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27/04/2011

LE REGROUPEMENT FAMILIAL, MESURE EMBLEMATIQUE DE LA "SOCIETE LIBERALE AVANCEE" DE VGE

Pour en finir avec le 35e anniversaire du regroupement familial, je vous propose ci-après l’article que j’ai écrit sur le sujet pour la revue Synthèse nationale. Certes, les énarques dont il a été question ces jours derniers à propos du Gisti ont poussé à la roue et employé toute leur influence dans le sens voulu. Influence dont nous pouvons mesurer aujourd’hui tout le caractère pernicieux. Il n’en demeure pas moins que les élus n’ont pas résisté comme c’était leur rôle et en ont même rajouté. Ce sont eux les premiers responsables et coupables : Giscard d’Estaing et Chirac. Tous deux également énarques, d’ailleurs. Ca ne sortait pas de la famille.

Je m’absente jusqu’à la mi-mai. A bientôt …

Le 29 avril 1976 – il y a trente-cinq ans – le duo Giscard/Chirac transformait radicalement la nature de l’immigration. Ce qui était jusqu’alors une immigration de travail devint, d’un trait de plume, une immigration de peuplement. Il n’y eut même pas, pour ce qui devait changer le visage de la société française, de débats à l’Assemblée nationale, ni de loi votée par les députés. Non, un simple décret, le funeste n°76-383, y suffit. Les princes qui nous gouvernaient, du haut de leur grandeur et de leur omniscience, décidèrent de ce qui était bon pour le pays – et accessoirement pour le  mondialisme qui se profilait à l’horizon - sans en référer aux représentants du peuple, valetaille tout juste bonne à enregistrer les décisions venues d’en haut.

Valéry Giscard d’Estaing était président de la République depuis 1974, Jacques Chirac était son premier ministre. Tout entiers occupés à promouvoir la fameuse société libérale avancée  chère à VGE, qui se rêvait en JFK, et à jeter bas les fondements d’une vieille France qu’il convenait de faire accéder aux délices de la modernité et du métissage réunis, ils imposèrent durant ces années des mesures lourdes de menaces potentielles pour l’avenir.

Tout avait commencé dès 1974 avec l’abaissement de l’âge de la majorité de 21 à 18 ans. Puis, en 1975, Simone Veil, alors ministre de la santé, avait réussi à faire passer sa loi sur l’avortement. Avec le décret sur le regroupement familial qui suivit, tout le dispositif était fin prêt pour une progressive substitution de population et pour l’installation à terme d’une nouvelle catégorie de « Français » supposés plus malléables. Oui, la France archaïque de papa allait faire place à un avenir radieux, peuplé d’innombrables marmots étrangers - essentiellement musulmans, mais on n’en parlait pas trop - qui une fois majeurs, à 18 ans, et par la magie de nouvelles règles relatives à la nationalité, formeraient un jour les bataillons des futurs électeurs. Les bataillons des futurs travailleurs non qualifiés, également, et surtout, des futurs chômeurs. Mais en 1976, se préoccupait-on de ces peccadilles ?

Voilà dans quel contexte se place cette décision particulièrement calamiteuse pour le pays, dont Giscard d’Estaing et Chirac sont au premier chef, de par leurs fonctions à l’époque, responsables et coupables. Il ne sert à rien d’avancer que les responsabilités furent « collectives », que le patronat le souhaitait - puisqu’il aurait désormais sur place une main d’œuvre taillable et corvéable à merci -, que les organisations dites antiracistes poussaient à la roue. Ce sont eux, chef d’Etat et premier ministre, qui prirent les décisions – encore une fois sans en référer aux représentants du peuple - et qui doivent donc en rendre compte au peuple français.

Du reste, tous deux sont encore là et bien là pour en répondre, jouissant tranquillement des incroyables privilèges dus aux anciens chefs d’Etat et ministres*, eussent-ils été désastreux.

Certes, avant eux, l’immigration existait déjà : depuis les années 1950, Algériens, Marocains, Tunisiens essentiellement venaient en France pour y travailler et rentraient au pays pour les vacances. La population étrangère avait ainsi doublé, passant de 1,8 million de personnes en 1954 à près de 3,5 millions vingt ans plus tard. Quoique prétendant suspendre l’immigration, en raison de la crise économique, le duo accorda néanmoins aux immigrés, pour des raisons pseudo humanitaires, mais aux arrière-pensées moins nobles, le droit au regroupement familial, funeste boîte de Pandore, grenade dégoupillée qui nous pète aujourd’hui à la figure.

A partir de cette date fatidique, les familles étrangères purent donc venir faire souche dans notre pays, avec la bénédiction de l’Etat. Encore une fois sans que jamais les Français n’aient été consultés sur une question qui engageait pourtant leur avenir.

Le décret prévoyait ce qui suit :

« Sous réserve des engagements internationaux de la France, le conjoint et les enfants de moins de dix huit ans d'un ressortissant étranger régulièrement autorisé à résider sur le territoire français, qui viennent de rejoindre dans les conditions prévues à l'article 5-1 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, ne peuvent se voir refuser l'autorisation d'accès au territoire français et l'octroi d'un titre de séjour que pour l'un des motifs suivants :

1° L'étranger concerné ne justifie pas d'une année de résidence en France en situation régulière ;

2° L'étranger concerné ne dispose pas de ressources stables, suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ;

3° Les conditions de logement que l'étranger se propose d'assurer à sa famille sont inadaptées ;

4° La présence du ou des membres de la famille sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public ;

5° Les résultats du contrôle médical auquel doivent se soumettre, dans leur pays d'origine, le ou les membres de la famille font apparaître qu'ils sont atteints de maladies ou d'infirmités pouvant mettre en danger la santé publique, l'ordre public ou la sécurité publique ;

C’était mettre face à la déferlante quelques barrières en forme de fétus de paille qui furent vite emportées. Les organisations dites antiracistes, comme la LICRA ou le GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés), qui réclamaient ce regroupement familial, et le trouvaient trop timide, menèrent la charge, défendant bec et ongles les nouveaux arrivés et prônant le fameux « droit à la différence » qui fit tant de dégâts. La LICRA avait déjà bien préparé le terrain en imposant dès 1972 une première loi antiraciste qui permettrait dorénavant de criminaliser les opposants à l’invasion qui s’amorçait. Une loi qu’elle utilisa à tour de bras dans les années qui suivirent.

Pour donner une idée du degré d’aberration à laquelle les institutions étaient arrivées, s’agissant des conséquences de ce fâcheux regroupement il faut rappeler l’arrêt Montcho adopté en 1980 par le Conseil d’Etat : au nom des « droits de l’homme », cet Africain prétendait faire venir sa 2e épouse en France, voire plus si affinités, pour la faire bénéficier, avec les nombreux enfants de cet homme prolifique, de la manne généreusement octroyée par le contribuable. Aussi incroyable que cela paraisse, le Conseil d’Etat lui donna raison, légalisant ainsi la polygamie en France. Inutile de préciser que cet arrêt engendra des quantités de sieurs Montcho sur tout le territoire.

Toutes les tentatives pour tenter d’endiguer le flot à présent ininterrompu, y compris certaines mesures du gouvernement Barre, furent vouées à l’échec. Le mal fondamental était fait, la brèche une fois ouverte se transforma vite en torrent impétueux, puis en fracture béante dont nous pouvons mesurer les dégâts aujourd’hui, trente-cinq ans après: une France appauvrie, tiers-mondisée, cherchant éperdument son identité et tentant de naviguer à vue à travers des communautarismes de plus en plus arrogants et revendicatifs.

Pour mesurer le degré d’angélisme – ou de bêtise crasse – des politiques qui mirent en oeuvre ce projet irresponsable, voyons ce que disait à l’époque Paul Dijoud secrétaire d'État aux travailleurs immigrés :

«  …. Et puis, il faut bien le dire, changer la société française, la rendre plus juste, plus généreuse, bâtir pour l'an 2000 une société d'égalité et une société de justice, c'est impossible si l'on exclut complètement les étrangers. Ce serait détruire l'âme de notre société, l'âme de la civilisation nouvelle que nous voulons bâtir, si nous laissons de côté ces très nombreux étrangers qui constitueraient des îlots de misère au milieu de notre prospérité. »

On aimerait bien demander à Paul Dijoud, toujours en activité politique puisqu’actuellement maire d’une commune des Hautes-Alpes, s’il trouve vraiment la société française de l’an 2000 « plus juste, plus généreuse »  et s’il règne réellement plus « d’ égalité et de justice » dans cette « civilisation nouvelle » ? Je croirais assez que ses accents lyriques d’il y a trente-cinq ans seraient nettement revus à la baisse. Mais qui pensera à lui poser cette question interdite ? N’attendons pas des journalistes aux ordres du système qu’ils le fassent. Ils sont tous dans le même bain, ayant soutenu autant qu’ils le pouvaient cette politique désastreuse en tapant allègrement sur les rares personnes demeurées lucides qui s’y opposaient.

Ce qui caractérise la classe politique française de ces dernières décennies, outre la veulerie et la soumission aux lobbys, est l’irresponsabilité pleine et entière dont elle continue à bénéficier malgré ses trahisons. Et que chaque clan à l’intérieur du système, qu’il soit clan « de droite » ou clan « de gauche » se garde bien de remettre en question. Car tous sans exception en profitent autant qu’ils le peuvent. Voilà en tout état de cause une boîte de Pandore qui ne risque pas de s’ouvrir, du moins de leur fait. Celle-là est bien cadenassée.

Il est temps de mettre en question cette irresponsabilité quasi totale dont jouissent les "responsables" politiques. Quels que soient leurs errements, leurs fautes lourdes, les sommes folles gaspillées, personne jamais ne leur demande le moindre compte. Il faut réfléchir aux moyens de mettre en œuvre de véritables contre-pouvoirs et faire des propositions dans ce sens. Nul doute que pareille initiative serait bien accueillie par nos concitoyens.

En attendant ces jours meilleurs, n’oublions jamais, s’agissant du regroupement familial, que Giscard et Chirac sont au premier chef responsables et coupables de cette décision prise par eux seuls sans en référer aux représentants du peuple, décision aux conséquences calamiteuses pour le pays. Nous ne le rappellerons jamais assez.

 

*  France Soir a estimé à 1 million d'euros le coût annuel du traitement réservé à Jacques Chirac pour les contribuables français. Retraite, château, pension annuelle, personnel (19 fonctionnaires sont affectés à son service), Jacques Chirac conserve encore de nombreux  privilèges depuis qu'il a quitté l'Élysée. Il cumule en effet les avantages réservés à ses anciens mandats (président de la République, maire de Paris, conseiller à la Cour des comptes et député de Corrèze) et sa pension actuelle en tant que membre de droit du Conseil constitutionnel.

Nul doute que son compère VGE ne coûte autant au contribuable. Normal, vu les services éminents qu’ils ont rendus au pays. Rien ne saurait être trop beau pour eux.

 

26/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (9)

yy.jpgNous allons clore pour le moment nos investigations sur le Gisti, en rapportant l’une ou l’autre info dont il n’a pas été question jusqu’à présent :

Il faut croire que la loi anticasseurs était vraiment restée sur l’estomac de ces jeunes gens si distingués car – sans doute grâce à leurs bons soins – elle sera abrogée dès octobre 1981.

Les infos suivantes sont tirées de Wikipédia.

« Premières victoires

Le Gisti obtient sa première victoire juridique avec un arrêt du Conseil d'État du 13 janvier 1975, qui lui donne raison en annulant les circulaires Marcellin et Fontanet. L’arrêt ne porte toutefois pas le nom du Gisti car sa recevabilité à agir n’étant pas à l’époque certaine (l’association n’était pas encore déclarée), il a paru préférable de mettre en avant un travailleur immigré, de nationalité portugaise. Le second « arrêt Gisti », mais le premier à porter son nom, considéré par la doctrine comme l'un des Grands arrêts du Conseil d'État, date de 1978, et concerne le regroupement familial. Ce dernier affirme en effet qu'«Il résulte des principes généraux du droit et, notamment, du Préambule de la Constitution que les étrangers résidant régulièrement en France ont, comme les nationaux, le droit de mener une vie familiale normale, qui comporte, en particulier, la faculté de faire venir auprès d'eux leur conjoint et leurs enfants mineurs. »

« A son arrivée au pouvoir, la gauche appelle certains membres fondateurs de l'association à participer au gouvernement. Ceux-ci cessent alors de militer au sein du Gisti ». [Ce n’était plus nécessaire, les lampistes pouvaient prendre le relais. « Eux » avaient mieux à faire désormais, et pouvaient diriger la manoeuvre de plus haut].

« Soutien aux mouvements d'étrangers en situation irrégulière 

En 1996 le Gisti soutient les étrangers en situation irrégulière qui occupent l'église Saint-Ambroise puis ceux en grève de la faim de l'église Saint-Bernard évacuée par la force par les gendarmes mobiles. L'association lance par la suite l'idée d'un appel à la désobéissance civile suite à la loi Debré, appel repris par des cinéastes et qui entraîne par la suite l'organisation d'une manifestation rassemblant cent mille personnes dans les rues de Paris. »

« Élargissement des combats de l'association 

En 1996, le Gisti change de nom et devient le Groupe d'information et de Soutien des Immigrés. Il organise et participe à de nombreuses campagnes notamment pour le droit de vote des étrangers aux élections locales (1998), pour l'accueil des mineurs étrangers isolés (2000), contre l'expulsion des étrangers condamnés (2001), pour la suppression des emplois fermés aux étrangers non communautaires (2001).

En outre, le Gisti devient membre du conseil d'administration du comité français du Réseau Européen Contre le Racisme (ENAR de son sigle en anglais) et assure le secrétariat de la Coordination pour le Droit d'Asile (CDA) ».

« Actions du Gisti au niveau européen et international 

Le Gisti s'est investi de manière croissante au niveau européen, notamment avec le réseau Migreurop, né autour de la mobilisation sur le camp de Sangatte, puis dans le cadre du Forum social européen de Florence en 2002.

Le Gisti a fait partie des dix ONG européennes qui, en février 2004, ont porté plainte auprès de la Commission européenne contre le gouvernement italien, pour le renvoi vers la Libye de centaines de candidats à l'asile arrivés sur l'île de Lampedusa. »

« Structure 

Au début de l'année 2009, le Gisti comptait 215 membres (dont 57 avocats). La gestion quotidienne de l'association est assurée par huit salariés (7 en équivalent temps plein dont un emploi jeune) appuyés par des bénévoles.

Depuis sa création, le Gisti a connu trois présidentes Arlette Gründstein (jusqu'en 1985), Danièle Lochak (de 1985 à 2000), Nathalie Ferré (de 2000 à 2008) et un président, Stéphane Maugendre (depuis 2008). »

« Finances 

En 2008, les produits du Gisti - environ 682 300 euros - proviennent des cotisations et des dons (21,2 % ; le Gisti compte sur un total de 1875 donateurs dont 526 ont effectué un don entre 2006 et 2009, de subventions publiques (20,7 % ; CNL,  Région Île de France [tiens, tiens …], Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, ACSE...), des formations (19,4 %), de subventions privées (17,1 % ; Emmaüs, CCFD, Fondation de France, Barreaux, Éditions Législatives...), et des publications (15,3 %). »

ETHNOCENTRISME, QUAND TU NOUS TIENS ….

SLL_9503_a.jpg… ça nous donne ceci : si les Japonais sont si cruellement frappés en ce moment, c’est de leur faute. Parfaitement. Car ils ont eu l’invraisemblable toupet de coffrer deux étudiants de yeshiva arrêtés en 2008 dans un aéroport nippon alors qu’ils transportaient (sûrement pour leur usage personnel) juste 90 000 tablettes d’ecstasy. Le rabbin qui a posé le diagnostic leur indique également (aux Japonais) la marche à suivre pour se libérer des calamités : relâcher au plus vite ces braves jeunes gens appartenant au peuple élu. Qui ne doivent donc pas être jugés selon les normes communes.

 

japon,tsunami,rabbins,yeshiva,drogue,anne kling,france licratiséeL’info date de la fin mars, mais garde toute sa saveur :

 

 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4050133,00.html

 

 

Et attention, ce n'est pas le premier venu, ce rabbin éclairé. Voyez-le reçu en grande pompe par Clinton et lisez sa bio:

 

http://en.wikipedia.org/wiki/David_Twersky_(Skverer_Rebbe)

 

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25/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (8)

yy.jpgNous arrivons tout doucement au bout de notre quête. Ecoutons à nouveau ce que disait Gérard Moreau à Anna Marek : « C’est ce conglomérat d’expériences qui a conduit ces énarques à chercher des voies d’engagement ensemble, dans ce petit groupe d’une douzaine de personnes au début mais qui s’est réduit rapidement à cinq ou six, et à chercher un sujet d’engagement à côté de leur métier. Nous avons donc cherché un thème d’action collective. Il s’est trouvé que, à la fois parce que 1968 avait remis en lumière certaines valeurs d’internationalisme et que les immigrés symbolisaient, comme ils l’ont toujours fait d’ailleurs, des gens pour qui le droit ne s’exerçait pas, nous avons lancé le thème, sur cette base-là. L’immigration incarnait en quelque sorte un champ à défendre pour toute une série de raisons : internationales, économiques, sociales... »

Il est clair que le groupe était plus copieux au début que les « quatre » retenus par la suite. Mais je pense que ces « quatre » ont déjà été nommés précédemment. Il y a un certain nombre de noms supplémentaires dans la promotion Thomas More - qui est une véritable pépinière de gens de gauche* - qui réunissent certains indices, notamment l’une ou l’autre femme, ou encore Alain Richard (voyez sa bio sur internet), mais il est difficile de tirer formellement de ces quelques éléments les conclusions qui nous intéressent.

Par contre, je terminerai par deux personnages dont l’un me paraît être un candidat plausible. Pourtant, il appartient à la promotion suivante (Charles de Gaulle, mars 1970-juillet 1972). N’oublions pas que la fameuse loi anticasseurs, qui a provoqué des remous à l’ENA et qui est donnée comme le « starter » du Gisti, date de juin 1970 (et non de 1969). Il a donc eu l’occasion de fréquenter la promo Thomas More de mars 1970 à mai 1971. Largement de quoi nouer des contacts…. Il s’agit de :

Jean-Cyril Spinetta

 

sp.jpgIl « est né le 4 octobre 1943, à Paris. Sa famille, d'origine corse, est socialiste. Son grand-père a été responsable SFIO de la fédération du Tarn et son père, secrétaire d'Etat à la reconstruction et au logement en 1956, était un proche de Guy Mollet. Plongé dans une ambiance familiale politisée, l'élève brillant élève a suivi un cursus classique en politique : des études de droit public puis l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) et enfin l'École nationale d'administration (ÉNA). De 1970 à 1972, il fait ses premières armes syndicales à l’ENA en créant la section CFDT. A la fin de ses études, il est nommé chef du bureau des investissements et de la planification au ministère de l'Education Nationale, puis il devient auditeur au Conseil d'Etat.

 

A vingt-cinq ans, il est chargé de mission au Secrétariat général du gouvernement. Il reste à ce poste pendant treize ans, puis en 1981, Jean-Cyril Spinetta devient chef du service d'information et de diffusion du Premier ministre. Deux ans plus tard, il est nommé Directeur des collèges au ministère de l'Éducation nationale.

 

Cet énarque de talent continue d'évoluer au gré des gouvernements qui reconnaissent ses compétences. De 1984 à 1986, il est Directeur de cabinet de Michel Delebarre, alors Ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle. Puis pendant un an, il exerce la mission d'Inspecteur général de l'Education nationale avant de retrouver Michel Delebarre comme Directeur de cabinet. Il passe alors du ministère des Affaires sociales et de l'emploi, à celui des transports et de la mer puis à celui de l'équipement, du logement, des transports et de la mer. »

 

Vous connaissez la suite, qui nous intéresse moins : PDG du groupe Air France de 1997 à fin 2008. Comme ces gens sont totalement indéboulonnables, depuis le 1er janvier 2009, il est Président du Conseil d'administration d'Air France-KLM et d'Air France.

 

Je ne retiens pas a priori le second candidat comme l’un des fondateurs du Gisti. Il est cependant intéressant car s’il ne l’a pas été, il aurait fort bien pu l’être, néanmoins, de par son parcours. Il appartient à la promotion précédent Thomas More, celle de Jacques Attali dont il a été un condisciple : la promotion Robespierre, janvier 1968-mai 1970. Lui aussi, comme Attali – et un paquet d’autres – a eu largement la possibilité de fréquenter les « moriens » de janvier 1969 à mai 1970. Il s’agit de :

 

 

Louis Schweitzer

 

sch.jpgVoyons Emmanuel Ratier (éd. 1992) : « Inspecteur des finances, né le 8 juillet 1942 à Genève. (…) Louis Schweitzer est entré à l’inspection des finances à sa sortie de l’ENA en 1970 (ainsi qu’au Bilderberg group). Membre du parti socialiste avant 1981, cet ancien « binôme » de Laurent Fabius à Sciences-Po a été son directeur de cabinet aux ministères du budget, de l’industrie et comme premier ministre (1981-1986). En 1985, il fut le principal artisan du limogeage brutal du PDG de Renault, Bernard Hanon, et de son remplacement par George Besse. (…) Véritable « premier ministre bis » lorsque Laurent Fabius était premier ministre, cette éminence grise passe pour coordonner le réseau de l’ancien premier ministre. »

 

« En 1995, Louis Schweitzer a été mis en examen pour « complicité d'empoisonnement » dans l'affaire du sang contaminé. Il devait notamment répondre du retard qui a été pris dans la distribution d'un test de dépistage du SIDA. Il bénéficiera d'un non-lieu.

 

Cette même année, il est également mis en examen dans l'affaire des écoutes de l'Élysée.

Le 9 novembre 2005, il est condamné dans cette affaire mais dispensé de peine. Il est notamment reconnu coupable pour le placement sur écoutes de Jean-Edern Hallier. Fin septembre 2008, sa condamnation est confirmée par la Cour de cassation. Louis Schweitzer se défendra en avançant: « Il y a eu un effort pour me masquer la réalité ».

En 1998, la justice belge le condamne à une amende de 10 millions de francs belges (1,6 million de FF) pour avoir violé la loi du travail belge lors de la fermeture de l'usine Renault de Vilvorde. »

Mais toutes ces broutilles ne l’empêcheront nullement de recevoir de flatteuses décorations (comme ses petits copains, en général, même si nous n’en n’avons pas parlé) : Grand-Officier de l'Ordre national du Mérite, Commandeur de la Légion d'honneur. Il est naturellement membre du club Le Siècle.

De 2005 à 2010, il sera – et là nous retrouvons notre sujet et ses convictions profondes -  président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Quoique "de gauche", il ne faisait pas dans le bénévolat ni le caritatif, il ne faut rien exagérer. Son salaire brut était de 6 700 € par mois et s'ajoutait à ses autres revenus.

 

Sa gestion de la Halde a été l'objet d'un examen très critique de la Cour des Comptes en 2010. http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/03/la-gestion-de-la-halde-par-louis-schweitzer-dans-le-collimateur-de-la-cour-des-comptes_1406160_3224.html

 

Aux dernières nouvelles, il était à la tête de Volvo.

 

* Voici la promo More au grand complet (y compris les décédés) : http://www.amici-thomae-mori.com/fr/univers_thomas_more.asp?rub=9&idsrub=113&idssrub=97

23/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (7)

yy.jpgLes candidats énarques à la fondation du Gisti ne manquent pas dans cette promotion Thomas More. Je soumets aujourd’hui à votre sagacité un nouveau qui me paraît très vraisemblable. N’oublions pas que les indices parlaient tantôt de quatre, tantôt de cinq ou six énarques fondateurs. Voire plus. C’est cette dernière éventualité qui me paraît la plus plausible.

Les indices parlaient aussi « des fondatrices », ce qui indiquerait qu’il y avait au moins deux femmes dans le lot. Nous en avons déjà une. Ils parlaient aussi d’une personne décédée.

Mais parfois, les indices sont trompeurs. Volontairement ou involontairement ? Telle est la question. Exemple : on nous parle de la loi anti-casseurs « de 1969 ». En réalité, la loi anti-casseurs date du 8 juin 1970. Cette affaire de dates n’est pas sans intérêt.

 

Toujours est-il qu’un certain nombre d’indices concordants nous mènent aujourd’hui à :

 

Jean-Paul Huchon

 

ui.jpgOublions son actuel mandat de président de la région Ile-de-France et penchons-nous sur son passé. Emmanuel Ratier nous dit ceci dans son Encyclopédie politique française (éd. 1992) :

 

« Administrateur civil, né le 29 juillet 1946 à Paris. Venu des milieux catholiques progressistes, il a fondé en 1962 avec les militants communistes au lycée Rodin à Paris un comité antifasciste. Il fut également très actif en mai 1968 à Sciences-Po (face à Gérard Longuet d’Occident). Ayant rallié le PSU en 1969, il a été membre du bureau national de 1972 à 1974, chargé des relations internationales (notamment avec le tiers-monde). Il se liera ainsi d’amitié avec le Portugais Mario Soares, le Cambodgien Pol Pot*, le Grec Mikis Theodorakis, etc. Il hébergera même chez lui des militants révolutionnaires, comme ceux du MIR chilien.

 

C’est l’époque où, écrivant dans Tribune socialiste sous le pseudonyme de Lucien Saintonge, il traitait l’écrivain soviétique déporté Soljenitsyne de « valet des impérialistes ». Entré à l’ENA [promotion Thomas More, janvier 1969, mai 1971], où il a cofondé la section CFDT, il frôlera l’exclusion pour avoir officiellement protesté contre la dissolution du groupe maoïste de la Gauche prolétarienne**. Il est entré au ministère des finances en 1971***. (…) Très proche de Michel Rocard, il a été son directeur de cabinet au Plan (1981-1983) et à l’agriculture (1983-85). (…) Il a signé avec Michel Rocard, sous le pseudonyme de Daniel Lenègre (évocation de son rôle et d’un grand-père martiniquais), Le Marché Commun contre l’Europe ».

 

 

* Quelqu’un songe-t-il à lui en faire grief aujourd’hui, et à le diaboliser pour autant ? Et pourtant … Imaginez le tamtam et les hululements d’effroi dans un cas parallèle, à « droite ».

 

** et peut-être aussi pour avoir signé la pétition contre cette fameuse loi anti-casseurs ? Etant donné le personnage, qu’il ne l’ait pas signée serait assez étonnant.

 

*** « à la direction du budget au ministère des Finances (1971- 1975), en mobilité à la division des relations internationales au ministère du travail et des affaires sociales (1975-78) », nous précise le Who’s Who, éd. 1982.

 

Pour la suite de sa carrière, je vous invite à consulter Wikipédia. Mais reconnaissez que c’est un bon candidat, non ? Et qui a l’air d’aimer les pseudonymes …

 

Aux dernières nouvelles, cet ami de Pol Pot connaît quelques ennuis judiciaires. Qui avaient commencé en 2007, où il avait été condamné pour « prise illégale d’intérêts ». Là, depuis le début d’avril, le ciel s’assombrit de nouveau et il est menacé d’inéligibilité. Mais bof, je ne m’inquiète pas outre mesure pour lui …

22/04/2011

EN VOILA UN QUI MERITERAIT D’ETRE ENARQUE ….

… me suis-je dit en lisant l’info qui va suivre. Car il faut avoir l’esprit particulièrement tordu pour inventer pareilles astuces pour empêcher le peuple de s’exprimer. Alors, je suis allée aux nouvelles et j’ai été rassurée : l’inventeur de ce coup tordu est bel et bien énarque. Et socialiste, en prime. D’abord l’info et ensuite le portrait. Qu’est-ce que je bosse, moi, en ce moment !

 

 

« Le mode de scrutin en question face à la montée du FN avant 2012

La fondation Terra Nova propose de remplacer le scrutin majoritaire à deux tours par un nouveau système pour éviter que Marine Le Pen participe à la finale de la présidentielle en 2012, comme son père le 21 avril 2002.

Pour le président de ce cercle de réflexion classé à gauche, Oliver Ferrand, le scénario qui donne la présidente du Front national au second tour "prouve que le scrutin actuel ne permet pas au peuple d'élire la personne de son choix."

La percée du parti d'extrême droite, pourtant donné pour moribond il y a seulement deux ans, parasite à nouveau les stratégies des états-majors, qui redoutent l'élimination soit de Nicolas Sarkozy, soit du candidat socialiste.

Les velléités présidentielles d'un nombre accru de personnalités risquent en outre de provoquer un trop-plein de candidats qui pourrait favoriser les desseins de Marine Le Pen.

Neuf ans après l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour, le doute s'installe donc sur la pertinence du scrutin actuel pour le rendez-vous majeur du système politique français.

L'étude de Terra Nova montre que 2012 pourrait voir la qualification en finale de Marine Le Pen, qui est pourtant "la candidate la plus rejetée" en termes d'idées, et l'élimination au premier tour du "meilleur candidat", celui qui recueille l'assentiment majoritaire des Français.

L'étude de Terra Nova montre que le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, qui est largement plébiscité pour le second tour, n'est pas à l'abri d'une élimination au premier tour.

STRAUSS-KAHN SERAIT EN DANGER

"Si l'un des candidats progressistes aujourd'hui bas dans les sondages venait à décoller pendant la campagne présidentielle, DSK aussi serait en risque", écrivent-ils.

Or, chacun de ces candidats a un fort potentiel électoral : le centriste François Bayrou l'a montré en 2002, Jean-Luc Mélenchon, président du parti de gauche, est un bon orateur et l'écologiste Nicolas Hulot est très populaire.

Pour Olivier Ferrand, outre le manque d'attractivité des partis de gouvernement et la cristallisation du mécontentement sur le président en exercice, le risque d'un nouveau "21 avril" est dû avant tout "à la fragmentation du paysage politique."

Il souligne sur le site Slate.fr que l'UMP est aujourd'hui en voie d'éclatement, une demi-douzaine de personnalités envisageant de se présenter sous leurs propres couleurs, ce qui placerait Nicolas Sarkozy "en situation critique."

La fragmentation est aussi extrême à gauche, qui a présenté au premier tour en 2002 huit candidats, provoquant la chute de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Cette fois, le candidat socialiste pourrait trouver sur sa route, au premier tour, trois candidats trotskystes, un candidat Front de Gauche, un candidat écologiste, un candidat MoDem.

Terra Nova préconise donc un nouveau mode de scrutin, le "jugement majoritaire", qui évalue les mérites de chacun des candidats dans une échelle allant de "très bien à rejeter".

Dans ce scrutin à un tour, "chaque candidat obtient une mention majoritaire" et le vainqueur est celui qui a "la meilleure mention majoritaire".

Dans un tel système, "Marine Le Pen serait à sa vraie place : dernière", écrit Olivier Ferrand. En dépit de son soutien fort par un noyau d'électeurs, la présidente du Front national obtiendrait la mention "à rejeter" par une large majorité des Français sur la base des enquêtes actuelles. »

Source : http://fr.news.yahoo.com/4/20110422/tts-france-presidentielle-scrutin-ca02f96.html

 

 

Olivier Ferrand (par Wikipédia)

oo.jpg« Olivier Ferrand (né le 8 novembre 1969) est un haut fonctionnaire. Il est le président et fondateur de Terra Nova, club de réflexion progressiste créé en février 2008.

Olivier Ferrand est diplômé d'HEC, ancien élève de Sciences Po et de l'ENA.

Administrateur civil au ministère de l’économie et des finances, il a débuté sa carrière en 1997 à la direction du Trésor, où il s’est occupé de négociations financières internationales, puis de négociations européennes.

Il a ensuite été conseiller technique pour les affaires européennes du Premier ministre Lionel Jospin, conseiller du représentant de la France à la Convention sur l’avenir de l’Europe, Pierre Moscovici, membre du groupe des conseillers politiques du président de la Commission européenne, Romano Prodi, puis délégué général du think tank « À gauche, en Europe », fondé par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard.

Depuis le 1er novembre 2009, il est formateur à l’IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique).

Européen convaincu, il est rédacteur en 2004 du rapport Construire l'Europe politique que Romano Prodi a commandé à Dominique Strauss-Kahn. Administrateur de l'ONG EuropaNova, il rédige avec Guillaume Klossa, conseiller de Jean-Pierre Jouyet pendant la présidence française de l'Union européenne, le rapport Peut-on faire l'Europe sans les Européens ? remis au Conseil européen de juin 2006 ».

Il a été responsable du Parti socialiste français pour les questions européennes et internationales.

Maire adjoint du 3e arrondissement de Paris de 2001 à 2007, il est, en 2007, candidat parachuté par le PS aux élections législatives dans les Pyrénées-Orientales. Il ne passe alors pas le premier tour, mais se fait élire l'année suivante dans la ville de Thuir: il est depuis 2008 maire adjoint de Thuir et vice-président de la communauté de communes des Aspres. »

C’est sans doute son rapport Peut-on faire l'Europe sans les Européens ? qui lui a donné l’idée de faire les élections sans le peuple. Tellement plus confortable. Il n’a pas pensé qu’au lieu de tripatouiller les modes de scrutin, il serait carrément plus judicieux de jeter l’ENA et les énarques dans les poubelles de l’histoire? Comment font donc les autres pays européens pour s’en passer ? Ca ne les a pourtant pas empêchés de (presque) tous nous dépasser en quelques décennies. Il y a comme un problème, là. Et un vrai, celui-là.

 

 

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (6)

yy.jpgDans notre (en)quête, nous allons tomber aujourd’hui sur un autre membre très éminent de cette promo décidément intéressante, un nom qu’a priori j’aurais écarté, mais il ne faut jurer de rien. Et puis, dans la vie, on est amené à changer ses plans de carrière. Et tel qui est à gauche en 1970 peut très bien avoir changé son fusil d’épaule quelques décennies plus tard. N’oublions pas que nos jeunes gens courageux mais pas téméraires, oeuvraient dans l’ombre pour le triomphe de la gauche. Nous étions dans les années d’après 68 et ils espéraient fermement que ce triomphe serait proche. En fait, ils l’escomptaient pour 1974. Las ! Ils durent patienter sept ans de plus pour récolter les fruits de leurs peines. De quoi vous donner envie de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier.

En vertu de ce principe, tout un faisceau d’indices concordants nous conduisent à …

Jean-Claude Trichet

Etonnant à première vue, non ? Et pourtant … Reprenons l’Encyclopédie politique française d’Emmanuel Ratier (éd.1992), qui nous apprend ceci :

mm.jpg« Inspecteur des Finances, né le 20 décembre 1942 à Lyon. Diplômé de l’Ecole des mines de Nancy et de l’IEP de Paris, il a flirté avec le PSU et a appartenu à la section CFDT de l’ENA [promotion Thomas More, janvier 1969-mai 1971]. Il collaborera par la suite à la commission économique du PS, mais la défaite de François Mitterrand en 1974 lui fera réviser son plan de carrière. A sa sortie de l’ENA, il est entré en 1971 à l’inspection des finances. Il y a été rapporteur auprès du Comité interministériel à l’aménagement des structures industrielles (CIASI) avant de rejoindre le ministre de l’industrie René Monory comme conseiller technique pour les questions industrielles. Il a ensuite occupé cette fonction auprès du président de la République Valéry Giscard d’Estaing (1978-1981).

Il est alors entré à la direction du Trésor dont il a été sous-directeur en 1982 et, en parallèle, promu par le ministre des finances Pierre Bérégovoy, chef du service des affaires internationales en 1985. Il fut alors président de droit du Club de Paris (qui regroupe les créanciers des pays lourdement endettés). En mars 1986, sur les conseils de Jacques Friedmann, le nouveau ministre de l’économie et des finances Edouard Balladur le prit comme directeur de cabinet. Il a enfin remplacé Daniel Lebègue en septembre 1987, comme directeur du Trésor, devenant le fonctionnaire le plus puissant de France, poste qu’il a conservé au retour de la gauche. Inspecteur général des finances depuis 1989, il est également membre du Siècle, de la Fondation Saint-Simon, du Groupe des trente, club très fermé de financiers, banquiers et industriels internationaux. »

Si vous êtes attentifs, vous reconnaîtrez sans peine bien des indices énoncés dans le n°3 de cette série. Je ne poursuis pas le récit de sa prestigieuse carrière, que vous trouverez sans mal. Mais lisez donc cet extrait d’un article très élogieux de lExpress, en date du 16/9/1993, où comme le petit Poucet, nous trouverons encore quelques cailloux … :

« Mystère aussi sur ses convictions politiques. Lui qui dirigea, en 1986-1987, le cabinet d'Edouard Balladur servit avec la même fidélité René Monory et Valéry Giscard d'Estaing, Pierre Bérégovoy et Michel Sapin. «Il est politiquement très habile, raconte un fonctionnaire du Trésor. Il sait forger des concepts qui plaisent aux politiques et s'adapter pour faire passer ses convictions. Mais, à plusieurs reprises, je l'ai entendu dire non à un ministre.» Jérôme Monod, président de la Lyonnaise des eaux-Dumez, qui connut Trichet quand celui-ci s'occupait d'affaires industrielles, souligne son «humanité» et son «caractère extraordinairement équilibré. Il est constant dans ses principes, qui sont fermes, mais qu'il exprime avec simplicité et aussi gentillesse. C'est plutôt rare chez un financier».

Dans sa jeunesse, «il était assez marqué à gauche», rappelle l'un de ses camarades de l’ENA l'ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco. En 1970, il fut l'un des cofondateurs de la section CFDT de l'école, qu'il intégra en 1969. "Entre 19 et 20 ans*, j'ai été membre du PSU, époque mendésiste, raconte Trichet. C'était la fin de la guerre d'Algérie, des années troublées. Je crois que l'image de Mendès France était très forte pour les gens de ma génération. Assez jeune, j'ai été imprégné par l'idée que la politique est une chose importante, de même que la notion de service public."  (…)  Ajoutez à cela un patriotisme farouche, presque démodé, qui faisait sourire déjà ses camarades d'études, et vous avez devant vous le parfait modèle du serviteur de la République. «Il avait à l’ENA un patriotisme exigeant. Il pensait toujours que notre pays pouvait faire mieux**, raconte l'un de ses anciens camarades. C'est chez lui une conviction absolue, qui l'habite encore aujourd'hui.»

ON L'APPELAIT JUSTIX

Son attirance pour la fonction publique, cependant, lui est venue progressivement, presque sur le tard. Le jeune Trichet suivit d'abord des études scientifiques. Il fut diplômé de l'Ecole nationale des mines de Nancy, alors dirigée par un homme qu'il cite encore aujourd'hui parmi ceux qui l'ont beaucoup marqué, Bertrand Schwartz, le frère de l'académicien Laurent, «un directeur formidable, qui avait profondément modernisé l'institution». Il travaille comme ingénieur dans une filiale de la Caisse des dépôts et consignations avant d'entamer de nouvelles études, à Sciences po et à la faculté de sciences économiques. Il se découvre alors «un vrai goût, très fort, pour l'économie», puis se tourne vers le service public, grâce à Sciences po. Il se trouve déjà un peu vieux, 25 ans, lorsque survient, pendant son service militaire, Mai 68, qu'il perçoit comme «le surgissement de la jeunesse», à laquelle, peut-être, il sent qu'il n'appartient déjà plus. Quand il entre à l’ENA, «il était un peu plus âgé que nous, se souvient Bianco. C'était une figure de la promotion. Il avait un vrai souci de la notion de justice. C'était la mode des bandes dessinées d'Astérix, et Trichet avait donc un surnom: Justix».
Le jeune justicier sera inspecteur des finances et intégrera la direction du Trésor en 1975. »

 

* Il renvoie donc ces amours contrariantes à la lointaine période 1962 (avant 68, autant dire au déluge), en faisant l’impasse sur sa collaboration bien plus tardive à la commission économique du PS.

** A ce compte-là, Attali aussi est très patriote. Puisqu’il pense lui aussi que la France peut effectivement faire bien mieux. En ouvrant encore plus largement ses portes. Donc, méfiance devant ce « patriotisme » très mondialiste.

21/04/2011

L’ENARCHIE DANS TOUTE SA NUISANCE … ET SA LÂCHETE (5)

oo.jpgNous allons aujourd’hui nous intéresser au parcours d’un membre éminent de cette promotion Thomas More (janvier 1969-mai 1971) : Jean-Louis Bianco. Fut-il de la bande des 4 ? J’en ai l’intime conviction, sans en avoir la preuve, bien sûr. Mais voyons de plus près son parcours et vous jugerez sur pièces :

 

Jean-Louis Bianco

 

bia.jpgTout d’abord, le lisse, que nous apprend Wikipedia ou le Who’s Who :

Il «est né à Neuilly le 12 janvier 1943. Issu d’une famille métissée, avec des origines italienne, irlandaise, flamande et suissesse, Jean-Louis Bianco est le fils d’un immigré italien. Sa famille est partie d’Italie par crainte de Mussolini.» [Ca, ça fait toujours bien dans le décor] Mais voyons la version moins lisse, que nous propose Emmanuel Ratier dans son Encyclopédie politique française (éd. 1992) :

« Son père, contrairement à une légende généreusement colportée, n’a rien du prolétaire immigré. Né à Nice d’un père italien et d’une mère irlandaise, il partit vivre en Italie et devint sous-officier. Communiste, il revint en France en 1933. Après avoir exercé divers métiers, il est devenu un riche expert-comptable et PDG de nombreuses sociétés. Son nom est apparu dans le procès du Patrimoine foncier (Le Monde, 6 juin 1975) puis à nouveau en 1992 (Le Canard enchaîné, 29 avril 1992) avec la publication de lettres où le nom de son fils était « exploité » pour conquérir des marchés.»

Ce modeste fils d’immigré italien né à Neuilly fait ses études au lycée Janson de Sailly dans le 16e arrondissement de Paris, où il va faire une rencontre des plus profitables pour la suite : celle de Jacques Attali. Leur amitié date de ces années de lycée. Ensuite, c’est l’Institut d’études politiques (licence en sciences économiques), le diplôme d’ingénieur de l’Ecole des mines, où il fut délégué de l’Unef, puis enfin l’ENA. Il est intéressant de savoir dès à présent que son copain Attali l’y a juste précédé d’une promotion, puisque ce dernier fait partie de la promo Robespierre (janvier 1968-mai 1970). Ce qui signifie qu’ils ont fréquenté l’ENA en même temps de janvier 1969 à mai 1970.

A sa sortie de l’ENA, en 1971, il devient auditeur au Conseil d'État. Emmanuel Ratier nous informe que : « Il a milité à partir de la fin des années 60 au sein des Groupes d’action municipale avant de collaborer sous le pseudonyme de Jacques Thibert à la section économique du PS de 1974 à 1979 (sans jamais y adhérer) ». En 1973-74, il est chargé de mission au groupe central des villes nouvelles et de 1976 à 79, sous-directeur de la famille, de l'enfance et de la vie sociale au ministère des Affaires sociales (avec Simone Veil ministre). En 1976, il est devenu maître des requêtes au Conseil d'État.

Bizarrement, il y a comme un trou dans sa bio entre 1979 et 1981. J’ai lu que « promis à une brillante carrière dans la haute fonction publique, Jean-Louis Bianco n’a pas hésité à plaquer le Conseil d’État, à la fin des années 1970. Par réflexe éthique : « J’avais le sentiment d’avoir atteint la limite déontologique du travail d’un haut fonctionnaire de gauche sous un gouvernement de droite ». En fait, il quitte Paris pour devenir chargé de mission au Syndicat intercommunal de développement des vallées de la Durance et de la Bléone.

Mais il renaît de ses cendres en 1981 : chargé de mission au cabinet du président de la République, dans une petite équipe formée par l’inévitable Attali, où il retrouvera notamment un condisciple de l’ENA, Pierre Morel. Puis l’apothéose, toujours grâce à son copain: il devient secrétaire général de la présidence de la République à partir de 1982. Il le restera jusqu’en 1991.

Edith Cresson le nomme ministre des affaires sociales et de l’intégration en mai 1991. Il le restera jusqu’en avril 1992, date à laquelle il devient ministre de l'équipement, du logement et des transports, jusqu’en 1993. Chaque fois une année, on comprend une certaine frustration … Il devient Conseiller d’Etat, en 1994. Il ne sera plus ministre après 1993 et en concevra une amertume certaine. Il doit désormais se contenter de la province : conseiller régional (il conduit une liste de Bernard Tapie en 1992), maire de Digne-les-Bains en 2001, il est actuellement président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence et député. Bon, abrégeons, vous trouverez facilement le reste.

1fce6ab0c2c8e244eb5e5175c8a79967-0.jpgSa dernière : un bouquin sorti en 2010, modestement intitulé « Si j’étais Président… ». Oui, car il avait eu des velléités de primaires socialistes, mais y a sagement renoncé, finalement.

Revenons à la période Mitterrand et reprenons nos classiques (Emmanuel Ratier) : « A ce poste (SG de la présidence), extraordinaire plaque tournante politique, Bianco fut le grand coordinateur de la machinerie élyséenne, notamment comme chef d’orchestre de l’opération SOS-Racisme qu’il a montée de A à Z avec Julien Dray. (…) Il soutient dès sa naissance SOS-Racisme, renflouant à plusieurs reprises, grâce aux fonds secrets, les caisses de l’association ». A ce propos, je ne saurais trop vous conseiller de lire ce lien qui vous en apprendra de belles sur les dessous de l’ «antiracisme»:

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article76529,%C2%A0

 

« Partisan de l’octroi du droit de vote aux immigrés (vœu réitéré en novembre 1991), il considère que « le seul défi qui vaille est celui de réussir l’intégration ». Il a limogé en novembre 1991 le président de l’Office des migrations internationales, Jean-Claude Barreau, coupable d’avoir soulevé le tabou de l’islam dans « De l’Islam en général et du monde moderne en particulier ».

En novembre 2009, SOS-Racisme lançait une pétition demandant l’abandon du débat sur l'identité nationale, qui commençait ainsi : «Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au «mieux» stigmatisante, au pire raciste. »

Bien sûr, Bianco fut parmi les premiers signataires de ce texte où pullulaient les « nauséabonds » et autres « valeurs du vivre ensemble ». Je vous invite là aussi à vous régaler de la liste des signataires de cette pétition. Toute la gauche caviar y défile en bataillons serrés, un vrai plaisir. Evidemment, l’actuel président du Gisti ne pouvait manquer. La pétition «Arrêtez ce débat» est à signer en ligne ici. (attention, c’est pour l’info, je ne fais pas de pub, hein !)

 

jj.jpgLe tandem Bianco-Attali

Revenons-y car je crois qu’il a eu son rôle dans la création du Gisti. Je ne vous rappellerai pas tous les propos délirants d’Attali sur l’immigration, tenus encore récemment, où il persiste et signe dans le discours que plus personne de sensé n’ose tenir, du style : «l’immigration, facteur de développement de la population, est en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance».

Bref, je croirais assez qu’il a vu d’un très bon œil il y a quarante ans la création du Gisti, et qu’il y a peut-être mis la main, en tout cas prodigué ses savants conseils. Car plusieurs indices se croisent : il précède Bianco d’un an au Conseil d’Etat où il entre en 1970. En 1972, il publie ses deux premiers livres: Analyse économique de la vie politique et Modèles politiques pour lequel il obtient un prix de l'Académie des sciences. Il rencontre Mitterrand dès 1968, et collaborera étroitement avec lui à partir de 1973. Pas la peine de chercher plus loin comment le Gisti a eu accès si facilement à Mitterrand, Rocard et au journal Le Monde.

Mais, vous allez rire, cette belle amitié de 40 ans (au moins) a subi un revers lors du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin (novembre 2009) : Jacques a traité Jean-Louis … d’antisémite ! Parfaitement !! L’histoire est trop drôle, mais mon texte est déjà assez long, je vous donne le lien :http://www.lexpress.fr/actualite/politique/jacques-attali-accuse-jean-louis-bianco-d-antisemitisme_827240.html