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26/11/2010

SUBTILE REHABILITATION D’UN SALAUD INTEGRAL

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J’ai lu ce qui suit sur le site juif.org qui l’a lui-même repris du Figaro. Apparemment, une série de bandes dessinées « historiques » relate l’histoire de Joseph Joinovici à sa sauce. Dans le registre : bon, c’est vrai, il a collaboré, mais enfin, quoi, les temps étaient durs. Et puis n’oublions pas qu’il a sauvé 150 juifs ! Finalement, il mériterait bien 150 médailles « du Juste », pas vrai ?

N’en déplaise aux auteurs de la BD, le personnage était parfaitement ignoble. Une ordure finie et intégrale qui s’est acheté – c’est le cas de le dire – une conduite quand il a vu que les choses tournaient mal. A la suite de l’article du Figaro, j’ai retranscris un des deux chapitres que Jean-Claude Valla consacre à ce sinistre individu dans Ces juifs de France qui ont collaboré, dont je vous recommande vivement la lecture (disponible sur amazon). Vous y apprendrez plus de choses que dans la BD. J’ai fortement résumé le 2e chapitre car j’en avais un peu assez de taper. Mais pourtant, il vaut la lecture, je vous prie de le croire.

Ce n’est pas la première « réhabilitation ». Josée Dayan avait déjà consacré en 2001 un téléfilm hagiographique au même personnage largement revu et corrigé, et joué par Roger Hanin. C’est ce téléfilm qui a dû inspirer les BD.

1) Article du Figaro : « M. Joseph, juif, collabo et résistant face à la Libération »

« Lefigaro.fr sélectionne un album qui vient de paraître et analyse des planches image par image. Cette semaine, le quatrième tome de la série Il était une fois en France, intitulé Aux armes, citoyens ! signé Fabien Nury et Sylvain Vallée (Glénat).

 

Les auteurs

Né en 1976, Fabien Nury effectue ses premières armes dans la publicité en tant que concepteur-rédacteur et responsable de création en 1998. (…) En 2006, il crée avec Sylvain Vallée la série culte Il était une fois en France, qui retrace, d'après sa véritable histoire, la vie de Joseph Joanovici, juif, milliardaire, ferrailleur et collabo sous l'Occupation. Ce quatrième tome fait également partie de la sélection officielle d'Angoulême 2011.

Né en 1972, Sylvain Vallée entre après un bac artistique à l'école Saint-Luc de Bruxelles de laquelle il sort diplômé pour devenir illustrateur indépendant.(…) Vendue à 300.000 exemplaires, la saga Il était une fois en France plusieurs fois sélectionnée à Angoulême et détentrice de nombreux prix, lui a permis de se faire connaître auprès d'un large public.

L'album

Eté 1944. La libération est proche. Alors que d'aucuns attendent ce moment avec impatience, Joseph Joanovici lui, a peur. Jusqu'à ce jour, à la fois collabo et résistant, son double jeu était bien huilé : il réussissait toujours à avoir un coup d'avance sur ses adversaires. La libération avance à grands pas, et avec elle la honte d'avoir participé au génocide de tout un peuple. Pour notre protagoniste, il faut faire vite. C'est une question de survie, comme toujours. Joseph n'a plus de répit, tout doit disparaître : ses états de service auprès du IIIe Reich , et surtout sa carte de gestapiste. Un juif qui a collaboré avec les nazis, peut-il y avoir pire crime ?

 
Fabien Nury a décidé de ne pas répondre à cette question. C'est en travaillant sur le scénario Les Brigades du tigre qu'il est tombé sur l'histoire incroyable de Joseph Joanovici. Au fil de ses recherches sur le personnage, il se rend compte que ceux qui ont écrit sur lui sont rarement d'accord : collabo et salaud pour les uns , grand résistant et bouc-émissaire pour les autres. Dans Il était une fois en France, son parti pris est de ni juger, ni de condamner. Certes il a collaboré, mais il a aussi sauvé 150 personnes des camps de la mort. Un grand paradoxe donc que le scénariste a choisi d'explorer, de mettre en exergue. Il fallait survivre coûte que coûte, préserver les siens, saisir toutes les opportunités. Le prix n'en est pas moins cher payé. Traqué, Joseph va être amené à sombrer un peu plus dans la noirceur, se salir les mains. Et affronter le regard impitoyable d'Eva, sa femme, qui découvre ses antécédents. Abattu Joseph ? Jamais ! Tel le roseau, il plie, mais ne rompt pas. Cependant, si dans les albums précédents, il pouvait être capable du pire et du meilleur, ici, le pire l'emporte.

La complexité du personnage est superbement relayée par le dessin réaliste de Sylvain Vallée, qui a su garder les deux aspects du personnage sans le faire chavirer d'un côté ou de l'autre. La variété des expressions de Joseph pouvant changer d'une case à l'autre, d'une seconde à l'autre, sont pleinement rendues. Tout se joue à quelques traits physiques, quelques coups de crayons que le dessinateur maîtrise à la perfection.

Finalement, Joseph Joanovici, grand héros ou salaud collabo ? Cet album, Aux armes citoyens, ne répond toujours pas à cette question, malgré un héros qui sombre de plus en plus dans le mal. L'ambiguïté est maintenue, le pari des deux auteurs, gagné.»

Source : http://www.juif.org/go-news-140935.php

 

2) Jean-Claude Valla, Ces juifs de France qui ont collaboré

 

 

ejoseph02.jpgRabatteur, kidnappeur et assassin, Oscar Reich était un enfant de chœur au regard d’une autre figure infiniment plus célèbre que lui : Joseph Joinovici. Né en 1905, ou en 1895, on ne sait pas au juste, dans le ghetto de Kichiniev en Bessarabie, ce juif est arrivé en France en 1925, ne sachant ni lire ni écrire. Des années durant, il s’exprimera dans un étrange sabir fait de yiddish, de roumain, de russe et de français. Mais il semble avoir toujours su compter et, si son corps est empâté, sa démarche lourde, sa cervelle est d’une agilité redoutable.

 


Henry Sergg a magnifiquement raconté ses débuts dans l’agglomération parisienne : « De quoi vit-il avant l’ascension fulgurante que lui prédisent ses rêves ? Il est biffin, chiftire, comme on dit dans l’argot de la profession. Son terrain d’élection ? Clichy-la-Garenne, à deux pas de Saint-Ouen. Armé d’un crochet de fer, un sac alpin sur le dos, il fouille les poubelles. (…) Ceux qui vont lui acheter sa camelote, ce sont les chiffonniers et les ferrailleurs qui officient dans les rues Morice et Martre, dans un quadrilatère de baraques chancelantes, d’entrepôts lépreux, de hangars sordides, au fond d’arrière-cours sombres et inquiétantes, de passages et de cul-de-sac peuplés de rats immondes, bordant un amas de maisons basses et lézardées. Pour la plupart, ces chiffonniers et ces ferrailleurs sont des manouches d’une rapacité féroce qui ne témoignent d’aucune indulgence envers cety étranger qu’ils comprennent à peine. (..)

Un jour, il fait la connaissance de Yakoub. Il est juif comme lui et la solidarité ethnique va, dès cet instant, jouer à fond. Yakoub est « arrivé ». Il a pignon sur rue. En provenance de Pologne, il a immigré avant la guerre. Tout de suite, Joinovici adopte l’attitude qui convient. Il se fait larmoyant et, en yiddish, conte ses mésaventures. Il est orphelin de père et de mère [Mensonge, car ses parents, Isaac et Zaïta, sont toujours vivants]. Ses frères, mobilisés dans l’armée du tsar ont été tués dans la bataille des lacs de Mazurie [son frère Mordechaï, en parfaite santé, le rejoindra à Paris peu de temps après], ses sœurs ont été violées à répétition par les soldats de Denikine et en sont mortes. Lui-même a fui de justesse un pogrom qui s’amorçait. Il fabule avec brio, une tactique qui le sortira plus tard du mauvais pas et qu’il rode avec celui dont il cherche à s’attirer la sympathie. Il réussit. Yakoub s’apitoie … »

 

Il a tort car Joinovici, qu’il a affecté au tri des métaux, traite en sous-main avec des Arméniens et au fil des mois accumule un magot au détriment de son patron, tant et si bien que celui-ci commence à connaître de sérieuses difficultés financières. Alors, le brave Joino propose à Yacoub de lui prêter de l’argent, à deux reprises, puis abat son jeu : « Maintenant, ton entreprise est à moi. » Toute discussion est impossible, car « Joinovici qui déteste la violence et ne possède pas une once de courage physique a amené ses amis arméniens. Ces derniers ouvrent leurs couteaux à cran d’arrêt pour bien signifier à l’occupant des lieux qu’il n’est plus le maître à bord et qu’il n’a pas intérêt à se rebiffer. Yakoub en a les larmes aux yeux. Il supplie, évoque sa famille qu’il doit nourrir. Joinovici demeure inflexible. L’entreprise lui appartient puisque Yakoub ne peut rembourser ses dettes. »

 

La construction de la ligne Maginot, dont les crédits ont été votés en janvier 1930, est une aubaine pour Joinovici qui réussit à passer avec l’Armée de juteux marchés de fers à béton. Et lorsqu’en 1933 il fonde avec son frère Mordechaï (devenu Marcel) les Etablissements Joinovici Frères, dont le siège social est rue Morice à Clichy, il est – ou ne va pas tarder à devenir – l’un des cinq plus gros ferrailleurs de France. Sa secrétaire, Lucie Bernard, ancienne épouse Schmitt, que les ferrailleurs ont vite surnommée Lucie-Fer, devient tout à la fois son cerbère, son éminence grise et sa maîtresse. Travailleur acharné, il semble mériter son succès, mais, en réalité, il s’enrichit surtout en achetant des marchandises volées. Il paie bien et se montre régulier … avec les cambrioleurs. « Personne, relève Henry Sergg, ne vient jamais visiter ses entrepôts ni contrôler sa comptabilité. D’ailleurs, il n’en tient pas. Il n’en tiendra jamais. Sauf dans sa mémoire. Une mémoire prodigieuse, infaillible, un ordinateur avant la lettre … »

 

En 1939, il adresse un chèque de 3 000 dollars à Daladier, signé d’une croix, car il ne sait toujours pas écrire. C’est, dit-il, sa contribution à l’effort de guerre. Mais, déjà, le bruit court qu’il participe à l’approvisionnement du IIIe Reich en fer et métaux spéciaux par le biais de pays neutres. La preuve n’en sera jamais apportée. Qu’importe, puisque Joinovici, de retour dans la capitale en juillet 1940, se hâte de proposer ses services aux bureaux d’achats de la Wehrmacht. Il a bien un peu hésité, du fait de ses origines juives, mais l’appât du gain a été le plus fort. De toute façon, Hermann Brandl, surnommé Otto, le patron de ces bureaux d’achats, n’est pas sectaire : il a pour secrétaire et maîtresse Mary Jacobsen, une juive bénéficiant de la double nationalité allemande et anglaise et s’attachera les services d’une autre juive, d’origine russe, prénommée Genia.

 

Brandl et son adjoint, le capitaine Radecke, sont des agents de l’Abwehr. Il n’est pas exclu que ce soient eux qui aient fait le premier pas en direction de Joinovici, car, si celui-ci a réellement aidé le Reich à s’approvisionner, ils ne pouvaient l’ignorer. Toujours est-il qu’ils vont permettre au Bessarabien d’accroître sa fortune de façon colossale. Il faut savoir, en effet, que les bureaux d’achats dirigés par Brandl dépensent en moyenne 15 millions de francs par jour [soit 4 millions de nos euros actuels]. Dès le mois d’avril 1941, cette somme doublera. En octobre, elle sera portée à 50 millions et atteindra à la fin de 1942 les 150 millions, soit près du tiers de ce que la France doit verser aux troupes d’occupation, en se saignant aux quatre veines. Bien entendu, Joinovici n’est pas le seul fournisseur des Allemands, mais très vite il est en mesure de leur vendre 100 tonnes de métaux non ferreux par jour, qui sont livrés dans des entrepôts géants que Brandl a réquisitionnés dans la banlieue nord de Paris. A ces métaux, il ajoute bientôt les cuirs, que la Wehrmacht est prête à acheter à n’importe quel prix et qui vont peu à peu disparaître du marché français. Son chiffre d’affaires avec les bureaux d’achats est évalué en 1942 à 30 millions de francs par semaine [soit 6,7 millions d’euros].

 

Accessoirement, il pille les biens qu’ont dû abandonner ses coreligionnaires victimes d’arrestations. Dispose-t-il d’informateurs dans les quartiers juifs ou des fichiers de la préfecture de police ? L’histoire ne le dit pas. Sa première razzia date du mois de mai, juste après la rafle du 14 qui a conduit au camp de Beaune-la-Rolande 3 747 malheureux, dont quelques centaines de ses compatriotes roumains. D’autres juifs tentent de sortir de la nasse, surtout les plus riches qui peuvent s’acheter les complicités nécessaires au franchissement clandestin de la ligne de démarcation et disposent de moyens d’existence pour leur exil en zone libre ou ailleurs. L’un d’eux aura plus tard la surprise d’apprendre que Joinovici s’est octroyé, à titre personnel, son bel appartement du boulevard Malesherbes. Pourtant, la plupart des victimes sont des juifs peu fortunés dont les biens, souvent modestes, n’étaient pas de nature à exciter la convoitise. Mais, en cette époque de restrictions, il n’y a pas de petits profits et ces pillages, précisément parce qu’ils ne sont pas très lucratifs, révèlznt une mentalité de rapace, que partagent deux de ses sbires, Simon Kraznik et Srul Rajzman, dit Roger.

 

Joinovici, en tant que juif, se méfie tout de même des Allemands, surtout des SS qui n’ont cessé de renforcer leurs pouvoirs et dont il a tout lieu de penser qu’ils n’auront pas à son égard la même indulgence que les responsables des bureaux d’achats de la Wehrmacht. Mieux vaut donc se prémunir. A défaut de pouvoir modifier son physique, il réclame et obtient deux certificats de complaisance attestant qu’il s’est déclaré de confession chrétienne orthodoxe dès son arrivée en France, l’un de la préfecture de police, l’autre de l’Eglise orthodoxe roumaine de la rue Daru. Avec beaucoup d’argent, tout s’achète. La préfecture de police avait déjà accepté, quelques mois plus tôt, de modifier sa fiche au service des étrangers et de l’y inscrire sous le nom de sa mère, Helter, dont la consonance juive était moins marquée. Puis il obtiendra du Commissariat général aux Questions juives une attestation d’ « aryanité ».

 

S’imagine-t-il qu’il peut tromper son monde ? Sans doute pas, mais ces papiers peuvent être utiles en certaines circonstances et il ne va tarder à constater que les SS, lorsqu’il s’agit de se procurer des denrées rares ou indispensables, ne sont pas plus regardants sur leurs fournisseurs que ne l’est Hermann Brandl. Ils traitent, en effet, avec un juif russe, Mandel (dit Michel) Szkolnikoff, qui fut tour à tour fournisseur des armées du tsar et de l’Armée rouge, banquier à Riga et à Varsovie, réfugié d’abord en Belgique après une banqueroute retentissante, puis en France où il a été condamné pour émission de chèques sans provision et exercice illégal des fonctions d’administrateur de société. (…) Szkolnikoff était devenu le fournisseur attitré des SS et allait pouvoir accumuler en quelques mois une fortune considérable. Ses biens immobiliers, principalement des hôtels achetés tant à Paris (Hôtel du Louvre), qu’à Nice (le Ruhl), Monaco (Hôtel Windsor) ou Cannes (Hôtel Martinez), seront évalués en 1944 à 2 milliards de francs, soit 300 millions d’euros. »

 

 xxx

 

La saga Joinovici se poursuit tout au long du chapitre suivant, intitulé Les bas-fonds de la trahison.

Je renonce à retranscrire tout ce chapitre, trop copieux. Très résumé, Joinovici :

- s'abouche avec un truand, le « fameux Henri Chamberlin, dit Lafont, de la prétendue « Gestapo française de la rue de la Pompe ». Ce Lafont va faire la connaissance du docteur Petiot … qu’il embauche pour certains travaux requérant  des talents particuliers. Il est déjà bien installé, ce bon docteur, et ma foi, ses installations serviront également à ses nouveaux employeurs, Lafont et Joinovici. Qui vont lui livrer les gêneurs divers. Jusqu’en mai 1943, date à laquelle il est arrêté une première fois.

 

- commence à poser des jalons pour le cas où tout compte fait l’Allemagne ne gagnerait pas : « En affairiste cynique, le Bessarabien estime urgent de donner des gages à la Résistance, forcément sonnants et trébuchants, car il n’en connaît pas d’autres. Or le réseau Honneur de la Police qu’il choisit d’aider financièrement vient d’être décapité … par ses amis de la rue Lauriston. Il jubile à l’idée de relancer sous sa coupe une organisation si bien nommée. L’honneur, aussi, s’achète. (…) C’est ainsi que Honneur de la Police deviendra le mouvement de résistance le plus riche, le mieux armé et le mieux équipé de la capitale ».

 

- en janvier 1944, Petiot est relâché et reprend illico ses activités avec ses compères Lafont et Joinovici. Il fera disparaître pour leur compte quelques encombrants jusqu’au 14 mars 1944, date à laquelle un incendie met fin à sa lucrative industrie.

 

Mais ce n’est pas fini pour Joinovici: trahisons, chantages, morts inexpliquées et protections inexplicables et inavouables …. il y aurait encore bien des choses à raconter.

 

Mais même les guerres se terminent et en définitive,  « À cause de son passé de collaborateur nazi, il sera expulsé d'Israël (il est avec Robert Soblen et Meyer Lansky l'un des trois seuls juifs à qui Israël refusa d'appliquer la loi du retour, en vertu de laquelle la citoyenneté israélienne est accordée à tout juif qui s'installe sur son sol(Wikipédia)

 

Commentaires

Le dessinateur de cette bd devrait être taxé d'antisémitisme. Le personnage principal est traité de manière totalement et scandaleusement caricaturale, vous ne trouvez-pas ?

Écrit par : lg | 26/11/2010

Ce genre de d'informations ne fait que confirmer mon pessimisme sur la nature humaine. Ce n'est en effet pas rare de lire qu'un tel ou un autre est accusé d'être responsable de la mort de 25 ou 150 milles juifs, voire un peu moins ou beaucoup plus, mais en général les chiffres avancés sont assez importants. Pour le sauveteurs, les bons, les justes, en revanche, ça ne va pas très loin, dix, vingt juifs sauvés, voire nettement moins ou rarement plus. Celui ci serait "le" juste parmi les justes en en ayant sauvé beaucoup et surtout plus que tous les autres. Mon pessimisme naturel me fait douter de la crédibilité de ces cent cinquante sauvetages, un ou deux peut être, je veux bien, à condition de savoir ce qu'est devenue sa fortune!

Écrit par : NYH | 26/11/2010

Une petite anecdote de cette époque bien épique : un commissaire de police avait réussi à démanteler à Paris, un réseau de trafiquants d’or et autres métaux précieux.

Simple hasard sûrement, la presque quasi-totalité des trafiquants étaient de confession israélite et ashkénaze. A la fin de la guerre, ce brave commissaire fût accusé de « collabo » et d’« anti-juifs » et traduit devant les tribunaux . Pour sa défense, ce fonctionnaire de police n’eût qu’à exhiber la liste avec les noms des truands arrêtés par ses services et, comme par enchantement, la plainte fût promptement retirée. Dossier classé dans la rubrique : oubliettes.
Ce fait authentique est dans le livre de Feu Jean Claude Valla.

Écrit par : Jean AYmar | 27/11/2010

J'ai lu les six tomes de "Il était une fois en France". je connaissais cette histoire par le récit de Philippe Bernert, dans "Le roman vrai de la IIIe et de la IVe République".
J'ai trouvé la BD très intéressante et je ne comprends pas la critique adressée aux auteurs. Ils ont tenté de montrer la complexité du personnage tout en évitant de porter un jugement quelconque. Je respecte leur liberté de créateurs, ce qui ne m'empêche pas d'avoir mon opinion personnelle et qui se résume à une idée très simple: le fait d'avoir protégé ou fait libérer 150 juifs ne rachètera jamais le fait qu'il a collaboré avec les Allemands, s'est acoquiné avec des malfrats, gestapistes français, etc. Il a corrompu la police et autres fonctionnaires. Il ne suffit pas d'avoir sauvé quelques vies pour faire oublier tous les actes ignobles qui ont eu lieu pendant cette période. Qu'il ait par ailleurs aidé la résistance à la fin de la guerre, cela ne joue guère en sa faveur car ce ne pouvait être que par opportunisme... La BD peut aussi être utile car elle peut susciter la curiosité des lecteurs qui peuvent aller chercher d'autres informations, dans des livres d'histoire notamment. Comme NYH, je me demande ce qu'est devenue sa fortune?

Écrit par : Dub | 26/01/2014

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