30.10.2008
EH BIEN, CA N’AURA PAS TRAINE !!!
Début octobre, j’évoquais la messe anniversaire célébrée par le pape Benoît XVI en mémoire de son prédécesseur Pie XII, décédé le 9 octobre 1958. Et j’indiquais que le Vatican était en train d’achever le procès en béatification de ce pape malchanceux qui accéda au pontificat en 1939 et eut à subir à titre posthume l’ire opiniâtre des responsables juifs.
A mon retour, j’apprends que devant les pressions, le pape a piteusement fait machine arrière à toute allure et renoncé à réhabiliter Pie XII, afin de « conserver de bons rapports avec les juifs ». Ces derniers ont donc gagné une fois de plus.
Je suppose que toutes les communautés avaient dû donner de la voix avec un bel ensemble. Je n’ai cherché que la réaction en France. Le 17 octobre, le CRIF se fendait d’un communiqué alarmiste, précisant que « le projet de béatification de Pie XII, pape de 1939 à 1958, porterait, s’il était mené à son terme, un coup sévère aux relations entre l’Eglise catholique et le monde juif ».
Le pape a donc reculé devant une menace aussi terrifiante. Le même s’étonnera sans doute de la désertification des églises …
Sans rapport (encore que), mais éclairant : il paraît que « l’antisémitisme » croît en Allemagne et que 25% des Allemands portent un regard défavorable sur les juifs. Encore du boulot en perspective et des prosternations sans fin pour ce pauvre pape même pas soutenu par ses ex-compatriotes.
Heureusement qu’il n’est pas tout seul pour lutter contre tous ces regards défavorables surgis on ne sait d’où. Le gouvernement allemand est fermement à ses côtés. Il voulait vertueusement marquer le 70e anniversaire de la Nuit de cristal (9 novembre 1938) par l’adoption d’une loi contre l’antisémitisme. Un beau symbole qui aurait fait tellement plaisir à cette communauté systématiquement persécutée. Mais, aux dernières nouvelles, il paraît qu’il y a controverse et le projet est repoussé pour l’instant.
J’ai lu cette information concernant « l’antisémitisme » allemand sur le site de Guysen, ainsi que les réactions qui l’accompagnaient. Elles sont souvent plus éclairantes que les infos.
Ainsi, une correspondante est totalement bouleversée par ces affreuses révélations : « Cet antisémitisme contre les juifs, en Allemagne ou ailleurs sur la terre, est une chose qui me dépasse. (…) on pourrait à la limite comprendre la mise à l’écart d’une nation « parasite » qui profiterait des autres peuples sans jamais rien produire en échange pour le bien-être de tous. On n’observe rien de tel chez les juifs : plus que compétents scientifiquement, à la pointe de la recherche, travailleurs, producteurs, courageux, talentueux, faisant preuve d’une rare ouverture d’esprit, ils sont ceux dont tous devraient rechercher la société et imiter le savoir-faire ! »
Et encore, cette correspondante est bien en deçà de la réalité. Elle a oublié de citer leur grande modestie et leur amour immodéré du prochain, quel qu’il soit. Mais allez donc comprendre la nature humaine ! Ces pauvres goyim sont tellement écrasés par une supériorité aussi manifeste qu’au lieu de chercher avec humilité à l’imiter – mais n’est-ce pas perdu d’avance ? – ils réagissent comme les nuls qu’ils sont par une certaine dose d’exaspération qui monte, qui monte …. Incroyable, non ?
Cette correspondante semble par ailleurs ignorer qu’il existe des victoires éminemment dangereuses, car trop facilement atteintes et trop souvent répétées, elles finissent tout doucement par dessiller quelques yeux .
16:59 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vatican, benoit xvi, crif, pie xii, béatification, anne kling
15.10.2008
A BIENTOT!
Je m'absente jusqu'à la fin du mois. Au moment de partir, je suis à jour de toutes les commandes de livres. Celles qui arriveront pendant mon absence seront traitées dès mon retour. Signalez-moi si vous avez des problèmes de réception. En attendant, allez faire un tour du côté des blogs d'Hervé Ryssen et Boris Le Lay. Ils sont parmi les rares à ne pas avoir peur d'identifier les causes, au lieu de pleurnicher hypocritement sur les conséquences. Trop facile.
Notez déjà sur vos tablettes la date du 23 novembre à Paris. J'espère que j'aurai l'occasion d'y rencontrer certains d'entre vous.
2ème journée de la revue nationale et identitaire
Fin du Nouvel Ordre Mondial :
RENAISSANCE EUROPEENNE !
Dimanche 23 novembre 2008
(de 11 h 00 à 18 h 00)
Forum de Grenelle
5, rue de la Croix-Nivert 75015 Paris
Métro Cambronne
Avec (1ère liste d’intervenants) par ordre alphabétique :
Pierre Descaves, ancien député, conseiller régional de Picardie, Président de France Résistance
Filip Dewinter, député d'Anvers, porte-parole du Vlaams belang
Pieter Kerstens, chef d'entreprise
Anne Kling, écrivain
Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale
Henry Nitzche, député au Bundestag (ex CDU – Pro Deutschland)
Jean-Claude Rolinat, écrivain, élu local en Ile-de-France
Robert Spieler, ancien député, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire
Nicolas Tandler, écrivain et journaliste
De nombreuses associations et organisations politiques seront
présentes.
La librairie Primatice aura un stand. Restauration rapide sur place...
Participation : 7,00 €
08:17 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : synthese nationale, anne kling
14.10.2008
OH LA LA, ON L’A ECHAPPE BELLE !!!
Ah, il s’en passe des choses à Strasbourg ! Heureusement que certains veillent, car sinon où irait-on, on se le demande ! Figurez-vous qu’une médiathèque vient d’être inaugurée dans nos murs. Elle porte le nom d’André Malraux* et pour l’animer un peu, les concepteurs ont eu l’idée d’en décorer murs, sols, etc, de citations d’auteurs. Il y en a partout et c’est une très bonne idée.
Sauf qu’emportés par leur élan, ils ont orné la porte des toilettes messieurs (non, non, je ne plaisante pas, c’est très sérieux) d’une citation d’un innommable. J’hésite à écrire son nom, il évoque tant de douloureux souvenirs, mais enfin, je m’y risque quand même, puisque tout s’est bien terminé: Louis Ferdinand Céline soi-même.
Vous vous rendez compte de l’horreur ! Bon, reconnaissons que la citation n’était pas des pires. Elle était même particulièrement inoffensive. Tirée de Rigodon, œuvre posthume de Céline, elle disait :
« Je vous laisse en plan et mes comics … Vite, mes oignons, que je vous retrouve ! Par ici, Mesdames et MESSIEURS … Encore deux mille pages au moins ! ».
Vous avez bien sûr compris que toute l’astuce consistait à placer le mot MESSIEURS au bon endroit. D’où le choix de la citation.
Heureusement, avant l’inauguration, vint à passer par là une sommité strasbourgeoise : Freddy Raphaël, sociologue et président de la Société d’Histoire des Juifs d’Alsace et de Lorraine. Son sang n’a fait qu’un tour devant l’énormité de la chose – quoi, une citation de Céline, cet antisémite notoire ! - et il l’a fait savoir très clairement au sénateur maire de la ville, Roland Ries.

Heureusement encore, ce dernier, quoique socialiste – et agrégé de lettres dans le civil, c’est amusant - est un très brave homme qui ne veut surtout pas faire de peine à qui que ce soit. Cette crème d’homme aime à dire oui. Il a donc immédiatement dit oui à Freddy Raphaël et la citation de cet ignoble antisémite a été promptement effacée. Non mais !
Ils ont eu bien raison. Je ne sais pas si vous vous rendez très bien compte de ce que cet horrible Céline a été capable d’écrire. Voyez plutôt un échantillon de ses délires : « La seule chose grave à l’heure actuelle, pour un grand homme, savant, écrivain, cinéaste, financier, industriel, politicien (mais alors la chose gravissime) c’est de se mettre mal avec les juifs. – Les juifs sont nos maîtres – ici, là-bas, en Russie, en Angleterre, en Amérique, partout ! … »
Il écrivait ça en 1937. Rien à voir avec aujourd’hui, heureusement.
Enfin, je suis bien contente pour Freddy Raphaël. Le mois prochain, il va avoir largement de quoi se rasséréner : Simone va rejoindre le paradis des Immortels. Une belle revanche et qui n’est que justice pure, car sa contribution au patrimoine littéraire français est au moins aussi immense que celle de Céline. Un seul livre, oui, bon, mais quel livre ! Une vie pareille méritait bien de finir en apothéose à l’Académie française !
* Grand admirateur de la révolution bolchevique et auteur de cette phrase impérissable : Le communisme en URSS n’a pas supprimé la souffrance, mais il lui a donné un sens. Espérons que les dizaines de millions de victimes auront au moins apprécié le sens de la chose.
12:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : freddy raphael, celine, malraux, anne kling, mediatheque
13.10.2008
ET LA BOUCLE EST BOUCLEE !
Le Prix Nobel d’économie vient d’être décerné à Paul Krugman "pour son analyse des schémas commerciaux et de la localisation de l'activité économique".
Ne comptez pas sur moi pour vous expliquer de quoi il s’agit. C’est sûrement très ingénieux et délibérément trop complexe pour le citoyen lambda. Je lis simplement sur Wikipedia qu’il est « l’un des principaux auteurs de la nouvelle théorie du commerce international, qui repose sur le commerce intra firme et intra industrie, les effets de réseau, et les situations de concurrence imparfaite. »
Ce que je constate simplement, c’est que M. Krugman appartient à une communauté décidément très en pointe dans tous les domaines liés à la politique et/à l’économie, surtout américaines. Communauté qui semble réussir le prodige de parvenir, même en ces temps de crise aiguë, à gagner sur tous les tableaux. Pseudo chahutés d’un côté, récompensés de l’autre, on ne sort pas du même petit cercle décidément très actif et omniprésent.
M. Krugman est surtout connu dans son pays comme journaliste économique au New York Times. Sa tribune lui sert régulièrement de lance-missiles contre l’administration Bush.
Mais pas seulement Bush. Voici ce qu'il écrivait en mars 2006 à propos de celui qui est à présent le candidat républicain, McCain :
« Donc, voici ce qu'il vous faut savoir sur John McCain.
Il n'est pas franc du collier. Ses volte-face sur les réductions d'impôt, son appel à envoyer en Irak des soldats que nous n'avons pas en Irak et son appui à la législation anti-avortement du Dakota du Sud, tout en clamant qu'il trouvera un moyen de contourner la provision centrale de cette législation, montrent qu'il est un politicien aussi suspect et évasif que, eh bien ! George W. Bush.
Il n'est pas un modéré. Les positions politiques de M. McCain et ses votes au Sénat ne le placent pas seulement à l'extrême droite du spectre politique américain, ils le placent dans l'aile droite du Parti Républicain.
Et il n'est pas un anticonformiste, du moins pas lorsque cela compte. Sous le feu des caméras, M. McCain peut de temps en temps être vu prenant une position courageuse d'opposition à la Maison Blanche. Mais lorsque cela est important, lorsque la capacité de l'administration Bush de faire ce qu'elle veut est en cause, M. McCain suit exactement la ligne du parti. »
Ayant lu cela, je me demande – mais il est vrai que je vois le mal partout – si la nomination qui honore aujourd’hui M. Krugman ne serait pas légèrement chargée de quelques arrières pensées plus politiques que simplement économiques ?
Ou bien, si ce ne serait pas un moyen subtil de redorer un blason communautaire qui a tendance à s'écailler ces temps-ci?
Dans tous les cas de figure, j'ai l'impression d'assister à un numéro de jonglerie. Patience. Il y aura bien une baballe qui finira par rouler par terre ...
15:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paul krugman, prix nobel, économie, anne kling
12.10.2008
ALLEZ, ALLEZ, TOUT NE VA PAS SI MAL !
C’est vrai ça, à la fin, il y a quand même des Français qui arrivent – péniblement, il est vrai – à s’en sortir. Et ce n’est tout de même pas leur faute s’ils ont du flair… Et s’ils sont assez intelligents pour savoir vendre (et acheter) au bon moment. Bande de jaloux !
Tenez, un exemple au hasard : Daniel Bouton. Voilà un homme au-dessus de tout soupçon – chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre du mérite, alors hein – de son état président de la Société Générale. Eh bien, lui, il a réussi, non seulement à ne pas perdre d’argent, mais même à en gagner en cette période tristement chahutée. Un surdoué, on vous dit ! Il faut reconnaître que sa banque est moins intelligente que lui, elle a plongé, elle.
Voyez plutôt : une dépêche AFP nous apprend que : « Le président de la Société Générale, Daniel Bouton, a réalisé une plus-value de 1,3 million d’euros en moins de quatre mois, malgré la chute du titre en Bourse, en revendant des actions de son groupe acquises au titre des stock-options, a affirmé vendredi le site d’informations Mediapart.
«En moins de quatre mois, le président de la Société générale a réalisé 1,3 million de plus-values», assure le site Internet qui a effectué ce calcul en se référant notamment aux déclarations obligatoires transmises par M. Bouton à l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Interrogée par l’AFP, une porte-parole de la banque française s’est refusée à commenter «les calculs faits par Mediapart».
Selon le site Internet, le président de la banque a, «en toute légalité», commencé il y a quatre mois à revendre des actions SocGen acquises à un prix plus avantageux que le cours de l’action en Bourse au titre des stock-options.
Le 3 juillet, il a ainsi acheté 18.000 actions au prix unitaire de 47,57 euros avant de les recéder le jour même au prix de 55,53 euros, générant une plus-value de 143.280 euros, affirme Mediapart, qui énumère plusieurs opérations similaires réalisées par Daniel Bouton.
Le 2 octobre, il a réalisé «une nouvelle levée de 30.000 options» qu’il a revendues au prix unitaire de 66,03 euros, en y ajoutant la cession de 5.000 actions, poursuit Mediapart, qui chiffre la plus-value ce jour-là à 348.100 euros.
Plombé par la crise financière comme les autres valeurs bancaires, le titre Société Générale a perdu plus de 25% ces six derniers mois à la Bourse de Paris. »
Quel flair, reconnaissez-le ! Un flair que son épouse, directrice adjointe à la Banque d’affaires Lazard, et chargée d'assurer les contacts entre la banque et la bourse, partage certainement avec lui à 100%.
Déjà qu’il ne figurait pas parmi les Français les plus à plaindre : selon un classement du magazine Capital datant de novembre 2007, Daniel Bouton avait vu son salaire fixe augmenter de 25 % en 2006 à 1,250 millions d'euros. En y ajoutant la part variable, son salaire total s'élevait à l’époque à 3,3 millions d'euros. Avec les stock-options, ses revenus ont ainsi dépassé les 10,8 millions en 2006, faisant de lui le 2e patron le mieux payé de France.
Bon, à côté de cela, comme nul n’est parfait, il y a bien eu quelques peccadilles : ainsi ce PDG de choc a été mis en examen en 2002 dans une affaire d'escroquerie à des chèques transitant par Israël, l'affaire dite « Sentier II ». Mais attention, il avait aussitôt reçu le soutien de Laurent Fabius, alors ministre de l’Economie et des Finances.
Vous savez ce que c’est, parfois la justice est un peu lente … Notez qu’il y a des fois où elle est très rapide. Mais dans ce cas, elle a été un peu lente et le procès ne s’est finalement ouvert qu’en février de cette année. Il s’agissait de juger une affaire compliquée (vue de l’extérieur) : un circuit de chèques entre la France et Israël qui aurait servi à blanchir des fonds détournés d'entreprises, le produit de fraudes fiscales ou de vols. J’ai lu que lorsque son tour de comparaître arriva, il fut reproché à Daniel Bouton d’avoir "apporté son concours au blanchiment de fonds d'origine frauduleuse" d'un montant de 210 millions de francs, entre 1998 et 2001.
Sa profession de banquier était une circonstance aggravante qui lui faisait encourir jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 750.000 euros d'amende.
Eh bien, le croirez-vous, jamais je n’ai pu réussir à trouver à quoi – et si – il avait été condamné. Sûrement pas à grand-chose, car sinon, il n’aurait pas été en mesure de nous éblouir aujourd’hui encore avec ce flair si étonnant.
Source : AFP
11:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daniel bouton, societe generale, sentier ii, plus values, anne kling, synthese nationale
11.10.2008
ARTE A OUBLIE GUILLAUME … ET MARKUS WOLF
Nouveau petit cours de désinformation ordinaire : mercredi 8 octobre, à 21h, sur Arte : Les mercredis de l’histoire. En première partie, Trahison à la Stasi : La vie de Werner Teske, officier de la Stasi, le dernier condamné à mort de la RDA, dont le seul crime fut de vouloir partir à l’Ouest.
Après cet échauffement, venait le plat de résistance : en deuxième partie, Le nazi qui conseillait Adenauer. Autrement plus sexy. Du troisième Reich aux premières décennies de la RFA, le parcours de Hans Maria Globke, ancien membre du gouvernement nazi devenu le bras droit d’Adenauer. Ces nazis, décidément inoxydables ! Que ferait la télé sans eux !
Bon, moi je veux bien qu’on parle de Globke, encore que le qualifier de « bras droit d’Adenauer » soit quelque peu exagéré. Mais dans ce cas, il aurait été plus judicieux - et plus honnête - de parler en première partie d’un autre personnage de la Stasi qui lui, avait conseillé un autre chancelier allemand, Willy Brandt. Ce personnage s’appelait Günter Guillaume. Il était communiste et espion et le scandale – en arrière plan duquel se profile un autre personnage fort intéressant, sur lequel Arte n’avait peut-être pas envie d’attirer l’attention : Markus Wolf – fit tomber Brandt.
Nous allons modestement remédier aux trous de mémoire d’Arte.
Globke d’abord : mort en 1973, il était juriste de formation et a mené une carrière de haut fonctionnaire. Durant le troisième Reich, il a effectivement travaillé avec Adolf Eichmann au département des affaires juives. Mais il n’était pas membre du parti, ce qui lui permit d’échapper à la dénazification. Anticommuniste déclaré, on le retrouve après la guerre reprenant du service comme conseiller à la sécurité nationale du chancelier Adenauer, de 1953 à 1963, date de sa retraite. Il était également agent de liaison de la CIA en Allemagne.
Günter Guillaume est de la génération suivante. Né à Berlin en 1927, il est recruté par la Stasi (services secrets de la RDA) dès 1950 et formé pour aller exercer ses talents en RFA. Sa femme et lui vont fort bien réussir dans leur tâche commune. Lui devient membre du SPD et de fil en aiguille se retrouve élu municipal et conseiller à la chancellerie. En 1972, l’espion de la Stasi devient conseiller personnel de Willy Brandt, qui est alors en pleine ostpolitik (rapprochement de la RFA avec l’Europe de l’Est et l’URSS), fortement contestée dans le pays. Guillaume a dès lors accès à bon nombre d’informations confidentielles, tant publiques que privées.
Il est démasqué en avril 1974 par les services de sécurité de la RFA et reconnaît les faits. L’affaire Guillaume provoquera une très grave crise politique qui aboutit à la démission de Willy Brandt en mai 1974. Les époux Guillaume sont condamnés à la détention, mais rentrent en RDA en 1981, à l’occasion d’un échange d’agents. Ils y sont fêtés en héros. Lui mourra en 1995.
En arrière-plan de l’affaire Guillaume, se profile un personnage autrement plus intéressant : le patron de Guillaume, celui qui tirait les ficelles. Markus Wolf. Ce dernier naît en 1923 dans une famille juive communiste d’Allemagne qui émigre en 1933 en Union soviétique. Apparemment, cette famille ne craignait pas les purges. Il fait ses classes dans les écoles du parti communiste et intègre le Komintern. Officiellement « journaliste », Wolf va retourner en Allemagne, désormais divisée. Il sera présent tout au long du procès de Nuremberg. En 1952 – il a 29 ans – il est nommé chef des services de renseignements extérieurs de la RDA. En tant qu’adjoint du patron de la Stasi, Erich Mielke, il dirigera les activités d’espionnage du régime communiste allemand durant plus de trois décennies, jusqu’à sa retraite, en 1986, avec le grade de général. Durant sa carrière, il réussira à tisser un réseau de plusieurs milliers d’agents opérant à l’étranger. Guillaume était l’un d’eux.
Lors de la réunification de l’Allemagne, il connaît quelques démêlés avec la justice, qui vont cependant bien vite se calmer.
Il aura largement le temps d’écrire ses mémoires avant sa mort, en 2006. Des mémoires où il revendique hautement ses actes et ses convictions communistes inchangées. Il reconnaît cependant quelques erreurs, dont l’affaire Guillaume, justement, car il n’était pas prévu au programme qu’elle coûte son poste à Willy Brandt. « C’était comme marquer un but dans son propre camp », écrira-t-il.
En fait, il était également le patron de Werner Teske, le personnage qu’évoquait Arte en première partie. Qui a été exécuté pour avoir voulu passer à l’Ouest.
05:37 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arte, gunter guillaume, markus wolf, hans globke, anne kling
09.10.2008
IL Y A 50 ANS, MOURAIT PIE XII
Aujourd’hui, à 11h30, Benoît XVI doit célébrer en la basilique St Pierre de Rome une messe à la mémoire de Pie XII, décédé il y a cinquante ans, le 9 octobre 1958. Le Vatican est en train d’instruire le procès en béatification de ce pape qui eut le malheur d’accéder au pontificat en 1939 et sur lequel depuis quelques décennies se sont déversées insultes et désinformation sans fin, en relation avec la shoah.
Dernier exemple en date d’une haine décidément inextinguible : le grand rabbin de Haïfa, Cohen, premier responsable juif invité à s’exprimer ce lundi devant le pape et les 253 évêques actuellement réunis en synode – curieuse innovation, soit dit en passant – en a profité pour reverser une grosse louche de fiel : « Nous ne pouvons pas pardonner et oublier cela » et en appeler à la guerre sainte … contre l’Iran : « Nous devons élever la voix pour qu’ensemble, avec l’aide du monde libre, nous défendions et sauvions Israël, le seul et unique Etat souverain du « Peuple du Livre » des mains de nos ennemis ».
Au moins, les choses sont claires et les priorités précisées. L’Eglise n’a qu’à se le tenir pour dit.
Rappelons qu’à la fin de la guerre, aucun reproche n’avait été adressé à Pie XII, bien au contraire : la communauté juive mondiale l’avait même remercié pour ses efforts en faveur des juifs persécutés. Einstein avait déclaré que « l'Eglise catholique a été la seule à élever la voix contre l'assaut mené par Hitler contre la liberté ». Et à sa mort, en 1958, Golda Meir, alors ministre des affaires étrangères d'Israël, avait souligné que « pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s'est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs victimes ».
C’est en 1963, dans un contexte politique différent, et dans un but bien précis, que l’offensive commencera : une pièce de théâtre intitulée Der Stellvertreter (Le Vicaire) est publiée par un ancien membre des Jeunesses hitlériennes, Rolph Hochhuth. Pie XII y est présenté sous le jour le plus défavorable qui soit, passif si ce n’est complice des faits. Un ancien espion roumain passé à l’Ouest, Ion Pacepa prétendra l’an dernier que la pièce avait été commanditée par le KGB pour discréditer le pape, qui n’a jamais caché ses sentiments profondément anticommunistes.
C’est également l’an dernier, en 2007, qu’a paru la traduction française d’un ouvrage d’un rabbin historien américain, David Dalin sous le titre Pie XII et les juifs. Le mythe du pape d’Hitler. Publié en anglais en 2005, le livre réhabilite totalement le pape et présente au contraire tous les efforts qu’il fit pour tenter d’endiguer les persécutions. Dalin clôt son livre par une suggestion : en raison de ses actes, Pie XII mériterait d’être reconnu comme Juste parmi les nations !
Suggestion repoussée avec horreur par les tenants d’une instrumentalisation de la shoah, qui reste totalement indispensable à certaines menées. Cette instrumentalisation avait été mise en évidence par Dalin, qui indique à ce propos : «…Quel que soit leur sentiment vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Eglise catholique. »
On nous rebat les oreilles depuis quarante ans avec ce que Pie XII aurait fait ou pas fait en faveur des juifs. Mais quelqu’un se demande-t-il ce que le pape précédent, Pie XI – pape de 1922 à 1939 – avait fait ou pas fait par rapport à l’Holodomor, la famine sciemment organisée par le régime bolchevique en 1932/33 ? Pourtant, là aussi, il s’agissait d’un génocide froidement perpétré par des dirigeants communistes – dont bon nombre étaient juifs, même si on fait mine de l’oublier – qui fit six millions de victimes, dont deux millions d’enfants ?
Bizarre, qu’on ne nous parle jamais de ce pape-là. Pourquoi toujours la dénonciation et la diabolisation à sens unique?
Pourtant, Pie XI avait fait ce qu’il avait pu – pas grand-chose – en dénonçant en 1933 les "idéologies catastrophiques et assassines, instruments d’oppression entre les mains de responsables politiques dont les comportements récents, et même extrêmement récents, démontrent que ceux-ci sont capables et résolus à les traduire dans les faits contre le peuple qu’ils tiennent sous leur joug. "
Pie XI avait condamné sans appel le communisme qualifié d' intrinsèquement pervers : "On ne peut pas dire que de telles atrocités soient de ces phénomènes passagers qui accompagnent d'ordinaire toute grande révolution, des excès isolés d'exaspération comme il s'en trouve dans toutes les guerres. Non, ce sont les fruits naturels d'un système qui est dépourvu de tout frein intérieur. Un frein est nécessaire à l'homme pris individuellement, comme à l'homme vivant en société.
Même les peuples barbares trouvèrent ce frein dans la loi naturelle gravée par Dieu dans l'âme humaine... Mais lorsque du coeur des hommes l'idée même de Dieu s'efface, leurs passions débridées les poussent à la barbarie la plus sauvage."
Des propos nettement moins médiatisés que la logorrhée habituellement associée à Pie XII.
11:28 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pie xii, pie xi, benoit xvi, anne kling, vatican
08.10.2008
POURQUOI SYSTEMATIQUEMENT DES MEDIOCRES ?
Le texte suivant émane d’un fidèle et fort intelligent contributeur du blog, que je remercie. Je n’ai pas vu ce débat (moi, de 3h à 4h30, je dors bêtement), mais je lui fais confiance, car je le sais honnête intellectuellement. En tout cas, je partage entièrement sa conclusion : comment se fait-il que le sort de la planète soit de plus en plus – surtout dans les pays occidentaux – entre les mains de tels médiocres ? Est-ce délibéré ? A qui en revient la faute ? A des peuples aussi médiocres que leurs dirigeants, en qui ils se reconnaissent pleinement ? En tout cas, le débat est ouvert. Je précise à l'intention de ceux qui riposteraient dans le style "Et vous, vous vous croyez si intelligente, vous croyez que c'est facile, etc, etc" que moi, je n'ai pas la prétention de gouverner les Etats-Unis, ni la France. On a le droit d'attendre AUTRE CHOSE de ceux qui l'ont, cette prétention.
« J'ai regardé cette nuit le « débat » Obama/McCain de 3h00 à 4h30. Compte rendu rapide. Je ne pense pas que vous serez surpris par mes opinions ! Je ne fais pas de l’art littéraire. Juste une brève réaction sur le vif. OK ?
Déjà sur la forme, je déteste ce genre de pseudo-débat : une salle avec une centaine de pékins abrutis tirés au hasard à qui on demande de poser des questions formulées débilement. Ca fait PEUPLE et DEMOCRATIQUE. Ambiance conseil de rentrée entre professeurs/parents d’élèves pour ceux d’entre vous qui ont connu ce bonheur.
A l’arrivée, les deux se serrent la main mais ensuite s’ignorent superbement. Je crois que JAMAIS, ils ne se sont parlés l’un à l’autre.
Encore sur la forme, j’ai trouvé que McCain, que je regardais en LIVE pour la première fois était TRES MAUVAIS. Je l’imaginais plus dans le rôle du vieux baroudeur fatigué qui parle à ses petits enfants, lui sur son fauteuil, eux sur ses genoux Je parle de l’allure parce que, pour ce qui est du contenu, ça compensait : une violence inouïe dite sur un ton mollasson. Une combinaison que je déteste. Je l’ai jugé dangereux.
Obama clairement est un bien meilleur tribun. Mais je suis très indécis dans mon jugement : est-il aussi conformiste que ce qu’il dit ou bien dit-il ce qu’il dit pour atteindre le poste et y faire des choses d’envergure ? Le doute m’habite.
Maintenant, le contenu :
La crise financière : Pour les deux, c’est pas beau. Pas un ne nomme les fautifs. Pas un n’a dit aux abrutis du public qu’à vouloir consommer tout un tas de merdes sans argent, qu’en empruntant de l’argent qu’on ne pourra jamais rembourser, on est soi-même un acteur du désastre. Mais, clairement, la faute est à Washington – comprendre les fonctionnaires. Haro sur le baudet ! McCain a accusé Obama d’avoir voté une ligne de crédit pour des rétroprojecteurs au Pentagone, je crois. Ca volait vachement haut – parce que des B52 , awacs et autres avions furtifs personne n’en a parlé ! Ca doit pourtant être moins cher que des rétroprojecteurs … ou plus furtifs.
La politique sociale aux USA : Là, je crois que Obama parlait aux 95% de noirs dont on dit qu’ils vont massivement voter racialement pour lui. McCain a joué son rôle de libéral (au sens français) : si vous voulez vous assurer, cherchez un assureur où vous voulez. Je vais vous filer 5.000$ d’avoir fiscal pour ça. Obama : je vais forcer les employeurs à vous offrir une mutuelle. Quelle révolution ! L’horreur rouge communiste selon McCain !
L’énergie : Aucun doute émis sur le réchauffement climatique : c’est le dogme obligatoire de la bien-pensance. Donc, les mecs, va falloir devenir ENERGETIQUEMENT AUTONOMES ! J’ai trouvé que Obama prenait un air lyrique intéressant sur le sujet, se référant à Kennedy et à son projet d’aller sur la lune : « Personne n’y croyait, 4 ans plus tard , on y était ». Bon orateur.
McCain a dit qu’il fallait creuser et creuser et creuser off-shore. Obama lui a répondu qu’avec 3% des réserves mondiales et 25% de la consommation, creuser allait faire un peu juste ! Bingo ! Mais McCain a rappelé à Obama que lui et ses copains (on dira de gauche) ont toujours voté contre le nucléaire sous prétexte que c’était dangereux tandis que lui, vivait alors sur un porte-avion à moteur nucléaire sans être irradié. Bingo en retour. Ils ont tous les deux indiqué que l’indépendance énergétique leur donnerait plus de fric et plus d’indépendance. Mazette ! Fantastique découverte !
Les guerres de la Paix (terme orwellien) : Un type du public pose la question « Moi que je suis un ex-Marine retraité (environ 40 ans), notre belle armée au service de la Paix etc etc etc » Le type avait tout d’un bouffeur de McDonald mais McCain est venu le féliciter (poignée de main chaleureuse, des voix de gagnées + la femme +la famille) d’avoir glorieusement servi l’Amérique, son idéal de Paix, etc etc. En France, on l’aurait illico qualifié de néo-fasciste hitléro-mussolinien. Mais là-bas, non ! Gott mit uns !
Maintenant, après la poignée de main, la réponse : Pour McCain, c’est simple. Faut leur foutre sur la gueule ! A qui ? A tous ! Tous ceux qui n’aiment pas les « Peace Makers » (le terme a été employé au moins 20 fois !) Pour Obama,, ouais, ouais, (au fait, Monsieur spectateur merci du Don que vous avez fait à la Patrie confirme Obama) il faut leur taper sur la gueule mais après avoir diplomatisé : par exemple, au Pakistan, on va attaquer s’ils ne nous laissent pas casser la gueule aux talibans qui rentrent chez eux. C’est la diplomatie Obama.
Pour McCain, toutes les guerres US ont été victorieuses. Pas de raison que ça s’arrête. Les boys reviendront d’Irak glorieusement (en cercueils ?), idem en Afghanistan. Avec quoi va-t-on payer les guerre de « pacification » ? Avec l’argent qu’on gagnera quand on sera energy-self-sufficiant dit Obama.
Ensuite, on parle des grands pays : de la Principauté de Monaco, du Lichtenstein et du Luxembourg. Non ? Des îles Caïman, du Bénin ? Non, d’Israël ! Ca, il fallait l’attendre : je pense qu’on a entendu le mot « holocauste » environ dix fois. Mais je n’ai jamais entendu parler des armements nucléaires de Tel Aviv quand il fut question des abominables Iraniens qui ont 4000 centrifugeuses selon Obama.
Un spectateur demande : « et si les Iraniens attaquent Israël, attendrez-vous le feu vert de l’ONU pour intervenir ? » Boum ! dit McCain On fonce. Re-Boum dit Obama, holocauste plus jamais etc etc. Y a-t-il quelqu’un dans la salle pour demander ce que feront les US si Israël attaque l’Iran ? Non. Next question !
La Russie : Ce fut un instant de bravoure pour pas cher. Un auditeur demande « La Russie est-elle la réincarnation du Mal qu’était l’URSS » ? Les deux : On dirait bien ! McCain raconte qu’en regardant dans les yeux de Poutine, il y a vu les trois lettres terribles : KGB ! Il Diabolo ! L’horreur. (Pour ceux qui ont la mémoire courte, Bush-papa avait été le chef de la CIA). Mais McCain ne devait pas encore être né alors.
La Russie a agressé sauvagement une jeune et petite démocratie : la Géorgie. Et l’Amérikkk, protectrice de la veuve et de l’orphelin (pas ici, là-bas !) blablabla Etc etc. Au moins, ça fera plaisir à 100% des analphabètes étatsuniens qui ne connaissent du monde que la face visible de la terre (leur état) sur Google Earth. Madame Palin, la vice-présidente de McCain n’avait pas de passeport voici 6 mois !!!!!
Conclusion : Débat nul et ennuyeux. Deux acteurs aux discours archi-convenus. Des attitudes mielleuses sucrées pour rassurer un peuple bouffeur de marshmallows.
Je sais bien qu’il faut convaincre 50.00001 % d’améringouins pour gagner, que la subtilité, l’exigence intellectuelle, le savoir, l’expression des obligations faites aux citoyens, ce n’est pas le lieu.
Je suis sidéré que l’avenir de la planète soit entre les mains de tels individus. Bien peu rassurant.
PS : Je ne suis pas plus rassuré par le gouvernement de la France. »
13:26 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : élections américaines, obama, mc cain, débat, anne kling
07.10.2008
L’UNION EUROPEENNE: UNE UTOPIE BIBLIQUE TOTALEMENT JUIVE
Cette intéressante définition n’est pas de moi, vous vous en doutez, je ne me permettrais pas. Elle est de quelqu’un d’autorisé, quoique violemment pris à partie dans son ex-pays, Israël. Encore que « ex » ne soit pas exact. Il a certes acquis la nationalité française depuis l’an dernier, mais en conservant également la précédente. Il s’agit d’Avraham Burg.
Ce nom ne vous dit sans doute rien, pourtant il a été un homme politique en vue en Israël. Oh, j’oubliais : ce n’est pas pour ses propos sur l’Union Européenne qu’il a déclenché cette violente polémique – personne n’a songé à le contredire sur la question - non, c’est pour quelque chose d’autrement plus important : il a publié l’an dernier un livre explosif, Vaincre Hitler, dans lequel il s’en prend violemment à l’Etat d’Israël « impérialiste, brutal, raciste, insulaire ». Il y dresse même un parallèle entre Israël et l’Allemagne pré-nazie : « Il m’est parfois difficile de distinguer entre le national-socialisme primitif et certaines doctrines nationales culturelles du « ici et tout de suite ».
Pourquoi en parler aujourd’hui ? D’abord, parce que mieux vaut tard que jamais. Ensuite, parce que ce réquisitoire émane d’un homme qui a été président de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale de 1995 à 1999. L’Agence juive, dont nous parlions hier, est une organisation dont la raison d’être est le sionisme. Il est assez curieux de constater qu’elle a été présidée pendant quatre ans par un homme qui affirme à présent: « La définition d'Israël en tant qu'Etat juif mène à sa perte. Un Etat juif, c’est explosif. C'est de la dynamite ».
Après son passage à la tête de l’Agence juive, Burg était retourné à la politique, d’où il venait, dans les rangs travaillistes, et avait présidé la Knesset de 1999 à 2003.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas énormément entendu parler de son livre, et que le linge sale s’est plutôt lavé en famille. Les échos prouvent abondamment que Vaincre Hitler a été ressenti par les juifs qui comptent – c’est-à-dire ceux qui s’expriment sans discontinuer dans les medias – comme profondément scandaleux.
Etre antisioniste, c’est mal, mais être mondialiste, c’est bien. Et de ce point de vue, Avraham Burg est tout à fait dans la ligne. D’ailleurs, maintenant qu’il est Français, il va pouvoir redoubler d’efforts et faire avancer les choses de l’intérieur. Voici un petit florilège de pensées très internationalistes émises à l’occasion de la sortie de son livre :
Question : « Vous êtes un européiste acharné. Vous vivez à Nataf ( village israélien frontalier de la Cisjordanie), mais votre esprit est à Bruxelles. Vous êtes le prophète de Bruxelles ». Réponse: « Tout à fait. Pour moi, la construction de l'Union européenne, c'est l'utopie biblique dans sa quintessence. Je ne sais pas combien de temps cela tiendra, mais l'idée est incroyablement juive. »
« Je l’ai déjà déclaré : je suis un citoyen du monde. Telle est ma hiérarchie d’identités : citoyen du monde, ensuite Juif, et seulement après, Israélien. J’éprouve un sentiment de lourde responsabilité envers la paix dans le monde ».
Question : « Êtes-vous Français»?
Réponse : « A beaucoup d’égards, je suis Européen. Et, à mon sens, Israël fait partie de l’Europe. »
- Mais ce n’est pas le cas. Pas encore. Et vous êtes une personnalité publique israélienne qui prend part, en tant que Français, à des élections présidentielles françaises. C’est un acte qui va loin. Un acte juif pré-sioniste. Une chose que ni un Anglais, ni un Hollandais ne feraient.
- « C’est vrai. C’est totalement juif. J’avance vers la condition juive. »
- Recommandez-vous à tout Israélien de prendre un passeport étranger ?
« N’importe qui peut le faire. »
Plutôt instructif, non ?
Mais les gens sont méchants, même à l’intérieur d’une communauté qui ne vise qu’à la paix dans le monde, et des visqueux ont osé lui faire des réflexions franchement malvenues, du style :
« Comment se fait-il que lorsqu’un homme de paix comme vous abandonne la politique, vous tentez d’acheter au gouvernement une usine qui fabrique des pièces de chars ?
ou:
- Cette transaction soulève de graves questions. Elle a mené à une enquête réalisée par le contrôleur de l’Etat et la police. Mais je ne veux pas poser de questions concernant son aspect pénal, puisque que le dossier a été classé sans suite. Je veux qu'on m'explique pourquoi la première chose qu’a faite un politicien qui s’était présenté comme un anti-thatchérien et comme un ennemi juré de la privatisation, a consisté à essayer de tirer un énorme profit personnel de la privatisation.
ou:
- Salai Meridor [ancien président de l’Agence Juive] décide qu’il n’y a pas de justification à ce que lui et vous bénéficiiez du privilège à vie, - injustifié - d’une voiture de service avec chauffeur, et vous allez vous battre en justice, de toutes vos forces, pour ce privilège.
ou encore:
- Il est pourtant question de quelque 200 000 Shekels [environ 35 000 euros]. Et de votre comportement, que le juge a trouvé honteux. Et de ce que, bien que vous parliez haut et fort de morale, vous ne voyez pas de faute morale dans le fait que, dix ans après avoir quitté l’Agence Juive, vous sillonnez le pays en voiture pour vos voyages d’affaires, avec un chauffeur de l’Agence Juive pour vous conduire où que ce soit. Et par-dessus le marché, aujourd’hui, alors que vous êtes complètement étranger à tout ce que défend l’Agence Juive.
et même:
- Mais il reste un point d’interrogation, ici, qui vous a toujours accompagné. Vous parlez de manière très impressionnante. Non seulement avec facilité, mais de manière morale. Et vous venez d’écrire un livre qui est tout ce qu’il y a de plus moral. Mais votre activité dans le monde est différente. En politique, vous étiez retors, calculateur et tortueux, et dans les affaires, également, vous êtes loin d’être un saint. La disparité entre vos paroles et vos actes est inquiétante. »
Mais je vous rassure : Avraham a très bien répondu à ces impertinents, non mais. D’ailleurs ce Français pur sucre envisage très sérieusement de revenir à la politique. En Israël bien sûr, cette question ! Il se verrait même bien … mais voyons … il va nous le dire lui-même : « Jadis, j’ai vivement désiré être Premier ministre. Cela me brûlait les os comme un feu. J’ignorais ce que je voulais faire dans ce poste, mais je voulais terriblement y être. Aujourd’hui, je me dis que j’ai pas mal de marathons à courir avant que cela se produise. »
Vous voyez, avec un peu de chance, on se retrouvera avec un premier ministre israélien français. J’en rêve déjà.
Source : http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-12819-145-7-q...
14:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : avraham, burg, kling, vaincre, hitler
06.10.2008
UN BILAN EN DEMI-TEINTE

La semaine dernière, à la veille des fêtes, l'Agence juive - organisation chargée de l'immigration vers Israël - a publié ses statistiques annuelles sur l'état de la population juive dans le monde.
Le rapport, qui se base sur les recherches effectuées par une autorité en la matière, le professeur Sergio della Pergola, de l’Université Hébraïque de Jérusalem, fait état avec satisfaction de 13,3 millions de juifs vivant à l’heure actuelle, contre 13,2 millions l’an dernier à la même époque.
Ce chiffre en légère hausse recouvre une répartition qui a un peu bougé. Ainsi, en 2008, l’Etat hébreu a accueilli 70 000 immigrants venus de la diaspora. Un chiffre important, en cette année anniversaire, si l’on considère que les années précédentes étaient nettement à la baisse. 2007 fut même la pire année depuis longtemps en matière d’alyah (nom donné à l’immigration des juifs vers Israël). Toutes les alyah avaient sensiblement décru, sauf la française qui, bon an, mal an, s’est toujours maintenue aux environs de 2 600 à 3 000 olims annuels.

La conséquence logique de cette « montée » vers Israël en 2008 est que la population en diaspora a légèrement diminué. Quoique cette diminution – et c’est là le drame – doive en réalité plus à l’assimilation, « véritable menace pour le peuple juif » selon les dires du président de l’Agence juive, qu’à l’alyah.
Israël reste la plus large communauté juive, suivi des Etats-Unis où vivent 5,3 millions de juifs (sur une population totale de 305 millions d’habitants).
Ensuite viennent la France, avec une communauté forte de 490 000 personnes, puis le Canada (375 000), l’Angleterre (295 000), la Russie (215 000), l’Argentine (183 000), l’Allemagne (120 000), l’Australie (107 000) et le Brésil (96 000).
Les calculs du professeur della Pergola ont dû être soignés puisqu’il a même répertorié une communauté en Afghanistan forte … d’une seule personne.
Le Bureau israélien des Statistiques a lui aussi publié ses résultats à la veille des fêtes. Il a établi le chiffre actuel de 7 243 600 habitants dans le pays, soit une augmentation de 1,8% par rapport à 2006. Sur ce total, 75,6% sont juifs (environ 5,5 millions), 20% arabes et 4,4% divers.
151 679 bébés ont vu le jour en 2007, soit une progression de 2,4%. Nul doute que les Israéliens n’aient manifesté – ainsi que nous sommes instamment priés de le faire en France – une grande joie d’apprendre que la fécondité des femmes arabes était de 30% supérieure à la moyenne du pays.
Cette forte croissance démographique arabe n’est pas sans inquiéter fortement les dirigeants israéliens. Toutes les projections indiquent que d’ici une vingtaine d’années, la population arabe d’Israël aura atteint les 30% de la population. Qu’en sera-t-il alors du projet sioniste ? Une perspective qui donne la migraine aux responsables politiques.
Même si l’alyah mettait les bouchées doubles, et même triples, comment compenser ? Après les juifs russes – dont bon nombre sont retournés en Russie – l’Agence juive essaie à l’heure actuelle de séduire par tous les moyens les juifs américains. Elle a mis sur pied un certain nombre de programmes à cet effet, surtout en direction des jeunes. Chaque semestre, quelque 10 000 jeunes juifs américains partent étudier dans une université israélienne. L’espoir étant qu’un certain nombre décident de rester.
Et des milliers de jeunes Israéliens, appelés « émissaires » sont régulièrement envoyés en camp d’été aux Etats-Unis pour faire la promotion de leur beau pays.
14:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agence, juive, alyah, israel, kling




