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04/10/2012

DECES D’UN SURVIVANT DES SONDERKOMMANDOS

 

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Le CRIF nous apprend le décès de Shlomo Venezia, survivant des Sonderkommandos de Birkenau : « Cet homme extraordinaire que l’Histoire a épargné, mais que le destin a frappé durement est mort paisiblement dans la nuit du 30 septembre alors qu’il souffrait d’une grave insuffisance respiratoire, suite lointaine d’une tuberculose pulmonaire, conséquence de la déportation. »

 

Il allait avoir quatre-vingt-neuf ans.

 

Le 6 avril 2007, je parlais de la parution tardive de son livre de souvenirs en ces termes :

 

 

Un ouvrage intitulé Sonderkommando – Dans l’enfer des chambres à gaz, a été récemment  publié par Shlomo Venezia. Il est préfacé par Simone Veil, qui écrit notamment ceci : « Je lis de très nombreux récits d’anciens déportés qui me replongent chaque fois dans la vie du camp. Mais celui de Shlomo Venezia est particulièrement bouleversant puisqu’il est le seul témoignage complet que nous ayons d’un survivant des Sonderkommandos… La force de ce témoignage tient à l’honnêteté irréprochable de son auteur qui ne raconte que ce que lui-même a vu, sans rien omettre… Avec ses mots simples, Shlomo Venezia redonne vie aux visages émaciés, aux regards exténués, résignés et souvent terrorisés, de ces hommes, de ces femmes et des enfants qu’il croise une seule et dernière fois… »

Bon, moi, je veux bien, mais je me pose quand même quelques questions… Shlomo Venezia, juif italien né à Salonique en Grèce, est déporté à Auschwitz-Birkenau à l’âge de 21 ans. Il y restera du 11 avril 1944 au 26 janvier 1945, affecté aux Sonderkommandos, équipes de détenus juifs chargés de brûler le corps des victimes des chambres à gaz. Il survivra cependant à ses épreuves, ainsi que sa sœur, son frère et ses deux cousins, eux aussi déportés au même endroit.

Cet homme avait donc 22 ans en 1945. Il en a aujourd’hui 83. Pourquoi avoir attendu plus de soixante ans pour faire publier aujourd’hui ce qu’il n’a apparemment pas jugé utile ou nécessaire de faire connaître durant tout ce temps ? Et à cet âge avancé, jusqu’à quel point a-t-on encore le droit de faire une confiance totale à sa mémoire ? Surtout s’agissant d’un sujet aussi passionnel et de faits aussi anciens?

 

 

 

Je profite de ce post pour faire savoir à mes lecteurs que je travaille toujours à mon prochain livre. J’en ai encore pour un moment.

Commentaires

Le devoir de mémoire tout simplement...

Écrit par : Marc | 05/10/2012

Bonjour Anne,

Que voilà donc, une fois de plus, une histoire édifiante....(mais on ne s'en lasse pas !).

Je pense qu'il a dû rester dans les courants d'air, quand il ouvrait certaines pièces homicides, ça ne pardonne pas même après 77 ans ...

Enfin, 89 ans, c'est tout de même un bel âge qui va faire des envieux. Tous les insuffisants respiratoires, silicosés et autres victimes de l'asbestose vont en rester babas.

J'ai une question tout de même. Je pensais qu'il existait au moins un autre témoignage; celui de Philipp Müller, publié aux Editions du Rocher : "Trois ans dans une chambre à Gaz" (c'est le titre, je n'y peux rien !), et réédité assez récemment d'ailleurs..
Celà voudrait-il dire qu'il y en a un qui raconte des choses qu'il n'a pas vécues ? J'en tremble à l'avance.

Quoiqu'il en soit, il faudrait peut-être que les Allemands songent à allonger la monnaie pour les héritiers de Monsieur Shlomo VENEZIA, tragique victime des suites de sa déportation, à un âge somme toute assez avancé.

Écrit par : elsassland | 05/10/2012

Juste un petit correctif. Le livre de Philipp MÜLLER " Trois ans dans une chambre à gaz d'Auschwitz" a été publié chez Pygmalion et non pas aux éditions du Rocher. Je crois que Pygmalion est dans le giron des éditions Flammarion.

Ce témoignage époustouflant est disponible dans toutes les bonnes librairies, à la FNAC, sur Amazon.

Publicité gratuite et méritée !

Écrit par : elsassland | 05/10/2012

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