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04/03/2010

VITE UN CONTRE FEU !!!

Absolument rien à voir avec l’article suivant "Simon Wiesenthal mérite-t-il d'intégrer le club Pinocchio?".  Juste une coïncidence …

 

« Le Nouvel Observateur du jeudi 4 mars 2010 consacre un grand dossier à la Shoah, dont voici deux articles par Laurent Lemire:

 

Vichy complice

 

Le 20 janvier 1942, à la conférence de Wannsee, les dignitaires nazis mettent au point les grandes lignes de la solution finale destinée à l’extermination des juifs d’Europe. Le 1er février 1942, Maurice Papon est nommé secrétaire général de la préfecture de Gironde, à Bordeaux, en zone occupée. De juillet 1942 à juin 1944, 11 convois transportent de Bordeaux à Drancy près de 1 600 juifs, qui seront ensuite acheminés vers Auschwitz.

 

Les documents produits lors du procès de Maurice Papon en 1998 ne laissent planer aucun doute sur son action. Le 2 avril 1998, la cour d’assises de la Gironde l’a condamné à dix années de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité. Au cours des audiences, Maurice Papon s’est toujours défendu d’avoir vraiment connu les plans des nazis en n’ayant fait que son travail de fonctionnaire. Mais les documents infirment ses déclarations. Ainsi, le 28 juillet 1942, Maurice Papon demande à l’intendant de police régional d’aviser les autorités allemandes que les juifs Robert Goldenberg, Viktor Braun et Léon Librach ont bien été transférés à Drancy.

 

Du côté du gouvernement de Vichy, la responsabilité est encore plus nette. Le 2 juillet 1942, René Bousquet, secrétaire général de la police dans le gouvernement Laval, et le général SS Karl Oberg, commandant de la police et du SD – le service de sécurité – allemands, signent un accord de coopération en matière de politique antijuive. Deux jours plus tard, le 4 juillet, Pierre Laval suggère que les rafles n’épargnent pas les enfants de moins de 16 ans pour assurer le "regroupement des familles", ce que les Allemands ne réclamaient pas. Mesure d’un cynisme terrifiant, expliqueront certains historiens, car Pierre Laval ne voulait surtout pas avoir à faire avec les enfants des victimes après la guerre. Lors de la rafle du Vél’d’Hiv’ des 16 et 17 juillet, 12 884 juifs sont arrêtés, dont 4 051 enfants…

 

Face à la réprobation qui commence à poindre dans la population française et aux interrogations qui surgissent, le 2 septembre 1942, Laval rencontre Oberg. Objectif : se mettre d’accord sur une "convention de langage" en réponse aux questions concernant la destination des juifs. "Il a été convenu que le président Laval communique en réponse à de telles questions que les juifs transférés de la zone non occupée aux Autorités d’Occupation sont transportés pour être employés au travail dans le gouvernement général". Laval qui n’a rien voulu savoir s’en tiendra à cette version de juifs emmenés en Pologne pour y cultiver les terres de leur futur Etat…

 

Donc l’Etat français et ses principaux responsables, Pétain, Laval et Darlan, savaient. Ni plus ni moins que les autres Etats. Dès 1942, les hommes de Vichy se doutaient d’un "terrible secret", selon la formule de l’historien américain Walter Laqueur, sans pouvoir, dans un premier temps, imaginer l’ampleur de ce qui se déroulait puisqu’il n’y a jamais eu dans la Révolution nationale de projet d’anéantissement physique des juifs. Mais le régime pétainiste y a participé en mettant l’administration et la police françaises au service des Allemands. Par la suite, à mesure que la solution finale se précisait, elle devint secondaire à leurs yeux puisque la machine à détruire était en marche et que rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Par son antisémitisme officiel et sa politique d’exclusion, Vichy l’a alimentée en se retranchant derrière la raison d’Etat et le vocabulaire mis au point par les nazis pour ne pas avoir à en parler.

 

 

Dès 1942, le Vatican savait...

 

Rome, 16 octobre 1943. Les autorités allemandes organisent une rafle sous les fenêtres du pape Pie XII : 1 020 juifs sont déportés vers Auschwitz pour y être exterminés. Seize d’entre eux, dont une femme, reviendront. Qu’a fait le Vatican ? Qu’a entrepris Eugenio Pacelli (1876-1958), ce juriste à la politique tortueuse, devenu pape le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII, aux prises avec un IIIe Reich qui ne l’appréciait guère et qui n’a envoyé aucun représentant à son couronnement ? Le souverain pontife serait intervenu auprès des autorités allemandes avant la rafle, mais aucun document, à ce jour, ne le prouve. Reste donc l’imperturbable silence, curieux mélange de précaution et de peur qui met mal à l’aise depuis plus de soixante ans.

 

En 1963, la pièce du dramaturge allemand Rolf Hochhuth, "le Vicaire", met ouvertement en cause Pie XII sur la scène publique. Face au tollé, Paul VI demande à des historiens de faire le point. Cela donne onze gros volumes parus en 1997 qui ne calment rien. Deux ans plus tard, Jean-Paul II demande la même chose à six historiens juifs et catholiques. Là encore l’unanimité ne se fait pas. Les mêmes silences posent toujours problème. Le fameux message de Noël 1942 que le Vatican présente comme une référence implicite au génocide ne suffit pas à convaincre. Pie XII y évoque "ces centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur race, sont vouées à la mort ou à l’extinction progressive". Il atteste seulement que dès 1942 le Vatican comme les Alliés savaient ce qui se tramait en Europe. En novembre, Rome envoya à Washington des informations confirmant l’utilisation des chambres à gaz.

 

En 2005, le livre de l’historien britannique John Cornwell signe une condamnation sans appel de la politique du Vatican à cette époque. Il a intitulé sa biographie de Pie XII, "le Pape et Hitler". Il installe ainsi la confusion entre le fait d’avoir été un pape à l’époque de Hitler et un souverain pontife à la botte du Führer, surtout lorsque l’on sait que les deux hommes se méprisaient. Hitler avait même envisagé de faire enlever Pie XII en 1943 pour servir d’otage en échange de la libération de Mussolini…

 

A force de diplomatie, l’action du pape est devenue invisible aux yeux des historiens et du grand public. Bien sûr, le Vatican a hébergé 477 juifs italiens, dont le grand rabbin de Rome et 4 000 autres ont été accueillis dans diverses institutions dont la résidence papale de Castel Gandolfo. Mais la volonté de Benoît XVI de voir son pâle prédécesseur rejoindre le cortège des saints a de quoi surprendre. »

 

(1) Homme politique norvégien qui collabora avec les nazis.
(2) Chef de l’Etat polonais clandestin.

 

Source : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detai...

15:34 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Un tel tissu d'énormités - particulièrement ignobles en ce qui concerne Pie XII, increvable punching ball de la houtzpah planétaire - était digne de paraître dans un tel hebdomadaire. Mais on a beau s'y attendre, cela surprend encore un peu, une haine aussi pertinace...

Écrit par : Martial | 04/03/2010

Très intéressant. On gagne du terrain. Nous sommes passés sur un mode offensif et non plus défensif. Ils en sont réduits à créer des contre-feu. Ne rien céder et continuer. Merci pour votre travail d'information toujours très rigoureux.

Écrit par : avouedusaintsepulcre | 05/03/2010

Cette version de l'histoire de la seconde guerre mondiale est bien connue, puisque c'est l'histoire des manuels scolaires.

Elle oublie toujours de mentionner quelques petits détails:

1°) Que la France avait depuis 1930 à sa tête un gouvernement de coalition de gauche, antimilitaristes et pacifistes (comme Jean Zay ou Robert Jospin), avec une forte majorité de juifs, qui a réduit à presque rien les budgets militaires, qui ont été incapable d'assurer la défense de la France contre Hitler. Une fois le pays envahi, ils ont pris la fuite à bord d'un paquebot de luxe (Le Massilia), laissant derrière eux le chaos avec 4 million de réfugiés sur les routes.

2°) Il y avait en France en 1940 environ 730 000 Français juifs, dont 400 000 en Afrique du Nord, plus 800 000 étrangers réfugiés d'Europe centrale, dont la plupart était juifs. Avant la guerre, les juifs Français de souche dont on peut évaluer le nombre à 150 000 en métropole, s'opposaient à l'accueil et à la naturalisation de tous ces masses d'immigrants fuyant les conséquences des régimes révolutionnaires.

En 1944, 75 000 personnes avaient été déportés de France vers l'Allemagne, la quasi totalité étant des étrangers ressortissant des pays annexés par l'Allemagne: Allemands, Autrichiens, Polonais, Baltes,.., ce qui ne permettait pas légalement aux autorités françaises de s'y opposer. Dans la traité d'armistice et dans une close réciproque qui est habituelle, l'Allemagne et la France avaient rappelé qu'elles entendaient l'une et l'autre exercer leur souveraineté sur leurs propres ressortissants, y compris lorsqu'ils sont déplacés.

Ce sont donc principalement des Allemands et assimilés comme tels qui ont été arrêtés par d'autres Allemands, pendant une période où l'Allemagne occupait la France. Les uns étaient souvent de la mouvance révolutionnaire bolchévique, les autres de la mouvance révolutionnaire national-socialiste. C'est un fait qu'en Algérie et au Maroc, le Régime de Vichy n'a pris aucune mesure pour arrêter et déporter un seul des 400 000 juifs qui y vivaient.

La France et les Français n'ont pas grand chose à voir avec cette désastreuse histoire, sauf qu'elle s'est déroulée en partie sur son sol, mais de façon beaucoup moins importante que partout ailleurs. Les Français ont tout fait pour atténuer la dureté des exigence allemandes.

2°) La France était divisée en deux zônes, l'une occupée par l'armée allemande, l'autre qui était sous l'autorité du gouvernement de Vichy, avec deux législations différentes.

3°) Le Régime de Vichy a assuré aux Français de confession israélites une protection complète contre les exigences allemandes. En particulier, les prisonniers de guerre étaient traités comme les autres, l'étoile jaune n'a jamais été imposée, il n'y a eu aucun progroms organisés contre eux, aucun camp de concentration ouvert pour les y enfermer.

Le statut français des Juifs, hautement contestable dans ses prib-ncipes, interdisait aux Juifs les fonctions et les emplois politiques, et fixait un numérus clausus (de 2 ou 3 % correspandant à leur poids démographique réel par rapport au reste de la population) dans les professions où leur nombre les avait mis en position hégémonique comme celles de journaliste, de médecin, d'avocat.

4°) Le camp de Drancy était en zone occupée et tenu par la SS.

5°) Les Allemands étant en position de force, l'armistice n'était pas respecté: l'Alsace et la Lorraine ont été traités comme des territoires annexés, et tous les Français de confession israélite ont dû fuir et se réfugier en zone libre où il ont été acueillis par les autorités. L'armistice a été dénoncé et la zone libre complètement envahie par les Allemands le 11 novembre 1942 en réaction au débarquement allié en Afrique du Nord. Quelques jours après, la marine de Vichy saborde et coule tous ses navires à Toulon.

6°) C'est à partir de Novembre 1942 que les arrestations et les déportations d'étrangers ont commencé à prendre de l'importance dans la zone libre. Pour cela, les services français étaient réquisitionnés, à la suite de négociations dans lesquelles Vichy s'efforçait d'obtenir l'immunité des juifs de nationalité française.

7°) Tous les refuges pour enfant, pour adultes, camps de réfugiés, filières de passage à l'étranger qui étaient nombreux en zone libre, étaient connues et encouragées par les autorités de Vichy.

8°) En 1942, personne ne savait que les Juifs allemands ou autrichiens réfugiés en France et déportés vers l'Allemagne, étaient voués à l'extermination. En 1945, les commandants de l'armée américaine ont été très étonnés en découvrant l'existence de camps d'exterminations.

9°) Presque tous les vrais collaborateurs ou sympathisants du régime nazi étaient issus de la gauche et du Front Populaire: communistes comme Jacques Doriot, radicaux comme Marcel Déat, radicaux-socialistes comme Pierre Laval et René Bousquet. Il y a même eu des juifs comme Lisette Franck. la femme du collaborateur de droite Fernand Brinon. Lorsqu'ils ont vu que la Alliés allaient gagner, ils sont devenus furieusement résistants, et ensuite les épurateurs les plus intransigeants et les plus violents.

Voilà tout ce que l'histoire officielle ne dit pas, afin de donner à croire que le gouvernement français pris l'initiative d'arrêter les juifs français dans les territoires où il avait autorité, et cela afin de les exterminer comme Hitler le faisait en Allemagne.

Le seul grief réel que puissent avoir contre le Régime de Pétain le Français ceux qui se disent actuellement de race juive, c'est d'avoir pris une loi pour les écarter momentanément des fonctions politiques, et pour que leur proportion dans certains secteurs où la propagande est facile, comme la presse, la radio, le cinéma, la banque, l'université, ne dépasse pas celle dans la population active, c'est-à-dire à l'époque 2 pour cent.

Une telle politique de quota, au nom de l'égalité et du droit des majorités à l'expression politique, était un scandale. Heureusement, aujourd'hui le problème ne se pose plus, et il n'y a pas plus de 2% de Juifs dans la presse, dans les hôpitaux publics, ou dans certaines facultés.

Écrit par : Ledéfenseur de C L-S | 05/03/2010

"Une telle politique de quota, au nom de l'égalité et du droit des majorités à l'expression politique, était un scandale. Heureusement, aujourd'hui le problème ne se pose plus, et il n'y a pas plus de 2% de Juifs dans la presse, dans les hôpitaux publics, ou dans certaines facultés." ?
QUOI ?

Écrit par : LOU | 08/03/2010

Lou, je pense que l'ami avouedusaintsepulcre (quel pseudo !) ironisait quelque peu ! Soit dit en passant, merci à lui pour son excellente et exhaustive mise au point.

Écrit par : Martial | 08/03/2010

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