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02/10/2011

6) Allez, rigolons un peu

Comme promis, voici ci-après un extrait du livre Histoire secrète du Front national de Renaud Dély, paru en avril 1999. Le chapitre est plus long, mais tout retranscrire prendrait trop de temps. Là s’arrêtera la saga Blot.

 

 

« Le suicide d’Yvan Blot

 

(…) Yvan Blot fait beaucoup plus fort encore. Le 2 février 1999, dans la foulée de Le Pen et de Gollnisch, l’ami de (presque) trente ans de Mégret entre dans la salle où ceux-ci doivent accorder une conférence de presse et, sous les yeux ébahis des journalistes, s’installe en bout de tribune, baisse les yeux et se mure dans le silence. A « félon », « félon » et demi …

 

« Je suis ravi de recevoir au bercail un fils prodigue qui n’est pas resté longtemps dans l’erreur, se délecte Le Pen, je lui donnerai la parole tout à l’heure ». Une demi-heure plus tard, Yvan Blot passe à confesse. Comme dans les plus belles autocritiques staliniennes, il bat sa coulpe d’avoir été « attiré par les paroles flatteuses de Bruno Mégret qui se réclamait d’une très vieille amitié ». « Mais je n’ai pas voulu persévérer car j’ai l’intime conviction que Bruno Mégret a un projet personnel qui passe par le reniement du mouvement national, poursuit-il. Il trompe ceux qui sont autour de lui ». Et de promettre, pour une conférence de presse qu’il tiendra deux jours plus tard, « les preuves de collusions financières, politiques et idéologiques » avec la droite RPR-UDF à l’origine de « ce second Carpentras » (…). »

 

Deux jours plus tard, après avoir été « travaillé » une dizaine d’heures par Samuel Maréchal, Yvan Blot récite maladroitement la leçon apprise. En fait de « révélations », il déverse un galimatias où il est pêle-mêle question d’un « grand industriel proche de Jacques Chirac » qui aurait financé Mégret, d’ « accords locaux négociés secrètement avec le RPR pour les municipales », d’ « une stratégie d’ensemble menée pour rallier la droite classique » et d’un comportement de « reptile (…), noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste, cultivant le secret, manquant de franchise et trompant même ses meilleurs amis ».

 

Frappé du sceau de « la fidélité aux idées du mouvement national », son retournement de veste est d’autant plus stupéfiant qu’Yvan Blot est le cofondateur du club de l’Horloge, partisan de longue date de l’union des droites et que, le 26 janvier, il confiait encore : « Les accusations de complot proférées par Le Pen contre Mégret sont délirantes », ajoutant : « En fait, c’est moi qu’il vise car j’ai toujours un très vieux copain à l’Elysée que j’utilisais à son profit ».

 

 

 

J’arrête là, mais la suite est intéressante aussi. Elle relate le pourquoi du comment de tous ces aller-retour : la crainte panique de perdre son mandat européen et les avantages sonnants et trébuchants qui l’accompagnaient. Le Pen s’était fait un malin plaisir de lui donner quelques espérances à cet égard s’il revenait et, comme l’écrit Renaud Dély : « (…) Le lendemain matin, mardi 2 février, il appelle Le Pen qui le reçoit aussitôt à bras ouverts pendant deux heures et lui fait miroiter une bonne place sur sa liste aux élections européennes. Blot cède à ses avances, franchit le Rubicon en sens inverse … et s’y noie ».

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La religion de la Shoah :
http://www.youtube.com/watch?v=ASadHGqSH-A

Écrit par : Céline Drumont | 08/10/2011

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