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06/05/2010

« La terreur nazie mise sous verre à Berlin »

Tel est le titre de l’article suivant, paru dans Le Temps, de Genève :

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« Berlin inaugure aujourd’hui un musée là où la Gestapo et les SS avaient leur quartier général. Entre vestiges de l’horreur et documents, le public découvre les méthodes et la logique du régime hitlérien.

Un cube de béton planté au milieu d’un immense terrain couvert de ballast ferroviaire… De loin, le gris domine l’ancien quartier général de la terreur nazie. «Topographie de la terreur»… C’est le nom que les Berlinois ont choisi pour nommer l’innommable: les ruines de l’ancien Palais Prinz-Albrecht qui abritaient le siège des SS, de la Gestapo et des forces de police en plein cœur de Berlin. Le site longe la Wilhelmstrasse – l’ancien centre du pouvoir du Reich – les vestiges du Mur de la honte et le Martin Gropius Bau, un prestigieux bâtiment dédié aux expositions d’art symbolisant ainsi les aléas de l’histoire allemande. Aujourd’hui y sera inauguré un nouveau musée qui informera les visiteurs sur le fonctionnement impitoyablement efficace de l’appareil de persécution national-socialiste.

Le bâtiment de béton et de verre doublé d’un fin grillage métallique laisse étonnamment passer la lumière. «De n’importe quel point du bâtiment, on peut voir le site, insiste Andreas Nachama, le directeur de la Fondation Topographie de la terreur, qui gère les lieux. Le bâtiment s’efface devant le site, lui laisse sa place de principal objet de l’exposition.»

«Topographie de la terreur» abrite une rangée de caves à moitié éventrées, abritées d’un toit de verre. C’est ce qui reste des fondations du Palais Prinz-Albrecht, une ancienne école d’art édifiée au début du XXe siècle sur les plans de l’architecte Oskar Ossfeld, réquisitionnée par la Gestapo à partir de mai 1933, quelques mois après l’arrivée de Hitler au pouvoir. C’est là qu’ont été conçus et mis au point les détails des plans de terreur et d’extermination nazis. Quinze mille opposants au régime ont été emprisonnés et torturés dans les caves du bâtiment.

«Après la guerre, les Berlinois ont vite oublié cet épisode, explique Andreas Nachama. Le Palais Prinz Albrecht avait été rasé par les bombes. Puis il y a eu le Mur, qui passait directement ici. Pour les Berlinois de l’Ouest, c’était le bout du monde, un cul-de-sac. Ce n’est qu’en 1983 que des citoyens ont commencé à s’interroger sur le lieu, se demandant comment rappeler ce qui s’était passé ici. C’est comme ça qu’est née la Fondation Topographie de la terreur.»

L’idée d’un musée s’impose rapidement. Une petite exposition temporaire à ciel ouvert voit le jour, en 1987. Le temporaire va finalement durer 23 années de déboires en tout genre: financiers, architecturaux, politiques… Un premier projet de musée, selon les plans de l’architecte suisse Peter Zumthor, a enthousiasmé municipalité et fondation. Face à l’explosion inattendue des coûts (38 millions d’euros au lieu des 38 millions de marks prévus), la municipalité décide un gel du projet en 2004 et l’Etat fédéral hérite du dossier. Deux escaliers du projet Zumthor, déjà construits, seront finalement détruits. Le projet redémarre de zéro.

La réalisation du musée est finalement confiée à l’architecte allemande Ursula Wilms, qui livre un projet nettement moins spectaculaire que celui de Zumthor mais a le double avantage de respecter les délais (une inauguration avant le 8 mai 2010) et le budget (20 millions d’euros) imposé.

Le nouveau musée abrite 800 mètres carrés d’une exposition destinée à faire comprendre «ce qui est sorti de cet endroit, précise Andreas Nachama, historien, rabbin et ancien président de la Communauté juive de Berlin. Il s’agit de comprendre comment la terreur nazie est partie d’ici pour se répandre dans toute l’Europe». Une série de panneaux (textes et photos) relate en cinq chapitres «comment en 120 jours les nazis ont mis fin à la démocratie au profit d’un régime dictatorial», qui étaient les SS et les membres de la Gestapo («des avocats, des médecins, des personnes cultivées, et pas du tout des brutes cherchant à en découdre comme on le pense trop souvent»), et comment la terreur s’est répandue sur l’Europe au rythme des annexions. Le bâtiment abrite également une bibliothèque de 20 000 livres sur le nazisme et un centre de conférences.

Par ailleurs, le principe de l’itinéraire extérieur est préservé: un chemin de 15 stations relate à l’aide de tableaux explicatifs l’histoire du site, menant de ce qui reste des fondations du Palais Prinz-Albrecht à une petite forêt de robiniers, qui a poussé là, au fil des ans.

«Topographie de la terreur» est le troisième site (aux côtés du Mémorial de l’Holocauste inauguré voici cinq ans et né d’une initiative privée et du Musée Juif) dédié au cœur de Berlin aux victimes du nazisme. «La particularité de ce lieu est qu’il est le seul à se trouver sur un emplacement historique, précise Andreas Nachama. Ici, c’est un endroit pour apprendre. Ce n’est pas un mémorial.»

 

 

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/15a87dd2-5886-11df-b657-eeefaea2bba8|0

08:34 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

En lisant ça, on ne peut se départir de la désagréable impression que l'antisémitisme a de nouveau un bel avenir devant lui en Allemagne...

Écrit par : Martial | 06/05/2010

Censuré ! Mon commentaire censuré !

Je reste vraiment perplexe et me pose bien des questions sur les raisons de votre censure. Mais, vous m'apprenez si bien des aspects cachés de notre histoire de ce 20ème siècle et, en cela, je continuerai à vous lire et à apprendre de vous,malgré ma déception .

Soyez en remercié, Madame

Écrit par : Salim | 06/05/2010

A Salim:

Je suis désolée, mais relisez votre commentaire: engeance perverse et malade, déments vampiriques assoiffés de sang frais, nature satanique ... reconnaissez que vous n'y êtes pas allé avec le dos de la cuillère!

Je suis responsable, moi, de tout ce qui paraît sur le blog et nous n'allons pas donner des armes à nos chers ennemis qui nous scrutent, non?

Écrit par : anne kling | 07/05/2010

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