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11/01/2010

PAIX A SON AME, ET POUR LE RESTE …

Excellent billet paru sur Synthèse nationale, que je me fais un plaisir de diffuser :

 

images.jpgLa République bananière perd l’un des siens...

Le Billet de Patrick Parment

La mort de M. Séguin est d'abord fort triste pour lui et sa famille ensuite. Je ne suis pas sûr que cette tristesse soit partagée par tout le monde. Mais, et c'est la tradition, on prête en général au défunt des qualités qu'il était loin d'avoir. Dans ce concert des louanges qui s'en est suivi,  s'il en est un  qui, à défaut de le détester cordialement, le craignait plus que tout autre, c'est bien Jacques Chirac. Son numéro de faux-cul sur l'air de "mon grand ami" était grandiose. Paix à l'âme de Séguin donc.

Il n'en reste pas moins que Séguin a fait partie de ce petit personnel politique dont le bilan est au final fort médiocre. Homme intelligent, certes, il n'en était pas moins un énarque caricatural qui se croyait nettement au-dessus des autres tant il s'imaginait avoir un destin (le parallèle avec Juppé est frappant).

Résultat des courses, sa carrière fut loin d'être à la hauteur de l'idée qu'il se faisait de lui-même. Vrai caractériel poussant des colères d'enfant gâté, Philippe Séguin n'aura  finalement décroché qu'un maigre poste de ministre des Affaires sociales, la présidence de l'Assemblée nationale pour finir dans la peau d'un président de la Cour des comptes. Poste auquel peut aspirer tout énarque sachant godiller dans le marigot républicain. Il fera allégeance à Chirac - son meilleur ennemi - dans les années 90, allant jusqu'à lui filer un coup de main en 1995 espérant ainsi décrocher un poste de Premier ministre. Que nenni, Chirac en avait trop la trouille. Ce dernier ne lui laissera que des miettes, et des pièges à la con surtout comme sa candidature à la mairie de Paris.

Philippe Séguin était ingérable car imprévisible et tous les leaders de la droite ripoublicaine s'en méfiaient comme de la peste. Ce qui n'empêchait pas pour autant Séguin de souscrire au politiquement correct pur et dur et de hurler avec la meute quand un patriote se rapprochait de trop près du Front national. Comme on décelait parfois dans ses discours un soupçon d'accent barrésien sur fond de gaullisme éventé, il passait aux yeux de ses petits camarades pour un intellectuel. Mais, c'était pour mieux retomber ensuite dans la torpeur rassurante du système.

Au fond, Séguin appartenait à cette famille d'individus qu'on appelle les faux durs, forte avec les faibles et faible avec les forts. Son apparente grande gueule, dans cet univers de pleutres et de ploucs que constitue l'essentiel de la classe politique française, n'était jamais que le reflet d'un désordre des sens. Ce qu'en terme populaire on transcrit par caractériel. Est-ce la raison pour laquelle Séguin s'est toujours entouré de souffre-douleur que ses colères devaient faire bander. Mystère !

Au final, son apport réel à l'enrichissement de la nation est nul, quand, en revanche, la nation (enfin le contribuable) lui a beaucoup donné à la seule vue d'un diplôme surfait. Son gaullisme social était en carton-pâte vu qu'il n'a débouché sur rien. A l'image d'un Juppé ou d'un Chirac, tous ces fonctionnaires nous précipitent dans les entrailles d'une République bananière où la démocratie a soudain la gueule dégénérée du ploutocrate.

13:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Et, vous n'avez pas eu le meilleur, croyez-moi ! Je me fais un plaisir moi aussi, de partager ce petit bijou d'article peu connu, et pour cause. Appelons le : "le vrai visage de Seguin". Lisez plutôt :

Hommages collatéraux / Portrait de Philippe Séguin
par Serge de Beketch / 9 juin 2000
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"Orphelin, pupille de la Nation, d’origine modeste, travailleur acharné, mauvais caractère... chaque fois qu’un journaliste tente un portrait de Philippe Séguin, les mêmes banalités reviennent.

Jamais personne n’a, semble-t-il, évoqué deux clefs essentielles. La première est livrée par un de ses anciens collaborateurs : « Ecoutez bien ce que je vais vous dire. Séguin finira comme Bérégovoy. Cet homme est un suicidaire. C’est inscrit dans sa démarche politique.

Ce proche sait de quoi il parle : Il a passé des années au côté de Séguin avant de claquer la porte, excédé par ses foucades, ses colères brutales, sa grossièreté, sa stupéfiante capacité de dissimulation, sa tendance à trahir ses amis, son incohérence politique et les analyses aberrantes qui le font rechercher systématiquement l’alliance de ses pires ennemis, trahir méthodiquement ses plus fidèles soutiens, lâcher jour après jour la proie pour l’ombre et se réfugier, après chaque échec, dans une bouderie rageuse".

Lire le stupéfiant article au complet sur :
http://www.francecourtoise.info/

Écrit par : Sélim | 12/01/2010

Excellent billet, qui dépeint exactement le personnage.

Je dois dire que je n'ai jamais cru une seconde au patriotisme affiché de M. Seguin. Sa campagne anti-Maastricht était certainement téléguidée par les intérêts des milieux financiers, dont la spéculation monétaire est l'une des principales sources de bénéfices. Et l'on sait que la communauté est loin d'être absente de ce Pactole infiniment plus juteux que les maleureux sucs candis d'Horeb.

(entre parenthèses, il faudrait songer à faire un relevé de tous les politiciens, journalistes, acteurs, chanteurs, intellectuels, artistes, écrivains,... "Français" de la communauté issus d'Afrique du Nord, ça pourrait permettre de comprendre certaines choses).

Écrit par : Fred | 12/01/2010

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