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16/02/2009

LA LECTURE ET LA LIBERTE

Le titre et le texte qui suit sont extraits du livre de Louis Pauwels, L’apprentissage de la sérénité, publié en 1978.

 

« Comptons, en gros, cinq sortes de lecture.

La lecture dite d’information. Nous en dirons deux mots, parce que, pour beaucoup de nos contemporains, elle constitue la seule lecture, ou presque.

 

NE PAS ETRE CONSTAMMENT « SOUS PRESSE »

 

Si j’écris : lecture dite d’information, c’est que l’information ne s’y trouve pas. Où se trouve l’information ? Chez ceux qui savent. Une poignée. Or, ceux qui savent ne parlent pas. Ou très peu. Ou entre eux. Tous les régimes du monde, quelque nom qu’ils portent, sont des cryptocraties. Les progrès des sciences et des techniques les rendront de plus en plus cryptocratiques. Faites-vous une raison.

Sur quoi d’essentiel renseigne donc la presse ? Sur une chose. Sur l’art et la manière de former des opinions à partir d’apparences fragmentaires de la réalité, et de mobiliser des fantômes d’événements au service d’intentions.

 

La presse est une arme politique. Et la presse prétendue non politique est une arme métapolitique. Je n’y vois pas de quoi hurler, considérant les choses comme elles sont. Le monde étant, comme toujours, en guerre, la plus grande part de notre existence se passe sous les armes. Les armes en papier font partie du matériel moderne.

Du moins, le nez fourré dans les journaux, sachez que vous êtes un enrôlé volontaire. Il faut savoir ce que l’on est et ce que l’on fait.

 

Mais cette forme de guerre (à laquelle vous consentez ; pour laquelle vous versez plusieurs francs par semaine ; sur le front de laquelle vous montez cinq, six heures ou plus par semaine) est tout de même assez libérale. Il est permis, en effet, de déserter. On peut faire des cures de pacifisme.

 

Si vous n’usez pas largement de cette libéralité (désertions et cures autorisées), ne vous plaignez pas d’être manipulé, robotisé, enrégimenté. C’est le sort du combattant à temps complet. Ne pleurnichez pas sur un monde « qui tue l’homme ». A cette guerre-là, ce ne sont pas les meilleurs qui se font tuer ; ce sont les plus consentants.

Un homme qui ne lit jamais que des journaux et des magazines, ayant reçu autant de plomb dans la tête, mérite tout à fait sa condition de mort vivant.

Je ne crois qu’aux hommes qui éprouvent la profonde nécessité, durant quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, de n’être pas sous presse, de se tenir à l’écart de l’actualité.

Et je le dis avec d’autant plus de conviction que la presse est l’un de mes métiers, et qui me passionne. »

 

 

Il est intéressant de lire ces considérations sur la presse dite d’information sous la plume d’un journaliste aussi connu que l’était Pauwels. Mais il était aussi écrivain, d’où la distance.

 

Vous vous demandez sans doute : pourquoi rappeler ce texte ? C’est que je vais suivre le bon conseil de notre ami et me retirer quelque temps afin d’entamer enfin cette recherche qui m’intéresse. Oui, je sais, je vous ai déjà fait le coup. Mais cette fois, c’est pour de vrai car j’ai vraiment envie de me détacher un peu du blog pour un travail plus en profondeur. Donc, je vous dis à bientôt.

 

Au début du texte, Louis Pauwels parle de « cinq sortes de lecture ». Il serait cruel de ma part de vous abandonner ainsi sur la première sorte, la moins intéressante. Voici donc la suite:

 

« Voyons maintenant  les autres formes de lecture.

La lecture de distraction (évasions en tous genres)

La lecture d’acquisition (le savoir)

La lecture de ravissement (les grandes œuvres littéraires)

La lecture d’élévation (philosophie, sagesse, spiritualité).

Il arrive que les quatre formes se mêlent dans les grands chefs-d’œuvre. Cependant, on ne lit pas que les grands chefs-d’œuvre. Et, ce qui importe, c’est de ne pas confondre les lectures, même si l’on n’est pas un vrai bon lecteur. (« Les vrais bons lecteurs, dit Jorge Luis Borges, sont des oiseaux rares, aussi rares et mystérieux que les bons auteurs. »)

 

Je propose des règles minimales :

PREMIERE REGLE : UNE LECTURE MULTIFORME, COMME LA VIE MEME

Vous avez besoin de distraction. Vous avez besoin de savoir. Vous avez besoin d’art. vous avez besoin d’âme. Toujours les quatre genres de lecture, simultanément. Toujours quatre livres, au moins, sous la main. Comme on varie la nourriture, dans le même repas, variez la lecture. Allez d’un genre à l’autre, selon l’humeur, l’incitation, l’appétit, sans hiérarchie ni complexe.

 

DEUXIEME REGLE : PAS DE RESPECT POUR LE LIVRE

Ceci est capital. Ni respect de l’objet, ni timidité dans son usage. Faites des marques. Soulignez. Ecrivez dans les marges. Un livre n’est pas un cadavre dans une châsse. C’est un être. Dialoguez.

Jadis, les livres étaient chose nouvelle, rare et très chère. Cependant, les gens d’esprit qui les acquéraient les tenaient pour de l’esprit vivant. Ils se colletaient ou jouissaient avec. Beaucoup sont couverts de notes manuscrites, de signes, d’interjections, de commentaires, de réfutations, de renvois à d’autres lectures, etc.

Second non-respect nécessaire : la lecture-du-commencement-à-la-fin n’est ni une obligation, ni le témoignage d’un ne sait quel mérite. Décortiquez. Prenez ce qui vous convient. Tenez le livre pour un crabe. Rien n’interdit de commencer par l’intérieur, une pince ou une patte.

 

TROISIEME REGLE : QUOTIDIENNEMENT, UN PEU DE LECTURE D’ELEVATION

Sur ma table de chevet, cette semaine : un policier (la distraction). Un ouvrage d’astronomie contemporaine (le savoir). Un Tchekhov (le ravissement). L’Enseignement de Ramakrishna (l’élévation).

Je vais de l’un à l’autre dans la journée mais, de toute façon, je finis chaque soir par un peu de Ramakrishna. Pas un jour sans lecture. Mais pas un jour sans un brin d’élévation. »

 

 

Voilà. Munis de tous ces bons conseils, vous ne devriez pas vous ennuyer en attendant. Et puis, Internet est si riche ! Je me demande d’ailleurs ce que penserait Pauwels de cette « sixième sorte » de lecture …

15/02/2009

QUELQUES DONNEES DEMOGRAPHIQUES ECLAIRANTES

Le 11 février, je faisais état d’un sondage sur l’ « antisémitisme européen » commandité par l’Anti-Defamation League.

7 pays européens étaient interrogés. En fait, à la relecture, je me rends compte que pour apprécier valablement les réponses, il est important de connaître l’importance de la population juive de ces pays.

 

Voici donc ce complément d’information. Tout en gardant à l’esprit que ces chiffres ne sont que des ordres de grandeur, qui peuvent varier en fonction d’un certain nombre de paramètres. Dont le plus important est le différentiel entre le nombre des membres officiellement répertoriés au sein des communautés juives, et la population réelle. Ce différentiel peut être très important.

 

Environ 1,6 millions de juifs vivent en Europe, soit 12% de la population juive mondiale.

A tout seigneur, tout honneur : c’est la France qui vient très largement en tête – elle constitue  la 3e communauté mondiale – avec environ 600 000 personnes (sur 62 millions d’habitants).

 

Arrive ensuite le Royaume-Uni, avec environ 275 000 personnes (sur 61,3 millions). Les juifs de ce pays appartiennent avant tout au monde anglo-saxon qui regroupe les très fortes communautés américaine et canadienne.

 

Puis l’Allemagne : 103 000 personnes environ (sur un total de 82,2 millions d’habitants).

La Hongrie : 55 000 environ (sur 10 millions d’habitants).

L’Espagne : 12 000 (sur 46 ,5 millions)

L’Autriche : 9 000 (sur 8,4 millions)

La Pologne : 3 500 (sur  38,1 millions)

 

L’Italie, qui était citée dans un précédent sondage, mais pas dans celui-là, compte quelque 30 000 juifs (sur 59,9 millions d’habitants).

 

 

Source : http://www.jafi.org.il/education/100/french/CONCEPTS/demography/demographie2.html

 

17:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

14/02/2009

IL Y A 64 ANS, LE 14 FEVRIER 1945

 

Dresde.jpg

 

La ville de Dresde, la Florence de l’Elbe, était réduite en cendres par un bombardement anglo-saxon délibérément ciblé sur la population civile.

 

En hommage aux victimes occultées de ce conflit terrifiant, voici un texte paru en février 1946 dans le mensuel américain The Atlantic Monthly, sous la plume du journaliste Edgar L. Jones. Ce dernier avait combattu en tant que soldat et avait en outre servi durant un certain temps comme correspondant de guerre sur le front du Pacifique. C’est de ces victimes-là qu’il parle, mais quelle différence ?

 

« Nous, Américains, avons une dangereuse tendance au point de vue international à prendre une attitude de supériorité morale à l’égard des autres nations. Nous considérons que nous sommes plus nobles et plus moraux que les autres peuples, et par conséquent, mieux placés pour décider ce qui est juste dans le monde et ce qui ne l’est pas. Quelle espèce de guerre les civils supposent-ils donc que nous avons faite ? Nous avons massacré des prisonniers de sang-froid, nous avons pulvérisé des hôpitaux, coulé des bateaux de sauvetage, tué ou blessé des civils ennemis, achevé des blessés, entassé les mourants dans un trou pêle-mêle avec les morts, et dans le Pacifique nous avons dépecé les crânes de nos ennemis en les faisant bouillir pour en faire des garnitures de table pour nos fiancées et nous avons sculpté leurs os pour en faire des coupe-papier. Nous avons couronné nos bombardements au phosphore et nos assassinats de civils en jetant des bombes atomiques sur deux villes à peu près sans défense, et nous avons atteint ainsi un record incontestable d’assassinat en masse à cadence instantanée.

 

Comme vainqueurs, nous nous sommes arrogés le droit de faire passer en jugement nos ennemis pour leurs crimes contre l’humanité ; mais nous devons être assez réalistes pour concevoir que si nous étions mis en jugement pour avoir violé les lois de la guerre, nous serions déclarés coupables sur une douzaine de chefs d’accusation. Nous avons mené une guerre sans honneur, car la morale ne vient qu’en dernière ligne parmi les préoccupations du combattant. Plus la bataille est dure, moins il y a de place pour les beaux sentiments. Et dans la guerre du Pacifique, nous avons vu l’humanité atteindre le plus sombre degré de bestialité.

 

On ne peut dire que chaque soldat américain ni même un sur cent ait commis délibérément des atrocités injustifiées : mais la même chose peut être affirmée des Allemands et des Japonais. Les exigences de la guerre nous ont souvent contraints à ce qu’on appelle des crimes et d’une façon générale la masse peut être blâmée pour l’espèce de folie que la guerre a provoquée. Mais nous avons fait beaucoup de publicité autour de tous les actes inhumains de nos adversaires et nous nous sommes opposés à tout aveu de nos propres défaillances en des moments de désespoir … Nous avons mutilé les corps des morts ennemis, nous avons coupé leurs oreilles et arraché leurs dents en or pour avoir des souvenirs, nous les avons enterrés en leur fourrant leurs testicules dans la bouche, mais de telles violations de tous les codes de la morale font partie des zones encore inexplorées de la psychologie de l'homme au combat ».  

 

C'était en tout cas une époque où la pensée unique, obligatoire et totalitaire était apparemment moins prégnante qu'aujourd'hui. Le texte original complet de Edgar Jones figure sur le site de l'Atlantic Monthly:

http://www.theatlantic.com/unbound/bookauth/battle/jones....

 

 

Il est intéressant de constater que la télé n'a pas cru utile de consacrer une seule émission à l'acte de guerre peu reluisant que fut le bombardement de Dresde. Motus sur toute la ligne. La chaîne Histoire diffuse ce soir Chasseur de baleine et Toute l'Histoire, ... Eichmann, le fugitif nazi. Un inoxydable, cet Eichmann. Et Arte s'est réfugié prudemment dans l'Antiquité.

 

16:05 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (7)

13/02/2009

QUAND ON FINIT PAR SE DECHIRER ENTRE SOI A COUPS DE « MEMOIRE » …

22.jpg« L’avocat international et président français pour Yad Vashem Samuel Pisar, rescapé d’Auschwitz, exprime, dans Le Monde du vendredi 13 février 2009, son indignation face aux détracteurs du Mémorial universel de la Shoah. Extraits :

 

« On voudrait pouvoir se dire que la liberté d'expression ne doit servir qu'à enrichir la connaissance des hommes et à améliorer leur mutuelle compréhension. Malheureusement, elle sert parfois aussi à colporter quelques ignominies, comme cette lettre ouverte au président d'Israël, "Effacez le nom de mon grand-père à Yad Vashem", que vous avez estimée digne de vos pages (Le Monde du 28 janvier)….

 

Sans vouloir entrer dans la polémique, je voudrais rappeler que ce mémorial a été fondé en 1953 avec pour mission essentielle de commémorer les martyrs et les héros de l'Holocauste, maintenir leur mémoire, et honorer les Justes parmi les nations. Préserver l'identité de millions d'êtres humains exterminés dans la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l'homme contre l'homme* est à la fois un devoir sacré et le seul moyen de donner une sépulture morale à tous ceux qui ont disparu sans tombe ni stèle…

 

Dans tous les pays de l'Europe, et notamment en France, il y eut des non juifs qui ont mis en danger la liberté et la vie de leurs familles afin de porter secours, ouvrir leur foyer et leur coeur, pour sauver des juifs promis a l'extermination dans un monde indifférent. Retrouver leur trace et inscrire leurs noms dans l'Allée des Justes parmi les nations est sans doute notre travail le plus porteur d'espoir.

 

Pour moi, d'abord administrateur de Yad Vashem Jérusalem, puis président fondateur de son Comité français, ce devoir a acquis une importance capitale, parce qu'après la destruction de ma famille immédiate en Europe de l'Est, sa branche française a été sauvée par les villageois de Chambon-sur-Lignon, pasteur en tête, tous reconnus Justes parmi les nations. Et parce qu'une certaine décomposition morale de la vie contemporaine démontre qu'il manque des Justes dans notre monde à nouveau enflammé - des Justes chrétiens, des Justes musulmans, et, oui, des Justes juifs également.

 

Cette action, que nous avons menée au sein du Comité français pour Yad Vashem, moi-même et mon successeur Richard Prasquier, avec Simone Veil, Elie Wiesel, David de Rothschild, Ady Steg et quelques autres, je la vois non seulement comme l'expression d'une grande dette envers ces êtres rares et exemplaires, mais aussi comme la reconnaissance de leur apport précieux à l'humanité, dont la jeunesse a besoin pour le présent et pour demain.

Voilà, véritablement et exclusivement, quelles sont nos vocations. Il n'y a jamais eu, et il n'y aura jamais, de place à Yad Vashem pour une quelconque argumentation politique ou idéologique, et encore moins démagogique. Toute tentative d'instrumentaliser cette institution sacrée et respectée constitue une trahison envers les morts et les vivants. Elle est donc tout simplement indigne. »

 

* hum, il y en a eu, des génocides, tout au long de l’histoire de l’humanité, et même en restant au XXe siècle, on a le choix : Arménie, Holodomor, Cambodge, etc, etc. Ce n’est pas bien de faire comme ça, de la mémoire sélective. Autre point: Samuel Pisar est de nationalité américaine. Ca n'empêche apparemment pas d'être président français pour Yad Vashem? [ndw]

 

Source : http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=13758&returnto=accueil/main&artyd=5

 

Cette indignation de Samuel Pisar fait suite à l’initiative de Jean-Moïse Braitberg, écrivain et membre de l'Union Juive Française pour la Paix, que Le Monde avait rapportée en ces termes le 28 janvier 2009:

 « Oui, nombreux sont les juifs qui se rebellent contre les responsables politiques israéliens

arton100000518.jpgMonsieur le Président de l'Etat d'Israël, je vous écris pour que vous interveniez auprès de qui de droit afin que l'on retire du Mémorial de Yad Vashem dédié à la mémoire des victimes juives du nazisme, le nom de mon grand-père, Moshe Brajtberg, gazé à Treblinka en 1943, ainsi que ceux des autres membres de ma famille morts en déportation dans différents camps nazis durant la seconde guerre mondiale. Je vous demande d'accéder à ma demande, monsieur le président, parce que ce qui s'est passé à Gaza, et plus généralement, le sort fait au peuple arabe de Palestine depuis soixante ans, disqualifie à mes yeux Israël comme centre de la mémoire du mal fait aux juifs, et donc à l'humanité tout entière.

Voyez-vous, depuis mon enfance, j'ai vécu dans l'entourage de survivants des camps de la mort. J'ai vu les numéros tatoués sur les bras, j'ai entendu le récit des tortures ; j'ai su les deuils impossibles et j'ai partagé leurs cauchemars.

Il fallait, m'a-t-on appris, que ces crimes plus jamais ne recommencent ; que plus jamais un homme, fort de son appartenance à une ethnie ou à une religion n'en méprise un autre, ne le bafoue dans ses droits les plus élémentaires qui sont une vie digne dans la sûreté, l'absence d'entraves, et la lumière, si lointaine soit-elle, d'un avenir de sérénité et de prospérité.

Or, monsieur le président, j'observe que malgré plusieurs dizaines de résolutions prises par la communauté internationale, malgré l'évidence criante de l'injustice faite au peuple palestinien depuis 1948, malgré les espoirs nés à Oslo et malgré la reconnaissance du droit des juifs israéliens à vivre dans la paix et la sécurité, maintes fois réaffirmés par l'Autorité palestinienne, les seules réponses apportées par les gouvernements successifs de votre pays ont été la violence, le sang versé, l'enfermement, les contrôles incessants, la colonisation, les spoliations.

Vous me direz, monsieur le président, qu'il est légitime, pour votre pays, de se défendre contre ceux qui lancent des roquettes sur Israël, ou contre les kamikazes qui emportent avec eux de nombreuses vies israéliennes innocentes. Ce à quoi je vous répondrai que mon sentiment d'humanité ne varie pas selon la citoyenneté des victimes.

Par contre, monsieur le président, vous dirigez les destinées d'un pays qui prétend, non seulement représenter les juifs dans leur ensemble, mais aussi la mémoire de ceux qui furent victimes du nazisme. C'est cela qui me concerne et m'est insupportable. En conservant au Mémorial de Yad Vashem, au coeur de l'Etat juif, le nom de mes proches, votre Etat retient prisonnière ma mémoire familiale derrière les barbelés du sionisme pour en faire l'otage d'une soi-disant autorité morale qui commet chaque jour l'abomination qu'est le déni de justice.

Alors, s'il vous plaît, retirez le nom de mon grand-père du sanctuaire dédié à la cruauté faite aux juifs afin qu'il ne justifie plus celle faite aux Palestiniens.

Veuillez agréer, monsieur le président, l'assurance de ma respectueuse considération."

Source:  http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=505 
 

12/02/2009

MAIS OU VONT-ILS CHERCHER TOUT CA, CES ASIATIQUES ?

« Un best-seller chinois, intitulé La guerre de l’argent, raconte comment les juifs projettent de diriger le monde en manipulant le système financier international. Ce livre serait lu dans les plus hautes sphères gouvernementales. Si c’est le cas, cela n’est pas de bon augure pour le système financier international, qui attend de Chinois bien informés qu’ils l’aident à se relever de la crise actuelle.

 

Ce genre de théorie du complot n’est pas rare en Asie. Les lecteurs japonais ont montré au cours des ans un appétit insatiable pour des livres comme Regarder les juifs c’est y voir clair dans le monde, Les dix prochaines années: comment avoir un aperçu de l’intérieur du protocole juif, et Je voudrais demander pardon aux Japonais – la confession d’un sage juif (écrit par un auteur japonais, naturellement, sous le pseudonyme de Mordecai Mose). Tous ces livres sont une variante du Protocole des sages de Sion, le faux écrit russe, publié pour la première fois en 1903, que les Japonais découvrirent après avoir défait l’armée du tsar en 1905.

 

Les Chinois ont pris beaucoup d’idées occidentales modernes aux Japonais. Peut-être aussi est-ce ainsi que se sont transmises les théories du complot juif. Mais les Asiatiques du Sud-Est ne sont pas non plus immunisés contre ce genre de sornettes. L’ancien premier ministre de Malaisie, Mahathir Bin Mohammed, a déclaré «les juifs dirigent le monde par procuration. Ils poussent les autres à se battre et à mourir pour eux.» Et un article récent dans un éminent magazine d’affaires philippin expliquait comment les juifs avaient toujours contrôlé les pays dans lesquels ils vivaient, y compris les Etats-Unis aujourd’hui.

 

Dans le cas de Mahathir, c’est sans doute une sorte de solidarité musulmane retorse qui est à l’œuvre. Mais, contrairement à l’antisémitisme européen ou russe, la variété asiatique n’a aucune racine religieuse. Aucun Chinois ou Japonais n’a reproché aux juifs d’avoir tué un saint homme ou ne croit que le sang de ses enfants finit dans le pain azyme de la Pâque juive. En fait, peu de Chinois, de Japonais, de Malais ou de Philippins ont déjà vu un juif, à moins d’avoir voyagé à l’étranger.

 

Comment, dans ce cas, expliquer l’attrait considérable exercé par les théories du complot juif en Asie ? La réponse doit être au moins partiellement politique. Les théories du complot s’épanouissent dans des sociétés relativement fermées, où l’accès à l’actualité est limité et la liberté d’investigation restreinte. Le Japon n’est plus une société fermée, et pourtant même les peuples vivant dans une démocratie jeune sont susceptibles de croire qu’ils sont victimes de forces invisibles. Précisément parce que les juifs sont relativement peu connus, et par conséquent mystérieux, et, quelque part, associés à l’Occident, ils deviennent un élément évident de la paranoïa anti-occidentale.

 

Ce type de paranoïa est très répandu en Asie, où presque tous les pays ont été à la merci des puissances occidentales pendant plusieurs centaines d’années. Le Japon n’a jamais été officiellement colonisé, mais lui aussi ressent la domination de l’Occident, au moins depuis les années 1850, quand des bateaux américains chargés de lourds canons l’ont forcé à ouvrir ses frontières selon les conditions imposées par l’Occident.

 

L’association d’idées entre les Etats-Unis et les juifs remonte à la fin du XIXe siècle, quand les réactionnaires européens conspuaient l’Amérique, qu’ils accusaient d’être une société sans racines, fondée uniquement sur l’appât du gain. Cette idée se mariait parfaitement au stéréotype du juif grippe-sou, «cosmopolite déraciné». D’où l’idée que les juifs dirigent l’Amérique.*

 

L’une des grandes ironies de l’histoire coloniale est la manière dont les peuples colonisés ont adopté certains des mêmes préjugés qui servaient de justification à la domination des colonisateurs. L’antisémitisme est arrivé avec tout un assortiment de théories raciales européennes, qui ont persisté en Asie bien longtemps après être tombées en désuétude en Occident.

 

D’une certaine manière, les minorités chinoises d’Asie du Sud-Est ont partagé une partie de l’hostilité dont ont souffert les juifs en Occident. Exclus de nombreuses professions, eux aussi ont survécu grâce à l’esprit de clan et au commerce. Eux aussi ont été persécutés parce qu’ils n’étaient pas des «fils de la terre». Et eux aussi sont soupçonnés de posséder des pouvoirs surhumains lorsqu’il s’agit de gagner de l’argent. Par conséquent, quand les choses ne vont pas, c’est de la faute des Chinois, pas seulement parce que ce sont des capitalistes cupides mais aussi, encore une fois comme les juifs, parce qu’ils sont communistes, puisqu’à la fois le capitalisme et le communisme sont associés au déracinement et au cosmopolitisme.

Outre qu’ils sont craints, les Chinois sont aussi admirés pour leur intelligence supérieure. Le même mélange de peur et d’admiration est souvent évident dans une certaine vision des Etats-Unis, et, effectivement, des juifs. L’antisémitisme japonais est tout particulièrement intéressant.

 

Le Japon n’a pu battre la Russie en 1905 qu’après qu’un banquier juif de New York, Jacob Schiff, l’eut aidé en lui prêtant de l’argent. Le protocole des sages de Sion confirmait donc ce que les Japonais soupçonnaient déjà; les juifs tiraient réellement les ficelles de la finance mondiale. Mais, au lieu de décider de les attaquer, les Japonais, qui sont un peuple au sens pratique, décidèrent qu’ils seraient mieux avisés de cultiver l’amitié de ces juifs si puissants et intelligents.

 

Par conséquent, pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis que les Allemands demandaient à leurs alliés japonais de rassembler les juifs et de les leur livrer, des dîners étaient organisés dans la Mandchourie occupée par les Japonais pour célébrer l’amitié sino-juive. Les réfugiés juifs de Shanghai, bien que dans une situation inconfortable, restèrent au moins en vie sous protection japonaise. Ce fut une bonne chose pour les juifs de Shanghai. Mais les idées mêmes qui les aidèrent à survivre continuent d’embrouiller les opinions de gens qui devraient vraiment faire preuve de plus de bon sens au­jour­d’hui. »

 

Source : journal  Le Temps (Suisse) du 9/2/09

 

 

* Pourtant, on a bien connu l’un ou l’autre premier ministre israélien qui s’en vantait ouvertement, il n’y a pas bien longtemps [ndw]

 

16:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5)

11/02/2009

AH, CE QUE LES GENS SONT MECHANTS …

img_logo4.gifComme chaque année à pareille époque, l’Anti-Defamation League*, qui a les moyens, a commandité un sondage sur l’attitude des méchants Européens à l’égard des gentils juifs. Et comme chaque année, les conclusions sont identiques : les  « préjugés antisémites multiséculaires » s’entêtent à persister chez des millions d’Européens, on se demande pourquoi.

 

Ce sondage a été réalisé en interrogeant à chaque fois 500 personnes dans sept pays européens, du 1er décembre 2008 au 13 janvier 2009. Les chiffres émanent du site de l’ADL (http://www.adl.org/PresRele/ASInt_13/5465_13.htm ).

 

Comme vous le constaterez, on se réfère constamment, pour comparer, aux chiffres de 2007. Or la vérité oblige à dire que le sondage de 2007 ne concernait que cinq pays européens (et non sept) : France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne. (http://www.adl.org/PresRele/ASInt_13/5045_13.htm ). Je me demande donc d’où sont tirées  les comparaisons pour l’Autriche, la Hongrie et le Royaume-Uni qui apparaissent dans ce nouveau sondage.

 

« (…) Près de la moitié des personnes interrogées considèrent que les Juifs ne sont pas fidèles à leur pays et plus d'un tiers pensent qu'ils ont "trop de pouvoir" dans les affaires et la finance. 31% des sondés estiment qu’ils sont responsables de la crise financière mondiale.

 

Les résultats confirment que l'Espagne est le pays où le sentiment judéophobe est le plus élevé, et malheureusement en progression. Il se confirme que le Royaume-Uni reste le pays où le sentiment judéophobe est le moins élevé et en recul.

 

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs sont plus loyaux envers l’Etat d’Israël qu’envers le pays dans lequel ils vivent" :

 

Autriche : 47% (contre 54% en 2007)

France : 38% (39% en 2007) et 29% en 2005

Allemagne : 53% (contre 51% en 2007) et 55% en 2005

Hongrie : 40% (contre 50% en 2007)

Pologne : 63% (contre 59% en 2007) et 52% en 2005

Espagne : 64% (contre 60% en 2007) et 51% en 2005

Royaume-Uni : 37% (contre 50% en 2007)

 

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs ont trop de pouvoir dans le monde des affaires" :

 

Autriche : 36% (contre 37% en 2007)

France : 33% (contre 28% en 2007) et 25% en 2005

Allemagne : 21% (inchangé par rapport à 2007) et 20% en 2005

Hongrie : 67% (contre 60% en 2007)

Pologne : 55% (contre 49% en 2007) et 43% en 2005

Espagne : 56% (contre 53% en 2007) et 45% en 2005

Royaume-Uni : 15% (contre 22% en 2007)

 

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs ont trop de pouvoir sur les marchés financiers économiques" :

 

Autriche : 37% (contre 43% en 2007)

France : 27% (contre 28% en 2007) et 24% en 2005

Allemagne : 22% (contre 25% en 2007) et 24% en 2005

Hongrie : 59% (contre 61% en 2007)

Pologne : 54% (inchangé par rapport à 2007) et 43% en 2005

Espagne : 74%* (contre 68% en 2007) et 54% en 2005

Royaume-Uni : 15% (contre 21% en 2007)

* Alors que la moyenne est de 41%.

 

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs parlent trop de l’Holocauste" :

 

Autriche : 55% (contre 54% en 2007)

France : 33% (contre 40 % en 2007) et 34% en 2005

Allemagne : 45% (contre 45% en 2007) et 48% en 2005

Hongrie : 56% (contre 58% en 2007)

Pologne : 55% (contre 58% en 2007) et 52% en 2005

Espagne : 42% (contre 46% en 2007) et 46% en 2005

Royaume-Uni : 20% (contre 28% en 2007)

 

La marge d’erreur est d’environ 4%. »

 

Vous noterez que sont donc considérées par l’ADL comme des « canards » ou bobards antisémites, donc dénuées de tout fondement, les affirmations suivantes :

Les juifs ont trop de pouvoir dans le monde des affaires

Les juifs ont trop de pouvoir sur les marchés financiers économiques

Les juifs parlent trop de l’holocauste.

 

Face à ces affirmations, il me semble pourtant que la seule interrogation pertinente n’est pas de se demander si c’est philosémite ou antisémite. Mais simplement si c’est VRAI ou FAUX. Question qu’il est interdit de poser. Pour y parer, l’arme absolue, qui a bien marché jusqu’à présent: jeter le tabou sur ces points délicats en les qualifiant de « canards » antisémites et bien agiter l’épouvantail pour faire honte (une fois de plus) aux Européens.  

 

* plus d’infos sur cette intéressante organisation – la LICRA américaine – dans les archives du 21/07/07.

10/02/2009

L'EXTREME-DROITE ISRAELIENNE, C'EST QUAND MEME AUTRE CHOSE ...

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"Vous vous souvenez des cris indignés de la société européenne bien-pensante quand l’Autriche avait élu le fasciste Jörg Häider ? La mise au ban du pays par la communauté internationale ? Vous vous souvenez des manifestations unitaires et médiatiques contre Le Pen au second tour en France ?

Combien voulez-vous parier que tout le monde observera un silence gêné et fera comme si de rien n’était quand, demain soir, le fasciste, raciste et nettoyeur ethnique Lieberman sortira vainqueur des élections israéliennes ? Parce que, quand il s’agit d’Israël, les plus grandes consciences humanistes baissent soudain le rideau de fer et regardent ailleurs…

Avigdor Lieberman est le vrai visage d’Israël, une société figée dans sa xénophobie et son patriotisme militaire, son obsession de la force, son mépris de tout ce qui n’est pas blanc et occidental comme elle… une société qui fonce droit dans le mur de l’autoritarisme fasciste, déjà visible à chaque coin de rue, dans chaque conversation… Le “Camp de la Paix” va devoir montrer de quel côté il se situe vraiment, finis les faux semblants et les manifestations alibi !

On a bombardé Milosevic pour bien moins que cela…"

"La sirène brune qui enchante Israël
[Michele Giorgio - Il Manifesto]

Selon les sondages, mardi prochain, Avigdor Liebermann sera le véritable vainqueur des élections, avec 17 sièges et si l’ « homme politique le plus dangereux » entre au gouvernement, avec la droite de Netanyahu, il fera tout pour chasser les Palestiniens de l’Etat juif.

Parmi les toits rouges de la colonie juive de Nokedim, pointe la villa à deux étages de Avigdor Liebermann. Entourée par un gracieux jardin, la demeure du leader ultranationaliste est surveillée jour et nuit par des gardes privés. Elle donne sur ces douces collines qui, entre Bethléem et Hébron, descendent vers la Vallée du Jourdain. Un décor de rêve, enrichi par la proximité du Mont Hébron. Ce n’est pas un hasard si la colonie a été construite à cet endroit de la Cisjordanie occupé par Israël depuis 1967.

Liebermann n’est pas chez lui, « mais il rentre quelquefois le soir », assurent ses deux voisines. Suzy Cohen, 32 ans, quatre enfants, est arrivée dans les Territoires occupés directement de Vienne (Autriche), tandis que Michal Libzick, 34 ans, 5 enfants, vient du Tennessee. « Qui est Liebermann ? Eh bien, on ne le voit pas trop… Si on aime son programme électoral ? En fait, nous ne faisons pas de politique à Nokedim ; ici chacun mène sa vie tranquille, sans embouteillages, sans stress » dit Suzy, en contournant le sujet des élections du 10 février et de l’avenir de la Cisjordanie. « Nous savons juste que cette terre nous appartient, Dieu l’a toute donnée à notre peuple, et c’est pour ça que nous sommes revenus en Eretz Israël (la terre d’Israël) », poursuit-elle sans hésitation avant de répéter ce que déclarent un peu tous les colons israéliens : « les relations avec les villages arabes sont bonnes, les Palestiniens nous veulent ici, parce que nous leur apportons du travail et des sous, mais leurs leaders politiques les poussent toujours à la révolte et au terrorisme ».

Liebermann, lui, à la différence de Mesdames Cohen et Libzick, n’est certes pas venu à Nokedim pour échapper à l’usure de la vie moderne. Lui, cette colonie, il a contribué à la fonder en 1982, en s’adaptant pendant des mois à une vie dans un container froid en hiver et surchauffé en été, au nom de la rédemption de Erezt Israël et de la lutte contre les Palestiniens, « coupables » de vivre depuis des générations sur leur terre.

Né il y a 50 ans à Kichinev, en Union Soviétique (aujourd’hui Chisinau, capitale de la Moldavie) Liebermann ne pensait peut-être même pas à la terre biblique d’Israël quand il travaillait comme videur dans une discothèque de sa ville natale ; ni même quand il s’affairait entre disques et tables d’enregistrement dans une radio  de Bakou. En 1978, à 20 ans, vint l’illumination : départ pour Israël, bref séjour dans les centres d’absorption pour les nouveaux immigrés, études universitaires pas très brillantes et enfin, après le sevrage politique dans l’extrême-droite, l’atterrissage à Nokedim.

Après des années passées à exciter amis et connaissances contre les Palestiniens (selon le quotidien Ha’aretz il aurait aussi fait partie du mouvement raciste Kack, du rabbin israélo-étasunien Meir Kahane, mis hors la loi en 1994) et à réaliser d’excellentes affaires pas toujours limpides au grand jour, Liebermann saisit la grande occasion du poste de directeur du bureau du premier ministre B. Netannyahou, entre 1996 et 1999 : il se lance enfin dans la politique qui compte en fondant son propre parti, Yisraël Beitenu : russophone, anti-arabe et raciste. Ayant recours aussi à de nébuleux financements depuis l’étranger, gérés par une société au nom de sa fille.

Liebermann a pris, et grossi en même temps, la vague du sentiment anti-arabe croissant chez les Israéliens juifs, en focalisant son attention pas tant sur les Palestiniens des Territoires occupés, que sur ceux qui ont une citoyenneté israélienne dont il a de façon répétitive demandé le « transfert » : terme qui, en Israël, désigne de façon élégante le nettoyage ethnique. Le succès a été énorme pour ce self made man qui a déjà été ministre, même dans le gouvernement sortant, avec la charge de s’occuper des « menaces stratégiques », entendez de l’Iran.

Aujourd’hui, à moins d’une semaine des élections politiques, les sondages lui attribuent au moins 17 sièges et probablement le rôle de troisième force politique nationale après le Likoud, donné gagnant avec 27 sièges, et Kadima, le parti de majorité relative sortant dirigé par la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni, à qui les dernières prévision attribuent 23 députés. Le Likoud, qui a perdu un peu de terrain ces derniers jours, a peur de cela et demande à l’électorat un « vote utile » en ne dispersant pas les voix entre de nombreux, trop nombreux, partis de droite.

Derrière Liebermann, il n’y a pas de liste de poids. Les seuls noms connus de Yisraël Beitenou sont l’idéologue Uzi Landau, un ancien ultra du Likoud, et l’ex-ambassadeur aux Etats-Unis Dani Ayalon. Et la fille de l’ex-ministre des affaires étrangères David Levy, un mannequin dont la tâche va être de glaner les voix des Israéliens non engagés, mais en tout cas enragés contre les Arabes. Mais si les candidats sont inconnus, le message de Yisraël Beitenou attire cependant des consensus continuels parce qu’ils sont nets et martèlent dur, à commencer par le mot d’ordre contre les Arabes-israéliens : « Aucune citoyenneté sans loyauté ».

Liebermann propose une sorte de serment de fidélité à l’Etat d’Israël et à sa nature « juive et sioniste », sous peine de retrait de la citoyenneté et, en conséquence, de déportation, pour une population qui vit depuis des siècles sur cette terre où, lui, est arrivé il y à peine 30 ans. Pendant l’attaque contre Gaza, il a suggéré l’utilisation de la bombe atomique. « Nous devons faire exactement ce que les Etats-Unis ont fait avec le Japon pendant la deuxième guerre mondiale, comme ça on n’aura pas besoin d’occuper Gaza », a-t-il déclaré dans une conférence.

Pour l’universitaire Zeev Sternhell, victime il y a quelques mois d’un attentat de la part d’extrémistes de droite, Liebermann est « le politicien le plus dangereux de l’histoire du pays » ; pour d’autres, comme l’ont montré des sondages récents, le leader de Yisraël Beitenou ne fait que dire tout haut ce qu’une grosse tranche d’Israéliens trouve opportun de faire pour « résoudre » la question palestinienne, à commencer par le « transfert ». « Le leader de Yisraël Beitenou, dans un certain sens est un fasciste atypique, dit l’intellectuel pacifiste Michel Warshavski, mais c’est surtout le produit de deux choses : de l’absence de démocratie de l’Est européen et de la colonisation juive effrénée dans les Territoires occupés palestiniens ». Une analyse cohérente avec une déclaration faite par Liebermann lui-même : « Je suis en faveur de la démocratie mais quand il y a une contradiction entre démocratie et valeurs juives ces dernières deviennent plus importantes que tout ». En fin de compte, ajoute Warshavski, « Liebermann n’est coupable que d’avoir porté à ses conséquences extrêmes les politiques que les autres mettent en acte de façon silencieuse ».

Comme par exemple le ministre de la Défense et leader travailliste Ehud Barak. Après avoir donné le feu vert à la « liaison » entre la colonie de Maale Adoumim et Jérusalem Est, Barak a autorisé la création de nouvelles implantations dans la région de Binyamin, en Cisjordanie ; en échange de l’évacuation des 45 familles de l’avant-poste de Migron qui se déplaceront vers 250 maisons de construction prochaine, les premières de 1.400 nouvelles unités d’habitation."

Les deux textes précédents émanent du site http://libertesinternets.wordpress.com/

15:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8)

09/02/2009

C’EST BEAU, LA LIBERTE

Le talent consiste aussi (et surtout pour beaucoup) à savoir palper le maximum de subventions. Ca marche même pour les théâtres dits « satiriques ».

Nous en avons un, très connu, ici à Strasbourg. Il s’appelle La Choucrouterie et son propriétaire s’appelle Roger Siffer.

 

Ce dernier est qualifié de chansonnier régionaliste, d’humoriste – maniant l’humour comme une arme -, voire d’électron « libre ».

Libre ? Je me demande comment on peut être libre dans un contexte de satire soi-disant politique - car les thèmes de la revue sont politiques - lorsqu’on se fait subventionner par:

- le Conseil régional d’Alsace

- le Conseil général du Bas-Rhin

- la Ville de Strasbourg

et cerise sur le gâteau : Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

 

D’ailleurs, ce théâtre librement et hautement satirique a un président. Pourquoi un président alors qu’il a déjà un propriétaire ? Mystère. En tout cas ce président n’est autre qu’Alain Howiller qui était jusqu’à une époque relativement récente … rédacteur en chef des DNA, justement.

 

Mais bon, je parie que Roger ne doit pas trop souffrir, finalement. Ses généreux contributeurs sont compréhensifs. Ils casquent parce que le bon peuple a besoin de quelques soupapes. Ils veulent bien se faire égratigner parce que ça fait partie de la règle du jeu, mais ils restent avant tout des copains. Et on n’est jamais trop méchant avec les copains.

 

Non, là où Roger devenait vraiment très méchant, c’est quand il fallait affronter la bête immonde, quand elle existait encore. Maintenant, évidemment, elle manque à tout le monde…

Et il était aux premières loges pour bien cogner puisque sa copine Trautmann, du temps où elle était ministre (mais si, rappelez-vous) avait inventé un Comité de vigilance contre l’extrême-droite. Dont il faisait partie, naturellement. Et avec quelle énergie ! Ah, c’était le bon temps ….