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14/10/2008

OH LA LA, ON L’A ECHAPPE BELLE !!!

Ah, il s’en passe des choses à Strasbourg ! Heureusement que certains veillent, car sinon où irait-on, on se le demande ! Figurez-vous qu’une médiathèque vient d’être inaugurée dans nos murs. Elle porte le nom d’André Malraux* et pour l’animer un peu, les concepteurs ont eu l’idée d’en décorer murs, sols, etc, de citations d’auteurs. Il y en a partout et c’est une très bonne idée.

 

celine.jpgSauf  qu’emportés par leur élan, ils ont orné la porte des toilettes messieurs (non, non, je ne plaisante pas, c’est très sérieux) d’une citation d’un innommable. J’hésite à écrire son nom, il évoque tant de douloureux souvenirs, mais enfin, je m’y risque quand même, puisque tout s’est bien terminé: Louis Ferdinand Céline soi-même.

 

Vous vous rendez compte de l’horreur ! Bon, reconnaissons que la citation n’était pas des pires. Elle était même particulièrement inoffensive. Tirée de Rigodon, œuvre posthume de Céline, elle disait :

« Je vous laisse en plan et mes comics … Vite, mes oignons, que je vous retrouve ! Par ici, Mesdames et MESSIEURS … Encore deux mille pages au moins ! ».

Vous avez bien sûr compris que toute l’astuce consistait à placer le mot MESSIEURS au bon endroit. D’où le choix de la citation.

 

Heureusement, avant l’inauguration, vint à passer par là une sommité strasbourgeoise : Freddy Raphaël, sociologue et président de la Société d’Histoire des Juifs d’Alsace et de Lorraine. Son sang n’a fait qu’un tour devant l’énormité de la chose – quoi, une citation de Céline, cet antisémite notoire ! - et il l’a fait savoir très clairement au sénateur maire de la ville, Roland Ries.

 

fraph.jpg

Heureusement encore, ce dernier, quoique socialiste – et agrégé de lettres dans le civil, c’est amusant - est un très brave homme qui ne veut surtout pas faire de peine à qui que ce soit. Cette crème d’homme aime à dire oui. Il a donc immédiatement dit oui à Freddy Raphaël et la citation de cet ignoble antisémite a été promptement effacée. Non mais !

 

Ils ont eu bien raison. Je ne sais pas si vous vous rendez très bien compte de ce que cet horrible Céline a été capable d’écrire. Voyez plutôt un échantillon de ses délires : « La seule chose grave à l’heure actuelle, pour un grand homme, savant, écrivain, cinéaste, financier, industriel, politicien (mais alors la chose gravissime) c’est de se mettre mal avec les juifs. – Les juifs sont nos maîtres – ici, là-bas, en Russie, en Angleterre, en Amérique, partout ! … »

 

Il écrivait ça en 1937. Rien à voir avec aujourd’hui, heureusement.

 

9782356410207.gifEnfin, je suis bien contente pour Freddy Raphaël. Le mois prochain, il va avoir largement de quoi se rasséréner : Simone va rejoindre le paradis des Immortels. Une belle revanche et qui n’est que justice pure, car sa contribution au patrimoine littéraire français est au moins aussi immense que celle de Céline. Un seul livre, oui, bon, mais quel livre ! Une vie pareille méritait bien de finir en apothéose à l’Académie française !

 

 

* Grand admirateur de la révolution bolchevique et auteur de cette phrase impérissable : Le communisme en URSS n’a pas supprimé la souffrance, mais il lui a donné un sens. Espérons que les dizaines de millions de victimes auront au moins apprécié le sens de la chose.

Commentaires

"Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre"

Écrit par : Robert Spieler | 14/10/2008

Malraux était un Comédien Français à l'ancienne, mais plutôt rentré. Jusqu'à ce jour où il fit le panégyrique funèbre de Jean Moulin, car là, il donna toute sa mesure de vieux cabot chevrotant : "Jean Moulin-in-in-in-in-in-!n-in !!!!............ Ta grande om-om-om-om-om-om-breuuu !!!!!..............". J'en pleure encore de rire rien que d'y repenser... Ce pitre écrivassier et marxistoïde, cet éminent idiot utile du bolchevisme a décidément bien mérité de la "Libération" et du gaulchevisme qui l'a suivie.

Écrit par : Martial | 14/10/2008

M. Freddy Rahaël n'est pas très futé. Il aurait dû , bien au contraire, se réjouir que l'on n'ait rien trouvé de mieux que la porte des toilettes pour une citation de Céline: ça, c'est de la vraie vengeance (ça l'était peut-être dans l'dée initiale du maire, d'ailleurs...).

Écrit par : philistin | 15/10/2008

L'idée initiale du maire? hum, vous lui prêtez des subtilités qui ne passent généralement pas la ligne bleue des Vosges ...

En fait, il n'était pas au courant mais s'est dépêché d'obtempérer pour ne pas avoir d'histoires avec une communauté à ce point inexplicablement victime de l'Humanité entière. Il aurait été cruel d'en rajouter.

Écrit par : anne kling | 15/10/2008

Pendant que sieur Malraux se dévergondait à Strasbourg, ville "libérée", nos pères et grands-pères, boches malgré-eux, crevaient à Tambov dans l'indifférence gaulliste... de plus, une médiathèque Malraux, alors que l'Alsace à enfantée tant de penseurs qui n'ont rien à envier à la grande Nation. A ne rien y comprendre.

Écrit par : Tollwut | 16/10/2008

En complément à un commentaire précédent (Tollwutt). Eliminons les mots blessants qui reflètent une autre époque ou alors mettons-les entre guillemets. "boche" c'est une insulte gratuite, comme "rital" ou "macaroni". Si nous voulons construire une Europe des nations et pas un conglomérat de régions bruxellisées, respectons nos partenaires même s'ils ne sont pas toujours agréables à nos yeux (et comment sommes-nous à leurs yeux?)..Je le dis simplement: un grand-père gazé en 14/18 (il en est mort), un oncle pied-noir engagé volontaire à 18 ans dans la 2ème DB et tué en Normandie en 1944, un autre disparu au maquis, je n'en veux pas aux Allemands pour autant, c'était la guerre et on leur a tué pas mal de gens aussi (sans compter les Français tués par d'autres Français, notre spécialité nationale encouragée par De Gaulle). Relisons en parallèle "à l'ouest rien de nouveau" et "ceux de 14" par Genevoix. Les peuples vont à l'abattoir par la volonté de grands chefs qui n'ont aucune notion de la solidarité humaine et il m'arrive de penser que c'est contre nos propres généraux qu'il fallait parfois diriger nos fusils (idem pour ceux d'en face). Quel célèbre général français a dit "je les grignote" en parlant des Allemands en 14/18, oubliant de préciser qu'il les grignotait à coups de cadavres français? Le monde d'aujourd'hui est l'oeuvre de tous ces gens qui ont leurs statues partout ; la guerre de 14/18 pouvait finir plus tôt si Clemenceau n'avait pas été un sectaire borné aveuglé par sa haine de l'Autriche, et celle de 1939 pouvait facilement être évitée car un écrivain journaliste méprisé par la gôche (Bainville, à lire absolument) avait prévu de longue date les conséquences du diktat de Versailles baptisé "paix" par sens de l'humour: tout s'est déroulé comme prévu alors qu'on pouvait arrêter Hitler avant sa prise du pouvoir. Et ça continue, juqu'à la disparition désormais inéluctable de l'Europe.

Écrit par : philistin | 18/10/2008

Tombow, ce fut une réalité extrêmement douloureuse. J'en ai connu un rescapé, un "malgré-nous" ; paix à sa belle âme de viel Alsacien catholique de tradition, embringué dans une guerre qui n'était pas la sienne et qui n'était du reste celle de personne. "Boche" est un mot qui a eu sa vérité. Ce n'est plus le cas, en effet. Remarque, Genevoix : excellentes lectures. "Ceux de 14" est à lire à tout prix, comme le bouquin de Remarque, et le film qui en a été tiré d'"A l'ouest, rien de nouveau" est un chef-d'oeuvre. On peut même ajouter à ces deux écrivains le communiste Barbusse ("Le feu") et le catholique Dorgelès ("Les croix de bois"), dont les convictions opposées se sont fraternellement mêlées dans la boue des tranchées, le temps de quatre années abominables. Céline, c'est à part. "Je les grignote" : ces mots sont du très discutable Joffre, qui devait faire oeuvre impossible. Rien à voir, cependant, avec le boucher Mangin. Les deux grands bonshommes de la guerre de 14 ont décidément été Foch (qui récitait son chapelet tous les jours, soit dit en passant) et Pétain, lucide, humain, qui a su désamorcer les mutineries bien compréhensibles de 1917 et regonfler le moral des troupes en économisant ses hommes au maximum. La victoire de Verdun, c'était lui, et ce sera lui éternellement. Honneur à tous ces gens qui ont connu l'horreur indicible et qui y sont restés... ou dont la jeunesse y est morte. Honneur à nos 1.450.000 morts et à nos innombrables "gueules cassées". La France et son patrimoine génético-spirituel ne se sont jamais remis de la perte de ces meilleurs des siens.

Écrit par : Martial | 29/10/2008

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