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04/03/2010

SIMON WIESENTHAL MERITE-T-IL D’INTEGRER LE CLUB PINOCCHIO ?

 

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Pour traquer le mal, il faut être malin. C'est un peu ce qu'a oublié, ou voulu oublier, le journaliste britannique Guy Walters, qui prend le risque d'installer la confusion. Son enquête historique, précise mais pas nouvelle, s'attache à montrer la façon dont les bourreaux du IIIe Reich ont tenté d'échapper à la justice après la guerre et comment la traque des Eichmann, Mengele, Barbie ou Stangl s'est plus ou moins bien organisée.

 

 

Mais surtout, dans cette « Traque du mal » (Flammarion, 25 euros), l'auteur piste Simon Wiesenthal avec une constance qui vire à l'obsession: fausses études, faux diplôme d'architecte, fausse activité dans la Résistance, survie miraculeuse, oublis divers, etc. Tout n'aurait été dans la vie du plus célèbre chasseur de nazis que mensonges, supercherie et spectacle. Wiesenthal ne peut hélas apporter le moindre démenti. Il est mort en 2005 ».

 

« Droit de réponse de Guy Walters :

 

« Perplexité et colère. Voilà ce que j'ai ressenti en prenant connaissance de l'article publié par « Le Nouvel Observateur », le 25 février 2010, au sujet de mon livre, « la Traque du mal », paru chez Flammarion en janvier.

 

 

Je sais bien que les journalistes qui consacrent une courte note à un ouvrage ne le lisent pas forcément de A à Z ; mais, en l'espèce, étant donné la distorsion que Laurent Lemire fait subir à ce que j'ai écrit, je suis bien obligé de penser qu'il ne l'a pas lu du tout, pour des raisons qui m'échappent.

 

 

Pour commencer, Laurent Lemire explique que mon livre n'apporte rien de neuf sur le sujet (la traque des nazis après la guerre). De toute évidence, il ne sait pas de quoi il parle. Ma mise en cause de l'existence même de l'organisation Odessa, le fait que les Britanniques ont utilisé un officier des Einsatzgruppen, Friedrich Buchardt, comme agent secret après 1945, l'aide que l'évêque Hudal a apportée à Franz Stangl lorsqu'il s'est réfugié à Rome : sur ces points comme sur de nombreux autres, j'apporte des éléments nouveaux, fondés sur un minutieux travail d'archives. Et je suis prêt à parier, allez, tous mes euros, que Laurent Lemire ignore à peu près tout de la manière dont les Français ont utilisé un officier SS qui s'appelait Károly Ney.

 

 

Ce qui semble contrarier au plus haut point Laurent Lemire, ce sont les développements que je consacre, dans ce livre, à Simon Wiesenthal. Une petite mise au point, d'abord. J'ai en horreur les négationnistes, antisémites et néo-nazis de tout poil ; mais le fait que ces gens-là puissent se réjouir de ce que j'ai découvert sur Wiesenthal doit-il pour autant m'empêcher d'en parler ? Selon moi, non : ce qui prime, c'est la recherche historique. Or je mets très volontiers à la disposition de Laurent Lemire l'ensemble des documents que j'ai réunis sur la question. Et c'est très simple : oui, Simon Wiesenthal était un menteur ; non, il n'a pas menti sur tout, comme Laurent Lemire prétend que je l'ai écrit, j'ai même dit formellement le contraire. Mais Wiesenthal n'a pas, comme il le prétend, permis l'arrestation de 1.100 nazis : le chiffre le plus vraisemblable se situe autour de 10. Et pour le reste, j'invite le lecteur à aller voir les choses de plus près dans mon livre, pour se faire sa propre opinion.

 

 

Le devoir de l'historien est d'être honnête. La vérité fait mal, parfois, tant pis si elle ne plaît pas à tout le monde. Si les historiens commençaient à s'en préoccuper, ils ne feraient plus de l'histoire, mais de la politique. Est-ce cela que nous voulons ? »

 

 

 

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Source Nouvel Obs.com

 

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