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07/02/2010

COMMENT FAIRE PARLER DE SOI QUAND ON EST (PAS) CON MAIS TRES PLEURNICHARD

Voici les « mésaventures » survenues à l’immense auteur/réalisateur Yann Moix. Cette tempête dans un verre à dents, c’est bien sûr histoire de se faire de la pub à bon compte pour son nouveau bouquin en crachant sur la Suisse. C’est très à la mode chez les « progressistes ». Entre Polanski et les minarets, ils ont de quoi faire en ce moment. La marche à suivre est simple : on agonit tout un pays d’insultes du haut de sa grandeur et puis après on vient pleurnicher et se plaindre d’être « censuré » et coupé de ses 3 300 amis, qui ne peuvent plus vous joindre.

 

 

Alors, me direz-vous, n’êtes-vous pas bête de contribuer encore un peu à sa pub en diffusant la chose au lieu de parler d’autre chose ? Certes oui, vous avez raison, mais d’un autre côté, on n’a pas tellement l’occasion de se marrer, non ? Et vous allez voir comme c’est amusant. Et puis, ce n’est pas pour autant que j’irai acheter son bouquin. Ni vous sûrement.

 

 

Tout d’abord, qui est Yann Moix ? Wikipédia nous apprend qu’il a été « découvert » en 1993 par Bernard-Henri Lévy, puis reconnu notamment par Philippe Sollers, Jean-Edern Hallier et Pierre Assouline ». C’était un bon début et avec de pareils parrains, il a vite accumulé les prix, ça ne vous étonnera pas trop. Et il a brillamment continué sur sa lancée impeccablement correcte, puisque: « En 2007, Moix a publié hors-commerce un hommage personnel au judaïsme intitulé « Apprenti-juif », d'abord paru dans la revue La Règle du jeu, dirigée par Bernard-Henri Lévy. »

 

 

Cette pathétique histoire de censure se déroule en plusieurs étapes. L’attaque, tout d’abord, sobrement intitulée « Je hais la Suisse ».

http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/02/02/je-hais-la-suisse-par-yann-moix.html

 

Après, évidemment, les Suisses se sont fâchés et voilà toute l’horreur : Moix a été éliminé de Facebook !!! Epouvantable, non ? Autant dire qu’il a disparu de la surface du monde civilisé. D’où son atroce lamento, qui vaut son pesant de cacahuètes, et que je vous laisse déguster :

 

 

 

« Comment Facebook m’a éliminé

 

Yann Moix

 

Je suis écrivain, je suis réalisateur. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, c’est ainsi. J’écris, je publie, je travaille beaucoup, je réfléchis, j’existe. Je suis un être passionné, parfois emporté, et je travaille actuellement sur plusieurs livres : un essai sur le judaïsme, une biographie de Kafka et un roman sur les Marranes.

 

J’avais, il y a quelques jours encore, une page Facebook, comme tout le monde, car il est spécifié, quand on s’inscrit sur Facebook, que Facebook est ouvert à tout le monde. Mais Facebook, la société Facebook a décidé de supprimer mon compte, ma page. Sur cette page, il y avait des articles sur Kafka, sur Proust, sur Gombrowicz et sur Miles Davis, sur Stravinsky et sur Sollers. Il y avait des propos polémiques car je suis polémiste. Il y avait des propos sur Polanski car je suis polanskiste. Il y avait une part de moi, de mon univers. Tout ça, ainsi que mes 3 300 amis, a disparu : non seulement c’est ignoble pour mes 3 300 amis, qui ne peuvent plus communiquer avec moi, mais c’est ignoble tout court.

 

Car pendant qu’on me fait taire, qu’on me sabre, qu’on me supprime, qu’on m’élimine virtuellement, culturellement, intellectuellement, tous les groupes Facebook haineux à mon endroit, eux, perdurent, sont là, consultables, en pleine forme. Je suis supprimé, moi, sans avertissement, de Facebook, mais des groupes tels que « Yann Moix, la Suisse t’emmerde ! » ou « Yann Moix, la Suisse t’encule ! », qui appellent à brûler mes livres sur la place publique, appellent à me frapper physiquement ou s’en prennent à mon physique par des injures démentielles, des groupes comme ceux-là, oui, sont consultables.

 

Ce n’est plus de la censure : Facebook pratique le délit de sale gueule. Facebook prive un écrivain, un artiste, de parole, de moyen d’expression, de vitrine, au profit de la Meute hurlante, nombreuse, haineuse, dégueulasse.

 

Ceci est une lettre ouverte à Facebook : je ne savais pas que, pour perdurer sur ce support, il fallait pratiquer la faute d’orthographe de manière systématique, encourager la haine de la pensée, du pamphlet et de la littérature, et encourager la pratique de la menace de mort et du délit de faciès. Je ne savais pas que Facebook avait la haine des penseurs, des artistes et des intellectuels.

 

Je demande instamment à Facebook de rétablir ma page, non pas une toute nouvelle page bien vierge qui recommence à zéro, avec mémoire effacée, avec amis détruits, avec articles déchirés : mais la page mêmement même que celle que je possédais il y a deux jours encore. Non pas le jumeau nettoyé de mon mur pestiféré, mais le même mur mêmement même, les mêmes amis semblablement semblables. Je veux retrouver mon profil strictement profilé de la stricte même manière.

 

Je suis le premier écrivain au monde éjecté de Facebook. Le premier détruit sur Facebook. Le premier qu’on accepte de livrer aux chiens de la Meute, le premier que Facebook permet de lyncher, d’assassiner (pas de panique : j’ai la peau dure), mais qui, supprimé, rayé, éradiqué, ne peut ni se répondre, ni s’exprimer. Je n’ai, sur Facebook, que le droit d’être tué, fustigé, haï. Je n’ai plus le droit, sur Facebook, de vivre, de faire partager des vidéos de Frank Zappa ou de Cornell Dupree, de faire découvrir Cziffra à mes amis, ni leur dire ô combien Guitry est un génie. Je ne peux plus donner au moindre ami, sur Facebook, un renseignement sur Rossellini, ni livrer une anecdote sur Fassbinder.

 

Je n’ai que le droit d’être exposé. Sur Facebook, on menace de me torturer (physiquement), on menace de faire un autodafé de mes livres en place publique, on menace de me faire la peau. Sauf que c’est un support sur lequel je suis déjà mort. Réduit au silence. Même les néo-nazis ne connaissent pas ce traitement.

Je suis le premier artiste français, le premier écrivain du monde a être excommunié d’une société virtuelle ouverte à tout le monde sauf un, ouverte au monde entier sauf à moi.

 

Je demande ici, solennellement, aux autorités facebookiennes de rétablir immédiatement mon profil, mes pages, mon mur. Facebook est un trombinoscope : ma trombine n’est pas au goût de Facebook.

J’irai jusqu’au bout pour revenir, non par une ruse, non nanti d’un nouveau profil pirate et marrane, d’une crypto-identité, en toute lumière sur ce site démocratique moins un. Ce site pour tous sauf pour Yann Moix. Ce site pour l’humanité entière à une exception près.

 

Ce site universel à un paria près : moi. A une sale gueule près : la mienne.

J’ai de la force, de l’énergie, de la conviction, de l’intelligence et des avocats. Le combat commence aujourd’hui. Ceux qui voudront me soutenir sont les bienvenus.

Sur Facebook, “Yann Moix la Suisse t’encule” n’est pas une insulte. En revanche, “Yann Moix” tout court est une insulte. Et la pire au monde. »

 

Source : http://laregledujeu.org/2010/02/05/850/comment-facebook-ma-elimine/

 

Son cinoche a bien marché car l’ambassade de France en Suisse s’est fendue du communiqué suivant :

 

« L’Ambassade de France a relevé avec stupéfaction les assertions portées contre la Suisse par un livre que publiera prochainement une maison d’édition française.

Outre les non-sens historiques dont témoignent les extraits déjà parus de cet ouvrage, le ton injurieux adopté par l’auteur disqualifie celui-ci comme ses propos.

L’Ambassade de France tient à exprimer sa sympathie et sa compréhension à l’égard de tous ses amis suisses légitimement choqués par un ouvrage dont on peut à bon droit penser qu’il eût mieux valu qu’il ne parût point. »

 

Ah, les leçons de ses illustres parrains lui auront bien servi à ce petit ...

Commentaires

Je me tords les mains de désespoir à l'idée que je ne pourrai pas être le 3.301ème ami de Yann Moix !! Et aussi, du même coup, que je serai isolé des 3.300 autres !! NON AU FÂCHISME SUISSE !!!!

Écrit par : Martial | 07/02/2010

C'est assez triste cette histoire, mais hélas, dans ce monde ou l'injustice règne, ce sont toujours les meilleurs d'entre nous qui payent. Ou peut-on signer la pétition de soutien à ce malheureux?

Écrit par : NYH | 07/02/2010

Manifestement, facebook est anti-sémite:

D'abord Moix est un défenseur des Juifs contre l'antisémitisme, il avait écrit : "La Suisse, qui est fondamentalement antisémite et qui n’a pas sécrété un seul génie depuis Jean-Jacques Rousseau (BHL n'est pas suisse), a la haine des Juifs et des artistes. La Suisse n’est pas un pays neutre, c’est un pays nul."

Ensuite, sur son site, il y avait des articles sur "Kafka, sur Proust, Gombrowicz, Derrida, Polanski, BHL (son protecteur).

BHL, celui qui combat la France moisie, vient justement de sortir « De la guerre en philosophie », une critique géniale d'Emmanuel Kant, et fait une crise de botulisme aigüe (maladie de ceux qui se nourrissent de vieilles conserves).

J'espère que la LICRA qui est pour l'amitié entre les peuple va les aider.

Écrit par : le défenseur de CLS | 09/02/2010

P.S. : Lien sur la méchanceté de Jean-Baptiste Botul et BHL: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/culture/20100208.OBS6232/bernardhenri_levy_en_flagrant_delire.html

Écrit par : le défenseur de CLS | 09/02/2010

Plus ça va, plus j'ai envie de me faire naturaliser suisse. Quoique les Suisses étant beaucoup plus malins que nous, ils ne naturalisent qu'au compte-goutte, et encore... en commençant par prendre la sage précaution de n'accepter que des gens assez à l'aise pour ne pas devenir immédiatement des mendiants, des parasites, des trafiquants et des prédateurs. Et quand j'écris "à l'aise", je parle de très, très nombreux millions de dollars ou d'euros... En fait, je pardonne tout aux Suisses, sauf de s'enorgueillir encore d'avoir pour compatriote l'abruti intégral et le salaud confirmé qu'était Jean-Jacques Rousseau. Bref, j'ai bien peur de n'être pas d'accord sur grand chose avec le dénommé Moix, dont je ne pourrai jamais - hélas ! - devenir le 3.301ème ami.

Pour finir, voici un dicton vaudois dont la finesse et la profondeur n'échapperont à personne (à dire avec l'accent d'lààà-bas) :

"Quand j'vois c'qu'je vois...... et qu'j'entends c'qu'j'entends...... j'suis content d'penser c'qu'je peeeeense............"

Écrit par : Martial | 09/02/2010

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