Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/05/2011

LES BEAUX COMPTES DE FEES

images.jpgIl était une fois une Américaine qui rêvait de devenir reine d’Angleterre. Elle était deux fois divorcée, à une époque qui n’appréciait pas tellement ces fantaisies, mais qu’importe ! Elle avait d’autres arguments, plus intimes, qui charmèrent suffisamment un roi assez flageolant sous ce rapport pour qu’il décide de l’asseoir sur le trône à ses côtés. Hélas, rien ne marcha comme prévu et le roi fut obligé d’abdiquer. Evidemment, les méchants politiques, premier ministre en tête, s’en étaient mêlés. Et le Commonwealth, par-dessus le marché. Sans même parler des sympathies nazies un peu trop appuyées et inquiétantes.

 

Mme Simpson avait cru qu’être roi vous permettait de faire tout ce que vous vouliez. Elle était persuadée d’avoir atteint son but, malgré tous les obstacles, lorsque l’annonce de l’abdication l’atteignit de plein fouet : « Wallis écouta cette allocution dans le salon de la villa Lou Viei en compagnie des Rogers. D’après ses dires, elle l’accueillit avec une tristesse résignée, mais Katherine Rogers raconta à son amie Fern Bedaux qu’elle se mit en fureur, hurlant et brisant plusieurs objets autour d’elle. L’idée d’abdication lui faisait horreur », nous raconte Charles Higham dans sa biographie de la duchesse de Windsor (1988). Eh oui, elle n’avait pas voulu d’une abdication qui l’enfermait à vie pour un éternel duo dans une cage en or massif, mais une cage quand même. La pire, c’est dans laquelle on s’emmure tout seul.

 

Après, il a fallu faire vivre pendant des dizaines d’années le mythe de Roméo et Juliette pour faire chialer dans les chaumières. Alors même qu’ils ne devaient plus pouvoir se voir en peinture, à force d’être obligés de jouer le seul et unique rôle qu’ils s’étaient eux-mêmes distribué.

 

 

imagesCAIC4GLJ.jpgEh bien, allez savoir pourquoi, mais j’ai pensé à eux en lisant toute la logorrhée des journaleux consacrée à l’immense grandeur d’âme d’Anne Sinclair volant au secours de son époux outragé. Là aussi, on nous a joué le grand air du grand amour planant bien au-dessus de toutes les mesquineries du commun des mortels. Bien haut dans la stratosphère, là où ne parviennent pas les miasmes émis par les femmes de chambre trop entreprenantes, qui s’en prennent honteusement aux clients.

Arrêtez de nous prendre pour des jobards ! Mme Sinclair est mariée depuis vingt ans à un homme qui l’a cocufiée en long, en large et en travers. Et publiquement. Et pas qu’une fois, contrairement à ses dires : "Chacun sait que ces choses peuvent arriver dans la vie de tous les couples (…). Pour ma part, cette aventure d'un soir est déjà derrière nous ; nous avons tourné la page; nous nous aimons comme au premier jour.", disait-elle lors de la dernière grosse alerte publique, en 2008.

Et pourquoi supportait-elle ce que les femmes ne supportent plus dans nos pays, de nos jours ? Parce que, contrairement à la moyenne des femmes, elle avait, elle, la perspective de parvenir grâce à cet irrépressible coureur, au pouvoir tant désiré. Devenir la première dame de France, après avoir joué les Marianne dans les mairies. Voilà qui méritait bien quelques sacrifices. Et voilà pourquoi elle a fermé les yeux et fait comme si de rien n’était. Elle avait de grosses  compensations en vue. Maintenant que ces compensations se sont pulvérisées en plein vol, que peut-elle faire, observée comme elle l’est du reste de la planète ? Sinon le « soutenir » publiquement, en attendant la suite des événements.

Mais je serais bien étonnée qu’elle reste encore longtemps dans la cage, quand les feux de la rampe auront fini par s’éteindre. Entre les déclarations publiques destinées à émouvoir dans les HLM et la réalité des faits, il doit y avoir comme une légère distorsion. Parions sans risque que le Dominique a dû entendre la soufflante de sa vie quand ils se sont enfin retrouvés entre quatre yeux. Parce que la comédie humaine est bien partout la même, qu’elle se joue à Buckingham Palace, sous les ors du FMI ou à Sarcelles.

Les commentaires sont fermés.