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15/03/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS – 3

Hier, en évoquant Anatol Fejgin, nous avons été amenés à parler de son supérieur hiérarchique, Jakub Berman. Ce dernier figure dans mon livre Révolutionnaires juifs. Pour compléter votre information, je vais reproduire ci-dessous ce que j’en disais alors, quoique le but de l’actuelle série soit essentiellement de présenter des inédits, non évoqués jusqu’à présent:

 

JAKUB BERMAN - 3

jakub berman,pologne,après-guerre,communisme,juifs,anne kling,france licratiséeCe futur ferme soutien de Staline en Pologne naît en 1901 dans une famille juive de Varsovie. Il fait des études de droit et obtient son diplôme en 1925. Il sera ensuite l’assistant du professeur marxiste Ludwik Krzywicki, mais ne finira jamais sa thèse car les impératifs de la révolution commandent.

Il rejoint d’abord les jeunesses communistes, puis le parti communiste polonais en 1928.

 

Sa biographie reste assez floue pendant la dizaine d’années qui suit. Toujours est-il qu’en septembre 1939, les armées allemande et soviétique envahissent de concert la Pologne. Berman se réfugie à l’est du pays, dans la partie occupée par l’URSS. Là, il travaille comme rédacteur d’une revue communiste.

 

En 1941, changement de décor : il se rend à Moscou et devient instructeur du Komintern dans la ville d’Ufa, dans l’Oural. Et c’est la rencontre de sa vie : en décembre 1943, il a l’occasion de s’entretenir avec Staline au Kremlin. Il gagne sa confiance et devient dès cet instant un membre important du nouveau parti communiste polonais, qui va se créer sous l’appellation de parti des travailleurs polonais.

 

Il faut dire que l’ancien parti communiste polonais, accusé de trotkisme, péché capital, avait essuyé l’ire de Staline qui avait fait assassiner en 1937 la plupart de ses dirigeants lors des grandes purges. En 1938, le parti avait finalement été dissout par le Komintern. Il fallait donc reconstruire avec des hommes sûrs. D’où les promotions ultrarapides. Et d’où sans doute le voyage à Moscou et la rencontre avec Staline.

 

Berman va donc retourner en Pologne en 1944 en tant que membre du Politburo du nouveau parti des travailleurs polonais. Les staliniens sont désormais au pouvoir dans ce pays et il formera un triumvirat avec deux acolytes, Boleslaw Bierut et Hilary Minc.

 

Il est chargé de la sécurité intérieure, de la propagande et de l’idéologie. C’est là qu’il va donner toute sa mesure.

 

Considéré comme la « main droite » de Staline de 1944 à 1953, il aura désormais la haute main sur toutes les basses œuvres du régime en Pologne : répression sauvage de tous les opposants réels ou imaginaires, purges au sein du clergé, de l’armée, de la fonction publique, etc. Des dizaines de milliers de Polonais seront victimes de la chape de plomb stalinienne.

 

Hélas, la date de 1953, qui marque la mort du dictateur, marque également celle de la déstalinisation, qui ne débutera réellement en Pologne qu’à la mort de Bierut, en 1956. Berman est dorénavant dans le collimateur. Il sera éjecté du Politburo et peu à peu, de toutes ses fonctions.

Mais c’est tout. Il continuera à travailler tranquillement dans une maison d’édition jusqu’à l’heure de sa retraite, en 1969.

 

Et il mourra toujours tranquillement en 1984.

 

jakub berman,pologne,après-guerre,communisme,juifs,anne kling,france licratiséeJakub Berman avait un petit frère, Adolf Berman, né en 1906, qui ne manque pas d’intérêt lui non plus. Pendant que son grand frère séduisait Staline et travaillait au sein du Komintern, lui, Adolf, s’occupait activement de l’organisation clandestine  Zegota, dont l’objectif était de tirer les Juifs des griffes des Allemands qui occupèrent la Pologne de 1942 à 1945. Membre de Poale Zion, mouvement marxiste sioniste né en Russie, il poursuivra ses efforts après la guerre pour faire pénétrer le plus possible de Juifs polonais en Palestine. Lui-même, face à la répression stalinienne orchestrée dans le pays par son frère, émigrera en Palestine en 1950.

Il aura encore l’occasion de témoigner au procès Eichmann en 1961 et le temps de devenir député communiste à la Knesset. Et d’écrire deux bouquins sur sa vie tumultueuse avant de mourir à Tel-Aviv en 1978.

 

Commentaires

Merci, Madame, pour votre travail.
En France , peu de gens pour décrire cette réalité qui dérange et qui pourtant explique bien des choses.
Le minable petit propagandiste Michel doit fulminer.

Écrit par : ANONYME | 15/03/2011

c'est passionant ce retour en arrière historique.

A ce propos, on reparle maintenant avec la Libye, de la colonisation française. Quand on voit Sarkozy, président d’un pays de 65 millions d’habitants, se mettre contre un pays de 6 millions d’habitants avec l’aide des anglais et des américains, on se demande si on ne revient pas à l’époque où on envahissait des territoires au nom des droits de l’homme !

Notre grand homme de gauche Victor Hugo n’écrivait-il pas en 1879 : « ….Prenez l’Afrique non pour la conquête mais pour la fraternité. » Et plus tard « …Versez votre trop plein dans cette Afrique et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires… ». Quand il parlait de trop plein, il y avait aussi la lie de la société française !

Notre Jules Ferry adulé par nos francs-maçons antichrétiens et notre corps enseignant ne se cachait pas pour clamer « qu’il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… »

On se demande pourquoi, les gens d’origine africaine, n’exigent toujours pas que les dizaines d’écoles laïques portant son nom ne soient pas débaptisées !

Cette idée de race supérieure que l’on retrouve encore chez certains juifs, nous l’avons vu récemment avec le directeur d’information de FR3 (curieusement il ne fut pas poursuivi par SOS racisme), est particulièrement malsaine :

http://www.dailymotion.com/video/xhe88g_antisemite-plus-grave-que-raciste-y_news#from=embed

Cette gauche laïcarde d’avant guerre, ne portait-elle pas déjà en elle, ce qui deviendra plus tard en Allemagne le National-Socialisme d’Hitler ?

Car ce n’est pas le Léon Blum du Front Populaire qui disait le contraire en 1925 : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elle celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture… »

En 1940, la gauche affolée, laissa un homme de 84 ans aux commandes du pays, en lui donnant plein pouvoir (il fallait oser ! pourquoi pas de 110 ans ?). Mais le principal maître d’œuvre de la politique de collaboration d’État avec l’Allemagne nazie fut le socialiste Pierre Laval.

http://www.youtube.com/watch?v=2OxviZl1GPY&feature=player_embedded

Tout çà n’est pas très catholique !

Ni très musulman !

Écrit par : tarci | 15/03/2011

Les bourdes de BH Lévy :

Vu dans le Monde : «Le directeur du Point Franz-Olivier Giesbert vient d’être condamné par le tribunal de grande instance de Paris. L’hebdomadaire devra publier un droit de réponse de Bernard Cassen, diffamé par Bernard-Henri Lévy, et payer ses frais de justice. Il en coûtera à Giesbert, c’est-à-dire au Point, 2.500 € pour avoir voulu protéger Bernard-Henri Lévy contre le rappel ironique de sa dernière ânerie. »
Giesbert non seulement avait publié les mensonges de BH Lévy, mais en plus, n’avait pas accepté de droit de réponse à la victime. Notre gaffeur venait simplement de confondre Bernard Cassen, l’ancien directeur général du Monde diplomatique à Pierre Cassen, de Riposte laïque.

Pourtant, l’absence de sérieux de BH Lévy est pourtant légendaire dans les rédactions et dans les maisons d’édition :

http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL

Il faut dire que Giesbert semble faire partie d’une maffia, se protégeant mutuellement sur le dos des autres. On l’a encore récemment vu dans son émission de TV, où il n’avait invité que des personnes de son ethnie. Il serait temps que les medias audiovisuels s’aperçoivent que celle-ci ne représente à peine qu’1% des français (sans compter que certains ont la double nationalité) :

http://rutube.ru/tracks/4173594.html?v=8f343bfd1109358f8e2fe5d77474a82c&autoStart=true&bmstart=1000

Souvenons nous qu’au cours de ces derniers mois, Lévy a cité – sans rire – un philosophe imaginaire, J.-B. Botul, et s’en est pris au journaliste Frédéric Taddéi, confondu avec le footballeur Rodrigo Taddéi.

Heureusement, il a le soutien ethnique de Sarkozy. Et là il a été franchement vulgaire lors d’une interview sur Al Jazeera « …de tailler une pipe aux dirigeants arabes... »,

http://www.youtube.com/watch?v=_JYuug4dZes&feature=player_embedded

Pourquoi donc Sarkozy ne laisse-t-il pas le quai d’Orsay faire son travail à la place de ce clown ? Veut-il mettre à feu et à sang la France ? Car comment d’après vous un arabe peut-il prendre cette remarque ? Comment est-ce possible que SOS racisme ne soit pas intervenu en condamnant son attitude ? Cette organisation payée par les contribuables ferait-elle aussi partie de cette maffia ?

Écrit par : tien | 15/03/2011

Il faut savoir qu’Alain Juppé a failli démissionner du ministère des Affaires étrangères à cause de BH Lévy.

Notre ministre était à Bruxelles quand Nicolas Sarkozy reçut les émissaires libyens en compagnie de Bernard-Henri Lévy, et les autorisa à déclarer, sur le perron de l'Élysée, que la France reconnaissait la légitimité du Conseil libyen de transition. Cela sans même appeler notre pauvre Juppé. L'homme présenté depuis quinze jours comme le vice-Premier ministre et le sauveur de notre diplomatie s'est retrouvé court-circuité et ridiculisé par BH Lévy.

Quand on pense que ce qui avait conduit Juppé à refuser le Quai d'Orsay, il y a quelques mois, c'était précisément la crainte de la diplomatie parallèle ! Sa réplique à Sarkozy fut donc cinglante : "C'est la première et la dernière fois, Nicolas.. Si un autre incident de ce genre se produit, je m'en vais !" Il ne semble pas avoir l'intention de se laisser "kouchnériser !

Il faut dire que Sarkozy, en prenant BH Lévy, il ne peut qu'abaisser sa popularité. 54 % des Français ne plaçaient-ils pas Lévy en tête de la liste des personnalités qu'ils détestent le plus (sondage pour VSD décembre 2010)... ?

Écrit par : tarci | 17/03/2011

Berman , y-a t'il un lien de parenté avec les frères Berman?
L'un Boris dans la police secrète de 1920 à 1936 et 1er adjoint du NKVD. L'autre Mathieu, tchekiste de l'Oural, adjoint du chef de la tchéka d'Iekaterinburg, président de la tchéka de Tomskein en 1920,président de la tchéka de Bouriatie-Mongolie en 1923. Chef de l'OGPU en 1924 de l'Asie centrale, Chef de l'OGPU de Vladivostok en 1928, en 1932 chef de l'ensemble du Goulag (il devait être un copain de Kaganovitch). Vice ministre du NKVD en 1936.
Son CV est long, aussi long que la liste des massacres qu'il a dû perpétrer.

Écrit par : Degarantie | 20/03/2011

je ne sais pas s'il y a parenté. mais des clients qui mériteraient de figurer dans la série, il y en a un paquet. le problème, c'est qu'un miséricordieux voile d'oubli s'est déployé sur leurs agissements et qui si on ne maîtrise pas le russe, il est difficile d'y accéder.
en tout cas, en cherchant la réponse à votre question, je suis tombée sur le livre suivant (que je commande derechef):“La terreur rouge en Russie” 1918-1924, de Sergueï Melgounov. je le connaissais déjà de nom, mais je l'avais oublié. maintenant, je vais le lire.

dans la critique du livre, sur amazon, on peut lire un descriptif du genre de tortures couramment pratiquées par la tchéka. je vous préviens, il faut avoir le coeur bien accroché. mais aussi voir la vérité en face:


"Plus loin, Nilostonski décrit l'aspect d'un des "abattoirs" d'êtres humains de Kiev (l'auteur affirme qu'"abattoir" était le terme employé officiellement) lorsque la commission y pénétra : "... Tout le sol en ciment du grand garage (il s'agit de "l'abattoir" de la Tcheka du gouvernement) était inondé de sang. Ce sang ne coulait plus à cause de la chaleur, mais formait une couche de quelques pouces d'épaisseur ; c'était un horrible mélange de sang, de cervelles, de morceaux de boîtes crâniennes, de touffes de cheveux et autres débris humains. Tous les murs troués de milliers de balles étaient éclaboussés de sang ; des morceaux de cervelle et des lambeaux de cuir chevelu y adhéraient. Un caniveau de vingt-cinq centimètres de largeur sur vingt-cinq de profondeur et d'une longueur approximative de dix mètres allait du centre du garage à un local voisin où se trouvait un tuyau souterrain d'écoulement. Ce caniveau était rempli sur toute sa longueur de sang à ras bords... A côté de ce lieu d'horreur, dans le jardin de ce même immeuble, gisaient les corps des 127 victimes du dernier massacre, enfouis à la hâte sous une légère couche de terre... Là, ce qui nous a surtout frappés, c'est que tous les corps avaient le crâne fracassé, certains même avaient la tête complètement écrasée. Les malheureux avaient vraisemblablement été assommés avec une massue. Certains corps n'avaient pas de tête, mais la tête n'avait pas été tranchée... elle avait été arrachée. On n'a pu identifier que fort peu de cadavres, à certains détails particuliers, comme des dents en or, que les bolcheviks, en l'occurrence, n'avaient pas eu le temps d'arracher. Tous les corps étaient complètement nus."


"Voici les tortures infligées à la Tcheka de Kiev, dite la Tcheka "chinoise" : "Le supplicié était attaché au mur ou à un poteau et on lui appliquait solidement contre le corps l'extrémité d'un tube de fer de quelques pouces de large. Par l'autre extrémité du tube on introduisait un rat, l'ouverture était fermée ensuite par un grillage de fil de fer que l'on chauffait au feu. Affolé par la chaleur, le rat commençait bientôt à ronger le corps du malheureux pour s'ouvrir un issue. Cette torture se prolongeait des heures durant, parfois un jour entier jusqu'à la mort de la victime" (p.25)."
"... L'auteur du livre que nous citons affirme, d'après les données de la commission, que Kiev n'était nullement une exception. Ces mêmes faits ont été observés partout. Chaque Tcheka avait pour ainsi dire sa spécialité."

Écrit par : anne kling | 20/03/2011

Voilà une torture particulièrement abominable dont les auteurs rôtissent probablement en enfer et dont George Orwell a dû s'inspirer dans son roman 1984, où il imaginait le pire de tous les régimes totalitaires possibles. Le héros (en fait, anti-héros) de l'histoire est menacé par son interrogateur de se voir appliquer sur le visage une cage contenant un rat affamé, le but étant de lui faire renier la femme qu'il aime en suppliant qu'on lui applique à elle ce traitement. Moyennant quoi il a droit à la vie sauve et finit noyé dans le gin, complètement détruit. Ou : comment tuer, par la terreur, une âme en même temps qu'un corps. Les humanistes bolcheviques étaient particulièrement forts dans ce domaine...

Écrit par : Martial | 20/03/2011

Merci pour cet article. Juste un petit corrige, Żegota n`etait pas une organisation, elle etait certes clandestine car elle faisait partie de L`Armee interieure polonaise(Armia Krajowa) et etait, autrement dite: Le Conseil pour aider les Juifs. D`ailleurs, c`etait l`unique fois que les gens de gauche et de droite cooperaient.Apres la guerre, lors de repressions staliniennes beaucoup de membres de Żegota ont ete executes ou emprisonnes ou envoyes dans les Gułags et Berman etait l`un des principaux decideurs dit: l`assassin judiciaire.

Écrit par : Agnieszka | 06/04/2014

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