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20/05/2010

BON, ON NE VA PAS EN FAIRE UN FROMAGE

Mais quand même, comme nous aimons bien aller au fond des choses et utiliser un peu notre cervelle, nous avons le droit de ne pas nous satisfaire des « explications » fournies.

Ceci pour indiquer que nous allons à nouveau revenir sur cette passionnante affaire du Bloc identitaire et de la signature de la funeste pétition par un « cadre » dudit Bloc.

 

Après quelques jours de ruminations – et la diffusion de la nouvelle de blog à blog, et vice-versa – le Bloc identitaire s’est décidé à pondre le communiqué suivant :

 

« Suite à une récente polémique, le Bloc identitaire tient à faire savoir qu’il n’a pas l’honneur de compter Fernand Cortès de Conquilla au nombre de ses adhérents, ainsi que celui-ci l’avait explicitement reconnu dans un entretien publié en décembre 2009 sur Internet. Ce dernier ne peut donc engager par ses déclarations une organisation politique à laquelle il n’appartient pas.
 
Si la liste sur laquelle il figurait aux élections régionales en Languedoc-Roussillon était soutenue par le Bloc identitaire, ses prises de position en dehors de cette campagne ne sauraient engager en aucune manière le Bloc identitaire. »

 

Ouiche… Un peu court comme explication et pas extraordinairement convaincant….

 

Il n’en reste pas moins que Cortès est vice-président du Comité d’entraide aux prisonniers européens (CEPE), très lié jusqu’à une époque récente au Bloc et qu’il était tête de liste « Ligue du Midi » pour l’Aude aux dernières régionales. Liste qui est une émanation directe du Bloc et dont la tête pour la région Languedoc-Roussillon, Richard Roudier, était auparavant président du même CEPE. Pour la petite histoire, la liste a fait 0,7% des voix.

 

Le moins que l’on puisse dire, s’il n’y a pas eu adhésion formelle au Bloc, pour des raisons subtiles qui nous échappent, il y a au moins une grande proximité d’idées. Car sinon, on serait en droit de s’interroger fortement sur la cohérence des candidatures présentées par le mouvement.

 

Nous finirons par deux rappels. L’un émane de Fabrice Robert, président du Bloc :

"Quiconque suit régulièrement nos activités, lit nos textes, sait que le Bloc Identitaire n'est ni antisémite, ni antisioniste et qu'il a relégué au magasin des antiquités politiques du XXe siècle ce que d'aucuns appellent la « question juive.

Nous ne sommes pas nationalistes, le nationalisme a été un drame pour l’Europe. Nous sommes populistes."

Et l’autre date de novembre 2009, c’est un texte de Pierre Vial :

« Merci 

A Orange, le 17 octobre, Fabrice Robert a déclaré : « Le nationalisme a été un drame pour l’Europe » et « Ce que nous reproche l’extrême-droite, c’est d’avoir rompu avec l’antisémitisme et l’antisionisme ». Richard Roudier, lui, a affirmé « condamner l’antisémitisme », lequel aurait « déshonoré le FN » .

Il faut remercier ces dirigeants du Bloc Identitaire de clarifier ainsi très précisément leur position, même si leurs déclarations ont de quoi laisser perplexes ceux qui connaissent bien leur pedigree et possèdent des archives bien tenues. Mais on comprend leur raisonnement : ils sont « en quête de respectabilité » (Le Monde, 20 octobre 2009) et, du coup, veulent se débarrasser de cette tunique de Nessus qu’est une étiquette d’extrême droite collant à la peau de ceux qui veulent devenir fréquentables pour être admis dans le jeu politicien classique et, pourquoi pas, y faire carrière.

Occasion rêvée, pour ce faire : en présentant une liste menée par le villieriste Bompard aux élections régionales en PACA, aider l’UMP, qui veut reprendre la région et ne pourra le faire si Le Pen est en piste, à empêcher celui-ci d’être au deuxième tour et permettre à Sarkozy de garder dans son escarcelle les voix ex-FN qu’il a réussi à kidnapper à la dernière présidentielle (et qui lui seront indispensables à la prochaine s’il veut l’emporter). Cela devrait bien mériter une petite récompense, non ?

Mais la lourde insistance mise sur la repentance (renoncement à l’antisémitisme) a une autre signification, plus lourde de conséquence politique. Elle s’inscrit à l’évidence dans les manœuvres de séduction entreprises, depuis pas mal de temps, par certains juifs en direction d’une partie de l’extrême droite hexagonale, au nom d’une nécessaire union sacrée contre le péril arabo-musulman. Les ouvrages et conférences de Del Valle, le dernier livre de Faye, les articles de Valeurs Actuelles, du Choc du Mois et de Minute (très actifs pour faire la pub du Bloc identitaire) correspondent à cette volonté de rapprochement, qu’illustrent par ailleurs des auteurs doués comme Zemmour et Finkielkraut.

Tout cela ne nous surprend ni ne nous émeut. Après tout, chacun ses choix. Mais, pour ne pas être berné, il faut être lucide et savoir qui est qui, qui travaille pour qui et pour quoi.»

(Terre & Peuple)

Commentaires

Eh oui, la vieille droite conservatrice et bourgeoise voudrait bien se repositionner à droite justement, car elle ressemble étrangement à la gauche, bourgeoise elle aussi, pour cela il lui faudrait ramener vers elle des gens classés plus à droite qu'elle, comme certains de la dites extrême droite, et ces certains ne demanderaient pas mieux, mais voila, pour ça, il faut abandonner certaines valeurs de droite. Tous les partis de droite et de gauche ont un jour commencé comme ça, aux extrêmes, il en reste, parce qu'il en faut, mais un jour ou l'autre il se trouve un ou des leaders qui trahissent et tout le reste suit, c'est le système qui veut ça. Quand les partis sont finis, usés et n'attirent plus personne, la place est libre pour de plus jeunes, qui ont commencés eux aussi aux extrêmes. La tentation, disons de l'embourgeoisement, est grande, ils sont rares ceux qui y résistent, comme apparemment JMLP.

Écrit par : NYH | 20/05/2010

En tous cas, on reconnaît ceux qui sont allés au fromage et à la soupe.

Écrit par : Fred | 21/05/2010

Les commentaires sont fermés.