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24/11/2009

LA FAMILLE SERVAN SCHREIBER VUE PAR LE CRIF

Le CRIF nous annonce avec beaucoup de fierté dans les termes suivants la diffusion prochaine à la télévision d’une saga consacrée à la famille Servan Schreiber :

 

« Le film raconte la réussite de cette grande famille bourgeoise juive partie de rien, en se focalisant sur sa fondatrice, Clara Schreiber, incarné par Hanna Schygulla. En 1879, cette jeune juive allemande a quitté Berlin pour rejoindre son mari Joseph à Paris avec le rêve de devenir française, coûte que coûte, malgré le climat antisémite. Cette ambition chevillée au corps, elle l'a transmise à ses enfants Emile, Robert et Georges, puis à ses onze petits-enfants.


L’histoire retrace en deux épisodes le parcours de deux branches de la famille, celles de Robert et d'Emile, fondateurs des
Echos de l'exportation, premier bulletin des achats par correspondance - l'ancêtre du premier quotidien économique français.


« Clara, une passion française »,
sur France 2 le 25 novembre et le 2 décembre 2009, à 20h35. »


Source :
http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=17490&artyd=4

 

Hum… une grande famille partie de rien …. Le rêve de devenir française malgré le climat antisémite …. Si le climat était si furieusement antisémite, on se demande vraiment pourquoi ils tenaient tant que ça à venir *…

 

Enfin, le CRIF a réussi à placer l’antisémitisme. Une seule fois en onze lignes, ce n’est pas énorme, mais c’est déjà ça.

 

Pour en savoir un peu plus et vérifier ces affirmations criffiennes, ouvrons donc l’excellent ouvrage de Jean Bothorel, paru en 2005, Celui qui voulait tout changer – Les années JJSS.

 

Au sujet des origines de la famille, on apprend que  « …Le grand-père de Jean-Jacques est né à Gleiwitz, aux confins de la Silésie, entre Moravie, Hongrie et Pologne. Il a probablement fait la « guerre de 70 » dans les rangs prussiens. Quand Bismarck inaugure la Constitution impériale d’Allemagne et le IIe Reich, Julius-Joseph ouvre une poste privée municipale à Berlin et essaye de l’étendre à Vienne. L’entreprise n’est pas rentable et il met la clé sous la porte. C’est ainsi qu’il décide de tenter sa chance ailleurs et qu’il arrive à Paris, investi de la confiance de quelques industriels berlinois et viennois. Notre capitale lui semble la meilleure place pour partir à la conquête des marchés coloniaux et américains. Il a trente-deux ans. Comme beaucoup d’immigrés allemands d’origine juive, il s’installe dans le Xe arrondissement. Ce quartier regroupait les « commissionnaires », c’est-à-dire les importateurs-exportateurs.

 

(…) Libre penseur agressif, franc-maçon, il avait pris en aversion toutes formes de religion et flirtait avec les idées libérales. Aujourd’hui on le classerait à l’extrême-gauche.

 

Paris va lui sourire. La société JJ Schreiber qu’il crée dès son arrivée démarre bien. …. Son avenir assuré, il reviendra à Berlin en 1879 pour épouser sa fiancée, Clara Feilchenfeld. Les Feilchenfeld, après s’être enrichis dans le domaine du blé à Dantzig, vivaient en rentiers à Berlin. …

 

Une belle réussite familiale et commerciale que rien ne semble devoir assombrir. »

 

Trois fils vont naître. Allemands. Car la naturalisation française tant souhaitée – malgré le climat antisémite - n’interviendra qu’en 1894 pour toute la famille. L’année même où démarrera l’affaire Dreyfus.

 

Cette famille juive partie de rien  pourra cependant offrir études, vacances à la mer et à la montagne, escrime, équitation, etc, etc, à ses rejetons et, nous dit Jean Bothorel, «… quand le ministre des Finances, Paul Doumergue, publie le premier tableau de revenus des Français, il [Julius-Joseph] découvre avec fierté qu’il est dans le peloton des 175 000 privilégiés qui gagnent entre dix mille et cinquante mille francs par an ».

 

Et tout ça en dépit de l’horrible climat antisémite, qui sévissait déjà et n’a fait depuis que croître et embellir. Hélas.

 

Mais au fait, cette famille exemplaire était-elle juive ? Angoissante question à laquelle en bonne logique, on devrait répondre par la négative. Voyez plutôt.

 

Nous sommes en 1940. Et là, c’est vrai, un certain climat antisémite s’est installé dans la France en guerre. Face à cette nouvelle donne, Clara lâche sa petite bombe :

 

« Clara va sur ses quatre-vingt-cinq ans. Prise parfois d’une profonde lassitude, elle sent venir la fin et se décide à révéler à ses trois fils un secret qui n’a rien de bien grave, mais qui peut les aider. Elle va d’abord les sidérer : « J’ai été baptisée en Pologne, comme l’ont été mes parents, leur annonce Clara. Votre arrière-grand-père Feilchenfeld avait épousé sa maîtresse qui était chrétienne et il fut émancipé par Napoléon en même temps que les autres juifs de Pologne. En signe de reconnaissance, il baptisa son fils qui, lui-même, épousa une chrétienne d’origine juive, Sara Perels, ma mère. »

 

Les voilà fort étonnés. Ils se croyaient juifs, ils se retrouvent chrétiens. Juste au bon moment. Heureusement, cette famille partie de rien avait des relations. Le Vatican va immédiatement s’entremettre pour retrouver – dans la Pologne occupée – les précieux certificats de baptême.

 

Qui seront bel et bien retrouvés. La famille pourra donc déposer un dossier d’aryanité à Vichy, auprès des services de Darquier de Pellepoix. Le certificat d’aryanité de la famille Schreiber sera signé en décembre 1942.

 

 

* L’affaire Dreyfus a démarré en 1894. Je rappelle dans La France LICRAtisée, cette anecdote : Chalom Aleikhem, écrivain yiddish du début du XXe siècle, met en scène dans un de ses livres un personnage qui veut se rendre en France et qui est mis en garde par ses amis : « Attention, vous risquez gros. Là-bas, on a arrêté un capitaine juif et la moitié de la France est contre lui ». La réponse de l’écrivain par le biais de son personnage est la suivante : « Je veux sans plus attendre aller dans ce pays où un juif peut être capitaine et où il n’a que la moitié des gens contre lui ! ». 

Commentaires

ce n'est pas Gleiwitz mais Gliwice en Polonais car en Pologne

Écrit par : kilo | 25/11/2009

Jusqu'à quand les Français vont-ils supporter ces sagas juives ?

Je ne regarde presque plus les programmes français compte tenu de la tendance à faire la part belle aux juifs qu'ils soient cinéastes, artistes, chanteurs, journalistes etc et je zappe soit sur Hotbird, soit sur Astra.

Il est vrai que la connaissance des langues allemandes et anglaises m'aide à me forger une opinion autre que celle voulue par les porteurs de l'ex rouelle.

Écrit par : Le passant ordinaire | 25/11/2009

Le scénario de cette magnifique et émouvante histoire ( Nb. ces qualificatifs sont désormais obligatoires en la circonstance) n'aurait t-il pas été écrit en 1943, par Misha Da Fonséca ( la dame des Loups, si chère à Guy Bedos et à Véra "Belmont"), avec un stylo bille ?

Eh oui, il faut que la Tradition soit respectée; c'est bon pour l'authenticité et la résurrection de la Méhmouahrrre...

PS pour Kilo : non. Jusqu'en 1945 la ville s'appelait bien Gleiwitz ( Hte Silésie allemande, restée allemande, après le plébiscite de 1920). Ce n'est qu'après 1945, que la ligne Oder-Neisse et l'expulsion des habitants allemands autochtones, ont "transformé" Gleiwitz l'allemande, en Gliwice la polonaise. Ne rééecrivons pas la chronologie historique avec un stylo bille version 1945, SVP

Écrit par : elsassland | 25/11/2009

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