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19/09/2008

LES JUIFS DE LIBYE (JADIS) RECLAMENT LEUR PART

ACTE 1 : En 1911, l’Italie, pour diverses raisons qui sortent du sujet, occupe militairement la Tripolitaine-Cyrénaïque – plus connue aujourd’hui sous le nom de Libye. Le pays, qui faisait alors partie de l’empire ottoman, deviendra en 1930 une colonie italienne et le restera jusqu’en 1942. Au moment de l’arrivée des Italiens, c’était un pays désertique où se pratiquait l’esclavage à grande échelle. Ce juteux commerce fut interdit par les nouveaux arrivés. Ces derniers construisirent également les infrastructures nécessaires à un début de développement de la région. Mais oui, bon, ils étaient là en colonisateurs. Et c’est très mal vu de nos jours.

 

khadafi.jpgACTE 2 : Fin août, Berlusconi se rend en Libye et là, présente officiellement ses excuses et offre sa repentance la plus plate à Khadafi pour la période de colonisation. A titre de compensation, il promet le versement, au cours des 25 prochaines années, de 5 milliards de dollars, soit 200 millions de dollars par an. Cette somme doit en principe servir à construire des autoroutes, des logements, etc.

Cette cérémonie au plus haut niveau – non dénuée d’arrières pensées « énergétiques » - donna lieu à un exercice de cirage de pompes du plus bel effet : « Il est de mon devoir, en tant que chef du gouvernement, de vous exprimer au nom du peuple italien notre regret et nos excuses pour les blessures profondes que vous nous avons causées », dira Berlusconi.

"Le peuple libyen a subi une injustice et a été agressé chez lui et il mérite excuses et compensations", répondra le colonel, qui buvait du petit-lait.

Soit dit en passant, l’accord a déchaîné en Italie la colère de l’association des rapatriés italiens de Libye qui se bat depuis près de 40 ans – en vain - pour une compensation de l’Etat en faveur des milliers d’Italiens chassés du pays par Khadafi en 1970.

Et puis, question subsidiaire : comment se fait-il que la Libye, qui a du pétrole, ait tellement besoin des subsides et de l’aide des Occidentaux pour construire ses infrastructures ? Elle n’y arrive pas toute seule ?

 

ACTE 3 : Comment ça, Khadafi s’apprête à recevoir un bakchich des Italiens et nous rien !!!??? Impensable !  Meïr Kahakon, président de l’association des juifs de Libye, la « World Organization of Libyan Jews », vient donc de prendre sa plus belle plume pour écrire à Berlusconi afin de demander lui aussi sa part : « Nous estimons que l’Italie doit une compensation aux juifs de Libye pour les souffrances gravées aujourd’hui encore dans leur chair. (…) Les juifs de Libye ont souffert à la fois du colonialisme et de leur déportation dans les camps de travail et de concentration ».

Les rescapés, ou leurs descendants, ne vivent plus en Libye mais ont émigré depuis belle lurette en Israël. C’est là qu’ils espèrent recevoir leur part du gâteau.

D’ailleurs, pour faire bonne mesure, Kahakon a également écrit à Khadafi pour lui signifier qu’une partie de l’argent promis par les Italiens est fermement attendue en Israël. Le colonel va-t-il obtempérer ?

18/09/2008

UNION FACE AUX GOYIM ET AUX GADGE ?

Curieuse, cette irruption soudaine des Roms au premier rang des préoccupations communautaires – je parle de la Communauté européenne, bien sûr – et qui plus est, sous la houlette de George Soros.

 

Ce  n’est pas la première fois que les élites juives s’intéressent aux Roms, c’est même une vieille histoire. A croire que face aux goyim et aux gadgé, la solidarité est de mise.

Il est clair que les points de convergence sont nombreux : orgueil d’appartenir à un peuple « différent », conscience d’une culture et d’une histoire très fortes, refus de s’assimiler, dispersion. Sans oublier le sentiment de devoir lutter contre un monde extérieur perçu comme  systématiquement et inexpliquablement hostile.

 

Lorsque je préparais La France LICRAtisée, j’avais réuni un petit dossier sur le sujet car la LICRA s’intéressait vivement à la question et soutenait alors ardemment les Fils du vent. L’ « antigitanisme » remplissait alors des pages entières de son journal, Le Droit de Vivre, qui ne se faisait pas faute de rappeler sans relâche les cruelles persécutions subies tout au long des siècles.

 

Elle avait ainsi annoncé sur une pleine page la Première grande journée nationale Romani, qui eut lieu le 25 mai 1981 – la gauche venait d’arriver au pouvoir, les circonstances étaient favorables. Cette journée était officiellement organisée par la Fédération Tsigane de France. Ce qui est intéressant, ce sont les chiffres, alors fournis par la Fédération elle-même et reproduits dans l’article. A la question : Qui sommes-nous ?, la réponse était : « Entre 250 000 et 500 000 citoyens français appartenant aux cinq groupes ethniques suivants : Sinté, Roms, Gitans, Manouches, Yeniches. »

 

Dans ces conditions, je me demande d’où Le Monde tire le chiffre de 6 000 Roms qui seraient actuellement présents dans l’Hexagone, chiffre cité dans un article tout récent. A moins de jouer sur les mots et de ne désigner que les seuls Roms en oubliant les ethnies sœurs, qui partagent pourtant les mêmes revendications.

 

Finalement, pour des raisons que j’ignore, cet engouement de la LICRA, vif de 1981 à 1983, faiblira par la suite. Pour finir, il ne sera plus question des Roms. J’ai dans l’idée qu’à l’époque, ils n’avaient pas dû répondre comme prévu aux attentions dont ils étaient l’objet.

 

Pourtant, ils avaient bien commencé. Ainsi, Le Droit de Vivre de mars 1982 apprenait à ses lecteurs que « Les Gitans allemands demandent des indemnités à Bonn » et on pouvait lire ce qui suit : « Les Gitans qui vivent en République fédérale allemande ont demandé au gouvernement ouest-allemand des réparations pour les persécutions subies pendant la période nazie.

Cette requête suit de peu la réunion d’un congrès des Gitans qui s’est tenu à Darmstadt. A l’issue de celui-ci, ils ont décidé de créer une organisation centrale et nationale qui aura pour objectif de lutter pour la reconnaissance politique des Gitans.

Dans une lettre adressée aux autorités ouest-allemandes, les Gitans ont proposé une série de mesures : reconnaissance officielle du génocide nazi ; réparations pour les individus et la communauté ; réexamen de la situation des Gitans qui ont été privés de la citoyenneté allemande sur les bases racistes de l’Allemagne hitlérienne ; mesures sociales, éducatives et professionnelles pour l’ensemble des Gitans.

Par ailleurs, cette lettre demande que l’histoire des Gitans en Allemagne soit consignée dans les livres d’histoire des écoliers ouest-allemands ».

 

Force est d’admettre une curieuse similitude avec certaines autres revendications qui eurent plus de succès. Pour les Roms, les temps n’étaient sans doute pas mûrs. Peut-être le sont-ils davantage aujourd’hui …

09:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : roms, soros, licra, kling

17/09/2008

LES ROMS – EDVIGE – KOUCHNER – SOROS : ON AGITE ET CA FAIT UN DROLE DE COCKTAIL

roms.jpgLes Italiens veulent, paraît-il, « ficher » les Roms dans leur pays, ce qui a déclenché un beau scandale. Au départ, la Commission européenne n’y avait rien trouvé à redire, mais devant la levée de boucliers, il y a de fortes chances qu’elle retourne sa veste d’ici peu.

 

Je ne prendrai pas parti dans cette controverse car je ne connais pas suffisamment le sujet. Les Italiens ont sans doute de bonnes raisons pour agir ainsi.

Ce que je trouve un peu fort, c’est la réaction en forme de houtspah du ministre des affaires étrangères. Dans une grande envolée de vertu, Bernard Kouchner a osé déclarer à propos de cette affaire :  « Nous devons faire la preuve que les valeurs que nous défendons à l'extérieur sont vivantes chez nous et que nous sommes exemplaires en la matière ».

Outre qu’on en a plus que marre d’être « exemplaires », il ne s’est trouvé personne pour lui conseiller de commencer par balayer devant sa porte ? Le fichier Edvige, il en a entendu parler ? Justement, qu’est-ce qu’elle en dit, la Commission européenne, du fichier Edvige ? On lui a demandé son avis ? C’est compatible, le fichier Edvige, avec le droit communautaire ?

Parce qu’il faut bien reconnaître que les Italiens sont des bricoleurs à la petite semaine à côté de ce qui se concocte ici. Plus c’est gros, mieux ça passe. Sous le doux nom d’Edvige – Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale – ce n’est pas seulement une minorité éventuellement turbulente qui est dans le collimateur. C’est carrément le flicage potentiel de tous les Français: appartenance ethnique, opinions politiques, religieuses, affiliations syndicales, associatives, etc, tout sera passé à la moulinette. Et à partir de l’âge de treize ans !

Drôle de façon de les défendre, ces valeurs, qui nous rendent si « exemplaires ».

Jacques Barrot, le commissaire français chargé de la Justice et des Libertés (avec des majuscules, s’il vous plaît) a lui aussi vertueusement mis en garde le gouvernement italien contre toute pratique « incompatible avec le droit communautaire ». "Nous avons fait savoir que nous n'accepterions aucun recensement sur une base ethnique ou religieuse ».

On l’a connu nettement moins péremptoire et beaucoup plus discret à propos du fichier Sarkozy.

 

soros.jpgComme ce sont toujours les mêmes qui ont le droit de parler, on retrouve bizarrement le financier milliardaire américain George Soros dans cette histoire de Roms. On peut se demander a priori en quoi ça le regarde. Toujours est-il qu’il s’est fait leur ardent défenseur: "Je suis sérieusement préoccupé par le fichage des Roms en Italie. Je crains que cela ne devienne une norme de facto dans l'Union européenne. (…) Le fichage ethnique devrait être illégal et j'espère que la Cour européenne de Justice établira ce fait", a-t-il déclaré.

Je me demande ce que cache cette étrange sollicitude. La dépêche AFP qui relatait cette conférence sur les Roms à Bruxelles, tenue hier, se terminait par ces mots : « Les Roms, peuple sans Etat, seraient quelque 10 millions en Europe et constituent la plus grande minorité ethnique de l'UE ».

Les peuples sans Etat, c’est inquiétant. Ca peut mal se terminer. J’avais cru comprendre que les Roms étaient des nomades, des « gens du voyage » et qu’ils étaient très fiers de l'être. Je me demande s’ils ne sont pas en train de changer d’avis. Ou bien s’ils n’y sont pas très  fortement poussés… Dans quel but ?

16/09/2008

PETITE GALERIE D’ORIGINAUX

6.        LA GOULUE

 

Weber-Goulue.jpg

 

Eh oui, ça vous étonne, pas vrai ? Celle qui sera connue plus tard sous les délicats vocables de « la goulue » ou « vide-bouteilles » naît Louise Weber dans une famille juive originaire d’Alsace. Nous sommes en 1866 et la famille s’est entretemps installée à Clichy où la mère tient une blanchisserie.

 

Les temps sont durs et la blanchisserie fatigante. Il y a mieux à faire qu’à s’échiner à laver le linge du beau monde : en être soi-même. Louise Weber va peu à peu gravir les échelons classiques de la carrière alors offerte aux filles ambitieuses et désargentées : vendeuse de fleurs, modèle, danseuse dans les bals de banlieue, à l’occasion prostituée.

 

Et elle débute dans les salles de spectacle parisiennes. Elle racontera un jour ainsi ses débuts : « Un jour ma veine m’a conduite au moulin de la Galette. J’y ai connu Renoir, le peintre, et Charlot, le déménageur, Charles Desteuque, qu’on appelait « l’Intrépide Vide­Bouteilles ». On se donnait des noms comme ça vers les 1880.

Vide-Bouteilles me dit : Si tu veux venir avec moi au grand Véfour, je te ferai faire un joli costume de laitière. Ah ! mes enfants, quelle soirée ! Tous ces messieurs en habit, avec des favoris et des monocles ! Ils m’ont fait danser et boire du champagne. Ils me mettaient des louis dans les cheveux, dans mes souliers, partout. Ce fut ma première sortie dans le monde chic. M’sieur Zidler, le directeur du Moulin-Rouge m’engagea. Je gagnais 800 fr. par mois. Ça me valait encore des cachets chez tous les princes de Paris et des tournées à l’étranger. Car je faisais partie du « grand quadrille », avec Grille d’Égout, qu’est concierge maintenant, la Sauterelle qui tient un bistrot à Reims, et Nini patte-en-l’air, qu’est morte en faisant le grand écart. Ah ! je crossais ! »

 

La voilà donc engagée à Montmartre, au bal du Moulin Rouge, qui ouvre en 1889. C’est l’époque du french cancan. Elle va formidablement y réussir. Son lever de jambes suggestif attirera les foules masculines. Elle y gagne aussi ses surnoms, notamment celui de « la goulue » car elle avait l’habitude de vider les verres des clients, en passant à leur table. Elle formera un duo de danse très apprécié avec Valentin le désossé.

 

medium_477px-Henri_de_Toulouse-Lautrec_037.jpgLe peintre Toulouse-Lautrec fera d’elle un certain nombre de portraits et d’affiches. Elle servira par ailleurs de modèle au photographe Achille Delmaet pour une série de nus qui feront scandale.

Toujours au sommet de l’affiche durant cette période, qui va durer six ans, La Goulue devient riche et de plus en plus capricieuse.

 

En 1895, persuadée d’avoir tous les atouts pour réussir seule, elle quitte le Moulin Rouge et prend une baraque de danseuse orientale dans les fêtes foraines. Ladite baraque sera décorée par Lautrec (les panneaux sont visibles aujourd’hui au musée d’Orsay). Cela ne suffit pourtant pas à faire venir le public qu’elle espérait.

Mais elle persévère et à partir de 1898, se lance dans le domptage de fauves. En 1900, elle épouse un magicien, Joseph-Nicolas Droxler, qui devient dompteur lui aussi.

 

Petit à petit, les choses vont se dégrader. La Goulue ne retrouvera jamais son succès de l’époque du Moulin Rouge. Il y aura ensuite la guerre. Les noces à répétition, l’alcoolisme, auront raison du peu d’argent qui lui reste. Devenue méconnaissable, elle continue à traîner dans les foires et les fêtes foraines, vivant tantôt dans sa roulotte à Saint-Ouen, tantôt – l’hiver – boulevard Rochechouart. Toujours entourée de chiens, de chats et d’épaves en tous genres.

 

Dans les années 20, elle allait souvent rôder du côté de Montmartre, vendant des cigarettes et des allumettes aux terrasses des cafés, ainsi qu’à l’entrée du Moulin-Rouge dont elle avait jadis été la reine. Mais Mistinguett l’avait remplacée.

Elle mourra à l’hôpital en 1929 et sera enterrée dans l’anonymat au cimetière de Pantin.

 

Anonymat dont elle va pourtant sortir en 1992 pour un dernier tour de piste : à la demande de son petit-fils, elle est exhumée et le maire de Paris, Jacques Chirac, va ordonner le transfert de ses cendres au cimetière de Montmartre. Ce qui sera fait en grande pompe, avec tous les officiels requis. Elle aurait été contente.

 

11/09/2008

PETIT TOUR EN KHAZARIE

 

 

khazaria.gif

 

Ce petit retour dans le passé n’est pas dépourvu d’intérêt car il jette quelques lueurs sur la géopolitique d’aujourd’hui.

 

A l’origine : une peuplade semi-nomade d’Asie centrale faisant partie d’un vaste ensemble sous domination turque. Lorsque cet empire turc s’effondre, vers 650, les Khazars (mot turc qui signifierait « errant ») prennent leur indépendance et s’installent au nord du Caucase, près de la mer Caspienne.

Bons guerriers, ils vont largement s’étendre au cours des deux siècles suivants, jusqu’à constituer un royaume englobant le sud de la Russie, la Crimée, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, ainsi qu’une partie du Kazakhstan et de l’Ukraine. A cette époque-là, ils sont païens, de tradition chamanique.

 

En 838, le judaïsme devient religion d’Etat et l’hébreu, la langue écrite du royaume. Les raisons de cette conversion sont diverses et sortent du cadre de ce sujet. Toujours est-il que voilà les nomades turcs devenus juifs.

 

L’apogée de leur puissance se situe aux IXe/Xe siècles. Ils s’allient, y compris par mariage, aux Byzantins voisins. Leur importance tient également à leur situation stratégique sur la route de la soie, régulièrement empruntée par les juifs radhanites de Perse avec qui ils auront de nombreux contacts, pas toujours pacifiques.

 

965  marque le début de la fin. Les Khazars subissent une lourde défaite infligée par les Russes, leurs ennemis héréditaires, qui eux aussi s’étaient convertis à peu près à la même époque à une religion monothéiste. Mais au christianisme.

 

Peu à peu, l’ancien royaume va se rétrécir jusqu’à finir par disparaître en tant que tel. Les juifs  convertis de fraîche date, quelque peu coincés entre les chrétiens et les musulmans qui les cernent de toute part, rejoignent entre les Xe/XIIe siècles, les communautés juives de Byzance, de Hongrie, de Pologne et d’ailleurs.

Ils étaient en tout cas nombreux et ce seraient eux qui auraient constitué les premiers gros établissements juifs d’Europe de l’est.

 

Outre Benjamin Freedman dont nous parlions récemment, bien d’autres historiens et chercheurs ont évoqué l’origine khazare de ces juifs d’Europe de l’Est :

C’est Ernest Renan qui avait ouvert le ban. En 1883, il écrivait dans Le Judaïsme comme race et religion : "Les conversions massives à l'époque grecque et romaine enlèvent au judaïsme toute signification ethnologique, et coupent tout lien physique (mais non pas spirituel) avec la Palestine [...] La plupart des Juifs de Gaule ou d'Italie sont le produit de ces conversions. Quant aux Juifs du bassin du Danube, ou du sud de la Russie, ils descendent sans doute des Khazars. Ces régions contiennent de nombreuses populations juives qui probablement n'ont rien à voir, du point de vue ethnologique, avec les Juifs d'origine."

D’autres suivront : Abraham Poliak, professeur d’histoire juive à l’Université de Tel-Aviv publiera en 1941 La conversion des Khazars au judaïsme et récidivera en 1951 avec Khazarie : Histoire d’un royaume juif en Europe.

En 1954, le chercheur britannique Douglas Morton Dunlop publiera une Histoire des Juifs khazars. Et Arthur Koestler, en 1976 enfoncera le clou avec La Treizième Tribu.

Tous ces auteurs déclenchèrent une vive polémique, l’idée d’une origine khazare des juifs d’Europe de l’est apparaissant comme particulièrement menaçante. Se profilait à travers elle l’ombre terrifiante d’une contestation possible du droit « historique » sur Israël.

Plus récemment deux titres ont encore paru sur le sujet: Histoire des Khazars : la nation juive de Russie et d’Ukraine, de l’Américain Kevin Allan Brook et Quand et comment fut inventé le peuple juif ? de l’Israélien Shlomo Sand.

A observer ce qui se passe actuellement en Géorgie, ancienne partie du royaume khazar, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la persistance de certaines solidarités et proximités.

La Géorgie de 2008 – dont l’armée a été entraînée par les Etats-Unis et Israël - apparaît incontestablement comme un avant-poste, en Asie centrale, des USA et des forces de l’Otan, aux frontières de la Russie et à proximité du Moyen-Orient. Une différence quand même : le pétrole du Caucase a remplacé la route de la soie.

16:34 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : khazars, georgie, kling

09/09/2008

PETITE GALERIE D'ORIGINAUX

5.      LA PAÏVA   ou  QUI PAIE Y VA

 

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Allez, il n’y a pas que la politique dans la vie, heureusement ! Aujourd’hui, nous allons évoquer non pas un mais une originale, dont je dois dire qu’elle m’en met plein la vue !!! Cette grande croqueuse de diamants devant l’Eternel – quel qu’il soit – mérite toute notre considération. Un bel exemple d’assimilation particulièrement réussie !

 

Esther Lachmann naît à Moscou en 1819 dans une modeste famille juive d’origine polonaise. Son père, drapier dans le ghetto, la marie dès ses seize ans à un tailleur français tout aussi modeste, Antoine Villoing. Après avoir mis au monde un fils, elle prend le large un an après son mariage avec un amant de passage. Après un intermède galant à Constantinople, la voilà à Paris où elle troque son prénom contre celui de Thérèse. Elle ne va pas tarder à y faire son trou.

 

Elle y sera puissamment aidée par le riche compositeur-pianiste Henri Hertz, qui l’introduit dans un milieu d’artistes, musiciens et écrivains. En quelques années, elle devient une courtisane accomplie.

 

Ayant finalement épuisé les charmes – et les possibilités – de Paris, elle franchit le Channel et décide d’aller écumer Londres. Elle y éblouira son premier lord anglais, Lord Stanley, qui sera suivi d’une pléthore d’autres. Car évidemment, elle ne pêche – et ne pèche – que dans le gratin.

 

En 1848, ayant une nouvelle fois épuisé les possibilités de l’endroit, on la revoit à Paris. En 1851 – elle a trente-deux ans, il faut songer à l’avenir – elle épouse un marquis portugais : le marquis de Païva. Il n’est pas certain qu’il soit vraiment marquis, en tout cas il est riche. Le nom lui plaît bien, elle va le garder, même après la séparation d’avec son mari, qui ne tarde guère. Précisons à ce point de notre histoire que fort heureusement, le premier mari, le franco-russe, avait entretemps rejoint un monde meilleur.

 

Elle épouse ensuite le richissime comte Guido Henckel von Donnersmarck, cousin de Bismarck – bon sang, ces femmes avaient un secret : lequel ? – qui, amoureux fou quoique plus jeune qu’elle, lui fait construire un hôtel particulier extravagant et hors de prix, qui existe toujours, au 25 avenue des Champs-Elysées (c’est à présent le siège du Traveller’s Club). Durant la construction, un mot courait Paris : Les travaux avancent-ils bien ? Oh oui, le trottoir est fini !

La voilà enfin bien mariée et installée dans ses meubles. Aujourd’hui encore, sa baignoire fait rêver et son lit finira brillamment sa carrière, un plus tard, vers 1900, dans une maison close sise 6 rue des Moulins à Paris. On peut bien donner l’adresse maintenant, il y a prescription.

 

Elle va énormément y recevoir. Au salon, bien sûr. Mais voilà que les choses se gâtent pour elle. Elle est devenue par son mariage cousine de Bismarck et grandement désireuse de lui faire plaisir. Sa fortune étant désormais faite, elle découvre à présent les charmes de la politique. Toujours est-il qu’elle se voit sérieusement soupçonnée d’espionnage au profit de l’Allemagne et priée de quitter le pays. Eh oui. Elle se retire alors dans la région d’origine de son mari, la Silésie, au château de Neudeck, où elle meurt en 1884, à l’âge de soixante-cinq ans.

 

Les frères Goncourt, ces mauvaises langues, avaient été invités le 24 mai 1867 dans le palais de la Païva. Voici leurs commentaires venimeux :

 

"Gautier, [Théophile, bien sûr] qui est en ce moment le maestro di casa, nous présente à cette fameuse Païva, dans son légendaire hôtel des Champs-Élysées. Elle nous reçoit dans une petite serre. Une vieille courtisane peinte et plâtrée, l'air d'une actrice de province, avec un sourire et des cheveux faux.

On prend le thé dans la salle à manger qui, avec tout son luxe et la surcharge de son mauvais goût Renaissance, ne ressemble guère qu'à un très riche cabinet de grand restaurant, à un salon des Provençaux, malgré tout l'argent de ses marbres, de ses boiseries, de ses émaux, de ses peintures, de ses candélabres d'argent massif, venant des mines du Prussien entreteneur qui est là.

[…] On sent tomber sur cette table magnifique, chargée de cristaux, éclairée de l'incendie des lustres, le froid, l'horrible froid, spécial aux maisons de putains jouant la femme du monde, et l'espèce de Mané Thécel Pharès d'ennui et de malaise qui glace, dans les palais de prostitution et dans les Louvres du cul, le naturel et l'esprit des gens qui y passent."

07/09/2008

"REVOLUTIONNAIRES JUIFS" BIENTOT EN VENTE

 

révolutionnaires.jpg

Le livre est en cours d'impression. Ceux qui le souhaitent peuvent déjà le commander. Ils le recevront dès que possible.

224 pages
18 euros + 3 euros de frais de port
Pour commander:
envoyer chèque et adresse du destinataire clairement indiquée à Anne Kling - Editions Mithra
BP 60291 - 67008 STRASBOURG CEDEX

 

Pour ceux qui souhaiteraient acquérir les deux livres en même temps : REVOLUTIONNAIRES JUIFS et LA FRANCE LICRATISEE : prix spécial de 32 euros les deux, frais de port compris.

11:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4)

05/09/2008

PETITE GALERIE D’ORIGINAUX

4.  BENJAMIN HARRISON FREEDMAN

 

freedman.jpgEn l’occurrence, c’est plutôt d’anticonformisme et de liberté de penser qu’il faudrait parler. Pour ne pas dire de sagacité.

 

Benjamin Freedman naît en 1890 à New York dans une famille juive ashkénaze nommée en réalité Friedman (il américanisera plus tard son nom). Attiré par la politique, il devient l’assistant de Bernard Baruch lors de la campagne présidentielle de 1912. Ce grand financier de Wall Street, également d’origine juive, soutient le candidat démocrate qui sera élu et débutera son premier mandat en 1913 : Woodrow Wilson. C’est Wilson qui fera entrer les Etats-Unis dans la première guerre mondiale. Baruch sera son conseiller pour les questions de défense et prendra la tête du Bureau des Industries de Guerre. Plus tard, toujours aussi influent, il deviendra l’un des proches de Roosevelt.

 

Freedman aura donc l’occasion, de par ses contacts et activités, de voir de près les ressorts de la politique américaine et surtout d’en connaître les coulisses durant ces années extrêmement intenses, qui vont de la première guerre mondiale à 1945.  Il ne sera jamais un politique au sens électoral du terme, mais un industriel très riche. Il met sa fortune au service de ses convictions dont la principale se trouve formulée dans le livre The Hidden Tyranny (La Tyrannie Cachée), qu’il fait paraître en 1961 : les organisations sionistes exercent une très forte emprise sur la politique des Etats-Unis. Il racontera dans ce livre sa vision des événements dont voici un aperçu, très simplifié. 

 

Selon lui, durant la première guerre mondiale, les milieux sionistes se livrèrent à un lobbying intense auprès des puissances occidentales de l’époque afin de favoriser la création d’un Etat juif en Palestine, en jouant habilement des alliances et influences diverses et réciproques. Dans cette optique, toujours selon Freedman, il était nécessaire que les Etats-Unis entrent en guerre et l’Angleterre y avait elle aussi un vif intérêt. Les relais sionistes de la presse américaine s’employèrent donc à faire évoluer l’opinion publique du pays, qui était à l’époque plutôt pro allemande. Avec succès. Le fait est – d’autres raisons certes y concourront – que les Etats-Unis rejoignent la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie) le 6 avril 1917.

 

1917 est décidément une année incroyable. Elle voit la révolution bolchevique et la déclaration Balfour qui servira plus tard à légitimer le futur Etat d’Israël.

Par cette déclaration en forme de lettre au baron Rothschild qui préside alors l’antenne anglaise du mouvement sioniste, les Anglais promettent assez vaguement aux juifs un « foyer national », tout en faisant des promesses exactement opposées aux arabes.

 

Freedman est un antisioniste ardent, vous l’avez deviné. En 1946, il fondera la « Ligue pour la Paix et la Justice en Palestine ».

 

Il se fait des ennemis inexpiables, mais n’en a cure. De toute façon, il a un autre dada qui ne plaira pas davantage aux sionistes: les Khazars. Il écrira à ce sujet Les faits sont les faits : la vérité sur les Khazars.

 

La Khazarie était au Moyen-Age un royaume turco-caucasien qui s’était converti au judaïsme en 838. Selon la théorie de Freedman, les juifs ashkénazes (dont il était) descendaient de ces anciens Khazars convertis qui, après la chute de leur royaume, s’étaient dispersés dans toute l’Europe orientale et l’Asie centrale. Selon lui, plus de 90% des juifs vivants descendaient d’une façon ou d’une autre des Khazars. Vous imaginez la réaction des sionistes. Une théorie aussi scabreuse, en niant les liens du sang avec les anciens Hébreux, fichait par terre tous les mythes fondateurs du sionisme, Elle discréditait la prétention au « retour » et accessoirement réduisait à presque rien le terme de « sémite » que seuls pouvaient encore revendiquer les sépharades. Quel couscous !

 

Comme un malheur ne vient jamais seul, le professeur Abraham Poliak, de l’Université de Tel Aviv avait publié en 1941 La conversion des Khazars au judaïsme. Ses conclusions rejoignaient celles de Freedman et furent d’ailleurs accueillies avec la même hostilité. La controverse fera rage et pour le punir, le nom de Poliak sera finalement supprimé de l’édition 1971-1972 de l’Encyclopedia Judaïca. Plus tard, Arthur Koestler reprendra le sujet avec les mêmes conclusions.

[Je reviendrai sur ce sujet intéressant, la Géorgie faisant partie de l’ancien royaume khazar. Les années sont courtes et la mémoire est longue].

 

Pour faire bonne mesure, Freedman s’en prendra aussi au Talmud et recensera toutes ses attaques contre le christianisme. Il ira au bout de sa logique : Benjamin Freedman finit par se convertir et devient chrétien.

 

Il était encore actif au milieu des années 70 et mourra en 1984, à l’âge vénérable de 94 ans, systématiquement honni et vilipendé par toutes les organisations sionistes américaines sous le terme de self hatred jew (juif atteint de la « haine de soi »). Une affreuse maladie qui touche inévitablement tous ceux qui, juifs eux-mêmes, se permettent d’émettre la moindre critique à l’encontre du sionisme.