA, OIGNEZ UN VILAIN …

« Les Etats-Unis humiliés par leur allié israélien

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Telle que la raconte le premier ministre israélien, M. Ehud Olmert (1), l’histoire n’est pas flatteuse pour la Maison Blanche. Elle rappelle presque les diktats coloniaux. Un président qui interrompt son discours pour prendre au téléphone un premier ministre très courroucé. Le premier ministre somme le président de modifier sur le champ une décision que son pays s’apprête à prendre. Le président s’exécute, et puis reprend son discours…

Ainsi donc, apprenant que les Etats-Unis s’apprêtaient à voter la résolution du conseil de sécurité des Nations unies réclamant un cessez-le-feu immédiat à Gaza, M. Olmert aurait appelé le président George W. Bush, appris qu’il prononçait un discours, exigé qu’il l’interrompe, obtenu enfin de lui qu’il désavoue sa secrétaire d’Etat Mme Condoleezza Rice en changeant le vote américain favorable à la résolution des Nations Unies en abstention. Mme Rice fait démentir cette version, humiliante pour elle, M. Bush aussi. Sans convaincre.

Comment en effet de ne pas s’interroger sur la très grande docilité de la superpuissance américaine envers les actions et les exigences de son allié israélien. Au moment de l’incident relaté par M. Olmert, le Congrès votait d’ailleurs une résolution quasiment unanime de soutien à l’armée israélienne (2). A croire que lorsqu’il s’agit de la politique américaine au Proche-Orient, la marge de manœuvre de Tel-Aviv ne connaît aucune limite et qu’il est presque miraculeux que Washington n’ait pas voté contre la résolution de l’ONU...

Comment expliquer une telle mansuétude, un tel aveuglement ? Par les intérêts stratégiques américains dans la région, estiment les uns. Par le poids d’un lobby pro-israélien qui réunit une fraction aussi appréciable que bien organisée de la population juive américaine et nombre de fondamentalistes protestants voyant dans la supériorité d’Israël l’accomplissement d’une prophétie biblique ? Inutile de choisir entre ces deux options ; elles ne sont pas contradictoires. Aux Etats-Unis, le système politique favorise – au-delà des partis, des présidents – les desseins israéliens, quels qu’il soient. M. Olmert n’a commis qu’une maladresse en la matière : le proclamer.

(1) « Olmert Says He Made Rice Change Vote », New York Times, 12 janvier 2009.

(2) La résolution du Sénat « reconnaissant le droit d’Israël à se défendre contre les attaques venues de Gaza et réaffirmant le soutien appuyé (“strong support“) des Etats-Unis à Israël dans sa bataille contre le Hamas et soutenant le processus de pais israélo-palestinien » a été adoptée à l’unanimité. Celle de la Chambre des Représentants « reconnaissant à Israël le droit de se défendre contre les attaques venues de Gaza, réaffirmant le soutien appuyé des Etats-Unis à Israël et soutenant le processus de paix israélo-palestinien » a été adoptée par 390 voix contre 5, avec 22 abstentions. »

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-01-14-US-Israel

 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3655599,00.html

 

Question: la population américaine, qui n'est quand même pas composée uniquement de juifs ou de protestants fondamentalistes, finira-t-elle par se réveiller et s'interroger quelque peu sur les raisons de ce soutien indéfectible et accessoirement, sur la pertinence de tout le fric qui part là-bas?