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28/04/2010

LA BAGATELLE DE « QUELQUE 60 MILLIARDS DE DOLLARS »

Dans L’industrie de l’holocauste, paru en français en 2001, Norman Finkelstein nous dit beaucoup de choses, dont nous allons extraire les deux paragraphes suivants, tirés du chapitre intitulé La double extorsion. Car ces deux paragraphes éclairent de façon intéressante l’article qui suivra :

 

« A l’origine, l’expression « survivants de l’Holocauste » désignait ceux qui avaient subi le terrible traumatisme du ghetto puis du camp. On estime à 100 000 le nombre de ces survivants à la fin de la guerre*. Aujourd’hui leur nombre ne peut guère dépasser le quart de ce chiffre. Comme ceux qui avaient souffert dans les camps se voyaient décerner la palme du martyre, bien des Juifs qui avaient passé la guerre ailleurs se sont fait passer pour des survivants des camps. Il y avait à cela un autre motif puissant, d’ordre matériel celui-ci. Après la guerre, le gouvernement allemand a versé des indemnités aux Juifs des ghettos et des camps. Beaucoup de Juifs se sont fabriqué un passé qui leur donne droit à figurer sur la liste des réparations **. « Si tous ceux qui se prétendent survivants le sont réellement – se demandait souvent ma mère – on se demande qui Hitler a bien pu tuer ».

 

* Henry Friedlander, « Darkness and Dawn in 1945 : The Nazis, the Allies, and the Survivors”, in US Holocaust Memorial Museum, 1945 – the Year of Liberation, Washington, 1995, pp. 11-35

** Voir par exemple Tom Segev, The Seventh Million, p.248

 

“La question des réparations est un moyen unique pour comprendre le fonctionnement de l’industrie de l’Holocauste. Comme on l’a vu plus haut, l’Allemagne, alignée sur les Etats-Unis dans la guerre froide, fut vite réhabilitée et l’holocauste nazi rapidement oublié. Pourtant, au début des années 1950, la République fédérale, après négociations avec des institutions juives, signa des accords pour l’indemnisation des victimes. Sans guère de pressions extérieures, elle a versé à l’heure actuelle quelque 60 milliards de dollars. »

 

Ce qui nous amène à l’article suivant, paru ce jour. A voir la façon dont le gouvernement traite ces « survivants », ou « rescapés », qui seraient au nombre de 270 000, on peut se demander s’il est tellement convaincu de leur « qualité » si je puis dire. Mais comme leur utilité est ailleurs, difficile pour ce même gouvernement de ne pas faire un petit geste, que voici :

 

« Déblocage pour les rescapés de la Shoah

 

La commission parlementaire de la Constitution, la Justice et la Loi vient de lever l'interdiction sur le transfert des noms et autres données à la Caisse nationale de santé concernant les rescapés de la Shoah. Des milliers de personnes vont ainsi pouvoir recevoir une aide financière et des réductions en matière de santé dans les prochains jours, d'après un porte-parole du ministre des Affaires sociales.

 

Cette décision fait suite à l'insistance du président de la commission parlementaire des finances, Moshé Gafni, auprès du gouvernement. Il s'était exprimé devant la commission, deux semaines plus tôt, en faveur de la redistribution des allocations aux survivants de la Shoah.

 

 

50 millions de shekels alloués à 80 000 personnes

 

 

Cette aide a été mise en place par le gouvernement deux ans plus tôt. Toutefois, en raison de la lourde bureaucratie et de plusieurs désaccords au sein des ministères de la Santé, des Finances et des Affaires sociales, les bénéficiaires n'ont toujours rien perçu. Les ministres concernés sont enfin parvenus à un accord début avril. La somme administrée aux 80 000 survivants s'élève à 50 millions de shekels par an. Cela comprend la prise en charge des soins et du matériel médicaux à hauteur de 90 %.

 

 

Selon une étude de l'Institut Meyers Brookdale, publiée en 2009, de nombreux rescapés de la Shoah souffrent de problèmes cardiaques et de désordres psychologiques chroniques en raison de leur expérience. Et beaucoup de traitements sont aujourd'hui très mal couverts par la Caisse de santé.

 

 

D'après les récents chiffres officiels, 270 000 rescapés vivraient aujourd'hui en Israël. Certaines organisations non-gouvernementales (ONG), estiment qu'un tiers d'entre eux vivent en-dessous du seuil de pauvreté, survivant grâce à la seule pension de l'Etat et quelques aides supplémentaires. Ils doivent ainsi parfois choisir entre s'acheter de la nourriture ou des médicaments. »

 

 

Source : http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1271934545469&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

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