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07/10/2008

L’UNION EUROPEENNE: UNE UTOPIE BIBLIQUE TOTALEMENT JUIVE

  

burg.jpgCette intéressante définition n’est pas de moi, vous vous en doutez, je ne me permettrais pas. Elle est de quelqu’un d’autorisé, quoique violemment pris à partie dans son ex-pays, Israël. Encore que « ex » ne soit pas exact. Il a certes acquis la nationalité française depuis l’an dernier, mais en conservant  également la précédente. Il s’agit d’Avraham Burg.

 

Ce nom ne vous dit sans doute rien, pourtant il a été un homme politique en vue en Israël. Oh, j’oubliais : ce n’est pas pour ses propos sur l’Union Européenne qu’il a déclenché cette  violente polémique – personne n’a songé à le contredire sur la question - non, c’est pour quelque chose d’autrement plus important : il a publié l’an dernier un livre explosif, Vaincre Hitler, dans lequel il s’en prend violemment à l’Etat d’Israël « impérialiste, brutal, raciste, insulaire ». Il y dresse même un parallèle entre Israël et l’Allemagne pré-nazie : « Il m’est parfois difficile de distinguer entre le national-socialisme primitif et certaines doctrines nationales culturelles du « ici et tout de suite ».

Pourquoi en parler aujourd’hui ? D’abord, parce que mieux vaut tard que jamais. Ensuite, parce que ce réquisitoire émane d’un homme qui a été président de l’Agence juive et de l’Organisation sioniste mondiale de 1995 à 1999. L’Agence juive, dont nous parlions hier, est une organisation dont la raison d’être est le sionisme. Il est assez curieux de constater qu’elle a été présidée pendant quatre ans par un homme qui affirme à présent: « La définition d'Israël en tant qu'Etat juif mène à sa perte. Un Etat juif, c’est explosif. C'est de la dynamite ».

Après son passage à la tête de l’Agence juive, Burg était retourné à la politique, d’où il venait, dans les rangs travaillistes, et avait présidé la Knesset de 1999 à 2003.

hitler.jpgLe moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas énormément entendu parler de son livre, et que le linge sale s’est plutôt lavé en famille. Les échos prouvent abondamment que Vaincre Hitler a été ressenti par les juifs qui comptent – c’est-à-dire ceux qui s’expriment sans discontinuer dans les medias – comme profondément scandaleux.

 

Etre antisioniste, c’est mal, mais être mondialiste, c’est bien. Et de ce point de vue, Avraham Burg est tout à fait dans la ligne. D’ailleurs, maintenant qu’il est Français, il va pouvoir redoubler d’efforts et faire avancer les choses de l’intérieur. Voici un petit florilège de pensées très internationalistes émises à l’occasion de la sortie de son livre :

Question : « Vous êtes un européiste acharné. Vous vivez à Nataf ( village israélien frontalier de la Cisjordanie), mais votre esprit est à Bruxelles. Vous êtes le prophète de Bruxelles ». Réponse: « Tout à fait. Pour moi, la construction de l'Union européenne, c'est l'utopie biblique dans sa quintessence. Je ne sais pas combien de temps cela tiendra, mais l'idée est incroyablement juive. »

« Je l’ai déjà déclaré : je suis un citoyen du monde. Telle est ma hiérarchie d’identités : citoyen du monde, ensuite Juif, et seulement après, Israélien. J’éprouve un sentiment de lourde responsabilité envers la paix dans le monde ».

 

Question : « Êtes-vous Français»?

Réponse : « A beaucoup d’égards, je suis Européen. Et, à mon sens, Israël fait partie de l’Europe. »

- Mais ce n’est pas le cas. Pas encore. Et vous êtes une personnalité publique israélienne qui prend part, en tant que Français, à des élections présidentielles françaises. C’est un acte qui va loin. Un acte juif pré-sioniste. Une chose que ni un Anglais, ni un Hollandais ne feraient.

-  « C’est vrai. C’est totalement juif. J’avance vers la condition juive. »

- Recommandez-vous à tout Israélien de prendre un passeport étranger ?

« N’importe qui peut le faire. »

 

Plutôt instructif, non ?

 

Mais les gens sont méchants, même à l’intérieur d’une communauté qui ne vise qu’à la paix dans le monde, et des visqueux ont osé lui faire des réflexions franchement malvenues, du style :

« Comment se fait-il que lorsqu’un homme de paix comme vous abandonne la politique, vous tentez d’acheter au gouvernement une usine qui fabrique des pièces de chars ?

ou: 

- Cette transaction soulève de graves questions. Elle a mené à une enquête réalisée par le contrôleur de l’Etat et la police. Mais je ne veux pas poser de questions concernant son aspect pénal, puisque que le dossier a été classé sans suite. Je veux qu'on m'explique pourquoi la première chose qu’a faite un politicien qui s’était présenté comme un anti-thatchérien et comme un ennemi juré de la privatisation, a consisté à essayer de tirer un énorme profit personnel de la privatisation.

 ou:

- Salai Meridor [ancien président de l’Agence Juive] décide qu’il n’y a pas de justification à ce que lui et vous bénéficiiez du privilège à vie, - injustifié - d’une voiture de service avec chauffeur, et vous allez vous battre en justice, de toutes vos forces, pour ce privilège.

 ou encore:

- Il est pourtant question de quelque 200 000 Shekels [environ 35 000 euros]. Et de votre comportement, que le juge a trouvé honteux. Et de ce que, bien que vous parliez haut et fort de morale, vous ne voyez pas de faute morale dans le fait que, dix ans après avoir quitté l’Agence Juive, vous sillonnez le pays en voiture pour vos voyages d’affaires, avec un chauffeur de l’Agence Juive pour vous conduire où que ce soit. Et par-dessus le marché, aujourd’hui, alors que vous êtes complètement étranger à tout ce que défend l’Agence Juive.

 et même:

- Mais il reste un point d’interrogation, ici, qui vous a toujours accompagné. Vous parlez de manière très impressionnante. Non seulement avec facilité, mais de manière morale. Et vous venez d’écrire un livre qui est tout ce qu’il y a de plus moral. Mais votre activité dans le monde est différente. En politique, vous étiez retors, calculateur et tortueux, et dans les affaires, également, vous êtes loin d’être un saint. La disparité entre vos paroles et vos actes est inquiétante. »

 

Mais je vous rassure : Avraham a très bien répondu à ces impertinents, non mais. D’ailleurs ce Français pur sucre envisage très sérieusement de revenir à la politique. En Israël bien sûr, cette question ! Il se verrait même bien … mais voyons … il va nous le dire lui-même : « Jadis, j’ai vivement désiré être Premier ministre. Cela me brûlait les os comme un feu. J’ignorais ce que je voulais faire dans ce poste, mais je voulais terriblement y être. Aujourd’hui, je me dis que j’ai pas mal de marathons à courir avant que cela se produise. »

 

Vous voyez, avec un peu de chance, on se retrouvera avec un premier ministre israélien français. J’en rêve déjà.

 

Source : http://www.upjf.org/actualiees-upjf/article-12819-145-7-quitter-ghetto-sioniste-interviec-davraham-burg-ari-shavit.html

Commentaires

ça me laisse coi, et les lois Pleven-Gayssot y contribuent pour beaucoup.
sacré citoyen du monde va !

Écrit par : Paul-Emic | 07/10/2008

Les commentaires sont fermés.