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30/05/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS - 6

Merci à mon correspondant d’hier d’avoir attiré mon attention sur Stefan Michnik, autre intéressant personnage qui coule toujours des jours présumés tranquilles en Suède. Il mérite sa place dans notre série. Hélas, rien en français sur lui, mais ce n’est pas grave. L’ennui, c’est qu’il n’y a pas énormément d’éléments en anglais non plus. Internet est beaucoup plus bavard en polonais, mais là, je suis larguée …

 

Donc, contentons-nous des quelques infos de Wikipédia anglais que nous compléterons le cas échéant en fonction des éventuelles compétences linguistiques des lecteurs de ce blog.

 

 

Stefan Michnik

 

stefan_Michnik_Szechter.jpgIl naît en septembre 1929 dans une famille juive d’Ukraine. Son père, Ozjasz Szechter, fut le premier secrétaire du parti communiste d’Ukraine occidentale et sa mère, née Michnik, était historienne et communiste elle aussi.

 

La carrière de Michnik se déploiera à la fois dans les services de renseignements militaires de la Pologne communiste et dans la « justice » du pays puisque nous allons le retrouver juge pour le compte de Staline dans les années d’après-guerre, apparemment à partir de 1951. A cette date, il n’avait pourtant que 22 ans ? Curieux. Il s’illustrera dans l’arrestation, l’internement et l’exécution de bon nombre de résistants polonais qui avaient lutté contre Hitler. Parmi ces combattants : Jerzy Lewandowski, Zefiryn Machalla, Maksymilian Chojecki.

 

Pour donner une idée de la façon dont le juge Michnik rendait la « justice » : après la guerre, Machalla eut la mauvaise idée de retourner en Pologne désormais sous la férule stalinienne. Il y fut illico condamné à mort pour « espionnage ». Il n’eut même pas droit à un défenseur et fut exécuté en janvier 1952.

 

Arrive la crise politique de mars 1968 en Pologne, dans un contexte d’opposition grandissante au régime communiste et de rupture des liens URSS/Israël suite à la guerre des Six Jours. Pas mal de juifs avaient intérêt à se faire oublier et à faire oublier leurs récents exploits au service du régime. Stefan Michnik est du lot, qui quitte la Pologne en clamant être victime de l’antisémitisme ambiant dans le pays ! Assez jolie houtspah, non ?

Son premier choix, ce sont les USA, mais sa demande de visa est rejetée en 1968. Il se rabat donc sur la Suède où il entame bien tranquillement sa seconde vie : bibliothécaire dans une petite ville voisine d’Uppsala. Il y vit toujours, à présent retraité, naturellement.

 

Près de quarante ans après son départ, soit en 2007, voilà que l’Institut National Polonais du Souvenir se réveille et se demande si une extradition de ce discret personnage ne serait pas utile. Il leur faudra encore trois ans pour délibérer et ce n’est qu’en février 2010 que la cour de Varsovie réclame officiellement l’extradition de Michnik, procédure appuyée en octobre 2010 par un mandat d’arrêt européen.

 

Mais là, vous allez admirer la célérité de la justice en certaines circonstances : dès le mois suivant, soit le 18 novembre 2010, la Suède refuse d’extrader Michnik vers la Pologne pour y répondre de ses agissements passés. Passés mais non oubliés. Motif invoqué : actes désormais prescrits. Raison de plus pour ne pas les passer, nous, sous silence.

 

Commentaires

Edifiants ces portraits, édifiants, Anne....

Et aussi très "croustillants", si on peut dire !!!!!

Et dire qu'il y a d'innombrables naïfs qui se déclarent choqués de l'opinion générale des peuples de l'Est Européen à propos de la Communauté !!! Et pour commencer l'opinion qu'en a toujours le peuple polonais jusqu'à aujourd'hui !

Et ce qui gêne nos bisounours au plus haut point, c'est le fait qu'on ne puisse certainement pas taxer les polonais d'avoir été les collaborateurs des Allemands.

Alors, se disent-ils, pourquoi tant de haine ? Poser la question c'est déjà y répondre !!!!!

Écrit par : elsassland | 30/05/2011

Bel effort, Me Kling!

Alors maintenant je vous invite d'etudier la personne de Boleslaw Gebert qui a fait une belle carriere dans la PCUS[A](ben oui, cela a existe!) et a un moment donne retourna dans son pays d'origine pour y semer la revolution.

Il y tant d'autres...Ce qui est interessant, tous ces personnages (et beaucoup d'autres!) ont un point commun. Non, pas seulement l'appartenance a la meme communaute ethnique, l'admiration pour le communisme ou le retour tardif a la judeite (seulement quand la voie de carriere dans la nomenklatura s'est completement enfermee aux juifs; Et pourtant pas pour tous quand nous verrons!). Ce point commun en Pologne s'appele...Gazeta Wyborcza. Et je ne dirai rien de plus pour ne pas vous casser des belles surprises lors de votre recherche.

Écrit par : Maciej | 30/05/2011

Je viens de voir un film en tous points magnifique : "Les Chemins de la Liberté", de Peter Weir. Quiconque ne serait pas encore complètement et définitivement écoeuré du communisme, de ses pompes et de ses oeuvres devrait y trouver une source de guérison définitive. Il y avait déjà eu "Katyn", que je n'ai pas eu le courage de voir tellement il évoque des choses atroces (et qui a du reste été presque entièrement boycotté dans cet hexagone indécrottablement philocommuniste). Petit à petit, le cinéma commence à s'intéresser à ce totalitarisme-là. Il était temps : Son obsession exclusive de l'autre commençait à devenir plus qu'assommante, bien qu'elle ait eu longtemps l'avantage de ne rien laisser ignorer aux générations successives concernant Shoah, la Shoah et la Shoah. On dirait que la flamme est de plus en plus difficile à ranimer... Serait-ce l'annonce d'une vraie libération des esprits après plus de soixante ans de matraquage féroce et ininterrompu ?

Écrit par : Martial | 31/05/2011

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