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08/03/2010

LE REVOILA

images.jpgVous connaissez sans doute l’excellent ouvrage de Yves-Marie Laulan, Jacques Chirac et le déclin français  - Trente ans de politique, premier bilan, paru en 2001. L’histoire jugera un personnage sous le « règne » duquel la France connut une dégringolade sans précédent dans nombre de domaines.

Rappelons simplement ces quelques lignes, lourdes d’ironie amère, qui figurent dans la conclusion de Laulan :

 

« Peut-on juger Jacques Chirac coupable de la situation que connaît la France ? En aucun cas. Car pour se sentir coupable, il faut avoir le sens du péché, du bien ou du mal, bref, disposer en politique d’une référence morale quelconque. Or, il a été abondamment démontré que Jacques Chirac était totalement dépourvu du sens de la France ou d’une vision de la France, de son identité, de sa destinée. Il ne saurait donc en aucun cas être tenu comptable de la décadence française. Son souci, ce sont les droits de l’homme, en Chine ou en Russie, ou la peine de mort, aux Etats-Unis, de préférence. Pas la France et son déclin.

 

Peut-on le considérer comme responsable, au moins partiellement, de ce déclin ? Pas davantage. La même démarche nous conduit à répondre par la négative, et pour les mêmes raisons. Car pour être jugé responsable, il faut avoir le sens des responsabilités. Or Jacques Chirac s’est précisément évertué tout au long de sa longue carrière à les esquiver, avec beaucoup de succès d’ailleurs. Il n’est donc absolument pas question de le considérer comme responsable de ce qui s’est passé en France depuis trente ans, encore moins depuis 1995 ».

 

Eh bien, c’est ce personnage qui écrit le texte qui suit afin d’ajouter son grain de sel au battage autour du film La Rafle. S’il n’avait pas le sens de la France, ni celui des responsabilités, il eut du moins en 1995  la prudence d’accomplir avec célérité la promesse électorale qu’il avait faite aux « élites » juives : leur offrir la repentance officielle à laquelle ses prédécesseurs, y compris François Mitterrand, s’étaient toujours refusés. Pressenti lui aussi d’accomplir, le cas échéant, le même geste, Edouard Balladur s’y était refusé. Mais il avait perdu. Et Chirac gagné. Chirac qui ose aujourd’hui parler de « grande nation » et de « cohésion nationale », alors qu’il a installé et favorisé tous les ferments de communautarisme qui explosent aujourd’hui.

 

 

«La mémoire éclaire l'avenir», par Jacques Chirac

 

Il n’y a pas de grande nation, pas de cohésion nationale, pas de capacité à relever les défis du monde, sans mémoire. C’est pourquoi j’ai voulu que l’un de mes premiers actes au service des Françaises et des Français soit de condamner le double crime de Vichy : un crime contre toutes ces familles livrées aux bourreaux nazis autant qu’un crime contre la France.

 

Le 16 juillet 1942, au petit matin, quatre cent cinquante policiers et gendarmes, ceux-là même dont la mission était de faire respecter la loi et de protéger les citoyens, sont venus arrêter près de dix mille femmes, hommes et enfants. Avec les rafles qui ont suivi, soixante-seize mille juifs de France ont été envoyés à la mort. Combien d’entre eux ont ressenti, dans leurs ultimes instants, la négation de la foi qu’ils avaient dans le magnifique proverbe yiddish: "Heureux comme un juif en France."

 

Les images atroces, restituées avec tant de force dans le film La Rafle, de fonctionnaires, en uniformes français, séparant les mères de leurs enfants, sans pitié ni respect pour les vieillards, les jetant brutalement dans les wagons de la mort, avaient ouvert une plaie que le temps ne parviendra pas à refermer. Nier, occulter cette réalité, c’était prendre le risque de voir se diffuser, dans notre conscience collective, le pire des poisons : le doute sur soi.

 

En tant que chef de l’Etat, j’ai estimé que ma mission et mon devoir étaient de reconnaître que, oui, la folie criminelle de l’occupant avait été secondée par des Français, par l’Etat français ; que la France, patrie de Lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, avait accompli, ce 16 juillet 1942, l’irréparable.

 

La France devait le dire à ses compatriotes juifs. Elle le devait tout autant à elle-même. Savoir qualifier les instants noirs de son histoire, c’est savoir qui l’on est. C’est pouvoir affirmer, en toute conscience, que la France, ce n’est pas cela. La France, c’est la patrie du J’accuse de Zola, de l’homme du 18 juin, des Français libres de Bir Hakeim et de la Résistance.

 

La France, comme l’a souvent rappelé mon amie Simone Veil, ce sont aussi les justes, ces Français anonymes qui ont sauvé tant de juifs. Comme dans un jeu de miroir symbolique, le discours du Vel’ d’Hiv de juillet 1995 et l’hommage rendu aux justes au Panthéon en janvier 2007 se répondent dans une même fierté française. Car la mémoire éclaire l’avenir et tout doit nous conduire à revendiquer avec fierté les valeurs qui font l’identité française, des valeurs utiles à la France comme au monde.

 

Depuis la Révolution, depuis que le général de Gaulle et le Conseil national de la Résistance ont posé les bases de la France moderne, notre pacte social est fondé sur des principes dont nous devons tous nous sentir les dépositaires : l’égalité des droits et des chances pour tous les enfants de la République, quelles que soient leurs origines ; la solidarité, comme ciment de notre cohésion nationale ; et le courage d’affirmer partout dans le monde que jamais la force ne saurait primer sur le droit. A l’heure où beaucoup de repères sont bouleversés, sachons voir que ces valeurs qui fondent le modèle français s’imposent d’évidence comme autant d’atouts pour relever les défis de notre avenir. »

 

Source : Journal du Dimanche du 7 mars

Commentaires

M. Chirac était un fils d'instituteur radical socialiste, lui-même ancien militant communiste. Presque tous les vrais collaborateurs (ceux qui ont adhéré au programme national-socialiste ou qui ont objectivement aidé la victoire de l'Allemagne) étaient des radicaux-socialistes ou des communistes. Les militants de gauche se sont ensuite dédouanés de leur désertion, puis de leur collaboration en retournant leur veste, en tuant des soldats isolés, et en devenant épurateurs d'autant plus courageux qu'il s'attaquaient à des femmes ou à des prisonniers.

Jacques Chirac a donc exactement le profil des anciens collaborateurs qui sont devenu d'impitoyables dénonciateurs de la collaboration dès que les Alliés ont commencé à avoir le dessus. La dénonciation des autres fait l'essentiel de l'activité d'un communiste.

L'engagement procommuniste de M. Chirac ne fait pas de doute. Il a d'ailleurs fait donner le statut d'anciens combattants français aux anciens membres des brigades internationales, celui de réfugié politique à des terroristes du FLN, et valider le service de M. Boudarel comme commissaire politique et tortionnaire comme service ouvrant droit à la retraite des fonctionnaires.

M. Chirac n'a rien trouvé dans sa propre action politique, ou dans celle de ses compagnons de route du FLN et du Cambodge, dont il puisse se repentir.

M. Chirac n'a fait qu'une chose de bien pendant ses deux septénats, c'est de ne pas céder à l'injonction des USA et de la Grande Bretagne d'aller détruire l'Irak et tuer un million de personnes. Je n'ai jamais compris pourquoi.

M. Sarkozy nous fait regrêter Chirac.

Écrit par : PL24 | 09/03/2010

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