Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/09/2009

DES SURVIVANTS DE L’HOLOCAUSTE FONT LA MANCHE EN ISRAEL

Une fois de plus, la société israélienne est obligée d’affronter ce constat assez lamentable : un survivant israélien de l’holocauste sur trois vit en-dessous du seuil de pauvreté. C’est le journal Haaretz qui l’affirme, relayant les associations d’aide aux rescapés. J’ai un peu de mal à comprendre, mais il paraît que « la crise » a eu un double effet dévastateur. D’abord sur les dons, qui se sont réduits. Pourtant, malgré « la crise », il reste bien encore quelques billionnaires en Israël. Comme Leviev dont nous parlions l’autre jour. Il doit bien lui rester quelques sous au fond de ses poches pour une cause aussi noble. Deuxième effet, « la crise » aurait provoqué un afflux de nouveaux appels à l’aide.

 

Tout ça est assez minable et donne une image plutôt piteuse du pays: les survivants ont aujourd’hui 65 ans de plus que ce qu’ils avaient à l’époque, ils jouissent donc d’un âge quasi canonique. Il ne doit plus en rester tant que ça, à ces âges ... Haaretz est hélas très discret sur les chiffres, il ne nous en donne aucun, alors que ce serait justement très intéressant.

 

Bref, qu’ils soient nombreux ou pas, la vérité est la suivante : l’Etat d’Israël offre généreusement une retraite de misère à ces survivants qui s’obstinent à s’accrocher à la vie. Il y en aurait même obligés de dormir sur les bancs publics (http://209.85.229.132/search?q=cache:z8KaZ5ASQIwJ:www.haa...    

 

Et c’est là qu’on peut quand même se poser quelques questions : il est passé où, le fric ? Ca fait des décennies que les Allemands raquent, raquent et raquent encore. Justement pour les victimes de la shoah. Sans parler de tous les autres, contraints de verser leur (généreuse) obole sous peine d’être traités d’antisémites.

 

Et les organisations américaines ? Très douées pour ramasser l’argent à la pelle. J’avais fait l’an dernier un petit tour des lobbys pro-israéliens étatsuniens. J’avais fini par m’arrêter parce que sinon, j’y serais encore. Toutes la larme à l’œil pour évoquer la shoah et réclamer de l’argent pour les victimes. Argent qu’elles ont reçu à flots. Mais dont les rescapés n’ont apparemment pas vu la couleur.

 

Quelle ingratitude ! C’est pourtant pour donner un refuge aux survivants de l’holocauste qu’Israël a été créé. Et aujourd’hui, ils sont toujours drôlement utiles, les survivants. Quand il s’agit de leur faire raconter leur histoire afin que « la mémoire » universelle se perpétue.

 

Ou alors, il faut envisager de voir les choses sous un autre angle : le fait est là, Israël néglige et abandonne les survivants de la shoah. De la lecture de certains commentaires peu amènes suivant l’article de Haaretz, on pourrait déduire que ces rescapés sont, de l’avis d’un certain nombre d’Israéliens, des gens comme les autres. Autrement dit, leur statut de « survivant » ne leur donnerait aucun droit supplémentaire. J’ai même discerné un certain mépris pour des gens qui ont apparemment vécu toute leur vie sur ce seul «statut » et n’ont pas été capables de se faire une existence décente.

 

Cela ouvre certains horizons sur la façon dont l’holocauste est perçu en Israël. A voir la façon dont sont traités ces gens dans leur propre pays, on a vraiment l’impression que la shoah est essentiellement à usage externe. Apparemment, le monde n’a surtout pas le droit d’oublier. Israël, si.

11/09/2009

QUAND YVAN RIOUFOL SE FAIT REMONTER LES BRETELLES ….

images.jpgIl paraît qu’Yvan Rioufol est un journaliste « connu pour sa liberté de ton et son courage ». C’est très bien, ça, d’être courageux à l’intérieur du système. Et puis surtout, ça a l’avantage de ne pas être trop dangereux. Il suffit de ne pas s’approcher des sujets qui brûlent, si je puis me permettre. Et de taper allègrement sur ce qui est permis.

 

Je note d’ailleurs que cette étonnante « liberté de ton » est plutôt récente. Elle date des dernières années, car avant, il était strictement interdit de critiquer l’islam de quelque façon que ce soit. L’islam, c’était formidable et les Français étaient priés de l’accueillir avec empressement. Gare à ceux qui disaient le contraire, nous en savons quelque chose.

 

Je ne me souviens pas d’avoir vu Rioufol enfreindre à cette époque-là ce tabou d’airain édicté par la LICRA et consorts. Bon, il est vrai qu’il y a si longtemps que je n’ai pas touché Le Figaro … Je compte sur vous pour me dire si je me trompe …

 

Après ce petit préambule nécessaire, arrivons à notre sujet. Sous le titre alambiqué de "La légitimité contestée du politiquement correct" Rioufol vient d’écrire ceci :  " Il est en effet essentiel de faire la différence entre islam et islamisme, pour combattre exclusivement cette dernière idéologie violente, machiste, anti-démocratique".

 

Voilà qui a déclenché l’ire d’un certain nombre de sites juifs. Il n’a pas dit ce qu’il fallait dire, il est pas allé assez loin. Car c’est fini maintenant, le temps des arguties, style différence entre islam ou islamisme.

 

Ce qu’il faut dire maintenant, c’est ce qu’a dit Talisma Nasreen, qui est citée en ces termes :  Le problème n’est pas simplement l’intégrisme musulman, mais l’islam lui-même. Non seulement les médias occidentaux, desquels nous n’espérons plus guère de grands principes moraux ou de courage, mais également les intellectuels, font preuve de lâcheté quand il est question d’une juste critique de l’islam et de ses dogmes (...)Le Jihad (…) est clairement prôné par la loi islamique, et le Coran foisonne de passages, qui exhortent le croyant à tuer l’incroyant ou le non-musulman (…) L’islam a conquis par l’épée, et ce faisant il a détruit la chrétienté en orient et la culture persane séculaire, pillant et brûlant les églises et les temples ; il a dévasté l’Inde et a littéralement mis à sac des milliers de temples hindous. (…)La situation déplorable des femmes est aussi une conséquence logique des principes qui sont parsenés dans tout le Coran, les Hadiths et la charia. Warraq insiste sur la nature totalitaire de l’islam ; montrant en quoi il est incompatible avec le respect des Droits de l’Homme."

 

Eh oui, voyez comme les choses évoluent. Il n’y a pas si longtemps, on se faisait condamner, traîner dans la boue et exclure de la vie publique pour dix fois moins que ça. On continue d’ailleurs à se faire condamner car il ne faut pas confondre : il y a ceux qui ont le droit de le dire et ceux qui n’ont pas le droit. C’est un principe démocratique de base.

 

Et voilà maintenant que des sites juifs reprochent à Rioufol d’avoir été trop mou. L’article poursuit en ces termes : « Ainsi, celle qui fuit les islamistes depuis 15 ans, tout récemment réfugiée à Paris sans le sou, se permet de ne pas prendre les pincettes du journaliste parisien le plus "incorrect" du moment... ainsi va la France en 2009. [Le journaliste parisien le plus « incorrect » du moment. A mourir de rire. Ce journaliste incorrect est Senior fellow à l’Atlantis Institute, une officine « de réflexion et d’influence » néoconservatrice basée à Bruxelles et présidée par Joël Rubinfeld].

  « Alors que toutes les plus grandes mosquées sortant de terre en France sont aux mains des radicaux de l'UOIF: Grande mosquées de Poitiers, Mulhouse, Nantes, Bordeaux, (bientôt) Marseille(en collaboration avec d'autres associations), Tremblay, Woippy, Arras, Caen, Lille, ou du Milli Gorus ( Metz bientôt), Vénissieux que la Grande mosquée de Strasbourg (financée par les collectivités publiques ) a accueilli en grande pompe un des plus grands islamistes contemporain en décembre 2008 ( Muhammad Said Ramadan al-Bûti, auteur du best-seller syrien Jihâd,  portrait détaillé ces prochaines semaines), Yvan Rioufol tirerait donc la conclusion que l'islamisme des mosquées citées n'est pas l'islam véritable et authentique, car intégriste et violent.

On rirait si le sujet n'était pas aussi grave, car comme a raison d'en avoir peur l'éditorialiste "Une possible guerre civile est, à terme, une issue que je redoute ".

Quel toupet ! Quelle houtspah grandeur nature ! Dieu sait les campagnes que nous avons menées pour empêcher que les mosquées ne sortent de terre ici en France. En pure perte. Nous n’avons récolté que les pires avanies. Au point où nous en sommes, qu’elles continuent donc à sortir de terre comme des champignons après la pluie ! Ca finira peut-être par réveiller les endormis.

Et tant pis pour les dégâts collatéraux : quand on sème le vent, on récolte la tempête.

 Source : http://www.juif.org/blogs/18307,islam-islamisme-rioufol-provoque-l-incomprehension.php, (article de Joachim Véliocas, auteur de L'islamisation de la France, éditions Godefroy de Bouillon, 2007)

10/09/2009

LES BEAUX ŒUFS DU BON Dr HAMMER

devoir_memoire.jpg

 

 

« Les héritiers d'une grande famille autrichienne ont demandé à l'Etat la restitution d'un chef-d'oeuvre de Vermeer, "L'art de la peinture", en soutenant qu'il avait été vendu sous contrainte à Hitler en 1940, révèle le quotidien Der Standard samedi.

 

"Nous sommes persuadés que la République autrichienne traitera ce dossier de façon ouverte et honnête", a déclaré au journal l'avocat de la famille Czernin, Andreas Theiss, en précisant avoir adressé la demande le 31 août.


Le ministère de la Culture a confirmé samedi avoir reçu cette requête et a indiqué qu'elle serait transmise pour examen à la commission en charge des restitutions, dont il suit les avis ».

 

On peut se demander : pourquoi maintenant ? Soixante-neuf ans après? Sans doute la récente restitution des cinq Klimt par le même ministère autrichien de la Culture a-t-elle dû donner à la génération actuelle des héritiers putatifs du Vermeer quelques idées … Et puis, l’époque est favorable, non ? Autant battre le fer tant qu’il est chaud.

 

Ce tableau, actuellement exposé à Vienne - aurait été vendu par le comte Jaromir Czernin à Hitler pour 1,65 million de Reichsmarks. Ce dernier comptait en faire un fleuron du musée qu’il projetait de créer à Linz, sa ville natale.

Je lis sur un site canadien que « Les demandes de restitution faites par la famille jusque dans les années 1960 avaient été rejetées sous prétexte que la vente s'était faite sur une base volontaire et à un prix approprié.

Toutefois, la famille conteste cette version des faits. Une expertise qu'elle a commandée tend à montrer que la vente s'est faite sous la contrainte. Marié à une femme d'origine juive et gendre de Kurt von Schuschnigg, dictateur autrichien au pouvoir de 1934 à 1938 et destitué par les nazis, Jaromir Czernin « a été obligé de vendre pour assurer l'existence de sa famille », selon l'avocat des héritiers, Andreas Theiss.

La responsable scientifique de la Commission autrichienne chargée d'établir la provenance des oeuvres, Eva Blimlinger, déclare lundi, dans le journal Der Standard qu'un premier examen de cette expertise « ne laisse apparaître aucun élément nouveau ».

On a l’impression que les « héritiers » se sont vraiment creusé la cervelle pour trouver le motif. Nous verrons la suite. En tout cas, cette sombre histoire de biens acquis de façon plus ou moins douteuse me fait furieusement penser à un autre épisode de l’histoire de l’art, situé juste un peu avant celui-ci. Et je me demande ce qu’attend l’Etat russe pour réclamer officiellement quelques comptes aux héritiers d’un certain Armand Hammer. C’est vrai ça, pourquoi serait-ce toujours aux mêmes d’accuser ? Et toujours aux mêmes de casquer ?

Donc, voici : Nous sommes en 1918. Les Romanov massacrés, la fameuse maison Fabergé est mise à sac et pillée par les bolcheviks. Les œufs précieux ainsi que le trésor impérial prennent le chemin du Kremlin où ils vont rester un bon bout de temps. Seulement, les révolutionnaires vont avoir besoin de l’argent des occcidentaux et devront vendre les trésors du Kremlin. Pas à n’importe qui, naturellement. Le principal intermédiaire et souvent bénéficiaire de ces « achats » va être un ami personnel de Lénine, président de l’Occidental Petroleum, fils du fondateur du parti communiste aux Etats-Unis : Armand Hammer. Son père, Julius, un émigré juif russe, avait rencontré Lénine dès 1907 à Berlin, à une conférence socialiste et avait accepté « de faire partie de l’élite clandestine nécessaire à Lénine pour changer le monde ».  On a vu ce qu’ils ont réussi à changer.

Voilà comment ce personnage a acquis sa fameuse collection de dix œufs Fabergé. Et bien d’autres babioles. Il n’a pas payé tout ça trop cher, on peut le parier. En fait, il fournissait en contrepartie aux bolcheviks des produits du style crayons et papeterie diverse provenant d’usines américaines contôlées par … Julius Hammer. Astucieux, non ? On ramassait des deux côtés. Les bolcheviks lui avaient aussi confié bon nombre d’œuvres d’art, par eux volées, souvent à des monastères ou à des églises, qui furent vendues aux Etats-Unis.

Désireux de faire le maximum de fric avec ce pactole qui lui tombait sur les bras, Hammer exploitera même le nom de Fabergé pour une marque de cosmétiques qu’il va créer avec un partenaire, Samuel Rubin. Il va utiliser ce nom connu en toute illégalité. La famille Fabergé ne l’apprendra qu’à l’issue de la seconde guerre mondiale. Lutte du pot de terre contre le pot de fer, elle finira par accepter en 1951 de recevoir la modique somme de 25 000 dollars pour l’utilisation de son nom. En 1964, Rubin vendra la marque pour … 26 millions de dollars.

images.jpgSi vous voulez en savoir plus sur ce personnage plus que sulfureux, qui est mort tranquillement sans jamais avoir été inquiété pour ses activités anti-américaines ou autres, en 1990, à l’âge de 92 ans, lisez Dossier: The Secret Life of Armand Hammer paru en 1996 sous la plume de Edward Jay Epstein. Non traduit, hélas.

J’ai parlé en titre du bon Dr Hammer car ayant fait des études médicales, il aimait à se parer de ce titre. Son seul acte médical connu fut cependant un avortement, pratiqué durant ses études, qui se termina tragiquement et pour lequel le père, Julius, écopa de quelques années à Sing-Sing. Médecin lui-même, il s'était dénoncé à la place de son fils qui en contrepartie prit en charge ses contacts avec l'Union soviétique.

Voilà en tout cas une mine de restitutions potentielles dont curieusement, il n’est jamais fait état. Pourquoi ?

Dessin de Konk

07/09/2009

OU L’ON REPARLE DES APOLLONIENS ET DES MERCURIENS

j7819.gifIsraël, Etat faible, malheureux juifs de la diaspora en butte à un antisémitisme inexplicable, etc, etc, ce tableau tragique m’a fait penser au livre de Yuri Slezkine paru aux Etats-Unis en 2004 sous le titre The Jewish Century. On n’y parle pas tout à fait le même langage et on n’y aboutit pas aux mêmes conclusions.

 

Il est d’autant plus intéressant de se remémorer ce livre qu’il va paraître à la fin du mois en français sous le titre Le Siècle Juif. Il nous est présenté en ces termes :

« L' âge moderne est l'âge des Juifs, et le XXe siècle est le siècle des Juifs. La modernité signifie que chacun d'entre nous devient urbain, mobile, éduqué, professionnellement flexible. [... ] En d'autres termes, la modernité c'est que nous sommes tous devenus Juifs.

C'est par ces lignes et cette affirmation forte et paradoxale que s'ouvre ce livre magistral et hors du commun. A l'appui de cette thèse, l'historien Yuri Slezkine montre qu'il existe, dans la plupart des civilisations traditionnelles, une opposition structurale mais flexible entre, d'un côté, une majorité de paysans et guerriers 'apolloniens' et, de l'autre, une minorité de 'nomades fonctionnels' vulnérables et persécutés, les 'mercuriens'.

Tout comme les Chinois d'outre-mer en Asie, les Arméniens dans l'empire ottoman, les Parsis et les Jains dans le sous-continent indien, les Juifs sont les dignes descendants de Mercure, 'le patron des transgresseurs de règles, des passeurs de frontières et des intermédiaires ; le protecteur des individus qui vivent de leur agilité d'esprit, de leurs talents et de leur art.' Et, tout comme pour ces autres groupes d'entrepreneurs, de lettrés et d''étrangers professionnels', leurs succès réels ou supposés leur ont attiré une jalousie parfois mortelle. »

9782707157041.jpgVous l’avez compris, nous sommes tous devenus juifs car ainsi l’exige la modernité. Racines, identités, attachement à la terre et aux valeurs qui s’y rattachent, tout ça c’est dépassé, c’est apollonien. L’avenir est aux mercuriens, dont les juifs sont les prototypes. Voilà pourquoi ils s’épanouissent dans la « modernité » sous toutes ses formes et voilà pourquoi tous les cul-terreux englués dans leur glaise d’origine leur en veulent férocement.

Bon, c’est un peu caricatural, mais dans les grandes lignes, c’est bien comme ça que Slezkine voit les choses.

Il y a deux ans, en 2007, le site voxnr.com avait traduit et publié une interview fort intéressante de cet auteur. Vous la trouverez ci-dessous en lien. Il y développait notamment un parallèle pertinent entre juifs et gitans, tous mercuriens mais avec des réussites très différentes. A ce jour, on n’a pas encore vu de gitan à la tête du FMI, de la Fed ou de la Banque Mondiale. Notez que ça viendra peut-être, maintenant que Soros a pris leur sort à cœur (archives du blog 17 et18/09/08).

Slezkine y évoquait aussi les débuts du bolchevisme, qui fut bel et bien, n’en déplaise aux bien-pensants, un judéo-bolchevisme. Du moins à ses débuts, fort meurtriers, et pour un bon bout de temps. Voici ce qu’il en disait, sur le mode soft, néanmoins :

« Pourquoi les Juifs ont-ils eu tant de réussite au début de l’Etat soviétique ?

L’histoire des Juifs au début de l’Union Soviétique est similaire à l’histoire des Juifs en Amérique. C’est-à-dire qu’ils eurent une réussite particulière dans les domaines de l’éducation, du journalisme, de la médecine, et des autres professions qui étaient essentielles pour le fonctionnement de la société soviétique, incluant la science.

Les Juifs d’Union Soviétique étaient beaucoup plus instruits que tout autre groupe, ils étaient vierges de toute association avec le régime impérial, et ils semblent avoir été très enthousiastes concernant ce que faisait le Parti communiste. Cela fut dans une certaine mesure un engagement conscient en faveur de l’idéologie, mais ce fut surtout simplement parce qu’il n’y avait plus de barrières légales contre les Juifs. Les portes s’ouvrirent, ils se ruèrent à l’intérieur et réussirent excessivement bien dans les années 1920 et dans la première partie des années 1930.

Ma conviction est qu’on ne peut pas comprendre la seconde partie de l’histoire juive en Russie – les politiques antisémites, et ce qui arriva aux Juifs soviétiques plus tard, leur désir d’émigrer, par exemple – si on ne connaît pas la première partie de l’histoire, qui est surtout celle d’un succès étonnant.

Vous écrivez que les Juifs étaient des membres importants de la police secrète et aussi de ceux qui dirigeaient le Goulag. Cela était nouveau pour moi.

Le fait m’était inconnu quand je grandissais en Union Soviétique. La plupart des gens l’ont appris en lisant l’Archipel du Goulag de Soljenitsyne. Il n’en faisait pas une affaire à l’époque, mais il parle des gens qui dirigeaient les camps de travail du Canal de la Mer Blanche, et ils étaient presque tous des Juifs ethniques.

Quelle fut votre réaction ?

Avant tout la surprise, parce que cela semblait si incongru pour ceux d’entre nous qui pensaient que les Juifs étaient les victimes principales et les opposants principaux au régime soviétique. Mais plus tard je découvris que le rôle du communisme dans l’histoire juive moderne était formidablement important. Je ne pense pas qu’on puisse comprendre l’histoire juive moderne sans examiner la Révolution russe, ni comprendre le communisme sans examiner le rôle des Juifs. »

On s’en doutait bien un peu, mais du moment que c’est un expert qui nous le dit …

Concernant l’Etat d’Israël, Slezkine nous explique qu’on ne peut pas le considérer comme un Etat comme un autre, car « L’Holocauste créa une aura autour d’Israël qui le rendit différent de tous les autres Etats modernes, qui l’exclut de certaines des attentes qui sont habituellement associées aux Etats modernes – et de certaines critiques. A cause de son rôle très particulier, de son histoire, et de ses prétentions morales, Israël devint l’Etat auquel les règles standard ne s’appliquent pas.

D’une tentative de sortir du ghetto, Israël s’est transformé en un ghetto d’un nouveau genre, qui est le seul endroit où vous pouvez dire certaines choses.

Par exemple ?

C’est le seul endroit dans le monde occidental où un membre du Parlement peut dire – et en toute impunité – « déportons tous les Arabes hors d’Israël ». Ou bien où tant de gens peuvent dire, dans la conversation politique de routine : « Nous devons faire plus d’enfants juifs parce que nous voulons que cet Etat soit ethniquement pur ». Imaginez quelqu’un disant la même chose en Allemagne : « Procréons pour faire plus d’enfants parce que nous avons trop de Turcs ici ».

En effet, ça ferait jaser.

 

Source: http://74.125.77.132/searchq=cache:PcZaesgJs8AJ:www.voxnr.com/cc/d_antisionisme/EElplZAlEEoTxpSEVk.shtml+slezkine+israel&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr



PAS POLITIQUEMENT CORRECT

 

Ne cherchez pas mes bouquins sur PriceMinister, si d’aventure vous aviez cette idée. Ils étaient acceptés à condition qu’aucun commentaire explicatif sur leur contenu ne les accompagne.

Dans ces conditions, je me passerai de leurs services.

 

Mes livres sont vendus par l’intermédiaire de ce blog et par quelques diffuseurs de notre mouvance.

03/09/2009

FAIBLESSE EVIDENTE, INFLUENCE LIMITEE : PAUVRE ISRAEL !

J’observe une offensive sur un certain nombre de sites juifs et sionistes visant à faire apparaître Israël non pas comme l’Etat prédateur et arrogant que d’aucuns auraient le mauvais esprit d’imaginer, mais comme un petit Etat faible mais courageux, obligé de se battre éternellement seul contre tous. Et même bientôt contre les Etats-Unis, si ça continue.

 

Car cette démarche s’inscrit dans un climat de détestation et de méfiance qui s’amplifient à vue d’œil à l’égard d’un pays longtemps si généreux et si indulgent.

Ce type d’articles circulant sur le Web essaie d’accréditer la thèse suivante : les lobbies israéliens qui feraient la pluie et le beau temps à Washington n’existent tout simplement pas. Ce sont des mensonges éhontés. La vérité vraie, c’est que ce sont les lobbies saoudiens qui tiennent la dragée haute aux Américains et les plient à tous leurs caprices.

 

En voici la démonstration, faite par un dénommé Sultan Knish, dont vous ne connaîtrez ni le visage, qu’il cache élégamment sur son blog, (http://sultanknish.blogspot.com ) ni son nom véritable. Mais dont vous saurez qu’il est un journaliste israélien vivant à New York.

Son texte est présenté sur divers sites comme « un texte majeur, indispensable pour comprendre le tournant inauguré par la furieuse campagne publique d’Obama contre Israël, menée ces derniers mois, qui l’ont conduit à ne recueillir que 4% des suffrages israéliens. » Heureusement pour Obama, ce ne sont pas les Israéliens qui votent.

 

Ce texte, qui s’intitule The Big Israel Lie, est titré de façon assez obscure en français La grande mystification d’Israël.

En voici quelques extraits qui donnent le ton:

 

Le début d’abord : « Deux contrevérités liées entre elles sont au cœur de tous les débats au sujet d’Israël en Amérique. La première affirme que la route de la paix au Moyen-Orient est entre les mains d’Israël. La seconde tient qu’Israël influence la politique américaine à son profit. Ces mystifications ne sont pas le produit de l'ignorance ou du malentendu. Elles découlent d'une campagne de propagande efficace menée par des individus en costume et cravate, les représentants officieux du lobby saoudien qui domine la politique américaine au Moyen-Orient. Cette campagne a eu pour objectif d’imposer l’idée qu’Israël est l'axe autour duquel le Moyen-Orient et l'Amérique tournent, afin d’en faire la cible de tous les tirs. Et c'est une campagne qui a méchamment réussi jusqu'ici. »

(…)

Et la conclusion :  « Le lobby pro-israélien est une parodie, un bijou pour des gens qui ont trop de temps à leur disposition et pas assez de subtilité. Si la moitié des discours sur le lobby d’Israël était vrai, Israël aurait quatre fois la taille qu'il a aujourd'hui, avec des frontières sûres et sans problème de terrorisme. Au lieu de cela, Israël a subi des pressions qu’aucun autre pays n’a connues, pour apaiser et accommoder des terroristes aux dépens de la vie de ses citoyens, de sa sécurité nationale et même de sa survie… à cause d’une politique étrangère taillée sur mesure pour satisfaire les intérêts saoudiens.

La grande mystification au sujet d’Israël est qu’il est fort à Washington et puissant au Moyen-Orient. La vérité réelle est qu’Israël est un pays minuscule qui suscite l’affinité émotionnelle d'un pourcentage limité de Juifs et de chrétiens, dont la diplomatie est maladroite, et l'influence régionale faible, dont les militaires sont handicapés par l’idéologie compassionnelle de gauche, et dont les chefs préfèrent négocier que combattre… jusqu'à ce qu'il n’aient pas le choix.

Cette fumisterie vise à créer l’image d’un Israël fort et à le placer au centre de tous les problèmes pour en faire le clou sur lequel il faut taper pour que tout tienne bien droit. La manière la plus simple de dissiper ce mensonge est d’observer simplement la réalité du Moyen-Orient et de constater que – comme dit plus haut -, vu de l’espace, Israël disparaît derrière un ongle. »

Entre les deux extraits, vous avez droit à la démonstration de la faiblesse d’Israël et de l’incurie des juifs américains qui se font rouler dans la farine par les Saoudiens, beaucoup plus malins.

Conclusion : Israël est faible et démuni et les Saoudiens sont tout-puissants grâce à leur pétrole et à leur capacité à agir en coulisses. Israël ne souhaite que la paix, mais vous allez voir que les circonstances vont l’obliger, encore une fois, à son corps défendant, à faire la guerre. Ah tiens, l'article a oublié de mentionner l'arsenal nucléaire d'Israël, assez impressionnant pourtant.

Les distingués universitaires John Mearsheimer et Stephen Walt, qui ont commis en 2006 un livre qui a fait des vagues, Le lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis, auraient donc eu tout faux dans leurs insinuations déplacées.

Voici néanmoins de quoi vous remémorer quelques-uns de leurs arguments :

http://209.85.229.132/search?q=cache:nNE-IK1iGKcJ:contreinfo.info/article.php3%3Fid_article%3D52+walt+lobbies+isra%C3%A9liens+aux+usa&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=frr  

 

http://209.85.229.132/search?q=cache:O_mXRIMwhjEJ:www.voltairenet.org/article159391.html+lobby+saoudien+aux+usa&cd=8&hl=fr&ct=clnk&gl=fr  

 

Source : http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-17046-145-7-grande-mystification-disrael-sultan-knish.html

01/09/2009

BIENTOT A LA SOUPE POPULAIRE ?

portrait-16.jpg

Non, quand même pas. En cas d’absolue nécessité, il pourra toujours revendre son superbe portrait, qui en dit infiniment plus long sur le personnage que bien des discours. Et qui en dit très long aussi sur l’époque. Fric, frime, tant que vous voulez. Culture, art ? Inconnus au bataillon. J'ai bien aimé en particulier Dieu juste un cran au-dessus, mais pas trop haut.

Ce milliardaire en difficulté s’appelle Lev Leviev et sa principale société, Africa-Israël,vient d’annoncer “des pertes spectaculaires de plus de 300 millions de dollars pour le second trimestre 2009. Suite à cette annonce, Africa-Israël a chuté avant-hier de 29% à la Bourse de Tel-Aviv. (…)

“Face à l’aggravation du déficit de la compagnie, le magnat Lev Leviev a averti dimanche qu’elle risquait de ne pas être en mesure de rembourser automatiquement les obligations qu’elles a émises. Nous avons l’intention de renégocier les modalités de remboursement avec les propriétaires des obligations”, a déclaré M. Leviev à la radio publique. Africa-Israël a émis ces dernières années des obligations pour un montant de deux milliards de dollars”.

J’aimerais que l’on m’explique un jour comment un type arrivé de Tachkent en Israël en 1971, à l’âge de 15 ans, et qui débute comme apprenti polisseur de diamants, arrive à fabriquer une fortune pareille. Qui faisait de lui en 2007 l’homme le plus riche d’Israël. Au détour d’une indiscrétion d’Internet (ah cet Internet de malheur !), on apprend qu’à ses débuts, il a converti la fortune familiale en diamants bruts. Ca a quand même dû l’aider un peu. Et ça nous rassure, aussi : en Ouzbékistan, en 1971, malgré l’antisémitisme ambiant comme partout ailleurs hélas, certains juifs ne se portaient pas trop mal.

Bon, je ne vais pas vous raconter toute la saga Leviev. Sachez simplement que cet apprenti prometteur, issu d’un milieu religieux ultra-orthodoxe, n’a pas tardé à faire la leçon à la De Beers soi-même et à changer à son profit la règle du jeu. Car j’avais oublié de préciser que sa première fortune, c’est dans les diamants qu’il l’a faite. Il s’est par la suite très largement diversifié, notamment dans l’immobilier.

Il est particulièrement implanté en Afrique, notamment en Namibie et en Angola où il est très copain avec le gouvernement issu de la guerre civile.

Mais vous le savez, le monde est méchant et bien qu’il soit d’une folle générosité et d’une philanthropie à vous tirer des larmes - pour certaines causes cependant - il s’est trouvé des organisations assez ingrates et envieuses pour refuser ses subsides. Oui, vous avez bien lu : refuser ses subsides.Ainsi l’UNICEF a sèchement coupé les ponts avec Leviev pour un motif des plus futiles : il finançait avec prodigalité les colonies en Cisjordanie. Et aux dernières nouvelles, il se chuchote qu’il y aurait également des pratiques pas très catholiques, si je puis dire, du côté de l’Afrique et du respect des droits de l’homme. Ah l’ingratitude humaine …

0918leviev.jpgL'original (du portrait)