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06/03/2011

NETTOYONS LES ECURIES D’AUGIAS - 1

Notre sympathique commentateur judicieusement baptisé « le nettoyeur » m’a donné une idée : celle d’inaugurer une nouvelle série sur certains tortionnaires tragiquement tombés dans l’oubli au seul motif qu’ils étaient du bon côté de la barricade. C’est très injuste. Quand on veut faire profession d’accusateurs publics – là, je ne parle plus de notre ami le nettoyeur, mais de façon bien plus large – il est préférable d’être soi-même irréprochable. Nous allons donc aider à faire le ménage et à soulever délicatement les tapis où se cachent certains personnages intéressants quoique méconnus. Comme celui-ci, ou plutôt celle-ci :

 

JULIA BRYSTIGER  - 1

 

160px-Julia_Brystiger_%28UB%29.jpgCette  tendre représentante du sexe dit faible naît en Pologne en 1902 dans une famille juive nommée Prajs. Son père est pharmacien, originaire d’Ukraine occidentale (alors partie de la Pologne). Après des études d’histoire, qu’elle complètera notamment à Paris*, elle devient enseignante et épouse un activiste sioniste, Nathan Brystiger.

 

Mais c’est dans le domaine politique qu’elle s’illustrera. Elle rejoint le parti communiste dès 1927 et y grimpe vite les échelons.

 

C’est cependant à partir de la guerre qu’elle aura l’occasion de donner sa pleine mesure. Lors de l’attaque de la Pologne par l’Allemagne et l’URSS, elle se replie à Samarcande et prend la nationalité soviétique. Elle crée un Comité des prisonniers politiques qui aidera le NKVD à mettre la main sur les activistes polonais hostiles aux communistes. Elle y déploiera un tel zèle dénonciateur qu’elle finira même par indisposer certains de ses distingués collègues.

 

Anecdote situant le personnage : elle aura l’occasion de « superviser » l’interrogatoire d’un coreligionnaire, Josef Goldberg (plus tard Josef Rozanski) coupable d’avoir accepté pour sa fille mourant de faim deux kilos de riz et un sac de farine de l’ambassade du gouvernement polonais en exil. Plus tard, ce même Rozanski, peu rancunier, rejoindra lui aussi le NKVD, deviendra un ponte de la police secrète polonaise et travaillera de concert avec la même Brystiger qui officiera alors au ministère de la sécurité publique.

 

En 1944, elle rejoint le parti des travailleurs polonais, nouvel habillage du parti communiste. A partir de là, elle va vraiment s’éclater. Elle dirigera le département 5 du ministère de la sécurité publique (MBP**). Sous ce vocable particulièrement inapproprié se cachait la police secrète communiste opérant en Pologne, les services d’espionnage et de contre-espionnage, etc. Bref, toutes les sales besognes de Staline en Pologne.

 

Elle y fera des étincelles, protégée qu’elle était par des amants influents, genre Jakub Berman et Hilary Minc, tous sympathiques patriotes polonais. Les instructions données par Brystiger à ses subordonnés étaient les suivantes :

"Dans son ensemble l'intelligentsia polonaise est contre le système communiste et il n'y a pratiquement aucune chance de la rééduquer. Il ne reste donc qu’à l’anéantir.
Par contre, il ne faut pas commettre la même erreur qu'en 1917 en Russie en détruisant l'économie nationale par l'extermination systématique de l'intelligentsia locale. Il faut créer un système de pression et de terreur qui permettra de faire suffisamment peur aux représentants de l'élite polonaise pour qu'ils n'osent pas participer à la vie politique nationale".

(In fact, the Polish intelligentsia as such is against the Communist system and basically, it is impossible to re-educate it. All that remains is to liquidate it. However, since we must not repeat the mistake of the Russians after the 1917 revolution, when all intelligentsia members were exterminated, and the country did not develop correctly afterwards, we have to create such a system of terror and pressure that the members of the intelligentsia would not dare to be politically active.

 

Elle était connue pour participer activement à des “interrogatoires”, qui n’avaient rien à envier aux méthodes de la gestapo. Certaines victimes survivantes pourront en témoigner par la suite : « C’était un monstre criminel pire que les gardiennes de camps allemandes » ou «  Elle était connue pour ses tortures sadiques, elle avait l’air obsédée  par ça, elle prenait son pied comme ça ».

("She is a murderous monster, worse than German female guards of the concentration camps” "She was famous for her sadistic tortures, she seemed to be obsessed about sadistic sex and she was fulfilling herself in that field").

Le département 5 dont elle était chargée s’occupait de la répression des religions. Brystiger, marxiste pure et dure, considérant la religion comme l’opium des peuples, y était à son affaire. Dans le cadre de ses fonctions, elle dirigera l’arrestation et la détention du primat de Pologne, le cardinal Wyszinski, suite aux ordres de Moscou.

En 1950, ce seront pas moins de 123 prêtres catholiques qui seront arrêtés. Pas sectaire, elle persécutera aussi les Témoins de Jéhovah.

Elle quittera le théâtre de ses exploits en 1956, époque de déstalinisation qui verra tous ces rouages zélés de la terreur stalinienne, devenus encombrants, passer discrètement à la trappe. Mais juste envoyés à la retraite, attention ! Rien de bien méchant. Et surtout pas accusés de faits  précis, qui finalement auraient été bien ennuyeux pour tout le monde.

Mme Brystiger, rendue à l’ennui de la vie civile, sans plus personne d’autre à persécuter que son mari, tentera de se reconvertir dans la littérature. Elle travaillera pour une maison d’édition et mourra tranquillement à Varsovie en 1975. Sans que jamais personne ne lui ait posé d’oiseuses questions sur ses activités de 1944 à 1956.

 

* Père pharmacien, études universitaires complétées à l’étranger, dans un contexte aussi sauvagement antisémite, ce n’est finalement pas trop mal …

**  de Wikipédia: "Most notable MBP personnel:

  • Jakub Berman
  • Julia Brystiger
  • Józef Czaplicki (real name Izydor Kurc)
  • Anatol Fejgin
  • Adam Humer (actual name Adam Umer)
  • Julian Konar (real name Jakub Kohn)
  • Grzegorz Korczyński
  • Mieczysław Mietkowski (real name Mojżesz Bobrowicki)
  • Salomon Morel, commander of Zgoda labour camp
  • Henryk Pałka
  • Julian Polan-Haraschin
  • Józef Różański (real name Józef Goldberg)
  • Roman Romkowski ( real name Natan Grunspan – Kikiel)
  • Stanisław Radkiewicz
  • Leon Rubinstein
  • Józef Światło (real name Izak Fleischfarb)
  • Helena Wolińska-Brus (real name Fajga Mindla Danielak)
  • Piotr Smietanski"

 

Sans commentaire.

Commentaires

PS : elle ressemble à Edith Piaf ! Chantait-elle en trucidant ?

Écrit par : LG | 06/03/2011

** Julian Konar (real name Jakub Kohn) **

Je me demande si celui-là n'aurait pas mieux fait de garder son vrai nom.

Écrit par : Nominoé | 06/03/2011

Les Juifs n'ont de cesse de parler de l'"holocaust" et ils réclament la justice, toujours la justice pour eux, réparations et excuses, mais ces mêmes Juifs n'ont jamais jamais demandé pardons pour les crimes juifs en Pologne! D'ailleurs, il n'y-a pas en Pologne de forêt, ni bois, ni jardin, ni un seul arbre planté en mémoire d'une famille juive qui aurait sauvé un Polonais en péril de l'appareil communiste juif.

Écrit par : Buczacz | 21/12/2014

Les commentaires sont fermés.