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07/09/2009

OU L’ON REPARLE DES APOLLONIENS ET DES MERCURIENS

j7819.gifIsraël, Etat faible, malheureux juifs de la diaspora en butte à un antisémitisme inexplicable, etc, etc, ce tableau tragique m’a fait penser au livre de Yuri Slezkine paru aux Etats-Unis en 2004 sous le titre The Jewish Century. On n’y parle pas tout à fait le même langage et on n’y aboutit pas aux mêmes conclusions.

 

Il est d’autant plus intéressant de se remémorer ce livre qu’il va paraître à la fin du mois en français sous le titre Le Siècle Juif. Il nous est présenté en ces termes :

« L' âge moderne est l'âge des Juifs, et le XXe siècle est le siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d'entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. [... ] En d'autres termes, la modernité c'est que nous sommes tous devenus Juifs.

C'est par ces lignes et cette affirmation forte et paradoxale que s'ouvre ce livre magistral et hors du commun. A l'appui de cette thèse, l'historien Yuri Slezkine montre qu'il existe, dans la plupart des civilisations traditionnelles, une opposition structurale mais flexible entre, d'un côté, une majorité de paysans et guerriers 'apolloniens' et, de l'autre, une minorité de 'nomades fonctionnels' vulnérables et persécutés, les 'mercuriens'.

Tout comme les Chinois d'outre-mer en Asie, les Arméniens dans l'empire ottoman, les Parsis et les Jains dans le sous-continent indien, les Juifs sont les dignes descendants de Mercure, 'le patron des transgresseurs de règles, des passeurs de frontières et des intermédiaires ; le protecteur des individus qui vivent de leur agilité d'esprit, de leurs talents et de leur art.' Et, tout comme pour ces autres groupes d'entrepreneurs, de lettrés et d''étrangers professionnels', leurs succès réels ou supposés leur ont attiré une jalousie parfois mortelle. »

9782707157041.jpgVous l’avez compris, nous sommes tous devenus juifs car ainsi l’exige la modernité. Racines, identités, attachement à la terre et aux valeurs qui s’y rattachent, tout ça c’est dépassé, c’est apollonien. L’avenir est aux mercuriens, dont les juifs sont les prototypes. Voilà pourquoi ils s’épanouissent dans la « modernité » sous toutes ses formes et voilà pourquoi tous les cul-terreux englués dans leur glaise d’origine leur en veulent férocement.

Bon, c’est un peu caricatural, mais dans les grandes lignes, c’est bien comme ça que Slezkine voit les choses.

Il y a deux ans, en 2007, le site voxnr.com avait traduit et publié une interview fort intéressante de cet auteur. Vous la trouverez ci-dessous en lien. Il y développait notamment un parallèle pertinent entre juifs et gitans, tous mercuriens mais avec des réussites très différentes. A ce jour, on n’a pas encore vu de gitan à la tête du FMI, de la Fed ou de la Banque Mondiale. Notez que ça viendra peut-être, maintenant que Soros a pris leur sort à cœur (archives du blog 17 et18/09/08).

Slezkine y évoquait aussi les débuts du bolchevisme, qui fut bel et bien, n’en déplaise aux bien-pensants, un judéo-bolchevisme. Du moins à ses débuts, fort meurtriers, et pour un bon bout de temps. Voici ce qu’il en disait, sur le mode soft, néanmoins :

« Pourquoi les Juifs ont-ils eu tant de réussite au début de l’Etat soviétique ?

L’histoire des Juifs au début de l’Union Soviétique est similaire à l’histoire des Juifs en Amérique. C’est-à-dire qu’ils eurent une réussite particulière dans les domaines de l’éducation, du journalisme, de la médecine, et des autres professions qui étaient essentielles pour le fonctionnement de la société soviétique, incluant la science.

Les Juifs d’Union Soviétique étaient beaucoup plus instruits que tout autre groupe, ils étaient vierges de toute association avec le régime impérial, et ils semblent avoir été très enthousiastes concernant ce que faisait le Parti communiste. Cela fut dans une certaine mesure un engagement conscient en faveur de l’idéologie, mais ce fut surtout simplement parce qu’il n’y avait plus de barrières légales contre les Juifs. Les portes s’ouvrirent, ils se ruèrent à l’intérieur et réussirent excessivement bien dans les années 1920 et dans la première partie des années 1930.

Ma conviction est qu’on ne peut pas comprendre la seconde partie de l’histoire juive en Russie – les politiques antisémites, et ce qui arriva aux Juifs soviétiques plus tard, leur désir d’émigrer, par exemple – si on ne connaît pas la première partie de l’histoire, qui est surtout celle d’un succès étonnant.

Vous écrivez que les Juifs étaient des membres importants de la police secrète et aussi de ceux qui dirigeaient le Goulag. Cela était nouveau pour moi.

Le fait m’était inconnu quand je grandissais en Union Soviétique. La plupart des gens l’ont appris en lisant l’Archipel du Goulag de Soljenitsyne. Il n’en faisait pas une affaire à l’époque, mais il parle des gens qui dirigeaient les camps de travail du Canal de la Mer Blanche, et ils étaient presque tous des Juifs ethniques.

Quelle fut votre réaction ?

Avant tout la surprise, parce que cela semblait si incongru pour ceux d’entre nous qui pensaient que les Juifs étaient les victimes principales et les opposants principaux au régime soviétique. Mais plus tard je découvris que le rôle du communisme dans l’histoire juive moderne était formidablement important. Je ne pense pas qu’on puisse comprendre l’histoire juive moderne sans examiner la Révolution russe, ni comprendre le communisme sans examiner le rôle des Juifs. »

On s’en doutait bien un peu, mais du moment que c’est un expert qui nous le dit …

Concernant l’Etat d’Israël, Slezkine nous explique qu’on ne peut pas le considérer comme un Etat comme un autre, car « L’Holocauste créa une aura autour d’Israël qui le rendit différent de tous les autres Etats modernes, qui l’exclut de certaines des attentes qui sont habituellement associées aux Etats modernes – et de certaines critiques. A cause de son rôle très particulier, de son histoire, et de ses prétentions morales, Israël devint l’Etat auquel les règles standard ne s’appliquent pas.

D’une tentative de sortir du ghetto, Israël s’est transformé en un ghetto d’un nouveau genre, qui est le seul endroit où vous pouvez dire certaines choses.

Par exemple ?

C’est le seul endroit dans le monde occidental où un membre du Parlement peut dire – et en toute impunité – « déportons tous les Arabes hors d’Israël ». Ou bien où tant de gens peuvent dire, dans la conversation politique de routine : « Nous devons faire plus d’enfants juifs parce que nous voulons que cet Etat soit ethniquement pur ». Imaginez quelqu’un disant la même chose en Allemagne : « Procréons pour faire plus d’enfants parce que nous avons trop de Turcs ici ».

En effet, ça ferait jaser.

 

Source: http://74.125.77.132/searchq=cache:PcZaesgJs8AJ:www.voxnr.com/cc/d_antisionisme/EElplZAlEEoTxpSEVk.shtml+slezkine+israel&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr



PAS POLITIQUEMENT CORRECT

 

Ne cherchez pas mes bouquins sur PriceMinister, si d’aventure vous aviez cette idée. Ils étaient acceptés à condition qu’aucun commentaire explicatif sur leur contenu ne les accompagne.

Dans ces conditions, je me passerai de leurs services.

 

Mes livres sont vendus par l’intermédiaire de ce blog et par quelques diffuseurs de notre mouvance.

03/09/2009

FAIBLESSE EVIDENTE, INFLUENCE LIMITEE : PAUVRE ISRAEL !

J’observe une offensive sur un certain nombre de sites juifs et sionistes visant à faire apparaître Israël non pas comme l’Etat prédateur et arrogant que d’aucuns auraient le mauvais esprit d’imaginer, mais comme un petit Etat faible mais courageux, obligé de se battre éternellement seul contre tous. Et même bientôt contre les Etats-Unis, si ça continue.

 

Car cette démarche s’inscrit dans un climat de détestation et de méfiance qui s’amplifient à vue d’œil à l’égard d’un pays longtemps si généreux et si indulgent.

Ce type d’articles circulant sur le Web essaie d’accréditer la thèse suivante : les lobbies israéliens qui feraient la pluie et le beau temps à Washington n’existent tout simplement pas. Ce sont des mensonges éhontés. La vérité vraie, c’est que ce sont les lobbies saoudiens qui tiennent la dragée haute aux Américains et les plient à tous leurs caprices.

 

En voici la démonstration, faite par un dénommé Sultan Knish, dont vous ne connaîtrez ni le visage, qu’il cache élégamment sur son blog, (http://sultanknish.blogspot.com ) ni son nom véritable. Mais dont vous saurez qu’il est un journaliste israélien vivant à New York.

Son texte est présenté sur divers sites comme « un texte majeur, indispensable pour comprendre le tournant inauguré par la furieuse campagne publique d’Obama contre Israël, menée ces derniers mois, qui l’ont conduit à ne recueillir que 4% des suffrages israéliens. » Heureusement pour Obama, ce ne sont pas les Israéliens qui votent.

 

Ce texte, qui s’intitule The Big Israel Lie, est titré de façon assez obscure en français La grande mystification d’Israël.

En voici quelques extraits qui donnent le ton:

 

Le début d’abord : « Deux contrevérités liées entre elles sont au cœur de tous les débats au sujet d’Israël en Amérique. La première affirme que la route de la paix au Moyen-Orient est entre les mains d’Israël. La seconde tient qu’Israël influence la politique américaine à son profit. Ces mystifications ne sont pas le produit de l'ignorance ou du malentendu. Elles découlent d'une campagne de propagande efficace menée par des individus en costume et cravate, les représentants officieux du lobby saoudien qui domine la politique américaine au Moyen-Orient. Cette campagne a eu pour objectif d’imposer l’idée qu’Israël est l'axe autour duquel le Moyen-Orient et l'Amérique tournent, afin d’en faire la cible de tous les tirs. Et c'est une campagne qui a méchamment réussi jusqu'ici. »

(…)

Et la conclusion :  « Le lobby pro-israélien est une parodie, un bijou pour des gens qui ont trop de temps à leur disposition et pas assez de subtilité. Si la moitié des discours sur le lobby d’Israël était vrai, Israël aurait quatre fois la taille qu'il a aujourd'hui, avec des frontières sûres et sans problème de terrorisme. Au lieu de cela, Israël a subi des pressions qu’aucun autre pays n’a connues, pour apaiser et accommoder des terroristes aux dépens de la vie de ses citoyens, de sa sécurité nationale et même de sa survie… à cause d’une politique étrangère taillée sur mesure pour satisfaire les intérêts saoudiens.

La grande mystification au sujet d’Israël est qu’il est fort à Washington et puissant au Moyen-Orient. La vérité réelle est qu’Israël est un pays minuscule qui suscite l’affinité émotionnelle d'un pourcentage limité de Juifs et de chrétiens, dont la diplomatie est maladroite, et l'influence régionale faible, dont les militaires sont handicapés par l’idéologie compassionnelle de gauche, et dont les chefs préfèrent négocier que combattre… jusqu'à ce qu'il n’aient pas le choix.

Cette fumisterie vise à créer l’image d’un Israël fort et à le placer au centre de tous les problèmes pour en faire le clou sur lequel il faut taper pour que tout tienne bien droit. La manière la plus simple de dissiper ce mensonge est d’observer simplement la réalité du Moyen-Orient et de constater que – comme dit plus haut -, vu de l’espace, Israël disparaît derrière un ongle. »

Entre les deux extraits, vous avez droit à la démonstration de la faiblesse d’Israël et de l’incurie des juifs américains qui se font rouler dans la farine par les Saoudiens, beaucoup plus malins.

Conclusion : Israël est faible et démuni et les Saoudiens sont tout-puissants grâce à leur pétrole et à leur capacité à agir en coulisses. Israël ne souhaite que la paix, mais vous allez voir que les circonstances vont l’obliger, encore une fois, à son corps défendant, à faire la guerre. Ah tiens, l'article a oublié de mentionner l'arsenal nucléaire d'Israël, assez impressionnant pourtant.

Les distingués universitaires John Mearsheimer et Stephen Walt, qui ont commis en 2006 un livre qui a fait des vagues, Le lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis, auraient donc eu tout faux dans leurs insinuations déplacées.

Voici néanmoins de quoi vous remémorer quelques-uns de leurs arguments :

http://209.85.229.132/search?q=cache:nNE-IK1iGKcJ:contreinfo.info/article.php3%3Fid_article%3D52+walt+lobbies+isra%C3%A9liens+aux+usa&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=frr  

 

http://209.85.229.132/search?q=cache:O_mXRIMwhjEJ:www.voltairenet.org/article159391.html+lobby+saoudien+aux+usa&cd=8&hl=fr&ct=clnk&gl=fr  

 

Source : http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-17046-145-7-grande-mystification-disrael-sultan-knish.html

01/09/2009

BIENTOT A LA SOUPE POPULAIRE ?

portrait-16.jpg

Non, quand même pas. En cas d’absolue nécessité, il pourra toujours revendre son superbe portrait, qui en dit infiniment plus long sur le personnage que bien des discours. Et qui en dit très long aussi sur l’époque. Fric, frime, tant que vous voulez. Culture, art ? Inconnus au bataillon. J'ai bien aimé en particulier Dieu juste un cran au-dessus, mais pas trop haut.

Ce milliardaire en difficulté s’appelle Lev Leviev et sa principale société, Africa-Israël,vient d’annoncer “des pertes spectaculaires de plus de 300 millions de dollars pour le second trimestre 2009. Suite à cette annonce, Africa-Israël a chuté avant-hier de 29% à la Bourse de Tel-Aviv. (…)

“Face à l’aggravation du déficit de la compagnie, le magnat Lev Leviev a averti dimanche qu’elle risquait de ne pas être en mesure de rembourser automatiquement les obligations qu’elles a émises. Nous avons l’intention de renégocier les modalités de remboursement avec les propriétaires des obligations”, a déclaré M. Leviev à la radio publique. Africa-Israël a émis ces dernières années des obligations pour un montant de deux milliards de dollars”.

J’aimerais que l’on m’explique un jour comment un type arrivé de Tachkent en Israël en 1971, à l’âge de 15 ans, et qui débute comme apprenti polisseur de diamants, arrive à fabriquer une fortune pareille. Qui faisait de lui en 2007 l’homme le plus riche d’Israël. Au détour d’une indiscrétion d’Internet (ah cet Internet de malheur !), on apprend qu’à ses débuts, il a converti la fortune familiale en diamants bruts. Ca a quand même dû l’aider un peu. Et ça nous rassure, aussi : en Ouzbékistan, en 1971, malgré l’antisémitisme ambiant comme partout ailleurs hélas, certains juifs ne se portaient pas trop mal.

Bon, je ne vais pas vous raconter toute la saga Leviev. Sachez simplement que cet apprenti prometteur, issu d’un milieu religieux ultra-orthodoxe, n’a pas tardé à faire la leçon à la De Beers soi-même et à changer à son profit la règle du jeu. Car j’avais oublié de préciser que sa première fortune, c’est dans les diamants qu’il l’a faite. Il s’est par la suite très largement diversifié, notamment dans l’immobilier.

Il est particulièrement implanté en Afrique, notamment en Namibie et en Angola où il est très copain avec le gouvernement issu de la guerre civile.

Mais vous le savez, le monde est méchant et bien qu’il soit d’une folle générosité et d’une philanthropie à vous tirer des larmes - pour certaines causes cependant - il s’est trouvé des organisations assez ingrates et envieuses pour refuser ses subsides. Oui, vous avez bien lu : refuser ses subsides.Ainsi l’UNICEF a sèchement coupé les ponts avec Leviev pour un motif des plus futiles : il finançait avec prodigalité les colonies en Cisjordanie. Et aux dernières nouvelles, il se chuchote qu’il y aurait également des pratiques pas très catholiques, si je puis dire, du côté de l’Afrique et du respect des droits de l’homme. Ah l’ingratitude humaine …

0918leviev.jpgL'original (du portrait)

31/08/2009

BON SANG, CA LES DEMANGE ….

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« Wall Street Journal: Israël risque d'attaquer l'Iran

Le Wall Street Journal a mis en garde le président américain Barack Obama, en déclarant qu'il devait impérativement stopper le programme nucléaire iranien "s'il ne voulait pas devoir subir les conséquences d'une offensive israélienne." Il a précisé qu'un affrontement militaire serait inévitable si l'Occident ne se décidait pas à agir rapidement.

Dans l'éditorial d'aujourd'hui, le journal a accusé Obama d'avoir gaspillé son temps, au cours des premiers mois de son mandat, à tenter de convaincre Israël de ne pas attaquer les installations nucléaires iraniennes au lieu d'essayer de persuader la communauté internationale de prendre des mesures plus efficaces pour stopper le développement du programme de Téhéran.

 

Et de souligner dans les colonnes du journal: "Les officiers américains et israéliens avec lesquels nous nous sommes entretenus sont certains qu'un raid israélien pourra porter sérieusement atteinte aux projets des Iraniens, même si certaines installations sont épargnées." Il a encore souligné que "Téhéran avait constaté la faiblesse des institutions internationales et savait en revanche que seul Israël saurait réagir s'il le faut."

 

Et de poursuivre: "Les Iraniens ont compris que l'ONU ne constitue pas pour eux une menace, pas plus d'ailleurs que l'Agence internationale de l'Energie atomique." L'Occident, pour l'auteur de l'édito, ne souhaite pas non plus intervenir et le président Obama "continue à supplier l'Iran d'entamer un dialogue."
Et de conclure: "Plus l'Occident et l'Onu feront preuve de faiblesse, plus il semblera évident qu'Israël attaquera."

 

 

Source : http://www.elnashra.com/news-2-332310.html

 

La lune de miel avec Obama tourne de plus en plus clairement à la lune de fiel. D’où grosses tempêtes en vue sous les crânes des éminences qui nous gouvernent. Sarkozy a eu aujourd’hui cette puissante réflexion : le peuple iranien mérite mieux que ses dirigeants. Et nous, qu’est-ce qu’on mérite ? Très exactement ce qu’on a. Contrairement aux Iraniens, les Français ont très précisément les dirigeants qu’ils méritent.

Pour en revenir à l’Iran, les responsables israéliens pousseront-ils la paranoïa jusqu’à l’agression "préventive"? Ce n’est pas l’envie qui leur manque et de toute façon, ce ne sera pas de leur faute, s’ils attaquent. Mais uniquement celle des Occidentaux qui n’auront pas agi avec assez de fermeté. C’est évident, non?

 

30/08/2009

« 81% DES EUROPEENS PENSENT QUE L'IMMIGRATION N'EST PAS BONNE POUR LEUR PAYS".

MAIS ON NE LEUR A PAS DEMANDE LEUR AVIS.

cad.jpg"Réflexions sur l'immigration en Europe

L'Europe est pour la première fois de son histoire un continent de migrants. 40 millions sont nés dans un autre pays. Plus de 10 % du total.

Comme le titre de son livre l'indique, Caldwell pense qu'une révolution est en train de balayer l'Europe. Dans un des passages les plus mémorables du livre, il se demande "si on peut avoir la même Europe avec un peuple différent", pour Caldwell "la réponse est non". Incidemment, au Québec, l'immigration et l'euphémisme de diversité croissante ont servi de prétexte pour modifier la charte des droits de la personne et imposer le cours d'éthique et de culture religieuse.

Caldwell rappelle qu'en 1950, il n'y avait pratiquement pas de musulmans en Europe à l'exception des Balkans. En l'an 2000, il y en avait entre 15 et 17 millions : 5 millions en France, 4 millions en Allemagne et 2 millions en Grande-Bretagne. Comme les immigrants aux États-Unis, ils sont jeunes, citadins, prolifiques et surreprésentés dans les prisons. 40% des enfants de Paris ont des parents immigrants, à Londres un huitième des habitants sont musulmans.  50% des prisonniers français sont musulmans. À Turin, les immigrants représentent 10% de la population mais seulement 0,2% des décès et 25% des naissances. Les musulmans qui arrivent en Europe font en moyenne plus d'enfants que ceux qui restent au pays, le même phénomène s'observe chez les Mexicains ayant émigrés aux États-Unis.

L'effet de taille compte énormément, écrit Christopher Caldwell, éditorialiste au Financial Times. On dénombre 15 à 17 millions de musulmans en Europe. C'est unique dans l'histoire. Et cette immigration constitue le plus grand problème que rencontre l'Europe. Il est frappant de constater le manque de confiance de la démocratie, sa plus importante valeur morale, à le traiter, écrit-il.

Si l'Europe accueille davantage d'immigrants que ses citoyens ne le souhaitent, c'est une bonne indication que la démocratie fonctionne mal. Dans ce contexte de "confrontation avec l'islam", il dépeint des Européens de souche qui "se sentent exclus chez eux, victimes d'une OPA culturelle" et propose ses propres pistes.

L'islam a brisé bien des habitudes, structures et institutions de l'État. L'immigration, à travers sa main-d'œuvre bon marché, peut être bénéfique à l'économie privée. Pour l'État, c'est différent. Les prestations aux immigrés et à leurs familles dépassent leurs contributions. En Allemagne, les indigènes de 20 à 65 ans paient davantage de contributions qu'ils ne font appel aux prestations sociales. Les Turcs d'Allemagne ne le font qu'entre 28 et 57 ans. La tendance n'est pas encourageante. Entre 1971 et 2000, le nombre de résidents étrangers en Allemagne a explosé de 3 à 7,5 millions, mais le nombre d'étrangers actifs s'est maintenu à 2 millions !

"La Grande-Bretagne reçoit un demi-million de nouveaux immigrés extra-communautaires tous les ans" et déjà environ 80 "tribunaux islamiques" autorisés à résoudre des controverses par la charia, y sont à l'œuvre.

En Norvège, on a assisté à un cas d'intégration à rebours : toutes les élèves d'une école ont mis le voile, convaincues d'être plus mignonnes ainsi.

On soutient que les immigrés "sont une ressource" parce qu'ils font les travaux que les européens ne veulent plus faire. Au contraire, "avec leurs bas salaires, ils maintiennent souvent temporairement en vie des postes de travail de toute façon destinés à disparaître (...) à cause du progrès technologique et de la disponibilité de produits à coûts mineurs provenant de Chine".

De plus en plus, lorsque les immigrés se naturalisent, ils ne veulent plus faire certains travaux.

On dit aussi que ce sont les immigrés qui vont "payer nos retraites". Mais "en général, ils font des travaux peu rémunérés, leurs contributions sont donc relativement basses". Ajoutons que "eux aussi vieillissent et deviennent retraités. En outre, très vite, ils ont des problèmes de santé que les assurances sociales doivent prendre en charge". Sans compter que "en Allemagne et en France 70% des immigrés extra-communautaires ne travaillent pas - soit parce qu'ils sont trop jeunes, soit parce qu'ils sont au chômage donc ils ne payent pas de cotisations, alors qu'ils constituent un coût pour le système de protection sociale".

En somme, rien ne permet de conclure "qu'il soit moins coûteux pour l'Europe d'accueillir des millions d'immigrés extra-communautaires plutôt que de destiner les mêmes ressources à les aider dans leurs pays d'origine".

Cela vaut aussi pour les diplômés originaires du Tiers-monde : "en faisant ainsi, on soustrait aux pays d'origine justement ces élites qui leur seraient indispensables pour sortir du sous-développement".

En outre, l'Europe [et le Québec] "est tellement plongée dans le relativisme qu'elle n'a vraiment pas les idées claires sur la culture qu'elle veut défendre et proposer aux immigrés. Il semble que les réactions se produisent dans un seul domaine, qui comprend le féminisme et les droits des homosexuels".

Ainsi, nous le rappelle Caldwell, les Pays-Bas ont décidé "de proposer aux nouveaux immigrés les 'valeurs hollandaises' résumée dans une vidéo qu'ils doivent obligatoirement voir. On y voit, entre autre, deux homosexuels qui échangent des effusions en public et une baigneuse 'topless'. Il n'est pas certain que la majorité des Néerlandais se reconnaissent dans ces valeurs. Pour contre, il est très certain que la vidéo confirmera les immigrés musulmans dans leur sentiment de supériorité par rapport à l'Occident décadent. Dans d'autres Pays les cours sur la citoyenneté proposés aux immigrés exaltent le droit à l'avortement".

L'immigration et l'État social se marient mal. "Une fois que les immigrés comprennent le système d'État social, ils peuvent changer les objectifs des assurances sociales. Au lieu de dépenser les prestations sociales, par exemple en nourriture, l'argent peut financer l'islam. Les deux tiers des imans en France sont à la sécurité sociale", explique Caldwell.

Certes la gestion cohérente des flux de population n'est pas aisée avec une économie globale complexe et les conséquences culturelles qui en résultent. Il ne s'agit pas seulement d'importer des facteurs de production, mais aussi le changement social. Car avec l'immigration de masse, la diversité, la tolérance, le sécularisme sont mis à rude épreuve.

Ces 20 dernières années mettent en lumière l'absence d'assimilation. Caldwell observe même une détérioration avec les nouvelles générations. Des zones de non-droit émergent dans les banlieues. Nicolas Sarkozy est le seul chef d'État à condamner les responsables d'émeutes dans les banlieues et non pas le manque de générosité à leur égard. Ce n'est pas à des délinquants de déterminer l'agenda politique. Caldwell approuve avec force. Mais est-il trop tard ? Les lois sur la tolérance ont commencé à profiter aux intolérants, dit-il.

Caldwell s'en tient aux faits : 19% des Européens pensent que l'immigration est bonne pour leur pays. Les autres ne sont pas devenus moins généreux envers les immigrés. "Simplement, ils paient la facture". Beaucoup d'Européens sont à la recherche d'une vie meilleure, comme les immigrés. Mais, contrairement à ces derniers, "ils n'ont pas voulu le changement", explique l'auteur. Ils sont pourtant expulsés de la culture de leurs parents. Certaines de leurs traditions sont parfois rejetées sous prétexte que les immigrés musulmans pourraient se sentir exclus. La réciprocité des pays musulmans à l'égard de religion chrétienne n'est pourtant de loin pas garantie.

Pour l'auteur, l'histoire de l'Europe est, depuis la Seconde Guerre mondiale, une histoire d'émancipation à l'égard des États-Unis. La création de l'Union européenne s'inscrit dans ce contexte. La solution à l'immigration de masse risque toutefois d'obliger l'Europe à suivre l'exemple américain. Les États-Unis sont, en théorie, libres, ouverts et occidentaux. En pratique, "l'Amérique exerce des pressions dignes de Procuste sur les immigrés pour qu'ils se conforment à leur système. Ce sont ces pressions et non son ouverture qui font des Etats-Unis un peuple". "Si elle l'empêche de parler l'anglais ou d'être à l'heure au travail, il aura faim. Il rentrera dans son pays et personne ne le regrettera". Le modèle américain ne peut toutefois être transposé intégralement. Il résulte de conditions historiques particulières et d'une réforme du système pénal, sous Nixon, destiné à lutter plus férocement contre la drogue. De plus, l'Amérique compte seulement 2 millions de musulmans. L'immigré peut maintenir sa culture ancestrale, mais

"Le problème de base avec l'islam et avec l'immigration tient au fait que les communautés les plus fortes en Europe ne sont pas des communautés européennes", selon Caldwell. Ce problème existe malgré le multiculturalisme des Pays-Bas et la laïcité de la France. L'islam est une religion magnifique, mais ce n'est pas la religion de l'Europe et ce n'est en aucune manière la culture européenne. Il est certain que l'Europe sortira changée de la confrontation."

Source:  Theatrum Belli  http://www.theatrum-belli.com/archive/2009/08/30/02b50016...

19/08/2009

ENCORE UN FALSIFICATEUR DE L’HISTOIRE

images.jpgCette fois-ci, c’est le prince du Liechstenstein qui est dans le collimateur. A juste titre car il a tenu tout récemment des propos consternants d’antisémitisme. Dans une interview au journal Volksblatt, Hans-Adam II a en effet osé déclarer en toutes lettres « que le secret bancaire que son pays pratique avait permis à de nombreux Juifs d’être sauvés de la mort durant la 2e Guerre mondiale. » Positivement incroyable.

Il a déclenché illico les foudres de l’Union des communautés juives d’Allemagne qui l’a accusé carrément « de se moquer de la Shoah et des Juifs qui ont réussi à survivre, de falsifier l’Histoire et présenter le Lichtenstein comme protecteur ou sauveur des Juifs durant la Shoah ». Et puis, avoir l’air de prétendre qu’il y aurait eu des juifs assez riches pendant la guerre pour avoir des comptes en Suisse ou au Liechstenstein, c’est d’un déplacé … 

C’est vrai que cette histoire de secret bancaire lui reste sur l’estomac, au prince. La petite principauté est sous pression depuis que le G20 a vertueusement décidé au début de l’année de s’occuper des paradis fiscaux et de les rayer de la surface du globe. Oui, enfin bon, pour ce qui est de les rayer de la surface du globe, soyons clairs, ça peut attendre. Disons qu’il y a des priorités. Il y a des mal- pensants, qu’il convient de punir dare-dare. Suivez mon regard du côté de la Suisse ou du Liechtenstein. C’est qu’il a une lourde hérédité, le prince. Allez savoir, il est peut-être bien lui aussi le fils d’un traître génétique. Ca ne vous rappelle pas une affaire récente?

Ouvrons une parenthèse pour rappeler le magnifique film Vent d’Est, dont voici l’histoire (grâce à Wikipedia) : « Ayant combattu pour une cause qui leur semblait juste (la lutte contre le bolchevisme), et s'étant ralliés aux forces allemandes pour mieux y parvenir, un régiment de l'armée de libération de la Russie alors en déroute se réfugie par la force des choses au Liechtenstein pour ne pas subir les foudres des soviétiques vainqueurs.

Venus chercher asile et salut dans cet État neutre, ils sont accueillis avec bienveillance par le gouvernement en place. En effet, bien que rentrés en force dans le pays, le prince se montrera compréhensif et acceptera les réfugiés avec le respect dû à leur rang de combattants.

Le général Smyslowsky, alors à leur tête, n'aura de cesse d'essayer de préserver ses soldats (qu'il considère tous sous son entière responsabilité) et s'emploiera à les conduire en Argentine, un pays où ils ne seront plus pourchassés.

Dissuadés par le gouvernement en place d'employer la force, les soviétiques proposent alors aux soldats de rentrer chez eux sans être trop lourdement punis. Selon leurs dires, quelques travaux d'intérêt général leur suffiraient pour accomplir leur peine et, dès lors qu'ils les auraient accomplies, tous les soldats pourraient reprendre une vie "normale".

Ceux qui choisiront de rentrer seront fusillés lors du trajet. »

Fin de la parenthèse, mais qui peut expliquer bien des choses, même 60 ans après.

Pour en revenir aux soucis actuels, le Liechstenstein figure sur la liste noire de l’OCDE. Mais il y a bien d’autres paradis fiscaux qui n’y figurent pas, eux. Par exemple, les paradis américains, bien discrets. Ce qui avait d’ailleurs amené le premier ministre luxembourgeois à déclarer à l’époque : «Le G20 est une entreprise sans crédibilité si sur la liste dite “noire” des paradis fiscaux, il n'y a pas le Delaware, il n'y a pas le Wyoming, il n'y a pas le Nevada…».

C’est vrai qu’on ne parle pas beaucoup du Delaware – mais les gens heureux n’ont pas d’histoire. « A peine plus grand que la Haute-Marne, il est devenu un géant mondial en tant que terre d'accueil des sociétés. Plus de 40 % des entreprises cotées à la Bourse de New York y sont domiciliées.»

Je suppose que voilà un paradis fiscal et juridique qui ne sera pas trop inquiété par les grands inquisiteurs du G20. Dernier point de détail le concernant : son gouverneur est le premier gouverneur juif élu aux States : Jack Markell.

17/08/2009

SORTEZ VOS MOUCHOIRS !

 

Vous allez en avoir besoin, car la société Disney s’apprête à produire un film sur … Anne Frank. Oui, oui, un film sur le Journal d’Anne Frank et la pièce qui en a été tirée. On ne sait pas encore quels seront les interprètes, mais on connaît déjà le réalisateur : David Mamet.

 

Ce dernier est né dans une famille juive originaire de Russie. Wikipédia nous apprend qu’en plus de ses films, il a également écrit sur le judaïsme et la culture juive, sur la haine de soi juive et l’antisémitisme, « ses livres les plus récents dans le domaine étant The Old Religion, un roman sur le lynchage de Leo Frank, accusé d'avoir violé et tué une jeune fille dans son usine (en réalité, une version moderne de l'accusation de crimes de sang contre les Juifs ». Tiens, encore un Frank.

 

S’agissant de la « version moderne de l’accusation de crimes de sang contre les Juifs », c’est peut-être aller vite en besogne. L’affaire Leo Frank est évoquée dans ce blog, en date du 17/08/07. En réalité, elle n’a jamais été résolue, malgré le témoin de toute dernière heure, tombé inopinément du ciel … 69 ans après les faits ! Pile au moment où l’Anti-Defamation League demandait la réhabilitation de Frank. Mais est-ce que ça compte, ça, 69 ans, quand la Justice avec un grand J est en marche ?

 

Bon, ceci juste pour situer un peu le réalisateur qui va nous concocter ce nouveau film destiné à la jeunesse, qu’il convient d’éduquer dès le berceau, n’est-ce pas ?

 

Ah, il est loin le temps où le grand Walt ne songeait qu’à faire rêver, et y réussissait merveilleusement. Maintenant, la maison Disney fait dans le politiquement correct et le bourrage de crâne dès l’enfance. Vous ne serez pas étonné d’apprendre, je pense, que son PDG actuel, Robert Iger, est né dans une famille juive américaine. Tout comme son prédécesseur, qui l’a confortablement installé dans ce fauteuil avant de s’en aller, Michael Eisner.

 

Maintenant, histoire de faire plus encore rêver nos chères têtes blondes, on pourrait peut-être suggérer à la société Disney de consacrer un autre film aux millions d’enfants morts de faim et du typhus pendant l’Holodomor en Ukraine. Ca ferait un bon sujet également, et ça se passait juste douze ans avant les malheurs d’Anne Frank, morte aussi du typhus à Bergen-Belsen.

16/08/2009

UNE FORMIDABLE NOUVELLE POUR LA LICRA !

On doit être drôlement contents à la LICRA ! Pensez, ces Français qu’elle croyait racistes et antisémites, eh bien, pas du tout, elle se trompait de A à Z. Ils sont juste le contraire ! La preuve : elle s’étalait hier à la une du Journal du Dimanche, dont le rédacteur en chef n'est autre que Claude Askolovitch : les personnalités préférées des Français sont en n°1 Yannick Noah, en n°2 Dany Boon et en n°3 Gad Elmaleh. Alors, hein ! Ils sont quand même vachement sympa, ces braves Français. Du moment qu’on les fait rigoler, le reste …

 

noah.jpgYannick Noah, le grand chouchou, ne fait pourtant « rien pour être aimé, à part mettre tout son cœur dans ce qu’il fait. (…) Il est une « sorte de Français idéal, citoyen du monde, engagé mais pas trop, sympa et décontracté », nous susurre le JDD. Ce Français idéal, dont le cœur penche nettement à gauche, a fait ses valises pour s’installer à New York. Mais qu’importe ! On l’aime quand même.

 

images.jpgDany Boon est lui aussi un bon citoyen du monde qui vit à Los Angelès. Il est né Daniel Hamidou dans une famille mi kabyle-mi ch’timie et de catho qu’il était, il s’est converti au judaïsme. Par amour, parfaitement.

Pourvu que ça ne nuise pas à sa carrière, on tremble pour lui … En tout cas, dans ses interviews, il ne rate aucune occasion de souligner « le lien familial indéfectible qui le rattache à Israël, où vit sa belle famille qu’il visite régulièrement ».

 

elmaleh.jpgQuant à Gad Elmaleh, lui, il se déclare sans complexe fier de ses origines juive et marocaine : « Je suis Juif et Marocain. C’est ma réalité. J’ai une éducation judéo-marocaine. Je parle l’arabe comme je parle le français et l’hébreu », D’ailleurs en plus, il a aussi la nationalité canadienne. On ne sait jamais de quoi est fait l’avenir, une nationalité de plus, ça ne se refuse pas. Il est aussi un fidèle soutien de Tsahal puisqu’il a dédicacé en ces termes un album de l’Association pour le bien-être des soldats israéliens :

« Eh bien non, il ne s’agit pas d’un film de Spielberg où il faudrait sauver le soldat Abraham. C’est plutôt lui qui nous sauve et veille sur nous, nos idéaux, nos enfants, notre futur. Nous avons le choix ! Pas eux, donc pas nous ! Aidons-les à veiller sur eux… enfin sur nous. »

 

Telles seraient les personnalités préférées des Français … Amusant, non ? Bon, je ne me frappe pas plus que ça, ce « sondage » n’étant qu’une énième démonstration des efforts jamais relâchés en vue du bourrage de crâne et de la crétinisation à marche forcée du pays. Je croirais plutôt que ces résultats mirobolants reflètent davantage la volonté des initiateurs de la démarche qu’une quelconque réalité.

 

Questions autrement plus intéressantes: qui est à l’origine du sondage ? Qui a établi la liste des 50 « personnalités »  - et 50 seulement, toujours les mêmes - proposées au choix ?  Au choix de qui, d’ailleurs ? Où ont-elles été pêchées, ces 1041 personnes invitées à choisir leurs 10 préférés dans la liste ? Dans le lectorat du JDD ?

 

Il se trouve que j’aime bien lire Louis Pauwels. Il a beaucoup fréquenté Gurdjieff, ce qui fait que j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur ce personnage. Je suis donc en train de lire Fragments d’un enseignement inconnu, d’Ouspensky. Or hier, après avoir pris connaissance du sondage ci-dessus, je suis retournée à ma lecture du moment, juste aux passages qui suivent, et j’y ai vu une telle correspondance, que je vous en fais profiter. N’oubliez pas que ces propos ont été tenus en 1917 :

 

« Mais, comme je l’ai déjà dit, cette question est sans portée pratique pour nous. Pour nous, il importe seulement d’établir où commence l’évolution, et comment elle se poursuit. Et si nous nous rappelons l’analogie complète entre l’humanité et l’homme, il ne sera pas difficile d’établir si l’humanité est en évolution ou non.

 

Pouvons-nous dire, par exemple, que la vie soit gouvernée par un groupe d’hommes conscients ? Où sont-ils ? Qui sont-ils ? Nous voyons exactement le contraire. La vie est au pouvoir des plus inconscients et des plus endormis.

 

Pouvons-nous dire que nous observons dans la vie une prépondérance des éléments les meilleurs, les plus forts, les plus courageux ? – Nullement. Au contraire,nous voyons partout le règne de la vulgarité et de la stupidité sous toutes leurs formes.

 

Pouvons-nous dire enfin que nous voyons dans la vie des aspirations vers l’unité, vers une unification ? Certainement pas. Nous ne voyons que de nouvelles divisions, de nouvelles hostilités, de nouveaux malentendus.

 

De sorte que, dans la situation actuelle de l’humanité, rien ne dénote une évolution. Au contraire, si nous comparons l’humanité à un homme, nous voyons clairement la croissance de la personnalité aux dépens de l’essence, c’est-à-dire la croissance de l’artificiel, de l’irréel, de ce qui n’est pas à nous, aux dépens du naturel, du réel, de ce qui est bien à nous.

En même temps, nous constatons une croissance de l’automatisme.

 

La civilisation contemporaine veut des automates. Et les gens sont certainement en train de perdre leurs habitudes acquises d’indépendance, ils tournent de plus en plus au robot, ils ne sont plus que des rouages de leurs machines. Il est impossible de dire comment tout cela finira, ni comment en sortir – ni même s’il peut y avoir une fin et une issue. Une seule chose est certaine, c’est que l’esclavage de l’homme ne fait que s’accroître. L’homme devient un esclave volontaire. Il n’a plus besoin de chaînes : il commence à aimer son esclavage, à en être fier. Et rien de plus terrible ne saurait arriver à l’homme ».