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28/01/2010

LE DESASTRE OBAMA

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Un an après sa prise de fonctions, on peut dire que dans son genre, c’est une totale réussite : à l'extérieur, il a réussi à mécontenter les juifs, les arabes et quelques autres, sans s’attirer beaucoup de sympathie de la part des Russes ou des Chinois qui l’observent avec une commisération certaine. Et à l'intérieur, il a fortement mécontenté les Américains, qui lui ont infligé un début d’année en fanfare : la perte du siège de Ted Kennedy dans le Massachusetts, un siège dévolu aux démocrates de toute éternité et qui bascule façon coup de tonnerre dans le camp républicain. Cette poussée de colère populaire non pas virtuelle cette fois, mais bien réelle, a immédiatement conduit l’as de la communication à opérer un virage à 180°, en déclarant la guerre aux banques qu’il avait précédemment couvertes des largesses du contribuable.

 

Dernière trouvaille : pour colmater les brèches qui s’élargissent à vue d’œil – les élections de mi-term de novembre prochain risquent de tourner au désastre – le Prix Nobel de la Paix a promis de s’occuper de l’emploi en toute priorité – il n’y avait pas songé auparavant ? – tout en imposant un gel de 250 milliards de dollars dans les dépenses intérieures. Sans toucher bien sûr aux dépenses d’armements. Histoire peut-être de compenser justement les 250 milliards de dollars dépensés depuis son arrivée pour les guerres de l’Irak et de l’Afghanistan.  Une paille, d’ailleurs, ces 250 milliards de dollars, comparés aux … 1 400 milliards de dollars de déficit du pays. Oui, vous avez bien lu.

 

 

Comme un malheur ne vient jamais seul, ils sont légion à présent à Washington, tous les « fidèles » soutiens de la veille qui, inquiets pour leur réélection, prennent désormais leurs distances et commencent à se demander s’il arrivera à ce rythme à finir son mandat. Sans parler d’un second.

 

Bon, toutes ces petites péripéties d’un système en pleine déliquescence ne me font pas trop de peine et si je les énumère, c’est pour mettre en relief un article du Monde que j’ai retrouvé en rangeant mes petits papiers et qui m’a bien fait marrer : sous le titre « La campagne de M. Obama inspire les conseillers de M. Sarkozy », en date du 4 novembre 2008, on pouvait lire des perles du genre :

 

« Et s'il y avait une recette à importer ? Le phénomène Obama fascine la classe politique française, à droite comme à gauche, et surtout... à l'Elysée. Pierre Giacometti, ancien directeur d'Ipsos devenu conseiller politique de Nicolas Sarkozy, revient d'une semaine d'immersion dans l'équipe de campagne de Barack Obama : "embedded" pour le compte du président français, qui réfléchit à la refonte stratégique de l'UMP et... à sa future campagne présidentielle. (…)

 

Mais les Français sont encore très loin de l'ultra-professionnalisation des politiques américains. "Obama, c'est l'"entertainment" en politique, analyse Christophe Lambert, communicant, membre de la cellule stratégique de l'UMP. Il applique les lois du cinéma à la politique. Un bon acteur, une bonne histoire, un bon récit. Obama, c'est la cohérence entre le héros et un scénario. C'est une superproduction politique, l'histoire d'un héros qui incarne la promesse d'une Amérique nouvelle. Il a compris, comme Nicolas Sarkozy, qu'il fallait faire de la politique un spectacle."

Pour les communicants français, les succès de M. Obama tiennent dans le recrutement, dans la société civile, des meilleurs spécialistes d'Internet, de la communication, de la publicité, des sondages, des finances, de l'économie ou encore de la diplomatie.

Xavier Bertrand, le ministre du travail, qui rêve d'un grand destin avait, lui, envoyé son chef de cabinet, Michel Bettan. "C'est le seul événement politique planétaire, analyse M. Bettan. Quatre jours de spectacle regardés par le monde entier ; 75 000 personnes qui déferlent sur la ville. L'équipe d'Obama ne laisse rien au hasard. Même lorsque le spectateur croit à la spontanéité, même lorsque ce sont de simples citoyens qui interviennent, tout a été préparé en amont par les équipes d'Obama."

Rigolo, non ? Le big problem, c’est que la politique-spectacle n’a qu’un temps, de plus en plus court d’ailleurs. Même aux States, ils s’en sont rendu compte. Quand derrière le show, il n’y a RIEN, ou pas grand-chose, les cochons de payeurs finissent par se mettre en colère.

Maintenant, je n’ai rien contre le fait que Sarkozy imite en tout le « phénomène Obama » comme il se proposait de le faire pour sa réélection. Au contraire, même. D’ailleurs, il a déjà magistralement commencé. Et ce n’est sûrement pas fini. Happy birthday, President !

Commentaires

Personnellement en ce qui me concerne, le plus drôle est que, indépendamment de mes préjugés raciaux bien ancrés (et même de mes convictions bien établies), cet Obama commence à me devenir assez sympathique. Simple marionnette de la finance pour détourner l'attention qui aurait dû se porter sur la colère de tous les escroqués, Obama essaie visiblement de prendre son rôle au sérieux, ce qui n'était pas prévu par ses mentors qui pointent à présent toute la batterie médiatique contre lui. Je ne pense pas qu'il ait les moyens d'aller jusqu'au bout de son action, de faire rembourser par les banques jusqu'au dernier cent de ce qu'il leur a prêté, comme il dit, mais cette épreuve de force est réjouissante. Il y aura beaucoup de verres lancés à la figure au sein du même camp. Et à terme ça ne peut qu'être bon pour les victimes du système.

Écrit par : Fred | 29/01/2010

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