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28/09/2011

2) Allez, rigolons un peu

 

Acte1 : Nous sommes en janvier 1999, la scission vient d’intervenir au FN et le député européen et conseiller régional frontiste Yvan Blot, après moult hésitations, a finalement rejoint les mégrétistes. Il se fend alors de la note suivante, qui va abondamment circuler à l’époque:

 

 

« Les quatre reniements de Jean-Marie Le Pen, par Yvan Blot, janvier 1999

 

J.-M. Le Pen et ses amis, dont Bruno Mégret, ont bâti les succès récents du Front national (avant il n’était qu’un groupuscule) sur quatre principes :

- Bâtir le renouvellement des droites

- Un idéal éthique exigeant

- La volonté de jouer pleinement le jeu démocratique

- Affirmer sans compromis la présentation de l’identité nationale

 

Le jour de ses 70 ans, personne ne pouvait adresser un mot à Jean-Marie Le Pen. Celui-ci prit conscience, semble-t-il, que la prise du pouvoir ne serait pas pour lui mais pour ses successeurs. D’où une crise psychologique profonde qui conduit au reniement des 4 principes fondateurs.

 

I)            JEAN-MARIE LE PEN RENONCE AU RASSEMBLEMENT DES DROITES

 

Comme le dit son vassal Bernard Antony : « le compromis nationaliste, c’est fini ! je me sens libre désormais ». Ce qui veut dire dans sa bouche : tous ceux qui n’ont pas 100% de mes idées sont mes ennemis, les catholiques lefebvristes, les catholiques conciliaires, les protestants, les athées, peu importe s’ils sont patriotes et s’ils aiment la France !

 

Selon Jean-marie Le Pen lui-même, les anciens UDF et RPR restent pour toujours des suspects, soit un bon tiers des militants et des dirigeants parmi les plus qualifiés du Mouvement. Tous ceux qui n’étaient pas avec le chef à l’époque du groupuscule fondateur sont suspects de trahison !

 

Toute personne compétente intellectuellement ou administrativement est suspecte, car elle n’est pas soumise à 100% au chef, ayant un métier et donc une indépendance par ailleurs.

 

Seules celles qui cèdent aux caprices du chef sont acceptées, comme par exemple J.-C. Martinez, pourtant athée, anti-chrétien, socialiste, mais flattant la confiance du Chef en organisant des pseudo conseils des ministres dans les luxueux salons de l’hôtel Crillon. J.-C. Martinez va jusqu’à demander à un aboyeur d’annoncer « M. le Président » lorsque Le Pen entre dans la salle. L’apport de ces « Conseils des ministres » est nul, mais l’ego du chef est satisfait.

 

Rejetant toute ouverture interne du Mouvement vers des compétences nouvelles et vers les déçus de Chirac et consorts, J.-M. Le Pen renie toute politique d’ouverture externe avec le reste de la droite pour vaincre la gauche. Pourtant, du temps de Jean-Pierre Stirbois, il avait accepté l’alliance UDF-RPR pour empêcher l’élection d’un socialiste aux élections législatives.

 

Depuis, il a aidé en 1993 à faire réélire Bernard Tapie à Gardanne en demandant à Damien Bariller de se maintenir, et faisant ainsi échouer Bruno Mégret à Vitrolles/Marignane.

 

Aux législatives partielles de Toulon, plus récemment, Madame de La Brosse, Conseiller général du FN, fait voter pour la candidate socialiste, contre Cendrine Le Chevallier. Elle ne sera pas sanctionnée par Jean-Marie Le Pen.

 

Le Pen renie la politique d’ouverture interne et externe qui conduisit le FN au succès. C’est le retour au groupuscule refermé sur lui-même. C’est la renonciation à toute stratégie de victoire.

 

II)         JEAN-MARIE LE PEN RENIE SON IDEAL ETHIQUE

 

« Tête haute et mains propres » avait-il fièrement affirmé face aux « affaires » de corruption touchant les autres partis. Estimant qu’il ne peut plus gagner en raison de son âge, il décide de relâcher la discipline afin de profiter des dernières bonnes années. D’où 5 dérives :

 

1 – Le népotisme généralisé

 

Ce qui était une légère tendance devient systématique. La famille Le Pen coûte 2 millions de francs par an au Mouvement, en échange de services dérisoires.

 

2 – L’obsession de l’argent

 

A l’origine, le FN était pauvre. Cela n’est plus vrai. Mais les fédérations départementales manquent de moyens. Tout l’argent est concentré au siège, quand il n’est pas gaspillé comme c’est le cas au pré-gouvernement de J.-C. Martinez ou à la direction du FNJ mis en coupe réglée par Samuel Maréchal.

 

3 –La jalousie à l’égard des succès électoraux de ses amis

 

Tous ceux qui ont un mandat électif que n’a pas le chef sont en butte à des humiliations. Ce fut le cas de M.-F. Stirbois lorsqu’elle était député. Ayant perdu son siège, elle revint en grâce. Bruno Mégret devient suspect après son succès à Vitrolles. Le Chevallier à Toulon se heurte à des adversaires au sein du Mouvement, Madame de La Brosse ou le colonel Girardin, lesquels sont encouragés par Le Pen. Cet esprit de jalousie détruit la bienveillance réciproque nécessaire dans un parti qui a tant d’ennemis et traduit la volonté de ne pas se situer dans une perspective de victoire historique.

 

4 – Le refus d’apporter une doctrine à la Jeunesse et au Mouvement

 

Ce refus est constant au FNJ depuis que Samuel Maréchal en assume la direction.

Mais le monde est ainsi fait que celui qui n’avance pas recule et dégénère.

C’est parce qu’il se sent libéré de l’obligation de rechercher la victoire que Jean-Marie Le Pen se laisse aller à ses désirs primitifs : jalousie, népotisme, goût de l’argent, haine contre ceux qui le contredisent, etc …

 

III)       LE RENIEMENT A L’EGARD DE LA DEMOCRATIE

 

Jean-Marie Le Pen avait bien compris que seule une stratégie démocratique pouvait permettre aux nationaux d’obtenir la victoire. Refuser la règle démocratique, dans un pays riche et développé comme la France, équivalait à la marginalisation et à l’échec.

 

Mais l’abandon de toute perspective de victoire « libère » aussi Le Pen de cette contrainte. D’où l’abandon de cette règle du jeu, dans le parti et à l’extérieur.

 

1 – Le rejet de la démocratie directe

 

Depuis longtemps, J.-M. Le Pen était favorable au principe de la démocratie directe pour courcircuiter les lobbies médiatiques, partisans, syndicaux ou autres. Aujourd’hui, il en rejette l’idée, y compris au sein même du FN, en refusant d’appliquer l’article 24 des statuts, permettant à la base de convoquer un Congrès.

 

2 – Le mépris pour la démocratie locale

 

La conquête du pouvoir, dans un pays comme le nôtre, se fait en partie au travers de la conquête de relais intermédiaires, comme les mairies. Or J.-M. Le Pen n’a pas cherché à conquérir de mairies. Pire encore, il affirme à tout propos son mépris pour la politique locale, ne se sentant intéressé que par la « grande » politique, avec l’Irak par exemple.

 

Pourtant, ses adversaires au niveau le plus élevé n’ont jamais négligé les mandats locaux. Une seule exception, De Gaulle, mais il avait une guerre derrière lui !

 

3 – Le refus de reconnaître un rôle aux élus, au sein même du Mouvement

 

Le Pen a dénié ce rôle aux conseillers régionaux d’Ile de France : « Vous n’êtes rien !, votre rôle est de voter dans les assemblées, selon mes ordres, et c’est tout ! ». Il a dit la même chose aux députés européens.

 

S’il est vrai que les élus doivent respecter la discipline et la hiérarchie du parti, ils ne sont pas « rien » pour autant. Ils sont le fer de lance de la conquête du pouvoir. La marginalisation des élus empêche la mobilisation optimale du Mouvement. Elle a été heureusement freinée par plusieurs dirigeants, dont Jean-Yves Le Gallou, qui l’ont payé par leur exclusion.

 

4 – Le mépris de l’état de droit

 

« Je ne signerai pas la déclaration des droits de l’homme ». ce genre de déclaration aboutit à des procès qui affaiblissent le Président et donc le FN tout entier. Ces déclarations n’ont de sens que dans une perspective de non prise du pouvoir.

 

5 – « Je suis un monarque », « Je suis César »

 

Même si certains d’entre nous reconnaissent des mérites à la monarchie, ces affirmations médiatiques ridiculisent le mouvement national. Le Pen se donne en spectacle comme le Général Alcazar dans Tintin et Milou.

 

De plus, ces affirmations sont contraires aux statuts du FN et aux lois. Cela n’apporte rien à la conquête du pouvoir, bien au contraire.

 

Enfin, un monarque qui soumet son peuple à des caprices personnels, n’est plus un monarque, c’est un tyran !

 

    IV – LE RENIEMENT DE L’IDENTITE NATIONALE (c’est le plus grave de tous)

 

1 – La résignation à l’égard du pouvoir socialiste

 

N’espérant pas gagner lui-même, Le Pen favorise le pouvoir socialiste. Celui-ci vit de la division de la droite et de la diabolisation de la droite nationale. Or J.-M. Le Pen aide à la diabolisation, par exemple en présentant une tête sanglante de Trautmann sur un plateau à la télévision. Ce gadget a d’ailleurs sauvé Trautmann en écoeurant des électeurs de droite et en mobilisant ceux de gauche. En effet, à 100 voix près, elle pouvait être battue. Le Pen dit après sa réélection : « Cette femme nous a rendu service en nous faisant de la publicité », ne l’oublions pas !

 

Discrètement, le pouvoir socialiste aide Le Pen (statut de Cotelec, blocage de la boîte postale de Serge Martinez, attitude complaisante de Michel Field à la télévision). Le gouvernement sait où est son intérêt dès lors que Le Pen renonce à prendre le pouvoir.

 

2 – J.-M. Le Pen ne tolère qu’un seul idéologue auprès de lui : Jean-Claude Martinez

 

Or celui-ci, aux contacts innombrables dans le monde arabe, est favorable à l’immigration. Son rêve est une Europe étendue au Maghreb. Plus exactement, il veut détruire l’Europe au profit d’une communauté « méditerranéenne » étendue à l’Afrique du nord.

 

3 – Samuel Maréchal préfère « l’intégration des beurs » au retour des immigrés dans leurs pays d’origine

 

J.-M. Le Pen lui-même, qui a la nostalgie des colonies, fréquente chez les personnes de sa génération, partage la même utopie. Ainsi s’explique la mise en avant de Farid Smahi comme éventuel futur député européen.

 

4 – « Une minorité de comploteurs racistes »

 

Ce n’est pas un hasard si Le Pen a plusieurs fois répété cette accusation contre Bruno Mégret et ses amis. Il souhaite apparaître comme un « non raciste », sa priorité allant à l’antisémitisme.

 

En fait, on retrouve ici la même extrême droite d’autrefois qui n’a plus rien à voir avec les problèmes d’aujourd’hui : en 1930, l’immigration n’était pas le problème essentiel !

 

Le Pen, en accusant une partie du FN d’être raciste, et en prônant l’intégration de préférence au retour des immigrés, renie son combat pour l’identité nationale !

 

 

Le Pen, à plus de 70 ans, a perdu foi dans sa capacité de victoire personnelle. Ayant perdu la foi, il a perdu l’espérance. Il a alors perdu toute vertu de charité à l’égard de ses propres amis, compagnons fidèles de combat qu’il insulte désormais des noms de racistes et de vendus (les deux sont d’ailleurs contradictoires). C’est bien triste. L’épopée se conclut en farce dramatique sous le signe du reniement national !

 

Yvan Blot »

 

 

L’analyse que vous venez de lire était globalement pertinente, quoique succincte. Mais elle ne pourra être appréciée à sa juste valeur qu’à la lumière des actes suivants….

Commentaires

Est-ce bien utile, Anne, de vouloir démonter JMLP
et part conséquent Marine ? Tu as -qui sait, raison. Mais quel avenir attendre si Marine ne représente aucun espoir, se mettre une balle dans la tête ? Mais qui s'est battu, personne ? Qui a été parfait ? Personne. Bruno aurait été meilleur que Marine, je ne crois pas...Cela m'attriste de lire cela ici ?

Écrit par : LG | 28/09/2011

Asselineau est le seul homme de droite qui a compris le danger d'une Europe fédérale et le pourquoi de cette Europe : Pour le bénéfice des financiers américains ! C'est ainsi que ces derniers font tout en ce moment pour que Merkel reste dans l'euro alors que les Allemands auraient grandement intérêts à quitter l'union européenne. comment ? Grâce à l'article 50 qui en précise les modalités de sortie !

Contrairement à la Norvège ou à la Suisse, la France en, entrant dans l'Euro s'est très appauvri. La mondialisation heureuse promise par Minc est une escroquerie qui ne profite qu'à une certaine oligarchie. A se demander encore une fois comment Sarkozy a-t-il pu prendre cet homme comme conseiller. Minc ne disait-il pas en 2008 que la crise allait se terminer ?

http://www.youtube.com/watch?v=voCxjX7b5HY&feature=related

Écrit par : duc | 28/09/2011

Autre attitude intéressant de l'actualité :

Celle de Cohn Bendit sur la création de la Palestine :

http://www.youtube.com/watch?v=Or3ssmKBIEA&feature=player_embedded

Écrit par : duc | 28/09/2011

je n'empêche personne de rêver. moi, j'essaie simplement de garder les yeux bien ouverts

Écrit par : anne kling | 28/09/2011

Les commentaires sont fermés.