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10/09/2009

LES BEAUX ŒUFS DU BON Dr HAMMER

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« Les héritiers d'une grande famille autrichienne ont demandé à l'Etat la restitution d'un chef-d'oeuvre de Vermeer, "L'art de la peinture", en soutenant qu'il avait été vendu sous contrainte à Hitler en 1940, révèle le quotidien Der Standard samedi.

 

"Nous sommes persuadés que la République autrichienne traitera ce dossier de façon ouverte et honnête", a déclaré au journal l'avocat de la famille Czernin, Andreas Theiss, en précisant avoir adressé la demande le 31 août.


Le ministère de la Culture a confirmé samedi avoir reçu cette requête et a indiqué qu'elle serait transmise pour examen à la commission en charge des restitutions, dont il suit les avis ».

 

On peut se demander : pourquoi maintenant ? Soixante-neuf ans après? Sans doute la récente restitution des cinq Klimt par le même ministère autrichien de la Culture a-t-elle dû donner à la génération actuelle des héritiers putatifs du Vermeer quelques idées … Et puis, l’époque est favorable, non ? Autant battre le fer tant qu’il est chaud.

 

Ce tableau, actuellement exposé à Vienne - aurait été vendu par le comte Jaromir Czernin à Hitler pour 1,65 million de Reichsmarks. Ce dernier comptait en faire un fleuron du musée qu’il projetait de créer à Linz, sa ville natale.

Je lis sur un site canadien que « Les demandes de restitution faites par la famille jusque dans les années 1960 avaient été rejetées sous prétexte que la vente s'était faite sur une base volontaire et à un prix approprié.

Toutefois, la famille conteste cette version des faits. Une expertise qu'elle a commandée tend à montrer que la vente s'est faite sous la contrainte. Marié à une femme d'origine juive et gendre de Kurt von Schuschnigg, dictateur autrichien au pouvoir de 1934 à 1938 et destitué par les nazis, Jaromir Czernin « a été obligé de vendre pour assurer l'existence de sa famille », selon l'avocat des héritiers, Andreas Theiss.

La responsable scientifique de la Commission autrichienne chargée d'établir la provenance des oeuvres, Eva Blimlinger, déclare lundi, dans le journal Der Standard qu'un premier examen de cette expertise « ne laisse apparaître aucun élément nouveau ».

On a l’impression que les « héritiers » se sont vraiment creusé la cervelle pour trouver le motif. Nous verrons la suite. En tout cas, cette sombre histoire de biens acquis de façon plus ou moins douteuse me fait furieusement penser à un autre épisode de l’histoire de l’art, situé juste un peu avant celui-ci. Et je me demande ce qu’attend l’Etat russe pour réclamer officiellement quelques comptes aux héritiers d’un certain Armand Hammer. C’est vrai ça, pourquoi serait-ce toujours aux mêmes d’accuser ? Et toujours aux mêmes de casquer ?

Donc, voici : Nous sommes en 1918. Les Romanov massacrés, la fameuse maison Fabergé est mise à sac et pillée par les bolcheviks. Les œufs précieux ainsi que le trésor impérial prennent le chemin du Kremlin où ils vont rester un bon bout de temps. Seulement, les révolutionnaires vont avoir besoin de l’argent des occcidentaux et devront vendre les trésors du Kremlin. Pas à n’importe qui, naturellement. Le principal intermédiaire et souvent bénéficiaire de ces « achats » va être un ami personnel de Lénine, président de l’Occidental Petroleum, fils du fondateur du parti communiste aux Etats-Unis : Armand Hammer. Son père, Julius, un émigré juif russe, avait rencontré Lénine dès 1907 à Berlin, à une conférence socialiste et avait accepté « de faire partie de l’élite clandestine nécessaire à Lénine pour changer le monde ».  On a vu ce qu’ils ont réussi à changer.

Voilà comment ce personnage a acquis sa fameuse collection de dix œufs Fabergé. Et bien d’autres babioles. Il n’a pas payé tout ça trop cher, on peut le parier. En fait, il fournissait en contrepartie aux bolcheviks des produits du style crayons et papeterie diverse provenant d’usines américaines contôlées par … Julius Hammer. Astucieux, non ? On ramassait des deux côtés. Les bolcheviks lui avaient aussi confié bon nombre d’œuvres d’art, par eux volées, souvent à des monastères ou à des églises, qui furent vendues aux Etats-Unis.

Désireux de faire le maximum de fric avec ce pactole qui lui tombait sur les bras, Hammer exploitera même le nom de Fabergé pour une marque de cosmétiques qu’il va créer avec un partenaire, Samuel Rubin. Il va utiliser ce nom connu en toute illégalité. La famille Fabergé ne l’apprendra qu’à l’issue de la seconde guerre mondiale. Lutte du pot de terre contre le pot de fer, elle finira par accepter en 1951 de recevoir la modique somme de 25 000 dollars pour l’utilisation de son nom. En 1964, Rubin vendra la marque pour … 26 millions de dollars.

images.jpgSi vous voulez en savoir plus sur ce personnage plus que sulfureux, qui est mort tranquillement sans jamais avoir été inquiété pour ses activités anti-américaines ou autres, en 1990, à l’âge de 92 ans, lisez Dossier: The Secret Life of Armand Hammer paru en 1996 sous la plume de Edward Jay Epstein. Non traduit, hélas.

J’ai parlé en titre du bon Dr Hammer car ayant fait des études médicales, il aimait à se parer de ce titre. Son seul acte médical connu fut cependant un avortement, pratiqué durant ses études, qui se termina tragiquement et pour lequel le père, Julius, écopa de quelques années à Sing-Sing. Médecin lui-même, il s'était dénoncé à la place de son fils qui en contrepartie prit en charge ses contacts avec l'Union soviétique.

Voilà en tout cas une mine de restitutions potentielles dont curieusement, il n’est jamais fait état. Pourquoi ?

Dessin de Konk

Commentaires

La ville de La Chaux-de-Fonds ne restituera pas le tableau de John Constable ayant appartenu à une famille juive française spoliée par les nazis.

Les autorités communales ont fondé leur décision sur le droit suisse et les pratiques internationales en la matière.

A la suite du legs effectué par une famille de La Chaux-de-Fonds, le Musée des Beaux-Arts de la ville a hérité du tableau représentant «La Vallée de la Stour», brossé dans les années 1820 par le peintre romantique anglais John Constable (1776-1837).

Cette huile avait été acquise en 1946 par la famille Junod. Elle provenait de la galerie genevoise Moos. L'oeuvre faisait partie des biens dérobés à une famille juive française, vendus aux enchères à Nice en 1943 par le Commissariat français aux affaires juives.

Etat français fautif
Entre 1943 et 1946, trois propriétaires successifs ont acheté le tableau avant son acquisition par la galerie genevoise. «Nous ne doutons pas qu'il s'agisse d'un bien spolié», a indiqué mercredi à ce sujet le conseiller communal Jean-Pierre Veya, lors d'une conférence de presse.

Mais la famille Junod ignorait ce fait et était de bonne foi lors de l'acquisition de l'oeuvre en 1946, tout comme le Musée des Beaux-Arts lorsqu'il en a hérité en 1986.

L'auteur de la spoliation est l'Etat français de l'époque, et c'est à lui de réparer le dommage, a poursuivi Jean-Pierre Veya. Consultée par le Conseil communal, la Commission française d'indemnisation des victimes de spoliations (CIVS) admet au demeurant ce point de vue.

Une procédure d'indemnisation a été ouverte en France en 2006 à la demande des descendants de la famille juive dépouillée. La requête ne porte pas seulement sur le tableau de Constable, mais sur la totalité des biens confisqués à la famille, a précisé Jean-Pierre Veya.

Conforme au droit suisse
En renonçant à restituer l'oeuvre, le Conseil communal s'appuie sur le droit suisse et sur les principes adoptés en 1998 lors de la Conférence internationale de Washington sur la restitution. Seuls les Etats ayant joué un rôle dans la spoliation des biens juifs ont légiféré en la matière, a rappelé Jean-Pierre Veya.

A l'époque où Lionel Jospin était premier ministre, la France a ainsi promulgué des lois prévoyant des possibilités de restitution ou d'indemnisation. La Suisse fait partie de la majorité de pays où l'Etat n'a pas participé à la spoliation des biens juifs et n'a pas à légiférer sur des responsabilités qu'il n'a pas endossées.

La Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD)* **s'est dite choquée par cette décision. Mais avant de tirer des conclusions, elle souhaite obtenir des éclaircissements auprès de la ville de la Chaux-de-Fonds, indique-t-elle mercredi. Dans cette optique, elle a écrit une lettre au président du Conseil communal, Didier Berberat.

ats/sbo

*** Organe spécialisé dans la dénonciation de toutes dérives anti-sionistes et autres.
A ce sujet on peut se référer aux ennuis occasionnés par cette officine à un journaliste suisse Frank Brunner sur son site :
http://www.interet-general.info/
Rubrique : Le lobby juif

Écrit par : Le passant ordinaire | 11/09/2009

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