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20/03/2010

«Netanyahou a les moyens de tenir tête à Washington»

11.jpgDeuxième volet de la contre-offensive (lire le premier volet à la suite de cet article) : on n’a plus besoin de vous (les Américains), on est les plus beaux et les plus forts, de toute façon. Et si on veut attaquer l’Iran, eh bien on ira, gna, gna, gna, et on ne vous demandera pas votre avis. J’enjolive un peu, mais c’est le sens. Enfin, si l’on peut dire.

Au passage, on notera qu’il n’est plus ici question de « bourde », mais au contraire d’une action dûment réfléchie. Et puis, ressortent de leurs trous quelques vérités ... On peut quand même se demander si Israël, ivre de sa nouvelle « puissance » ne prend pas un peu ses désirs fous pour des réalités. Nous ne tarderons sûrement pas à le savoir. Et quant à l’appui inconditionnel du peuple américain, moi, je ne parierais pas un dollar dessus…

 

« Jérusalem peut se passer aujourd'hui facilement de l'aide économique et militaire américaine.

Le clash entre Américains et Israéliens pose la question de la dépendance économique  et militaire de l'Etat d'Israël vis-à-vis des Etats-Unis. Le risque de représailles laisse de marbre les dirigeants israéliens. Or, il faut se rendre à l'évidence: Benjamin Netanyahou, doté d'une longue expérience politique, n'a pas pu agir à la légère. Il a été trois fois Premier ministre, mais il a surtout excellé au poste de ministre des Finances, de 2002 à 2005, sous le gouvernement Sharon. Tous les experts internationaux ont reconnu que le pays lui doit sa réussite. Il a transformé une économie où le rôle de l'Etat était alors considérable en une économie libérale qui a donné au pays l'essor que l'on sait et qui lui a permis de résister à la récente crise mondiale, contrairement aux autres pays occidentaux. Pour accompagner son programme, il avait pris l'initiative de proposer à l'ancien directeur général du FMI, Stanley Fisher, les clés de la Banque d'Israël.

Ces états de service expliquent que le Premier ministre israélien ait accepté le risque d'une rupture avec les Américains pour s'affranchir de leur tutelle politique. L'annonce de la construction des 1.600 logements à Jérusalem-Est ne semble pas fortuite. Il veut dessiner sa carte du Proche-Orient et contraindre les Palestiniens à négocier à ses conditions. Jusqu'alors la diplomatie israélienne n'avait aucune autonomie puisqu'elle était sujette aux aides financières américaines. L'épisode de 1990 est encore présent dans les mémoires lorsque le Premier ministre Yitzhak Shamir  avait réclamé, auprès de George Bush père, une garantie pour un prêt de dix milliards de dollars pour aider à l'installation des juifs qui arrivaient en masse d'URSS. Le président américain avait exigé, en contrepartie, qu'aucun juif russe ne puisse s'installer en Cisjordanie. Shamir refusa ce diktat en espérant que le lobby ferait son travail habituel auprès du Congrès. Mais à la surprise générale, les lobbyistes n'ont pas réussi à convaincre la majorité de l'opinion américaine qui avait appuyé Bush à 85%. Le prêt ne fut pas consenti, mais les conséquences ont été payées plus tard puisque George Bush manqua sa réélection en 1992 et que Shamir perdit les élections durant la même année.

L'histoire peut-elle bégayer ainsi au point que Benjamin Netanyahou s'en serve comme soutien à sa nouvelle politique? Nous avons consulté les experts économiques et militaires pour savoir si l'Etat d'Israël était en mesure de s'affranchir de l'aide et du soutien américain. L'envoyé spécial George Mitchell pourrait en effet suggérer des représailles économiques si aucun progrès n'était obtenu dans le processus de paix et si les constructions dans les territoires n'étaient pas stoppées. Les chiffres officiels qui nous ont été communiqués parlent d'eux-mêmes.

Réussite économique

Le gouverneur de la Banque d'Israël surveille l'économie israélienne sans indulgence. Le budget était équilibré en 2007, et en raison de la crise, il a subi un léger déficit de 1,6% en 2008 et de 6% en 2009. L'américain Stanley Fisher favorise la stabilité du dollar face à la devise israélienne. Il achète 100 millions de dollars par jour pour gonfler les réserves de devises de l'Etat d'Israël et pour éviter une baisse plus rapide du billet vert dont le change est passé de 4,2 Shekel à 3,71 malgré ce soutien. Le FMI (Fonds monétaire international) table sur une croissance du PIB israélien de 3,5% pour l'année 2010. Ces résultats encourageants poussent à Israël à demander son adhésion parmi les pays riches de l'OCDE et Israël est considéré comme un bon risque sur les marchés financiers. Le pays est en mesure d'obtenir à des taux faibles des prêts pour couvrir son déficit budgétaire, sans avoir à demander de caution américaine.

Le ministre des Finances israélien a annoncé en octobre, lors de la réunion du FMI à Istanbul, que l'Etat juif est devenu créancier du FMI en mettant à sa disposition une ligne de crédit de 1,7 milliard de dollars puisque les réserves de la Banque d'Israël ne cessent de grandir avec des liquidités de l'ordre de 60 milliards de dollars. C'est pourquoi l'aide américaine ne revêt plus l'urgence des années de crise économique et elle ne peut plus servir de moyen de pression politique contre le gouvernement israélien. Benjamin Netanyahou en a parfaitement conscience.

«Aumône»

En 1985, l'aide américaine civile et militaire s'élevait à 3,4 milliards de dollars, soit 14% du PIB israélien évalué alors à 24,1 milliards de dollars. En 1996, l'aide avait été ramenée à 3,1 milliards de dollars et représentait alors 3% du PIB qui se montait à 105 milliards. En 2008 et en 2009, le PIB a atteint 199 milliards de dollars pour des subventions américaines réduites à 2,4 milliards soit 1,2% du PIB. L'aide américaine n'est certes pas négligeable, mais ces chiffres démontrent qu'elle n'est plus d'une importance vitale pour Israël d'autant plus que sa composition a varié. L'aide économique civile est tombée à seulement 120 millions de dollars, qualifiée «d'aumône» par les économistes.

Le reste de l'aide, militaire, est selon les experts intégralement reversé aux industries américaines qui bénéficient ainsi de subventions indirectes de leur propre gouvernement. La loi américaine exige que 74% du financement militaire à Israël (FMF foreign military financing) soit dépensé en produits militaires américains. Cette aide prend ainsi la forme d'assistance au développement de systèmes de missiles anti-missiles Arrow qui intéressent en premier lieu l'armée américaine. Ce FMF génère par ailleurs des bénéfices et des emplois aux Etats-Unis. Pas moins de 1.000 entreprises dans 47 Etats américains en profitent pour signer des contrats de plusieurs milliards de dollars. Enfin, ces subventions sont utilisées par le gouvernement américain pour masquer la réalité de ses dépenses militaires qui devaient baisser selon le programme du candidat Obama.

Armement

Autre évolution majeure, les Etats-Unis ne sont plus les principaux pourvoyeurs d'armement de Tsahal car la situation a évolué depuis qu'Israël a décidé de gagner son autonomie. Les navires de guerre, les tanks, les armes légères et les armes lourdes, les radars, les missiles et les appareils de surveillance sont maintenant de fabrication israélienne. Tous les secteurs de l'armement sont occupés par les industries militaires israéliennes à l'exception d'un seul: l'aviation. Israël détient pourtant la technologie en ce domaine puisqu'il avait développé son prototype, le Lavi, qui avait pris l'air et qui devait être construit à 300 exemplaires. Mais le veto américain de l'époque a interrompu sa fabrication en 1987, Washington refusant que l'aide américaine serve à financer un concurrent du F-16. Il semble que les recherches n'ont jamais cessé sur ce type de matériel et que le Lavi, aux performances améliorées, renaît sous d'autres noms comme avion de reconnaissance déjà vendu à Singapour.  Israël ne craint pas un éventuel embargo. Il est le 5e exportateur d'armement mondial... juste derrière la France.

Enfin, pour contourner le veto américain sur la fabrication de ces propres avions de chasse, l'armée israélienne a aussi changé de stratégie dans le domaine aéronautique en développant les drones et en devenant un des leaders dans ce domaine. Israël vient ainsi de développer l'Eitan, drone à long rayon d'action et le plus grand de tout l'arsenal israélien. Son envergure de 26m lui donne la taille d'un Boeing 737, embarquant une tonne de fret à une altitude de plus 12 kilomètres et pouvant voler durant vingt heures consécutives en mettant l'Iran à sa portée.

Enfin, Tsahal n'a pas apprécié les difficultés faites pour l'obtention des nouveaux avions F22-Raptor, uniquement réservés à l'armée américaine, ou des F-35 dont le contrat d'achat n'est pas encore signé et qui ne pourront pas être disponibles avant 2014.

Moyens consolidés

Netanyahou considère aujourd'hui qu'il n'est pas contraint de ménager un président américain faisant preuve, selon lui, de faiblesse vis-à-vis de l'Iran tandis que ses généraux piaffent d'impatience pour attaquer les installations nucléaires du régime des mollahs. La situation n'est plus celle des années antérieures. Contrairement à 1990, il est appuyé par l'AIPAC (American Israel Public Affairs), le lobby pro-israélien, qui vient de conseiller à Barack Obama de «prendre des mesures immédiates pour apaiser la tension avec l'Etat hébreu» et de mettre fin à «l'escalade rhétorique de ces derniers jours qui détourne des problèmes urgents que sont la volonté de l'Iran de se doter d'armes nucléaires».

Il détient à présent les outils économiques et militaires pour garantir son autonomie de décision et il espère que les électeurs américains réagiront, comme en 1992, en refusant la réélection d'un président qui a montré ses limites et en choisissant un candidat plus volontaire. Il sait que, malgré la crise et le blocage diplomatique, Israël risque peu car il restera malgré tout un partenaire stratégique incontournable dans la région des puissances occidentales. Le porte-parole du Département d'Etat américain, Philip Caroli, vient de confirmer qu'Israël est «un partenaire stratégique des Etats-Unis et le restera». Netanyahou profite de l'opportunité qui lui est offerte pour bien démontrer sa nouvelle puissance face à Obama. Il ne craint aucune répercussion économique et militaire et il semble persuadé que sa stratégie n'affectera pas les liens historiques entre Israël et le peuple américain. »

Jacques Benillouche

Source : http://www.slate.fr/story/18661/netanyahou-conflit-Etats-Unis-moyens-de-tenir-tete-washington

17:09 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1)

« Comment Obama a créé l’incident Biden »

Ou Comment prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages …. Lisez attentivement ce texte qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes. On s’affole, à Washington,  du côté du « lobby », après les déclarations jugées « anti-israéliennes » du général Petraeus, ponte du Pentagone. Alors, il faut tout de suite désamorcer cette bombe potentielle et trouver d’urgence un bouc-émissaire : Obama, bien sûr, l’ « antisémite ».

Voilà comment, sous la plume de Charles Krauthammer, néocon enragé, journaliste au Washington Post, journal pro-israélien à 150%, la provocation d’Israël la semaine passée devient celle … d’Obama. Un modèle du genre qu’on devrait étudier dans les écoles :

vendredi 19 mars (traduction)

 

« Pourquoi le Président Obama a-t-il choisi de transformer une gaffe en une crise des relations américano-israéliennes ? Et c’était bien une gaffe : l’annonce par un bureaucrate du ministre de l’intérieur d’Israël d’une extension des logements dans un quartier juif du Nord de Jérusalem. L’agenda ne pouvait pas être pire : le vice-président Biden était en visite, Jérusalem est un sujet sensible, et vous ne soulevez pas des sujets sensibles qui puissent embarrasser un hôte de marque.


Mais ce n’était pas plus qu’une gaffe. Ce n’était sûrement pas un changement de politique, sans parler de trahison. Le quartier se situe dans Jérusalem, et l’accord de 2009 entre Netanyahou et Obama était un gel de 10 mois des implantations sur la Rive Occidentale, en excluant Jérusalem.

L’offense n’était pas intentionnelle. Le Premier Ministre Benyamin Netanyahou ne connaissait pas cette décision – quatrième mesure d’un processus d’approbation de sept mesures de construction qui, au mieux, ne commencera que dans deux ou trois ans.

Néanmoins, le premier ministre est responsable. Il s’est excusé auprès de Biden pour l’embarras. Quand Biden a quitte Israël le 11 mars, les excuses semblaient acceptées et la question résolue.

Le jour suivant, cependant, le gouvernement US est devenu explosif. Après avoir discuté avec le président le langage à utiliser, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a appelé Netanyahou pour lui délivrer un message de 45 minutes hostile et très agressif sur l’incident Biden à l’origine d’une crise sans précédent dans les relations américano-israéliennes.

Le porte-parole de Clinton a alors annoncé publiquement qu’il était demandé à Israël de démontrer par le verbe et l’action son sérieux pour la paix.

Israël ? Les Israéliens ont recherché la paix – mourant littéralement du désir de paix – depuis 1947, quand ils ont accepté la partition de la Palestine par l’ONU en un Etat juif et un Etat arabe. (Les Arabes ont refusé et déclaré la guerre. Ils l’ont perdue).

Israël a fait des offres de paix en 1967, 1978 et lors des accords d’Oslo de 1993 que Yasser Arafat a déchiré sept ans après pour lancer une guerre terroriste qui causa la mort d’un millier d’Israéliens. Pourquoi, le mari de Clinton lui-même témoigne-t-il de l’offre de paix remarquablement courageuse et visionnaire faite en sa présence par Ehud Barak (actuel ministre de la défense de Netanyahou) lors des pourparlers de Camp David en 2000.

Arafat la rejeta. En 2008, le Premier Ministre Ehud Olmert offrit également des modalités généreuses au dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. Il refusa encore.

Au cours de ces 63 années longues et sanglantes, les Palestiniens n’ont pas une seule fois accepté une offre israélienne de paix permanente, ni jamais proposé rien d’autre que la destruction d’Israël. Ils insistent plutôt sur un « processus de paix » - aujourd’hui dans sa 17ème année après Oslo, en n’offrant toujours aucune promesse palestinienne crédible de coexistence finale avec l’Etat juif – dont l’objectif est d’arracher des concessions israéliennes préalables, telles que l’interdiction de constructions juives dans des parties de Jérusalem conquises par la Jordanie en 1948, avant que des négociations pour une paix réelle aient même commencé.

Sous la pression d’Obama, Netanyahou a accepté d’engager sa coalition de centre-droit dans l’acceptation d’un Etat palestinien ; il a fait retirer des dizaines de barrages routiers et de points de contrôle antiterroristes pour faciliter la vie des Palestiniens ; il a aidé au développement économique de la Rive Occidentale au point où son PIB s’accroît au rythme étonnant de 7 % par an ; et donné son accord au moratoire sur la construction sur la Rive Occidentale, concession que la Secrétaire Clinton a qualifiée de « sans précédent ».

Quel geste réciproque, sans parler de concession, Abbas a-t-il fait pendant la présidence Obama ? Aucun.

En fait, bien avant l’incident Biden, Abbas a même refusé de reprendre les négociations directes avec Israël. C’est pourquoi le gouvernement Obama doit recourir à des « discussions de proximité » - procédure qui nous ramène 35 ans en arrière, avant le tremblement de terre de la visite d’Anouar Sadate à Jérusalem. Et Clinton exige qu’Israël montre son sérieux pour la paix ?

Il s’agit là d’une insulte.

Aussi pourquoi ce stupéfiant unilatéralisme ? Parce qu’Obama aime apaiser les ennemis tout en frappant sur les alliés – ainsi Israël ne devrait pas s’en offusquer (selon Robert Kagan) ? Parce qu’Obama veut faire tomber la coalition gouvernementale israélienne actuelle (selon Jeffrey Goldberg) ?

Ou bien est-ce parce qu’Obama s’imagine en rédempteur historique dont le charisme irrésistible guérira le fossé entre la chrétienté et l’islam ou, si vous voulez, entre l’Occident post-impérialiste et le monde musulman – et dispose de peu de patience pour ce satané Etat juif qui insiste sans vergogne sur son droit à l’existence, et de façon encore plus insolente, sur le droit des Juifs à vivre dans leur capitale antique et historique, désormais restaurée de nos jours ?

Qui sait ? Peut-être devrions-nous interroger ces acolytes d’Obama qui ont constitué 63 % des Américains qui soutiennent Israël – au moins 97 % de ces partisans, pensez-y, ne sont pas juifs – au sujet de l’engagement durable du candidat Obama en faveur d’Israël. »


http://www.washingtonpost.com/wp-dy...

Source: http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=17709

16:46 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

19/03/2010

UN PROCHAIN CANDIDAT A L’ACADEMIE FRANCAISE ?

Et pourquoi pas, je vous prie ? Ce ne serait que justice … D’ailleurs, il est notre compatriote, c’est déjà un très bon début. Et il y en a d’autres qui sont entrés dans ce noble cénacle avec un seul bouquin. Et qui se retrouvent pourtant assis dans le fauteuil de Racine. Alors, tous les espoirs sont permis …

 

fishandshark.jpg

 

« La pièce adaptée du livre écrit par Gilad présentée au festival de théâtre pour enfants de Haïfa

 

A l’âge de 11 ans, Gilad Shalit a écrit l’histoire d’un petit poisson et d’un requin qui se rencontrent et, bien qu’ennemis naturels, décident de devenir amis et de vivre en paix. Après que cette histoire soit devenue célèbre parmi les militants israéliens et étrangers pour la libération de Gilad, puis qu’un livre pour enfants, illustré par des artistes et des enfants, a été publié en 2008, les acteurs israéliens Uri Omanuti, Ronen Yifrah et Iris Penn ont décidé d’adapter cette histoire pour le 20ème festival de théâtre pour enfants de Haïfa.

 

« Nous cherchions un sujet qui ait du sens », explique Iris Penn, interrogée ce vendredi 19 mars 2010 par Galei Tsahal. A la question de la délicatesse du sujet vis-à-vis d’un public jeune, elle explique que « cette histoire est porteuse d’un message de paix, que les enfants comprennent immédiatement. Ils sont beaucoup plus au courant de l’actualité que ce que l’on imagine et nombre d’entre eux posent des questions, après la pièce, sur la situation de Gilad et sur les efforts à faire pour sa libération. »

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=19391&artyd=96

 

 

19:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1)

18/03/2010

« Torah et homosexualité : là où le bât blesse »

« Le thème de l'homosexualité est devenu une question particulièrement sensible et controversée au sein de la communauté juive. L'orthodoxie, dont l'approche est résolument plus conservatrice, reste ferme dans sa défense de l'interdiction biblique. Et pourtant, quelques nuances sont à observer dans la façon des différents courants de comprendre cette proscription.

 

Dans sa liste détaillée des comportements sexuels illicites, la Torah interdit explicitement la pénétration homosexuelle masculine : "Ne cohabite point avec un mâle, d'une cohabitation sexuelle : c'est une abomination (toeva)" (Lévitique, 18, 22). Par la suite, il est mentionné que ceux qui viendraient à enfreindre cette interdiction sont tout bonnement condamnés à mort. (Lévitique, 20, 13). En outre, cette interdiction relève d'une catégorie de péchés capitaux - guilouy arayot - à ne transgresser en aucun cas, même pour sauver sa vie (YD 157:1). De même, les sept lois Noahides proscrivent un tel comportement chez les païens (Sanhédrin 58a).

 

Bien que la Torah ne mentionne pas explicitement le lesbianisme, les Sages l'ont inclus dans les pratiques sexuelles illicites, prohibées car relevant d'imitation des coutumes égyptiennes (Sifra Lévitique 18:3). Si certains érudits classent les relations homosexuelles féminines dans la catégorie des injonctions bibliques (Kiryat Sefer Issourei Biah 21:8), d'autres se contentent de les voir comme une interdiction rabbinique (Prisha EH 20:2).

Certaines formes de relations sexuelles homosexuelles masculines n'impliquant pas de pénétration constitueraient des infractions moins graves, même si tous les actes dérivant de ce penchant sont strictement bannis (EH 20:1).

 

Préserver la structure familiale

 

Diverses explications ont été proposées à la condamnation de l'homosexualité. Beaucoup ont affirmé qu'elle était interdite car elle exclut la reproduction et la perpétuation du monde (Hinouch 209). Ce raisonnement reflète une vision pratique de l'activité sexuelle, dont l'objectif central est la procréation. Mais alors, comment expliquer que la Torah autorise une activité sexuelle dans des contextes où la procréation est improbable, comme dans le cas de personnes stériles (Rabbénou Behaye Lévitique 18:6) ?

 

Le Talmud explique le terme de "toeva" employé par la Bible pour classer cet acte parmi ceux dont il est dit : "ils causeront votre perte" (Nedarim 51a). En ce sens, la toeva doit être considérée comme une "aberration" (par opposition à abomination). Pourquoi une "aberration" ? Certains commentateurs expliquent que l'homosexualité est une négation des normes maritales hétérosexuelles et entraîne la décomposition de la structure familiale (Tossafot). D'autres voient ce penchant comme une déviation de la nature humaine (Midrash Lekah Tov Lévitique 18:12). Mais, comme le rabbin Chaim Rapoport l'a mentionné dans son livre complet sur ce sujet, ces justifications, même lorsqu'elles sont prises comme un tout, restent incomplètes et contestables, au regard de l'interdiction divine, telle que formulée dans la Bible.

 

Inclinaisons acquises ou innées ?

 

Les discordes rabbiniques proviennent principalement de la compréhension des origines de cette orientation sexuelle. Certains Sages l'ont toujours perçue comme une rébellion flagrante et contre-nature envers la sagesse biblique (Igrot Moshé D. 4:115).

 

Cependant, quelques rabbins plus récents, comme le Rabbi de Loubavitch, ont considéré les penchants homosexuels comme l'expression de désirs involontaires et innés. Cette position rejoint plus volontiers les thèses scientifiques et sociales contemporaines, selon lesquelles les hommes ne "choisissent" pas leur attirance sexuelle et affective, quelle qu'en soit l'origine. Ainsi, la Torah ne condamnerait pas l'orientation homosexuelle elle-même, mais plutôt le choix de passer à l'acte.

 

Serait-elle par conséquent prétendument déraisonnable, puisqu'elle interdit des actes issus d'un penchant naturel ? Cette question a provoqué des réactions diverses. Certains rabbins conservateurs comme Elliot Dorff ont fait valoir que cette tension est théologiquement intenable et ont donc cherché des moyens de permettre l'activité homosexuelle, en dépit des versets du Lévitique. Certaines figures orthodoxes, d'autre part, soutiennent que l'orientation homosexuelle doit forcément être "réversible" ou "curable", sinon Dieu ne l'aurait pas interdite.

 

Traiter la différence avec déférence

 

Toutefois, beaucoup de rabbins orthodoxes estiment que, comme en ce qui concerne différents types de déviations sexuelles, l'homosexualité est irrémédiable. Ainsi, de nombreux hommes conservent une forte attirance pour les membres du même sexe, qui semblerait insurmontable. Dans un célèbre article publié en 1974, le rabbin Norman Lamm a affirmé que même si les actes homosexuels demeurent interdits, les acteurs ne sont pas légalement coupables pour des actions provoquées par des penchants involontaires (oness). La plupart des penseurs orthodoxes ont rejeté cette thèse. Selon eux, les individus ont toujours le choix de s'abstenir de toute activité sexuelle.

 

Néanmoins, ils reconnaissent l'énorme défi d'une telle abstinence et reconnaissent que les homosexuels sexuellement actifs (en particulier ceux qui ont choisi de rester dans la religion) ne doivent pas être considérés comme des rebelles qui méritent l'ostracisme (moumar lehachis). Au contraire, ils doivent plutôt susciter compréhension et compassion, et être traités avec déférence, comme les autres Juifs qui ne respectent pas les règles de la Loi juive (Halakha) (moumar leteavon ou tinok shenishba).

 

Bien que les divergences d'opinion soient toujours source de déstabilisation au sein d'une société, cette position a le mérite d'être honnête, faisant preuve d'une compassion et d'un respect qui, à mon avis, sont de mise dans le cas présent.

 

L'auteur, éditeur du site Tradition, enseigne à la Yeshivat Hakotel.
JPostRabbi@yahoo.com

 

Source : http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1268045693750&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

14:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

« Tsahal partage son expérience avec la France »

« Des soldats français vont venir s’entraîner dans les prochains mois en Israël au combat dans des zones urbaines et au maniement d’explosifs, selon des sources israéliennes recoupées en France. Les chefs d’état-major des armées de deux pays, les généraux Gaby Ashkenazi et Jean Louis Georgelin, s'étaient sont mis d’accord lors de rencontres l’an dernier sur un renforcement de la coopération entre les deux armées.

En octobre dernier, le général Ashkenazi a été reçu en France. Au début de l’année, les deux chefs d’état major se sont revus à Bruxelles à l’occasion d’une conférence de l’Otan. A cette occasion, le patron de l’armée israélienne avait souligné que le « terrorisme global sur terre, mer et dans les airs, nécessite des solutions globales ». Selon le général Ashkenazi les pays occidentaux, qui ont acquis une expérience dans la lutte contre le terrorisme en Afghanistan, en Irak et Israël qui en a fait de même « dans les territoires palestiniens et au Liban » devraient partager leur savoir-faire.

Selon des informations parues dans les médias israéliens, le chef d’état major français aurait accepté d’étudier les possibilités d’entraînements communs. Les Français sont notamment très intéressés par l’expérience des Israéliens dans la contre-guérilla en zone urbaine et sur les moyens de contrer des attentats à l’explosif. Par la suite des soldats israéliens devraient également suivre des entraînements en France.

En vue de cette coopération, les deux pays ont signé un accord accordant aux militaires israéliens une totale immunité lors de leur séjour en France. Le conseiller juridique du ministère de la Défense Ahaz Ben-Ari devrait se rendre prochainement à Paris pour finaliser l’accord conclu sur ce dossier avec le ministère français de la Défense. Selon des diplomates israéliens, ce rapprochement constitue une retombée des très bonnes relations entre Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre. Israël dispose d’une délégation militaire à Paris dirigée par le général Yossi Ben-Hanan ainsi qu’un attaché militaire. »

Source : http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-18004-122-4-tsahal-partage-son-experience-france-ttu-online.html

14:46 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

17/03/2010

LES FRANCS-MACONS SE DEVOILENT

 

images.jpgEnfin, je veux dire par là qu’ils dévoilent clairement ce qu’ils sont en réalité : des lobbys parmi d’autres qui tâchent de faire leur trou dans le domaine public en enrôlant les huiles qui permettront de mieux faire glisser leurs thèmes et anathèmes. Et qui donneront les coups de pouce requis pour grimper quelques degrés supplémentaires sur l’échelle de réussite du système.

On est à des milliards d’années-lumière de la recherche spirituelle, faite de cheminement intime et de passages par des portes de plus en plus basses et de plus en plus étroites vers la recherche « de soi », et de « l’éternel en soi », que devait être au départ la franc-maçonnerie « initiatique ».

Aujourd’hui, on « initie » à bien d’autres techniques, nettement plus performantes, plus rapides et plus ... rentables.

Songez qu’on a même proposé au prince Albert de Monaco de devenir de but en blanc, comme ça, carrément … grand maître ! A mourir de rire. Voilà qui en dit plus long que des discours sur la dégénérescence de cette noble institution.

 

Voyez ce que raconte L’Express, qui semble très intéressé par la chose :

 

« La Grande Loge nationale française rêvait d'initier le prince Albert comme chef de sa "filiale" de Monaco. Camouflet.

 

Rocambolesque. La tentative de François Stifani de créer une "obédience-fille" sur le rocher de Monaco, en proposant au prince Albert II d'en être le grand maître, a tourné au fiasco. La folie des grandeurs? Sur le papier, le plan de conquête apparaît presque parfait. Le catholicisme étant la religion d'Etat de la principauté de Monaco, les francs-maçons n'y sont, a priori, pas bienvenus. Pour lancer son projet, la GLNF va bénéficier de l'aide précieuse d'un de ses frères qui a de solides entrées au palais princier: Franck Nicolas, 50 ans, un poète et ami d'enfance du prince Albert, tous deux ex-partenaires de bobsleigh.

 

Grâce à lui, le 30 janvier 2009, le bulletin officiel de la principauté de Monaco annonce la création de la Grande Loge nationale régulière de la principauté de Monaco (GLNRPM). Dès le 7 mars 2009, au palais Acropolis de Nice, François Stifani donne patente à trois loges "à l'Orient de la principauté de Monaco". Dénommés la Sainte Grâce, la Porte neuve et Jean Monoïkos, ces ateliers ont pour vénérables Claude Boisson, ancien vice-président du Parlement monégasque, Jean-Pierre Pastor, consul de Monaco à Cuba, et Franck Nicolas en personne. Pourquoi un tel empressement? Selon les trois "véné", François Stifani voulait faire "barrage aux représentants à Monaco de l'American Canadian Grand Lodge et du Grand Orient d'Allemagne désireux aussi d'être les premiers à installer une obédience sur le Rocher.

 

Dans cette course de vitesse, François Stifani souhaite surtout initier le prince Albert II. L'Express a pu se procurer le courrier qu'il lui adresse le 3 mars 2009: "Je me permets de vous faire la proposition d'occuper la fonction de grand maître de la future Grande Loge régulière de la principauté de Monaco, lui écrit-il. Nous aménagerons les conditions d'une initiation secrète, où ne seraient présents que des officiers de votre choix et des hauts dignitaires de mon obédience dignes de confiance." Et le Français de proposer au prince Albert II une entrevue, en Principauté ou à Paris, au sujet de laquelle "nous respecterions la plus grande discrétion", souligne-t-il. Hic: le prince Albert n'a pas du tout envie de saisir cette "opportunité". "Vous vous doutez bien que sa réponse ne pouvait être que négative", affirme un conseiller du palais. François Stifani avait pourtant souligné dans sa missive que la GLNF prescrit la "soumission aux souverains et chefs d'Etat qui protègent la franc-maçonnerie" et que le grand maître de la Grande Loge unie d'Angleterre est le duc de Kent. Rien n'y fit. "Le prince n'a pas une bonne opinion des réseaux secrets", confie un de ses amis. »

 

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-prince-albert-ii-resiste-au-franc-macon_855710.html#xtor=AL-447

2e épisode : Non, Jean Sarkozy ne veut pas être franc-maçon! GLNF et Grand Orient auraient tout tenté pour le convaincre.  (Où l’on retrouve le même François Stifani …)

 

« Jean Sarkozy, le "fils de", demeure depuis un an, dans les temples, l'objet de rumeurs insistantes véhiculées par des personnalités habituellement crédibles. Un élu des Hauts-de-Seine proche de l'Elysée aurait proposé au jeune président du groupe UMP du conseil général du département une initiation à la GLNF. "Je n'ai exprimé aucun souhait, mais il serait le bienvenu chez nous", déclare François Stifani, patron de cette obédience qui avait son siège boulevard Bineau, à... Neuilly-sur-Seine.

 

Jean Sarkozy aurait éconduit les émissaires de "Bineau". Et des membres du Grand Orient auraient alors cherché à approcher la "proie". Dans la loge parisienne Intersection, qui connaît une affluence record de hauts dignitaires, plusieurs frères croient savoir qu'un contact a été établi avec Jean Sarkozy, via un intermédiaire corse. Un lien avec le fait que sa mère possède une résidence sur l'île de Beauté? La rumeur était si insistante qu'Alain Bauer, lui-même membre d'Intersection, a sondé directement l'intéressé. Questionné par L'Express, Jean Sarkozy tord le cou aux rumeurs de prosélytisme maçonnique à son égard: "C'est totalement faux. Et je ne suis pas du tout intéressé par une initiation."

 

Source : http://fr.news.yahoo.com/78/20100317/tfr-jean-sarkozy-et-les-francs-maons-9e39cb8.html

15:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5)

NUCLEAIRE FRANCE ISRAËL

Cet article est paru sur le site Israël Valley (site officiel de la Chambre de commerce France-Israël) le 8 mars. Il a donc quelques jours mais n’a rien perdu de son intérêt. Il faut reconnaître que cette question n’a pas vraiment fait débat, par ici. On constatera que rien n’est trop beau pour Israël. Normal. On a les moyens, nous, de faire toutes ces largesses … Et puis, c’est pour le bon motif : le nucléaire « civil ». Rien à voir avec un autre pays qui voudrait lui aussi accéder à ce même nucléaire « civil ». Un pays qui est le Mal personnifié. Alors qu’Israël, comme chacun sait, c’est le Bien incarné. Il a donc le droit.

« LE MINISTRE UZI LANDAU A UN OBJECTIF : QUE LA FRANCE OFFRE ENFIN A ISRAËL UNE SUPERBE CENTRALE NUCLEAIRE CIVILE

 

SPECIAL– Nicolas Sarkozy va-t-il offrir à Israël le plus beau cadeau du monde ? Depuis bien longtemps l’auteur de ces lignes était dans le secret des dieux. En effet, l’entourage du ministre Jean-Louis Borloo nous en avait parlé sous le couvert du secret. Depuis ce jour, c’est devenu officiel : Israël va demander à la France un transfert de technologie dans le nucléaire civil.

 

Promis, juré… les Israéliens ne veulent que du civil. Ce qui est certain selon des informations IsraelValley, c’est que ce sujet a été plus d’une fois discuté entre le Président Nicolas Sarkozy et Bibi Nethanyaou. Si la France venait à signer un accord avec Israël dans le domaine nucléaire, il est certain que cela modifierait très profondément par effet d’entraînement l’état des relations économiques entre le deux pays. Ce qui est aussi dit par des sources confidentielles en Israël : “la France demandera en échange d’une centrale nucléaire civile que l’attaque potentielle sur l’Iran ne puisse pas avoir lieu… pour l’instant”.

 

Selon l’AFP : "Le ministre Uzi Landau va expliquer que cette centrale serait un projet commun avec la Jordanie voisine, sous la supervision de la France qui fournirait également la technologie, a déclaré le porte-parole du ministère Chen Lulu. “Il en a parlé il y a trois mois au ministre français de l’Energie (Jean-Louis) Borloo, qui a manifesté un grand intérêt, assurant qu’il en discuterait avec le président (Nicolas) Sarkozy”, a-t-il ajouté. Le ministre des Infrastructures doit participer à cette conférence internationale coparrainée par l’OCDE et l’AIEA.

 

Israël, qui risque une grave pénurie d’électricité, est un pays aride qui ne dispose ni de pétrole ni de production hydroélectrique, et le gouvernement fait face à une opposition locale à la construction de nouvelles centrales électriques au charbon.
“Nous devons examiner les options sûres et les moins préjudiciables à l’environnement”, a indiqué M. Landau, cité dans un communiqué du ministère avant de partir pour Paris. “La technologie nucléaire a beaucoup d’usages positifs pouvant servir la cause de la paix et la coopération”, a-t-il dit. »

 

Source : http://www.israelvalley.com/news/2010/03/08/26673/nucleaire-france-israel-editorial-le-ministre-uzi-landau-a-un-objectif-que-la-france-offre-enfin-a-israel-une-superbe-cen

16/03/2010

CA LEUR EST VRAIMENT RESTE SUR L’ESTOMAC ….

 

Le 20 février, je publiais la tribune d’Esther Benbassa parue dans Libération. Elle était fort peu amène pour le CRIF, qualifié de « groupuscule endogamique ». Ledit groupuscule avait vivement répliqué. On aurait pu croire cette querelle « entre soi et soi » terminée. Il n’en est rien car le CRIF, histoire d’avoir une fois de plus le dernier mot, publie à son tour dans Libération une mise au point qui ne manque pas de saveur.

 

44.jpgA l’usage des mauvaises langues, et des mauvais pensants,  voici donc ce qu’est – et ce que n’est pas – le CRIF. Par lui-même. Enfin, par son président, Richard Prasquier.

 

« CRIF : en finir avec les fantasmes

 

Le dîner du CRIF est devenu comme la transposition française des fantasmes classiques sur la domination des Juifs tels que le Protocole des Sages de Sion les a gravés dans l’imaginaire collectif. C’est ce que veut apparemment démontrer Esther Benbassa (lire pages Rebonds du Libération du 17 février). Elle écrit que le CRIF émet des «menaces» et des «fatwas contre les uns et les autres», rend le CRIF responsable de générer lui-même de l’antisémitisme et souhaite que ce dîner soit «déserté», de façon à diminuer l’hostilité anti-juive. Esther Benbassa a–t-elle lu le discours qu’elle critique ? Où sont la ou les fatwas ? où sont les menaces? Quant aux insinuations que finalement, le CRIF - entendez les juifs - serait, par sa trop grande exposition, le vrai responsable de l’antisémitisme, nous les connaissons depuis bien longtemps …

 

Dans cette soirée, c’est la République qui fut à l’honneur, par les discours et par l’hommage rendu aux combattants juifs volontaires de la deuxième guerre mondiale et aux héros juifs méconnus du sauvetage. Oui, nous avons parlé aussi d’Israël, de l’Iran, et du danger de l’Islam radical. Certains imaginent qu’Ahmadinejad et Ben Laden n’auront plus de raison d’en vouloir à l’Occident une fois qu’Israël aura rendu les territoires qu’il occupe «illégalement». Chacun peut croire aux contes de fée, penser que la violence anti-israélienne, anti-juive et antioccidentale n’est que l’expression d’une détresse immense, refuser d’écouter les discours de haine et négliger de croire la charte du Hamas. Cassandre n’est pas populaire et il est si agréable de se sentir dans le camp du bien, c’est-à-dire des opprimés, des anti-impérialistes, des combattants estampillés de la liberté. Il est plus réconfortant de ne pas fouiller le passé, le discours interne et le corpus idéologique des véritables marionnettistes manipulateurs des bons sentiments.

 

Le CRIF n’est pas un lobby va-t-en guerre, mais se veut une vigie qui n’annonce pas uniquement de bonnes nouvelles. L’histoire a donné aux Juifs un devoir de lucidité que certains d’entre eux se refusent obstinément à exercer. Ecrire que le «CRIF ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement» relève de la diffamation, d’abord pour le gouvernement, ensuite pour notre institution. Un seul exemple ? Mme Benbassa serait bien en peine d’en fournir. De fait, le CRIF fut le premier à critiquer le caractère populiste de la votation suisse sur les minarets, il s’est toujours opposé aux discriminations dont les musulmans, bien plus que les Juifs, sont victimes dans notre pays ; il a constamment réagi aux actes de racisme qui les ciblaient. Mme Benbassa injurie, sous le qualificatif qu’elle veut méprisant, de «bons musulmans» ceux qui étaient présents au dîner. Je suppose qu’elle s’en prenait à l’imam Chalghoumi, contre qui les chiens sont lancés depuis qu’il a prôné l’amitié avec les juifs et s’est déclaré contre une burqa que n’impose pas l’islam, qui humilie la femme et qui interdit les rapports de visage à visage, bases de nos relations sociales. Mais a-t-elle vu que presque tous les dirigeants des grandes institutions musulmanes étaient présents aussi ? Les prend-elle pour les laquais du CRIF ? Nous, nous considérons qu’ils sont les acteurs essentiels de la République dans sa lutte contre le radicalisme islamique.

 

Nous aurions le pouvoir de faire «plier les uns et les autres», mais au fond nous ne serions qu’un «groupuscule endogamique» (c’est-à-dire juif? quelle découverte !). J’espère qu’il n’a pas fallu cette investigation approfondie de notre directrice d’études pour que les politiques sachent que les juifs sont peu nombreux, que leur poids électoral est limité, et que, finalement, les Protocoles des Sages de Sion sont des faux. Je passerai sur l’accusation éculée et fausse d’être la «seconde ambassade d’Israël». Lorsque je me suis exprimé, dans ces mêmes colonnes, contre le choix de M.Hosni au poste de Directeur Général de l’Unesco, j’étais aux antipodes de la position israélienne. Ecrire, comme le fait Mme Benbassa, que «ce qui aurait passé antérieurement pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui le soutien à Israël» rend songeur. Donc, tous ceux qui soutiennent Israël seraient une cinquième colonne dans notre pays ? J’imagine la tête de tous les amis non-juifs d’Israël ! Mais peut-être cette remarque ne s’applique-t-elle qu’aux juifs ? Faire cette distinction n’est pas très républicain, mais peut-être, pense-t-elle, et ce serait le nœud du problème, qu’un vrai juif ne devrait pas soutenir Israël ? Au mieux, il devrait s’ériger en censeur continuel de ce que devrait faire Israël.

 

Le CRIF, n’a pas l’outrecuidance de penser qu’il devrait dicter leur attitude à ceux qui vivent la réalité au quotidien. Il assume volontiers le fait d’être «légitimiste». Israël est une démocratie ouverte, son gouvernement -de coalition large- représente l’expression de la majorité du peuple, ses décisions suivent les processus légaux. Il ne manque pas de gouvernements dans le monde à l’encontre desquels la colère des démocrates devrait se manifester, car ils sont bien loin de ces procédures. Mais ces causes ne sont pas dans l’air du temps. La dénonciation d’Israël et de ses soutiens est plus populaire et médiatiquement plus rentable. Les critiques de Mme Benbassa ne peuvent que conforter le CRIF dans ses positions : celles du camp de la paix durable. »

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=19349&artyd=10