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07/04/2010

AILLEURS …. EN FRANCE

Le CRIF nous présente l’histoire qui suit et qui fait l’objet d’un livre. Mon seul commentaire sera le suivant : pourquoi tous ces gens, et il y en eut des milliers – notamment les parents de Richard Prasquier, président du CRIF – n’eurent-ils rien de plus pressé, dès la fin de la guerre, que de venir en France, qui leur paraissait être le pays de la liberté ? La France, qui était pourtant le pays de l’affaire Dreyfus, de l’antisémitisme, du régime de Vichy, etc. Moi je trouve quand même ça étonnant. Et tellement courageux de leur part.

 

Finalement, toute antisémite qu’elle était, la France ne les a pas trop mal reçus. Elle a eu raison car elle en a été particulièrement récompensée.

 

 

« Ailleurs, par Micheline Herc »

 

« C’est une histoire véritablement extraordinaire que nous raconte le docteur Micheline Herc, neuropsychiatre de son état. Et pourtant, il s’agit d’une histoire vraie, celle de sa propre jeunesse, le récit de l’errance d’une enfant juive de Varsovie au Kazakhstan en passant par les coins les plus reculés de Sibérie.

 

Avant même de naître, Micheline Herc, encore dans le ventre de sa mère, a déjà un avant-goût des difficultés de la vie. Au septième mois de grossesse, sa mère est victime d’une crise d’éclampsie liée à une toxémie et tombe dans le coma. Contre toute attente on parvient à sauver la mère et la fille qui naît prématurée à sept mois et demi et pèse 1kg200. Pour comble de malheur, elle fait en plus une double pneumonie.

 

Nous sommes à Varsovie, en 1937, au sein d’une famille juive qui vit, au quotidien, l’antisémitisme rampant qui règne alors en Pologne. Brillant ingénieur, mariée à une juive russe, le père de Micheline sait qu’il faudra quitter le pays. D’autant plus que les bruits de botte se font inquiétants. Hitler est aux portes du pays. La famille Herc décide de fuir. Vers le Nord, vers la Scandinavie. L’errance commence. Les voici à Bialystok puis à Vilna, en Lituanie. Hélas, les Soviétiques envahissent la région et décrètent que les Polonais qui refusent de prendre la nationalité de l’URSS seront déportés en Sibérie. L’ingénieur Herc et son épouse ne veulent  pas entendre parler d’un passeport soviétique. Comme des centaines d’autres Polonais, ils sont transférés à Arkhangelsk. Le froid, les habitations précaires. Rien n’est épargné aux déportés. Par chance, la maman de Micheline trouve un emploi de comptable dans une structure collectiviste et se fait bûcheronne. Le père, pendant ce temps, va et vient, on ne sait trop où, à la recherche de passeurs. « C’est ainsi, raconte Micheline Herc, que nous nous sommes enfuis en chariot en direction de la Chine. Mais l’entreprise a tourné court. Et la famille se retrouve en Ouzbékistan puis au Kazakhstan. La petite Micheline, une blondinette, devient un peu la mascotte de la population locale. On lui offre du lait, une denrée précieuse pour la famille. Curieuse de tout, elle observe ces Asiates mongols qui vivent dans des yourtes. Contrairement à la plupart des autres fillettes polonaises, souvent méprisantes et moqueuses, elle apprend leur langue et s’intéresse à leurs coutumes et à leur façon de prier. Les mois et les années passent. La Guerre est finie. Les Herc vont passer encore quelque temps dans la ville de Saïram. En 1946, enfin, ils peuvent regagner la Pologne. Les lieux de l’enfance ne sont plus que des ruines. La famille paternelle a été décimée par la Shoah. Il n’est plus question de demeurer à Varsovie ou à Lodz. Les Herc, apatrides, gagnent Paris. Une nouvelle vie commence pour la petite sauvageonne. Elle a neuf ans, ne parle pas le français, mais elle a la vie devant soi.

 

Ce récit édifiant et passionnant se lit d’une traite. On regrettera toutefois de nombreuses coquilles qui devraient, on le souhaite, disparaître dans une seconde édition.

 

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=19613&artyd=8

18:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Chère Anne,

Connaissez-vous l'histoire juive suivante, qui se passe fin du 19e siècle, au moment de l'affaire Dreyfus.

Un Juif français accueille, à la Gare de l'Est, un Juif polonais fraîchement débarqué de Varsovie par cette phrase:
" Tu es bien fou de venir t'établir dans ce pays où un Français sur deux n'aime pas les Juifs et où le Capitaine Dreyfus est traité de traître" !!!!

Le Juif polonais, très étonné, lui répond en souriant:

" C'est inespéré pour moi de pouvoir m'installer dans un pays où 50 % de la population nous aime et où un Juif peut devenir Capitaine"!!!!

Écrit par : ELSASSLAND | 07/04/2010

Ne l'auriez-vous pas trouvée dans ... La France LICRAtisée? En fait, moi-même je l'avais trouvée dans Le Droit de Vivre de mai 1985 et je la rapporte en ces termes:

Chalom Aleikhem, écrivain yiddish du début du XXe siècle, met en scène dans un de ses livres un personnage qui veut se rendre en France et qui est mis en garde par ses amis: "Attention, vous risquez gros. Là-bas, on a arrêté un capitaine juif et la moitié de la France est contre lui". La réponse de l'écrivain par le biais de son personnage est la suivante: "Je veux sans plus attendre aller dans ce pays où un juif peut être capitaine et où il n'a que la moitié des gens contre lui!".

Écrit par : anne kling | 08/04/2010

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