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09/05/2010

LA GUERRE INCONNUE (Otto Skorzeny) (2)

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 Intérieur dela prison de Nuremberg

 

 

 

« Des contrats d’édition furent conclus par intermédiaires. On me demanda des textes « publiables ». Je refusai. Cependant, certains détenus tapaient à la machine une bonne partie de la journée, soit pour la presse, soit pour l’accusation, ce qui revenait d’ailleurs au même.

 

Le général Warlimont et le besogneux Höttl, alias Walter Hagen, travaillaient, à leur défense sans doute, du matin au soir.

Le commentateur à la radio de Nuremberg avait, lui aussi, son réseau d’informateurs à l’intérieur de la prison. Il disait s’appeler Gaston Oulman et être citoyen d’une république sud-américaine. En réalité, il s’appelait Ullmann, comme tout le monde, et avait été en délicatesse avec la justice allemande avant la guerre.

 

Le trafic des autographes battait son plein. Sans vergogne, j’exigeais un paquet de cigarettes par signature. Mais comme, plus on était « dangereux », plus le tarif augmentait, j’ai connu au moins un individu qui n’hésita pas à se faire passer pour un redoutable criminel afin de s’assurer un séjour plus confortable. J’ignore si ses fausses confidences aux gardiens se retrouvèrent plus tard sur son acte d’accusation.

 

C’est à partir de ce moment que se créa la légende noire concernant les crimes les plus abominables, les plus écoeurants, dont le peuple allemand était collectivement tenu pour responsable. Cette notion de la responsabilité collective était basée sur le fait que 90% des Allemands s’étaient prononcés pour un homme qui avait voulu les réunir en une seule communauté, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

Ullmann et ses émules furent à l’origine de légendes atroces et fantastiques. Je ne veux parler que de ce que je connais : je fus accusé, on va le voir, de forfaits imaginaires, alors que le procureur du Tribunal militaire devant lequel nous comparaissions, mes camarades et moi, ne pouvait ignorer que ces accusations étaient sans fondement. Cependant, nous étions considérés a priori comme criminels. Au cours de cette guerre – et après – il y eut malheureusement trop d’épisodes horribles. Il était inutile d’en inventer.

 

Un crime reste un crime, même s’il est commis, pendant ou après la guerre, par le vainqueur. Peut-être serait-il temps, aujourd’hui – trente ans après la fin de la grande tragédie mondiale -, de considérer enfin ces problèmes avec toute l’objectivité nécessaire.

 

A Nuremberg, il n’était rien, et jusqu’à la gentillesse de l’aumônier catholique de la prison, le R.P. Sixtus O’Connor, d’où quelque péril ne pût sortir. Bien que l’ordre des Augustins auquel il appartenait descendît d’une société d’ermites, le Père n’avait rien d’un anachorète, au contraire. Il s’entretenait longuement avec les détenus, se montrait conciliant, amical, et défendait les prisonniers autant que le lui permettait le règlement d’Andrus. Il était irlandais, sa mère d’origine allemande, et certains détenus lui faisaient une cour assidue. Le Gauleiter Frank, Bach-Zelewski, le Gauleiter Bohle, Schellenberg et le mirobolant Höttl étaient parmi les plus zélés.

 

Les homélies du Père Sixtus étaient pleines d’allusions que chacun pouvait comprendre, car il ne se privait pas de critiquer ouvertement « le tribunal des hommes ». En novembre 1945, le jour des Morts, il prononça un sermon sur le sacrifice des millions de soldats allemands tombés à l’ennemi, qui lui fit honneur.

 

Des vainqueurs qui s’érigent en juges et tiennent les vaincus à leur merci disposent de puissants moyens de coercition : la détention d’abord, déprimante pour l’immense majorité des humains ; les privations diverses (ainsi nous n’eûmes l’autorisation de correspondre avec nos familles qu’à partir de février 1946) ; les interrogatoires dirigés ; la traduction tendancieuse, parfois jusqu’au contresens, des déclarations sous serment faites par les témoins ; la zizanie provoquée entre les accusés, les menaces, l’espionnage, les sévices.

 

Les « aveux » passés à Nuremberg, et généralement les dossiers d’une police politico-militaire ennemie du prisonnier interrogé, doivent être examinés avec beaucoup de circonspection par l’historien. Certains détenus ayant consenti à rendre de faux témoignages pour se sauver, je leur en fis le reproche. L’un d’eux, surtout, eut une attitude lamentable : « J’ai une femme, des enfants, me dit-il. Je ne pouvais faire autrement ».

 

D’autres détenus refusèrent de témoigner faussement. Le maréchal de l’Air Milch fit certifier devant témoins par son défenseur, le Dr Berghold, que de très fortes pressions avaient été exercées sur lui pour qu’il accablât le maréchal Goering. Le maréchal Milch et Me Berghold purent même alerter, à ce sujet, les délégués de la Croix-Rouge internationale. Ce fut difficile, et beaucoup de témoins, menacés d’être considérés comme accusés, n’eurent pas cette possibilité.

 

J’ai séjourné à trois reprises à la prison de Nuremberg : de septembre 1945 à mai 1946, en juillet et août 1946, puis en février et mars 1948. la troisième fois, je décidai de briguer un emploi. Dans toutes les cellules, les vitres avaient été remplacées par des panneaux de plastique transparent, fixés aux cadres des fenêtres par de petits clous ou des punaises qui se détachaient assez souvent. Je me présentai comme volontaire pour les reclouer.

 

Outre que je recevais pour la peine un paquet de tabac par semaine, j’avais ainsi la possibilité de pénétrer dans les cellules, de parler avec les camarades accusés, de faire d’intéressantes liaisons, d’encourager ceux dont le moral était tombé à zéro. Du même coup, je me donnais à moi-même du courage. Si les gardes intervenaient, je prétendais avoir demandé des nouvelles de la famille du détenu, etc. Du reste, je le répète, il existait entre les gardiens noirs de l’armée U.S. et nous, les parias, une véritable solidarité. Les « psychologues » commirent une grave erreur psychologique en nous faisant garder par des Noirs qui, en refusant de nous traiter comme des bêtes, donnèrent à Andrus de nombreuses leçons d’humanité.

 

Mais c’était, avant tout, le temps des juges. Dans la zone d’occupation britannique, on se livra à une gigantesque enquête concernant plus de 700 000 officiers et soldats allemands. On découvrit finalement 937 prisonniers suspects d’avoir violé les lois de la guerre. Les tribunaux militaires britanniques rendirent à leur sujet les verdicts suivants :

Condamnations à mort : 230

A la détention perpétuelle : 24

A la détention à temps : 423

Total : 677

Acquittements : 260

 

677 avaient donc fait une guerre jugée incorrecte par les vainqueurs, soit moins d’un sur mille.

En zone d’occupation américaine, on ne retint finalement, selon le rapport final du brigadier général Telford Taylor, que 570 militaires allemands tombant sous le coup de la fameuse loi n°10 [Cette loi autorisait les commandants militaires alliés à instituer des tribunaux chargés de juger les responsables de « crimes de guerre, crimes contre la paix et crimes contre l’humanité », tels que ces crimes étaient définis par la charte de Nuremberg].

177 seulement comparurent devant les tribunaux américains, avec les résultats suivants :

Condamnations à mort : 24

A la détention perpétuelle ou à temps : 118

Total : 142

Acquittements : 35

 

En zone d’occupation française, on arrêta plusieurs milliers de personnes. Sur place, les condamnations suivantes furent prononcées :

Condamnations à mort : 104 (62 exécutées)

A la détention perpétuelle : 44

A la détention à temps : 1 475

Total : 1 623

Acquittements : 404

 

Soit un total de 2 442 condamnés, sur plus de 10 millions de mobilisés, ou 0,024%.

 

En zone d’occupation soviétique, les exécutions sommaires dépassèrent 185 000. sur 4 millions de prisonniers allemands en URSS, à peine 30% revinrent à partir de 1945 ».

15:16 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

VAE VICTIS : malheur aux vaincus, disait déjà le chef gaulois Brennus à des Romains prisionniers (sans pour autant prétendre les juger). C'est vieux comme le monde, évidemment. Mais les chantres des "droits de l'homme", les "défenseurs des valeurs démocratiques", les "ennemis de la barbarie" qui s'étaient ligués pour vaincre l'Allemagne en 1945 ont porté la mise en oeuvre de cette formule latine à son niveau maximum. Au point de bafouer les "droits de l'homme" des vaincus ainsi que les "valeurs de la démocratie", sans même parler de la véritable barbarie dont les sauvages soviétiques firent preuve dans les régions d'Allemagne qui eurent l'infortune de tomber sous leur coupe (avec la complicité américaine, comme le général Patton devait le dénoncer avant de périr dans un malencontreux accident d'automobile...). Sans parler non plus du CRIME DE GUERRE abominable qu'avait déjà été le bombardement de Dresde par les bombes au phosphore britannique.

QUI VEUT FAIRE L'ANGE FAIT LA BÊTE, a écrit Blaise Pascal... C'est ce qu'il faudrait répéter à satiété à des instances de vainqueurs comme le Tribunal Pénal International qui est en train de juger Milosevic, l'ex-gouvernant d'un pays écrabouillé sous les bombes et arbitrairement privé d'une de ses provinces par l'islamo-prosternation internationale.

Écrit par : Martial | 09/05/2010

Avec le XXeme siècle les temps ont définitivement changés, jusqu'ici les peuples étaient gouvernés par des souverains ou des hommes d'états nationaux, ce sont aujourd'hui des gérants qui administrent des pays dépendants les uns des autres. Pour parvenir a faire accepter cette situation aux peuples il fallait d'abord leur faire accepter de force l'"idéologie" qui l'impose et condamner comme criminels ceux qui s'y opposaient. Le but du procès de Nuremberg n'était pas de juger les accusés mais de condamner des monstres afin que ce verdict agisse sur l'esprit des gens comme une véritable "sidération mentale" qui paralyserait ensuite chez eux toutes opposition à un monde sans frontières voulu par l'idéologie libre échangiste qui a triomphé et dont les représentants nous gouvernent aujourd'hui. Le dernière guerre mondiale fut donc la première guerre idéologique et pourtant elle aussi était, du coté des alliés en tout cas, une guerre d'intérêts.

Écrit par : NYH | 09/05/2010

Notre situation actuelle rejoint celle des nazis à Nuremberg, mais en pire. Ce n'est plus le droit de se défendre qui est bafoué, mais le droit d'exister. En France et aux USA, tout comme en Allemagne, ceux qui s'opposent à la politique délibérée de remplacement des Blancs se font accuser de racisme! Je comprends que les nazis aient été amers suite à leur défaite militaire, suite aux mensonges des vainqueurs, et vu leur situation personnelle dans les prisons et tribunaux militaires. Mais là, on est dans une situation bien pire qu'eux. Le point de vue européen est interdit d'antenne, on se fait diffamer en permanence, notre histoire est condamnée en bloc par des tribunaux médiatiques, tout comme l'a été le régime nazi... Même si on ne risque pas la corde au niveau individuel, on est bel et bien dans un processus de disparition collective. Au moins, quand ils se faisaient pendre à Nuremberg, ils pouvaient espérer que leur pays leur survivrait.

Écrit par : Nominoé | 10/05/2010

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