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13/05/2010

LA GUERRE INCONNUE (Otto SKORZENY) - 5

180px-SkorzenyBW.jpg« Durst prononça une plaidoirie très documentée et en tout point remarquable, s’étonnant finalement qu’après de tels débats le procureur ait cru devoir demander une condamnation quelconque. En conclusion, le lieutenant-colonel McLure se tourna vers nous et déclara :

« Messieurs, si j’avais eu l’honneur de commander de tels hommes, j’en serais fier ! Nous demandons leur acquittement pur et simple ».

 

Durant les débats, le président avait visiblement soutenu l’accusation. L’acquittement ne devait faire aucun doute et cependant, il ne fut prononcé, le 9 septembre 1947, devant une salle archi comble, qu’après plusieurs heures de délibération. Les journalistes, photographes et radio-reporters se précipitèrent sur nous, accusés, dans un énorme tohu-bohu.

 

Je me dirigeais vers mes défenseurs pour les remercier lorsque le colonel Rosenfeld s’avança vers moi, la main tendue. Je ne suis pas d’un naturel rancunier et j’eusse volontiers serré la main d’un procureur acharné à servir la justice. Mais je ne pouvais croire en la bonne foi du colonel Rosenfeld. Il savait très bien que nous n’avions ni torturé, ni assassiné de prisonniers américains – ou autres -, que nous n’avions jamais eu l’intention d’attaquer le Q.G. d’Eisenhower, ni d’assassiner ce général ou un autre. Pourtant, il avait essayé de mêler l’action de la brigade blindée 150 au prétendu « massacre concerté » de Malmédy. Il avait suscité un témoignage erroné concernant l’emploi de « balles au cyanure » par mon unité durant la bataille des Ardennes. L’accusation avait même fait citer comme témoins à charge le fidèle Radl et Hunke ! Le colonel Durst avait protesté en vain :

« On prétend ainsi démontrer que les adjoints de l’accusé principal n’étaient pas d’accord avec leur chef ! »

 

En réalité, Radl et Hunke étaient apparus à la barre des témoins de l’accusation contraints et forcés. Radl répondit par monosyllabes non « coopératifs » aux questions de l’accusation. Quant à notre « Chinois », il se tut obstinément. Durant que le colonel Rosenfeld l’accablait de questions, il semblait vraiment être à Pékin ou à Tien-Tsin.

Mais sans les efforts obstinés de nos défenseurs, sans la déposition généreuse de Yeo-Thomas, nous eussions bel et bien été pendus, comme le furent le maréchal Keitel, le Generaloberst Jodl, Joachim von Ribbentrop, le Dr Seyss-Inquart, le Dr Kaltenbrunner, le Dr Alfred Rosenberg, le Dr Frick et quelques autres, dont les corps furent incinérés et les cendres jetées dans l’Isar.

 

« Les généraux vaincus ont été mis à mort. Si une autre guerre éclatait, devait dire le maréchal Montgoméry le 8 juillet 1948 à Paris, elle serait menée avec plus de férocité encore que la dernière, nul ne voulant être vaincu, c’est-à-dire pendu ! »

Nous étions acquittés, mais nous n’étions pas libres, nous autres les Waffen SS. Nous tombions sous le coup de ce décret des vainqueurs, devenu célèbre sous la dénomination d’Automatischer Arrest. C’est, je crois, le 11 septembre 1947 que la presse mondiale publia cette déclaration du colonel Rosenfeld : « Skorzeny est l’homme le plus dangereux d’Europe. »

 

Le lendemain, 12 septembre, j’apprenais que le Danemark et la Tchécoslovaquie demandaient mon extradition. Au bout de deux semaines, on constatait qu’il s’agissait « d’erreurs ». Quelques autres faux témoins furent par la suite démasqués. Je fus cependant renvoyé à Nuremberg, puis au camp de Darmstadt, pour y être « dénazifié ».

Je n’avais même pas eu l’autorisation de m’entretenir quelques instants avec le colonel Yeo-Thomas pour le remercier, ce que j’avais fait par lettre. Finalement, je reçus de lui un message disant :

« You did a jolly good job during the war ! (Vous avez fait un sacré bon boulot durant la guerre! …) Si vous avez besoin d’une planque, j’ai un appartement à Paris … Evadez-vous ».

 

Telle était bien mon intention. Trois années de détention me semblaient suffisantes. Je prévins le colonel américain commandant le camp de concentration que j’avais décidé de m’en aller. Il ne me crut pas. Mais deux heures plus tard, ce 27 juillet 1948, je m’installai – avec quelque difficulté – dans le coffre arrière de sa voiture. Le chauffeur allemand, qui allait faire des courses pour le commandant du camp, me fit innocemment franchir tous les barrages. J’avais choisi, moi aussi, la liberté".               

 

 

Je comptais arrêter là le récit de Skorzeny. Mais je m’aperçois que les quelques pages suivantes traitent de la « dénazification » en Allemagne. Elles vous intéresseront sans doute. Donc, nous continuerons encore un peu.

09:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

pour moi vous pouvez publier tout le bouquin. Parle-t-il de sa collaboration avec les services américains et la mise en place du gladio ?

Écrit par : BJ | 19/05/2010

"La guerre inconnue", de Skorzeny, est très facile à trouver. Vous devriez y trouver ce que vous semblez chercher.
Lisez aussi "Pacte avec le diable", de Fabrizio Calvi, paru en 2005, sous-titré "Les Etats-Unis, la shoah et les nazis". Comme on ne prête qu'aux riches, Skorzeny y est qualifié d'agent du KGB. Voire d'agent double. Ou triple. Ou ...

Écrit par : anne kling | 19/05/2010

bonjour il est trés facile de trouver des livres sur otto skorzeny sur price minister ou amazon .
j'y est trouvé "skorzeny -chef des commandos de hitler" de glenn b infield , ou bj trouvera ce qu'il cherche et pleins d'autres choses et j'ai trouvé "mission secréte " qui est la biographie officielle de skorzény ecrite par lui .
voila , bonne continuation anne kling .
cordialement .

Écrit par : giancana | 05/06/2010

Les commentaires sont fermés.