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03/02/2011

TROP TENTANT DE CRIER AU LOUP ….

Vous allez lire deux réactions au pseudo incendie de la synagogue de Gabès, en Tunisie : la première illustrant ce qui a été immédiatement et largement diffusé sur les sites juifs et la seconde de Richard Prasquier, président du CRIF, qui donne une version bien différente de l’incident. Il s’offusque d’ailleurs au passage de ce que l’ « on » ait voulu se substituer au CRIF –crime de lèse-majesté – au risque de jeter de l’huile sur le feu. Ce que ne fait jamais le CRIF, toujours si pondéré dans ses réactions. A lire attentivement la première réaction, on mesure du reste tout l’intérêt et l’utilité qu’aurait présenté l’incendie, dans sa version "antisémite", qui permettait une fois de plus de crier à l’antisémitisme et de désigner des coupables d’office.

1) « Tunisie : Retour sur l’affaire de la synagogue incendiée près de Gabès

 3 février 2011

Le black out organisé en Tunisie autour de l’incendie de la synagogue d'El Hamma, près de la ville de Gabès ce  lundi 31 janvier 2010, témoigne encore une fois que la Tunisie reste un des pays “ennemi de l’information ”. Malgré cette implacable censure intérieure, Trabelsi Pérez, le chef de la communauté juive de Djerba a révélé ce grave incident  aux médias internationaux.

Heureusement qu’aucune victime n’est à déplorer. Cette synagogue est visitée occasionnellement par des membres de la communauté israélite qui viennent se recueillir à la mémoire de leur ancêtre "Yosef El Maarabi" enterré dans cet édifice. Une relique de la Torah a toutefois  été brûlée.

 

Signalons que Pérez Trabelsi est considéré comme une des sources officielle en Tunisie pour parler au nom de la communauté juive tunisienne.

 

L'agence officielle tunisienne TAP (organe de propagande de l’ancien régime) a néanmoins démenti l’information. Des pressions auraient été exercées sur  le président de la synagogue de la Ghriba, Trabelsi Pérez,  pour renoncer à ce qu’il a affirmé à l'AFP.

 

Un autre responsable de la communauté juive a lui choisi un prétexte pour justifier l’attaque de la Synagogue située à El Hamma dans la préfecture de Gabès.

 

Le vice-président de la communauté juive de Tunisie, M. Khalifa Atoun, tout en confirmant l’incendie de la synagogue, à 15 km de Gabès, a relativisé la portée de l’incident dans le contexte d’instabilité actuelle du pays. «On a bien brûlé des bâtiments officiels, ça peut arriver à tout le monde», a-t-il déclaré à l’AFP.

 

Un peu de courage lui aurait était utile car ce commentaire ne l’honore pas, et n’honore pas non plus les Juifs tunisiens.

 

Il  est surprenant de voir comment le  vice-président de la communauté juive de Tunisie relativise cet incendie criminel, au prétexte que d’autres « bâtiments officiels » brûlent dans le pays ! Avec ce genre de raisonnement, cela revient aussi à accepter,  par exemple, l’attentat terroriste revendiqué par Al Qaïda contre   la synagogue de la Ghriba (en avril 2002) qui a fait vingt et un morts dont quatorze touristes allemands, parce que on a attaqué Madrid  le 11 mars 2004 ou Londres le 7 juillet 2005 !!

 

Toujours dans la même logique, un site internet tunisien, basé à Tunis, a  tenté de trouver une justification de cet acte antisémite par le fait que le grand rabbin de Djerba, Pérez Trabelsi, avait loué le président tunisien déchu. 

 

« Suite aux dernières déclaration du grand rabbin de Djerba louant le président tunisien déchu, une grande frustration s'est emparée des tunisien, et une synagogue a payé le prix » avoue  le site tunisiefocus.

 

Le site précise que  « Les déclarations du grand rabbin de Djerba ont mis le feu aux poudres »

 

« Louer un dictateur c'est comme faire une insulte aux tunisiens, y compris venant de Mr Pères lui-même » ajoute l’auteur anonyme .

 

Après cette mini Nuit de Cristal du vendredi 28 janvier, subie par la communauté juive locale (les vitres de trois ou quatre voitures brisées dans le quartier juif de Houmt-Souk dans l'île de Djerba) le président de la communauté juive, Monsieur Roger Bismuth (qui est aussi sénateur) était absent pour s’exprimer sur ces  sujets, et pour exiger des mesures de protection pour sa communauté, qui représente actuellement mille six cent personnes, essentiellement à Djerba, et dont une dizaine ont précipitamment fait leur allyah en Israël depuis le début des évènements, mi janvier.

 

Le mouvement islamiste tunisien Ennahdha (Renaissance) a bien choisi son moment pour incendier la synagogue, puisque son leader, Rached Ghannouchi, est de retour au pays. Comme toutes les organisations terroristes, Ennahdha est hostile aux juifs, et elle va jusqu’à brûler des lieux de culte pour le prouver.

 

Rached Ghannouchi est une sorte de Khomeiny tunisien qui, depuis Londres, attendait patiemment son heure pour  venir quadriller la société et les cerveaux, en utilisant le terrorisme intellectuel, puis physique.

 

Le Bureau de Vigilance Contre l’Antisémitisme ( BNVCA) a exprimé aussi l'émotion et l'inquiétude de la communauté juive tunisienne en France, après l'incendie criminel de la synagogue du Rav El Maarabi à Gabès, lors d'une manifestation célébrant le retour dans sa ville natale du chef islamiste Ghannouchi.

 

Le mouvement Ennahda, qui a disparu de la scène politique durant vingt ans, revient en force. Le mouvement vise la réislamisation de la société, et veut mener la chasse aux juifs qui n'ont pas encore été chassés. Avec  son discours salafiste, qui a beaucoup de succès auprès de « la nouvelle Tunisie », nous ne sommes pas loin de voir de plus en plus de Juifs être victimes d'exactions.

 

N'oublions pas que durant des années, cette communauté a été maintenue dans une sorte de dhimmitude.

 

Aujourd’hui, après la chute du président Ben Ali, si Trabelsi est devenu un nom difficile à porter en Tunisie, le pays, qui a réussi à se débarrasser des Trabelsi musulmans, pourrait être tenté de faire de même avec les Trabelsi juifs.

 

Encore quelques années, et il n'y aura plus de juifs en Tunisie et au  Maghreb. Il n'y en a quasiment plus en Algérie, tout comme les chrétiens, presque plus en Libye, et en Egypte, on en compte soixante dix, alors qu'ils étaient cent mille.

 

Sans parler de la communauté chrétienne irakienne, sur le déclin après presque 1800 ans de présence, tout comme les juifs, tout les chrétiens coptes égyptiens... Bref,  les pays arabes et la tolérance... »

 

Ftouh Souhail, TUNIS

 

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_arti...

 

 

2) Réaction de Richard Prasquier, 2 février 2011 :

 

« … C’est en fin de voyage que j’ai appris les communiqués extrêmement inquiétants publiés par certaines organisations ne faisant pas partie du CRIF, sur un incendie terroriste d’une synagogue à Gabès en Tunisie. Le contexte du voyage leur donnait une coloration particulièrement accablante. Ces informations ont été démenties par l’AFP elle-même dans la soirée, mais il n’importe : le message d’angoisse était diffusé partout.

 

Voici ce qu’on peut en dire ce matin du 2 février après enquête auprès de spécialistes tunisiens et entretien prolongé avec M. Roger Bismuth, président de la communauté juive de Tunisie.

 

Il ne s’agit pas de Gabès, mais d’un bâtiment situé à une trentaine de km à l’ouest de Gabès, à El Hamma. Il ne s’agit pas d’une synagogue, mais du Mémorial en l’honneur du Rabbin Sidi Youssef Maaribi. Ce Mémorial est depuis une dizaine d’années visité une ou deux fois par an, pendant quelques heures, au détour notamment de la fête de la Ghriba à Djerba. Un petit local  associant cuisine et lieu de prière, a été récemment aménagé.

 

C’est probablement ce petit local, et non le Mémorial lui-même, qui a été, non pas brûlé, mais partiellement dévasté au cours des troubles qui ont accompagné une manifestation dans le village. On ne sait pas encore si des rouleaux de la Thora s’y trouvaient, ce qui est probable, et s’ils ont été abîmés. La précision devrait être donnée dans la journée. En tout cas, les mises à sac ont touché tous les bâtiments attenants et ceux-ci n’ont rien à voir avec la communauté juive. Autrement dit, il s’agit d’actes violents survenus au cours d’une manifestation et absolument rien ne permet à l’heure actuelle de leur attribuer une connotation antisémite.

 

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait en Tunisie. Nous avons un devoir de vigilance et nous l’exercerons, en lien étroit avec la communauté juive tunisienne. Ce que je sais, c’est que la publication de communiqués criant au terrorisme antisémite, alors que nous n’en avons aucune preuve, est triplement irresponsable :vis-à-vis du CRIF   auquel on veut se substituer, vis-à-vis de l’ensemble de la communauté juive de France, qui perd sa crédibilité  envers des pouvoirs publics, inutilement sommés de réagir , et  vis-à-vis de la communauté juive de Tunisie, et cela est bien plus grave, car mettre de l’huile sur le feu est exactement ce qui risque d’entraîner les actions que nous voulons tous éviter.

 

 Il y a le spectaculaire et il y a l’efficace. Il y a le scoop et il y a la vérité. Il faut deux minutes pour publier un communiqué. Il en faut plus pour vérifier une information  et l’opportunité de sa diffusion. C’est ce que le CRIF continuera de faire avec fermeté et rapidité, avec réflexion mais sans précipitation irresponsable. »

 

http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

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