Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/09/2010

« Soixante-cinq ans après, Madeleine revient dans la famille »

« Déportée avec sa sœur Janine, Madeleine Blum est décédée du typhus à Therezienstadt, le 15 mai 1945. Un an après avoir fait apposer une plaque à Rodez, où elles avaient été arrêtées, Janine a retrouvé, fortuitement, la tombe de Mado en République tchèque.

 

À Rodez, le 23 avril 2009, Janine Blum pensait avoir « bouclé la boucle ». Du moins estimait-elle avoir commencé le travail de deuil de sa sœur Madeleine, décédée le 15 mai 1945 du typhus à Therezienstadt, aujourd’hui Terezin, en République tchèque. Les deux sœurs, collégiennes, avaient été arrêtées dans l’Aveyron où elles étaient réfugiées avec leur famille belfortaine. Dénoncées comme juives, elles avaient commencé, le 23 avril 1944, un long chemin vers l’enfer, d’abord Auschwitz, puis Ragun, et enfin Therezienstadt que les Allemands avaient érigé comme « camp modèle », parce que la Croix Rouge venait y visiter les prisonniers… C’est pourtant là que Mado a rendu son dernier souffle, à l’âge de 16 ans, victime du typhus, et Janine croyait bien ne plus jamais pouvoir trouver de traces de sa chère sœur disparue. « Rodez était le dernier endroit où elle avait été localisée », explique Didier Blum, un des fils de Janine. Et Madeleine n’était plus qu’une étoile filante, un nom sur un registre, une dernière photo et un acte de naissance.

 

Le nom, le prénom et la date du décès 

 

C’était sans compter sur la magie d’Internet : « Au cours d’un échange avec des amis allemands qui font de la généalogie, mon frère a pris contact avec les Archives de Therezienstadt », raconte Didier Blum. Il a fallu presque deux temps et trois mouvements pour qu’il reçoive la photographie d’une tombe prise au cimetière national de Terezin, qui compte un grand carré de victimes juives du nazisme, « un énorme cimetière très bien entretenu où sur chaque tombe, bien alignée, pousse un petit arbre ». Sur la stèle, les nom, prénom et date de décès de Mado. Sans incertitudes, malgré deux « a » dans Madeleine et deux jours de décalage pour la date de décès. La date a été modifiée, pas le prénom.

 

Le 15 mai 2010, soixante-cinq ans tout justes après le départ de Mado, Janine a entrepris ce long voyage, avec son époux Georges, pour retrouver Mado. « Enfin, elle a son nom quelque part, une trace de son passage. Combien de gens ne savent pas où sont allés leurs parents ? » remarque Didier, encore ému. Pour Janine, ce voyage fut chargé de symboles : « J’étais déjà allée sur place il y a une dizaine d’années, mais je ne l’avais pas trouvée. Pourtant, j’avais parcouru tout le cimetière, raconte-t-elle doucement. J’ai aussi retrouvé la maison où nous avons logé quand nous avons été déportées mais Terezin est redevenu une ville aujourd’hui, je n’ai pas pu y entrer ». Seul regret : « Que mes parents n’aient jamais connu l’existence de cette tombe » mais une plaque, sur leur sépulture, rappelle la mémoire de Mado. Qui ne sera pas rapatriée à Belfort : « Elle est très bien là-bas, au milieu de ceux qui ont souffert ».

 

Le 23 avril 2009, « on pensait que la plaque de Rodez était le dernier geste qu’on pouvait faire pour elle ». Dans le judaïsme, le symbole est très fort : « Quand quelqu’un décède, explique Didier, o n attend un an avant de poser la pierre tombale ». En un an, Janine a bouclé la boucle : Mado a laissé sa trace sur terre, pour l’éternité ».

 

« Article publié vendredi 3 septembre 2010, dans le journal L’Alsace. »

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

 

 

« Commencer le travail de deuil de sa sœur Madeleine » …. 64 ans après le décès ? N’est-ce pas légèrement tardif ? Ce n’est pas vraiment à nous d’en juger, mais nous avons au moins le droit de nous en étonner puisque la chose est rendue publique au lieu de se cantonner à la sphère privée, d’où elle n’aurait pas dû sortir.

Comme nous avons le droit de nous étonner de la plaque officiellement apposée à Rodez en 2009, soit également 64 ans après les faits. Pourquoi cette plaque? Pourquoi si tard ? Ne serait-ce pas afin de rappeler une fois de plus aux Français à quel point ils sont coupables, aujourd’hui et pour l’éternité ? Et combien inexpiable est leur dette à l’égard d’une communauté à ce point meurtrie ?

 

Je m’en voudrais de sombrer dans la « trivialisation* » qui nous menace furieusement, paraît-il, mais enfin ne faudrait-il pas rappeler de temps à autre au CRIF qu’outre les victimes juives, que nous ne pouvons que déplorer, il y eut près de 43 millions de civils morts dans les combats, déportations, exodes, massacres et bombardements divers durant la seconde guerre mondiale ? Dont ceux d’Hiroshima et de Nagasaki. Et dont un nombre appréciable de Français. Imaginons que tous les parents encore vivants et descendants de ces victimes, et associations diverses les représentant, réclament sans cesse depuis lors un traitement particulier eu égard aux horreurs subies … la vie serait proprement infernale.

 

 

* Définition de la « trivialisation » telle que donnée par le CRIF : « révisionnisme rampant visant à minimiser les assassinats au cours de la Shoah, donnant la main à un confusionnisme idéologique qui vise à égaliser des situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. »

 

Le révisionnisme rampant qui donne la main au confusionnisme idéologique : j’ai des frissons en voyant s’avancer ce couple infernal. Au risque d’ajouter à ma confusion idéologique, je serais tentée d’adjoindre au couple maudit un petit élément supplémentaire de réflexion qui a toute sa place à ses côtés, mais dont il n’est curieusement jamais question : la lourde responsabilité des éléments juifs dans la révolution bolchevique partout en Europe – y compris en Allemagne - et son cortège d’horreurs, créant une situation qui pèsera lourdement dans le conflit mondial.

10:07 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

(...)

"le 23 avril 1944, un long chemin vers l’enfer, d’abord Auschwitz, puis Ragun, et enfin Therezienstadt que les Allemands avaient érigé comme « camp modèle », parce que la Croix Rouge venait y visiter les prisonniers…"

Voici ce que (...) disent pourtant ailleurs :

"Un grand nombre de juifs provenant de Tchécoslovaquie, environ 7 000, sont notamment enfermés à Theresienstadt. Le site est aussi utilisé comme camp de transit pour les juifs acheminés vers Auschwitz et les autres camps d'extermination. "

Auschwitz un transit vers Theresenstadt qui est un transit vers Auschwitz ?! N'importe quoi !

La Croix Rouge, après la guerre, en 1948, publia son rapport sur les camps allemands en trois volumes de 1,600 pages. Un délégué de la Croix Rouge était résident permanent dans chaque camps à partir de mars 1945.
(...)
La Croix Rouge fut interdite d'accès aussitôt que l'Armée Rouge entra dans les camps.

Tiens, sur le site du très respectable B'nai B'rith on retrouve notre Janine Blum qui se fait un petit peu plus bavarde sur son expérience à travers les terribles camps d'extermination:

"Direction Auschwitz. Après un internement, durant quelques mois, dans ce camp d’extermination situé à 70 km à l’ouest de Cracovie, toutes deux furent transférées à Bergen Belsen, puis à Raguhn (près de Leipzig) et enfin à Therezinstadt (ex-Tchécoslovaquie). C’est là que Madeleine est morte du typhus, le 15 mai 1945, soit une semaine après la signature de l’armistice. Janine, elle, est revenue miraculeusement de l’enfer."

Quel témoignage ! On en apprend des choses ! (...) Oh! Et elle a fait un tour à Bergen Belsen aussi ! (...)
De France (Aveyron) jusqu' en Pologne (Auschwitz), recul en Allemagne (Bergen Belsen), demi tour sur Raghun (près de Liepzig), terminus à Therezinstadt le "camp modèle" en Tchecoslovaquie !

Terminus au camp modèle de Therezinstadt, où la Croix Rouge dirige entièrement le camp ! Là où notre petite Janine aura le loisir de tout raconter sur ce qu'elle a vu dans les nombreux camps !

(...)

Écrit par : Gébé Tremblay | 05/09/2010

Je ne comprends rien à la logique des "organisateurs" de tous ces voyages. Promène-t-on ainsi des gens voués à l'extermination?

Ceci dit j'exprime ma compassion à ces victimes d'une machine absurde.

Écrit par : candide | 07/09/2010

Le tout premier livre sur l'Holocauste est The Black Book, par Ilya Erhenburg et Vasila Grossman, les deux plus importants propagandistes pour Staline. Son écriture commença en 1943 et la version originale terminée en 1946 est disponible depuis 1998.

Il faut lire ce livre et les autres "oeuvres" de Erhenburg pour comprendre l'origine du récit de l'Holocauste. C'est en quelque sorte l'Ancien Testament de la Shoah.

(...)

Écrit par : Gébé Tremblay | 08/09/2010

Les commentaires sont fermés.