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28/07/2010

J’AI L’HONNEUR DE NE PAS TE DEMANDER TA MAIN ….

Sur le blog des éditions Agone, on peut lire :

images.jpg« Lettre de Jacques Bouveresse à Mme Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur

En réaction à l’attribution d’une Légion d’honneur qu’il n’a jamais demandée, Jacques Bouveresse nous a transmis la lettre (en date du 17 juillet 2010) par laquelle il a refusé cet « honneur ».

 

« Madame la ministre,

Je viens d’apprendre avec étonnement par la rumeur publique et par la presse une nouvelle que m’a confirmée la lecture du Journal officiel du 14 juillet, à savoir que je figurais dans la liste des promus de la Légion d’honneur, sous la rubrique de votre ministère, avec le grade de chevalier.

Or non seulement je n’ai jamais sollicité de quelque façon que ce soit une distinction de cette sorte, mais j’ai au contraire fait savoir clairement, la première fois que la question s’est posée, il y a bien des années [1  ], et à nouveau peu de temps après avoir été élu au Collège de France, en 1995, que je ne souhaitais en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre. Si j’avais été informé de vos intentions, j’aurais pu aisément vous préciser que je n’ai pas changé d’attitude sur ce point et que je souhaite plus que jamais que ma volonté soit respectée.

Il ne peut, dans ces conditions, être question en aucun cas pour moi d’accepter la distinction qui m’est proposée et – vous me pardonnerez, je l’espère, de vous le dire avec franchise – certainement encore moins d’un gouvernement comme celui auquel vous appartenez, dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Éducation nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable.

J’ose espérer, par conséquent, que vous voudrez bien considérer cette lettre comme l’expression de mon refus ferme et définitif d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait en l’occurrence et prendre les mesures nécessaires pour qu’il en soit tenu compte.

En vous remerciant d’avance, je vous prie, Madame la ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Jacques Bouveresse »

—Jacques Bouveresse a publié aux éditions Agone neuf livres, dont cinq volume d'Essais et, dernièrement, La Connaissance de l'écrivain.

Notes

[1  ] Il s’agissait alors d’une proposition émanant du ministre socialiste Jack Lang. [ndlr]

 

Source : http://blog.agone.org/post/2010/07/26/Il-ne-peut-etre-question-en-aucun-cas-pour-moi-d%E2%80%99accepter-l-honneur-suppose-qui-m-est-fait

Commentaires

Il ne peut pas y avoir d'attribution de la Légion-d'honneut sans qu'il y ait au préalable une demande de l'intéressé.

Écrit par : Le défenseur de C Lévi-Strauss | 31/07/2010

Il est vrai que la règle exigeait, il y a 20 ans, mais peut-être les procédures ont-elles changé, que le futur impétrant soit interrogé (par les renseignements généraux), en vue de la constitution de son dossier. Il est en effet assez difficile de croire que l'intéressé n'ait pas été quelque peu informé.

Écrit par : Robert Spieler | 01/08/2010

Belle réaction - fière et modeste à la fois - de ce monsieur respectable, qui a refusé l'ubiquitaire hochet national aussi bien des mains d'un "homme" de gauche que de celles d'une femme de "droite". Je me souviens d'un autre refus de Légion-d'honneur : celui de l'écrivain Bernard Clavel (prix Goncourt 1968), qui - pour justifier son attitude - a dit en substance ne pas se souvenir d'avoir rendu à son pays des services lui semblant mériter une telle distinction. Lui, en tout cas, n'avait évidemment rien demandé, pas plus que Jacques Bouveresse. Ah, si tous les récipiendaires du petit ruban ou de la petite rosette écarlate (posée ou non sur plateau argent ou doré) affichaient la même pudeur !... Et surtout, si la classe politique avait assez de réflexes anti-démagogiques pour savoir trier !... Au lieu de cela, n'importe quel pousseur de chansonnette plus ou moins gnangnan, n'importe quel sportif, n'importe quelle autre "célébrité" de la société pipeule peut prétendre se voir décerner la Légion-d'honneur, décoration purement MILITAIRE au départ, alors que l'Ordre du Mérite a justement été institué depuis pour récompenser les mérites CIVILS n'ouvrant pas droit à arborer la couleur du sang versé ou, du moins, risqué pour la Patrie.

S'il m'avait été donné de recevoir la Légion-d'honneur pour de bonnes raisons, je n'aurais de cesse de la renvoyer pour ne pas être confondu avec ce vieux pochard camé et bouffi de Johnny Halliday, entre autres non-valeurs encensées par la connerie ambiante ! Je pense, en particulier, à nos "p'tits gars" qui se font trouver la peau en Afghanistan et partout ailleurs où ils n'ont rien à foutre que de rouler pour le compte de l'USraël...

On raconte qu'au début, il fallait aller chercher sa croix de la Légion-d'honneur derrière les lignes ennemies, où un gradé l'avait balancée pour donner à ses hommes le courage de charger. Ô Tempora, Ô Mores !!.....

Écrit par : Martial | 02/08/2010

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