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25/02/2011

LA BRILLANTE DIPLOMATIE FRANCAISE

... a encore frappé. Le Temps, de Genève, publie aujourd’hui l’article suivant, intéressant mais sérieux. Vous pourrez y admirer à loisir tout l’amateurisme, le mépris de ce qui tient lieu de « tête » à l’Etat pour le travail et l’engagement des autres et sa frénésie à essayer de redorer son blason dans la plus basse démagogie. En choisissant bien mal ses causes. Je pense qu’il doit être passablement étonné de ce que les Mexicains ne se soient pas laissé marcher sur les pieds et lui aient cassé, si je puis dire, son beau joujou.

Après, pour vous marrer, je vous conseille d’aller sur le site de L’Organe (voir lien) pour vous émerveiller des exploits d’un dénommé Boillon, « sarkoboy » et ambassadeur de son état. Avec l’ambassadeur des pôles que nous évoquions l’autre jour, pas de doute, on est vraiment à la hauteur. Talleyrand n’a qu’à bien se tenir. Les côtes.

« France-Mexique, vitrine cassée

Près de 360manifestations (expositions, concerts, films) prévues dans toute la France jusqu’à la fin de 2011 sont menacées, suite à l’annulation de l’Année du Mexique. Car non seulement le Mexique ne veut plus prêter ses œuvres, mais il a décidé de tirer un trait sur les aides financières promises

Un fiasco? On y va tout droit. En annonçant, le 14 février, que l’Année du Mexique en France serait dédiée à Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison à Mexico, Nicolas Sarkozy n’imaginait sans doute pas le désarroi et l’affolement qui allaient gagner les centaines de lieux culturels de l’Hexagone impliqués dans la manifestation. Car dès le lendemain, se sentant insulté, le gouvernement de Felipe Calderon se retirait des festivités.

Ce sont 360manifestations (expositions, concerts, films) prévues dans toute la France jusqu’à la fin de 2011 qui sont désormais menacées. Les deux qui avaient le malheur d’ouvrir le bal viennent de passer à la trappe. Et ce ne sont pas les plus petites… L’exposition Les masques de jade mayas, à la Pinacothèque de Paris, a été annulée moins de dix jours avant son ouverture, le 1er mars. Le directeur de ce musée privé, Marc Restellini, a appris la nouvelle «par un coup de téléphone» de l’ambassadeur du Mexique: «Il m’a dit qu’il ne pouvait pas se permettre de garder un seul événement, même dans un lieu indépendant de l’Etat français.»

Le public ne verra rien de l’exposition Les cultures antiques de Veracruz, qui devait ouvrir au Musée de Saint-Romain-en-Gal (Vienne), le 18 février. Ce qui s’est passé est assez surréaliste, comme le raconte le conservateur M’Hammed Behel: «La semaine dernière, les œuvres étaient arrivées, déballées, installées. Deux jours après, le Mexique annulait tout. Je suis allé, dimanche 20 février, chercher les conservateurs mexicains à l’aéroport, et dès le lendemain, ils remettaient les œuvres en caisse. Nous ne pouvons rien dire, ils en sont propriétaires.»

Non seulement le Mexique ne veut plus prêter ses œuvres, mais il a décidé de tirer un trait sur les subventions promises. Car, on le sait peu, c’est le pays invité qui paie pour présenter ses créateurs, ses œuvres, et faire sa promotion auprès du public français. Selon un responsable au Mexique, ce pays a investi quelque 22 millions d’euros (28 millions de francs) dans la manifestation (production d’œuvres ou de spectacles, transport d’objets, billets d’avion pour les artistes, communication, etc.). Rien que pour l’exposition Veracruz, le transport et l’assurance ont coûté 2 millions. Partis en fumée… La note doit aussi être salée pour les Mayas à la Pinacothèque. «Le Mexique paie et Sarkozy les insulte. Il faut les comprendre», commente un responsable d’institution.

A qui le tour d’annuler? Est en péril Diego Rivera, de Mexico au Paris des cubistes, au Musée des beaux-arts de Bordeaux, qui doit commencer le 10 mars. Le directeur se borne à dire qu’il attend une décision. De qui? Il n’a pas voulu répondre… En péril, aussi, la jeune scène mexicaine, attendue le 10 juin au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Angeline Scherff, la responsable, avoue que, si le Mexique se retire, c’est 150000 euros (191000francs) de perdus (transport et assurance) et la fermeture obligatoire.

Inquiétude encore pour les expositions les plus prestigieuses et lourdes prévues à l’automne: une rétrospective du peintre Rufino Tamayo au Petit Palais, le couple Frida Kahlo et Diego Rivera à l’Orangerie, et, surtout, ce qui s’annonçait comme l’événement de cette Année du Mexique, un vaste panorama de l’art mexicain de 1810 à 1920 au Musée d’Orsay. Guy Cogeval, responsable d’Orsay et de l’Orangerie, n’a pas voulu réagir. «Il est atterré», confie Xavier Darcos, responsable de l’Institut français, chargé de la promotion de la culture française à l’étranger.

Une épée de Damoclès est suspendue sur les Rencontres d’Arles, en juillet, plus gros festival de photo au monde. Un tiers du programme concerne le Mexique. Le pays a promis 350000 euros (446000 francs) et 20billets d’avion pour ses artistes. Tout est gelé. François Hébel, le directeur, leur a écrit pour dire qu’il était à leurs côtés. Il explique: «L’Etat français affiche son mépris envers des artistes mexicains qui sont des grands défenseurs de la République, de la démocratie et qui critiquent férocement leur société.»

Nous avons interrogé une quinzaine de responsables de lieux culturels. Ils sont sonnés, impuissants, attendent une issue qu’ils ne voient pas venir, déplorent de n’avoir aucune information du Ministère de la culture, font leurs comptes, envisagent d’autres programmes… Et ils sont remontés contre Nicolas Sarkozy qui les «prend en otage». Un responsable explique: «Je ne décolère pas contre ce mépris affiché pour un pays ami et démocratique, ce mépris pour la culture – s’il s’était agi d’Airbus à vendre, Sarkozy ne les aurait pas baptisés Florence Cassez.»

Beaucoup, dans les deux camps, espèrent que la situation se débloquera. «Il faudrait baisser le feu sous la casserole», dit un acteur du dossier. A l’ambassade du Mexique à Paris, on dit clairement ce qui pourrait tout arranger. Nicolas Sarkozy doit revenir sur sa décision de lier la manifestation à Florence Cassez: «Que cette Année redevienne la promotion de notre pays et non un hommage à quelqu’un.»

En attendant, le Comité français de pilotage semble désemparé, KO debout. Ni Jean-Paul Herterman, patron du groupe aéronautique Safran et président de l’Année du Mexique, ni Jean-Jacques Beaussou, le commissaire général, n’ont voulu répondre à nos questions.

Une issue diplomatique étant incertaine, des organisateurs d’événements dans le cinéma ou la musique cherchent les moyens de sauver ce qui peut l’être. Une option est de sortir du label «Année du Mexique en France». C’est le choix de la ville de Toulouse pour son festival de musique Rio Loco (du 15 au 19 juin): 133artistes mexicains étaient prévus, le Mexique donnant 110000 euros (140000francs) de billets d’avion. La ville s’est retirée du label, elle a donné de l’argent, mais le festival ne présentera que 20% de son programme initial.

Aux Eurockéennes de Belfort, début juillet, les groupes mexicains seront au rendez-vous, mais, là aussi, ils ne seront plus labellisés «Année du Mexique». Et le dimanche spécial est annulé.

Le festival de cinéma Travelling, à Rennes, axé sur les films mexicains, a pu démarrer le 22 février. Mais il a dû avancer 40000euros (51000francs) pour inviter une trentaine de personnes, en attendant de trouver une subvention. La responsable, Anne Le Hénaff, dénonce «l’arrogance de la France» et appelle Nicolas Sarkozy à «revenir sur sa décision». Francis Saint-Dizier, le président des Rencontres des cinémas d’Amérique latine, à Toulouse, devrait pouvoir mettre le Mexique à l’honneur, du 18 au 27 mars. Mais il a dû supprimer 5 des 40films programmés, trois invités sur les sept prévus viendront, et il compte sur la Ville pour combler les 25000euros (32000 francs) promis par le Mexique.

La Cinémathèque française, à Paris, a programmé (du 13 avril au 30 mai) des mélodrames mexicains des années 1940 et 1950, et un des plus illustres représentants du genre, le réalisateur Roberto Gavaldon. Mais la Cineteca de Mexico a annulé son dernier rendez-vous. Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque, n’a «pas encore annulé» cette programmation. Mais il dit ce qu’il pense: «Evoquer le cas de Florence Cassez à chaque manifestation est absurde. Il est hors de question de mettre une entreprise cinéphile sous l’égide d’une polémique juridique.»

Incertain aussi le festival Paris Cinéma, du 2 au 13 juillet. Aude Hesbert, la déléguée générale, explique: «Notre rendez-vous avec Imciné [l’équivalent mexicain du Centre national du cinéma] a été annulé au dernier moment. Nous travaillions depuis un an sur cette programmation, il est tard pour se retourner.» La participation du Mexique avoisine 40000 euros (51000francs) en voyages, droits des films, sous-titrage… Sans elle, Paris Cinéma devra réduire la voilure.

Au Festival d’automne (multidisciplinaire), un tiers des musiciens prévus étaient Mexicains et, encore une fois, 45billets d’avion étaient pris en charge par le Mexique. Même si l’équipe du festival a jusqu’à fin avril pour imprimer les programmes et réfléchir, «les délais sont largement réduits», dit-on, par les exigences des partenaires, comme les Bouffes du Nord et le Quai Branly, qui doivent s’organiser avant.

Une personne déjà demande des comptes. Marc Restellini, le patron de la Pinacothèque: «J’ai payé 300000 euros de scénographie, 700000 euros pour la publicité. Je dois ajouter 5 à 6 millions de manque à gagner en billets d’entrée et produits en boutique. J’ai dû imaginer en catastrophe une exposition Corto Maltese à la place. Je trouverais normal que le gouvernement français, qui a fait capoter ce projet, assume ses responsabilités.»

Source: http://www.letemps.ch/Page/Uuid/28fc0e2e-405e-11e0-9d58-e...  

Les exploits du beau gosse :

http://www.lorgane.com/LACHE-TES-COM-S-SUR-BORIS-LE-BOGOS...

Commentaires

Plusieurs excellents article sur la "diplomatie" "française" et l'affaire Cassez-Israël Vallarta sur Polémia.

Écrit par : Fred | 28/02/2011

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