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30/09/2008

QUAND LE GRAND CONDUCATOR QUE L’AMERIQUE NOUS ENVIE DISTILLAIT SES PENSEES LUMINEUSES …

 

bush.jpgJe suppose que la presse du système l’a oublié, pourtant ce n’est pas si vieux que ça. L’an dernier – oui, l’an dernier – un certain candidat à la présidence de la République, devenu depuis le dirigeant de stature mondiale que nous savons, trouvait qu’on n’était pas suffisamment endettés en France, et qu’on pouvait faire beaucoup mieux. En imitant les States, si fortiches en matière d’argent. Celui qu’ils n’ont pas, de préférence.

 

Petit retour vers le passé :

 

Abécédaire des propositions du candidat Nicolas Sarkozy, UMP, 2007
 
 « Crédit hypothécaire
 
Les ménages français sont aujourd'hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'Etat intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades.
 
Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.
 
Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l'hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l'emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants. »
 
Edifiant. Voilà l’exacte description du processus qui a conduit nos chers amis américains au fond du gouffre financier. Et que certains admirateurs inconditionnels se proposaient d’introduire chez nous. Heureusement que la France profonde et « moisie » est encore un tout petit peu moins sensible aux sirènes de la consommation à tout va et du crédit à gogo. Qui finissent fatalement par se payer un jour.

07:52 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7)

29/09/2008

BRAVO LES AUTRICHIENS !

Scénario de cauchemar : voilà que l’Autriche recommence à faire des siennes. Comme en 2000 où les électeurs avaient fait entrer Jörg Haider au gouvernement. C’avait aussitôt été le délire dans les rangs des bien-pensants de tous bord. L’Union européenne avait été sommée de mettre ce pays hautement coupable en quarantaine. Le président de la LICRA, Patrick Gaubert, avait pris sa plume des grands jours pour adresser au Parlement et aux dirigeants européens une épître leur assignant sans ambages la voie à suivre : « Le devoir de l’Europe entière doit être de mettre l’Autriche en dehors de l’Europe ».

 

Il sera amusant d’observer les réactions, cette fois. Je parie qu’elles seront plus mesurées en Europe. En Israël, par contre, rien de nouveau sous le soleil : le Jerusalem Post titre sur la fin des relations austro-israéliennes – avec un point d’interrogation, quand même – si les « fachos » entrent au gouvernement.

 

Comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà qu’en sus un rabbin autrichien pas très orthodoxe, Moshe Aryeh Friedman, soutient les vainqueurs du scrutin. Un rabbin assez particulier, il faut le dire, qui a été exclu de la communauté juive de Vienne pour avoir participé à la fameuse conférence antisioniste de Téhéran.

 

L’ « extrême-droite » autrichienne est farouchement opposée à des sanctions contre l’Iran et je croirais volontiers que cette attitude a également joué en sa faveur. Les Autrichiens – et je les comprends mille fois – n’ont apparemment aucune envie de s’engager dans une conflagration  pour les beaux yeux de Washington ou de Tel Aviv. Ils sont sûrement loin d’être les seuls Européens à penser de la sorte.

 

Finalement, autrefois, le principe des duels avait du bon et était hautement civilisé : que ceux qui tiennent tellement au conflit, les Bush, Olmert, Sarkozy et consorts, y aillent eux-mêmes et affrontent en champ clos – et à armes égales – les Ahmadinejad et Cie. Nous, on regardera, on commentera et on marquera les points. Un très net progrès par rapport à la situation actuelle, non?

09:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3)

28/09/2008

DE DROITE A GAUCHE. ET VICE VERSA.

Il m'a été proposé de participer à une table ronde consacrée en principe à la "liberté d'expression" (voir détails dans la note précédente). Et au nom de la "liberté d'expression", j'ai accepté.

Je n'ai pas vu la raison de refuser la possibilité d'une passerelle entre gens a priori très différents, mais pouvant avoir ponctuellement un terrain d'entente ou des intérêts communs.

J'en retire un sentiment plutôt mitigé: j'ai entendu dans l'ensemble des propos assez curieux, auxquels il me serait vraiment difficile de souscrire, et je finis par me demander si en la circonstance, une cause juste - celle des Palestiniens, qui était également à l'ordre du jour - ne s'est pas trouvée davantage desservie que servie.

Moralité: il vaut peut-être mieux rester dans sa famille de pensée, les "passerelles" ressemblant  généralement beaucoup à des voies sans issue.

 

Si vous lisez l'anglais, vous trouverez sur le lien suivant un texte d'Israël Shamir concernant la crise financière américaine: http://www.rense.com/general83/hang.htm 

 

09:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)

25/09/2008

INVITATION

A l’occasion de la Journée mondiale de Jérusalem  et pour la défense de la liberté d’expression en France, l’Association « Pour un seul État démocratique en Palestine-Israël » et l’Association « Entre la Plume et l’Enclume » vous invitent à une table ronde avec
 Israël Shamir
 A l’occasion de la parution de son nouveau livre 
La Bataille du Discours
et
 Anne Kling, auteur de
La France LICRAtisée et de REVOLUTIONNAIRES JUIFS
****
Aujourd'hui jeudi 25 septembre à 18h30
à l’Hôtel de l’Industrie
4 Place Saint-Germain des Prés, Paris 75006
(métro : Saint-Germain des Prés)
 *** Participation aux frais : 5 euros *** Contact: plumenclume@wanadoo.fr

08:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

24/09/2008

ON DEVRAIT AVOIR HONTE!

sarko.jpgOui, franchement, j’ai honte de mes concitoyens, ou compatriotes, si vous voulez – deux mots qui de toute façon commencent bien mal l’un et l’autre. Nous avons la chance inouïe d’avoir un président d’élite. Oui, oui, d’élite, je pèse mes mots. Et il faut que ce soient les Américains qui reconnaissent ses talents à leur juste valeur. Et pas nous !

C’est vrai, ça, quels emmerdeurs, ces Français. Jamais contents, toujours à râler. En plus pour de misérables broutilles, genre contenu du porte-monnaie. Comme s’il n’y avait pas sur terre des causes autrement plus nobles.

Moi je comprends que cet homme-là aime se rendre aux States. Tenez, pas plus tard que hier et avant-hier, il y a reçu deux prix internationaux ! Deux ! Et pas n’importe lesquels, je vous prie de le croire. Des prix que ni vous ni moi ne pourrons jamais rêver recevoir un jour. C’est d’ailleurs la jalousie la plus noire qui me fait causer, vous l’aurez compris.

wiesel%20couleur.jpgAlors, le premier lui a été attribué par la Fondation Elie Wiesel pour l’Humanité. Avec un grand H je vous prie. Tout le gratin de la communauté juive et/ou politique américaine était là, ému aux larmes à l’idée de voir le grand homme recevoir son prix. Qui récompense ses efforts pour améliorer les relations franco-américaines, son soutien à Israël ET « son action humanitaire dans divers domaines, particulièrement dans les conflits internationaux et dans la mobilisation de millions de dollars pour l’Afghanistan et les pays africains. »

Il y aurait bien quelque chose qui m’échappe, là : ce sont ces imbéciles de Français qui paient et c’est lui qui reçoit le prix ? Mais bon, on ne va pas chipoter… En tout cas, rassurez-vous, malgré la crise, il reste encore quelques centaines de personnes capables de payer leur place jusqu’à 150 000 dollars pour assister à ce dîner de gala qui était aussi « de charité ». Mais vous savez bien que charité bien ordonnée …

Bon, tout ça c’était bien joli, mais ce n’était pas tout. Hier, encore plus fort : il a reçu, tenez-vous bien, le Prix Mondial de l’Homme d’Etat 2008. Voui, parfaitement. Avouez que vous vous sentez tout petit dans vos petits souliers, non ?

rabbin.jpgCette fois, le prix était décerné par une autre big organisation, l’Appeal of Conscience Foundation (ACF) qui est présidée par le rabbin Arthur Schneier – un survivant de la shoah. Il n’y avait que du beau monde, là aussi, à peu près les mêmes, sans doute : Henry Kissinger a introduit le lauréat et Serge Dassault (propriétaire du Figaro, entre autres) présidait le dîner de gala. Et reconnaissez que ce n’est que justice qu’il ait reçu ce Prix, qui récompense en lui le champion des droits de l’homme, de la démocratie et de la tolérance. Vus d’Israël et des States, bien sûr, c’est tout ce qui compte.

Voilà. Il faut que ce soient les Américains qui nous disent que nous avons chez nous un homme de stature mondiale. On ne s’en était même pas rendu compte. Ah, ces Français, quels nuls, quand même.

En tout cas, une chose est sûre : on resserre les boulons à tout va de chaque côté de l’Atlantique. M’est avis qu’un grand vent de bourrasque est annoncé pour le système, dont – soyons optimistes - il sortira peut-être quelques bonnes surprises …

23/09/2008

CRISE FINANCIERE ET BLA-BLA-BLA

images.jpgLa crise financière actuelle est complexe et profonde. N’étant de loin pas une spécialiste de la question, je me borne comme tout le monde à enregistrer des faits sur lesquels je n’ai aucune prise.

J’observe simplement – et je le rappelle car j’avais fait l’an dernier une note sur le sujet – que les principaux outils monétaires internationaux sont à l’heure actuelle tenus par des mains juives. Je n’en tire aucune conclusion, je le constate.

Je sais qu’il paraît que faire le lien entre les juifs et l’argent, c’est antisémite. Pourtant, le fait est là.

 

Chacun a entendu parler de la Fed, autrement dit la Réserve fédérale des Etats-Unis. Il s’agit de la banque centrale américaine, qui décide de sa politique monétaire, supervise son système bancaire, etc. L’homme qui la dirige est l’un des plus puissants du pays, si ce n’est du monde. Ses deux derniers présidents, hasard sans doute, sont issus de la même communauté: Alan Greenspan, gouverneur de la Fed de 1987 à 2006, et Ben Shalom Bernanke qui lui a succédé.

 

Le second volet de ce déploiement de puissance financière mondialiste est constitué par le FMI, le Fonds monétaire international. Là, traditionnellement, le président est un européen. L’Union européenne, sur la pression de Sarkozy, a présenté l’an dernier Dominique Strauss-Kahn, qui a bien sûr été adoubé. Et de deux.

 

La Banque Mondiale est un organisme dépendant des Nations Unies qui regroupe 184 pays membres. Créée en 1945, elle devait à l’origine essentiellement venir en aide aux pays européens ravagés par la guerre. Aujourd’hui, elle est censée réduire le fossé entre riches et pauvres et aider les pays en voie de développement.

Après James Wolfensohn, président de la Banque Mondiale de 1995 à 2005, c’est Paul Wolfowitz qui avait  été mis en selle. Hélas pour lui, il a été contraint à la démission l’an dernier. Son président actuel est  Robert Zoellick, un néo conservateur et mondialiste de la plus belle eau.

 

Dans cette faillite du système financier américain, ce sont évidemment les pauvres qui vont trinquer. Et les contribuables, puisque c’est de l’argent public qui va servir à sauver les meubles. Je serais fort étonnée que les requins de la finance perdent vraiment beaucoup dans l’histoire. Pour eux, l’argent semble virtuel lorsqu’il y a des pertes, il ne devient bien réel que  lorsqu’ils gagnent. Les grands gourous comme Greenspan, Attalile président de la commission pour la libéralisation de la croissance, ça ne s’invente pas, ça - et Cie, toujours prêts à pontifier dans les cénacles et les médias et à délivrer leurs oracles, ont-ils vu venir quelque chose ? S’ils l’ont fait, ils ont soigneusement gardé leur science à l’usage de quelques initiés.

 

Enfin, rassurons-nous : nous avons un président humanitaire et qui aime la franchise. Il l’a dit hier à New York (une ville qu’il adore) où ses obligations l’avaient conduit : il y a reçu le prix humanitaire de la fondation Elie Wiesel. Donc, il en a profité pour délivrer les profondes vérités suivantes:  "Nous devons la vérité et la franchise dans la crise économique et financière que nous connaissons…Aujourd'hui, des millions de gens à travers le monde ont peur pour leurs économies, pour leur appartement, pour l'épargne qu'ils ont mis dans les banques. Notre devoir est de leur apporter des réponses …que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités …. Peut-être qu'au fond, le meilleur service que l'on ait à rendre au monde d'aujourd'hui, c'est que les chefs d'Etat acceptent de prendre la mesure de la gravité de la situation et parlent franchement sur des sujets avec lesquels on ne doit pas transiger … Si nous ne parlons pas clair, alors nous ne construirons pas un monde de stabilité."

 

C’est beau, hein ? Si après ça, on n’est  pas très profondément rassurés, c’est vraiment qu’on le fait exprès.

21/09/2008

LE BEAU GESTE DE LA REPUBLIQUE

Essayons de démêler un écheveau plutôt embrouillé, mais pas inintéressant, loin de là.

A la fin de la 2e guerre mondiale, la France s’est retrouvée avec environ 3 500 enfants juifs de nationalité française, restés orphelins. Ces orphelins du fait des déportations furent déclarés « pupilles de la nation », au même titre que les autres orphelins de soldats et de résistants. Ce statut, réservé aux moins de 21 ans, prévoyait la prise en charge, partielle ou totale, de leur entretien et éducation.

 

Pour les enfants étrangers, la situation était plus compliquée et fit l’objet de négociations avec l’Allemagne et d’autres gouvernements. Pour finir, ce fut le Fonds de Solidarité Juif Unifié qui constitua les dossiers d’indemnisation. Ces indemnisations servirent à financer les institutions juives ou les particuliers qui prirent en charge ces enfants, orphelins et étrangers, restés en France.

En 1960, l’Allemagne versa une indemnisation complémentaire de 400 millions de DM. Chaque orphelin reçut alors 9 985 F de l’époque.

 

Nous arrivons à présent au fameux dîner du CRIF – c’est comme aux Galeries Lafayette, il s’y passe toujours quelque chose -  du 15 novembre 1999, au cours duquel Lionel Jospin, premier ministre et grand seigneur – avec l’argent du contribuable -  accorda d’un geste large une gratification supplémentaire, sobrement intitulée « Un geste de la République envers les orphelins des déportés juifs ». Quel âge avaient en 1999 ces pauvres orphelins ? Les plus jeunes, nés en 1945, avaient alors 54 ans et les plus vieux, qui avaient 21 ans en 1945 … 75 ans.

Le décret n° 2000-657 du 13 juillet 2000 « instituant une mesure de réparation pour les orphelins dont les parents ont été victimes de persécutions antisémites » suivit avec une remarquable célérité. Il prévoyait que  « Toute personne dont la mère ou le père a été déporté à partir de la France dans le cadre des persécutions antisémites durant l'Occupation et a trouvé la mort en déportation a droit à une mesure de réparation, conformément aux dispositions du présent décret, si elle était mineure de vingt et un ans au moment où la déportation est intervenue. »

La mesure de réparation était – et est toujours - au choix, une indemnité de 27 440,82 euros ou une rente viagère mensuelle de 457,34 euros. Vous noterez que la distinction entre orphelins français et étrangers était passée à la trappe, la République étant au-dessus de ça.

Au 31 juillet 2003, 12 851 dossiers avaient été mis en paiement, pour une somme totale de 350 millions d’euros.

Il y eut des grincements de dents car ce décret n’aurait pas été « conforme à l’équité ». On se demande bien pourquoi… Bref, de mauvais coucheurs firent tant et si bien qu’en juillet 2004, paraissait un nouveau décret (n° 2004-751) qui élargissait cette indemnisation aux orphelins de guerre non juifs. 20 millions d’euros furent généreusement débloqués dans le budget de 2005 pour cette catégorie, pourtant plus nombreuse numériquement.

Au 31 juillet 2005, 13 177 demandes d’orphelins juifs avaient été acceptées (sur 17 162 demandes) et 9 999 demandes de non juifs l’avaient également été (sur 23 786 demandes).

Ces dernières années, les réparations ont suivi leur petit bonhomme de chemin. Il se trouve toujours de nouveaux demandeurs et les crédits attribués dans les budgets successifs ont été les suivants :

En 2006 : 122 482 000 d’euros pour les juifs – 194 517 000 d’euros pour les non juifs. En 2007 : 91 441 000 d’euros pour les juifs – 61 043 000 d’euros pour les non juifs. En 2008 : 98 909 000 d’euros pour les juifs – 49 300 000 pour les non juifs.

Ca finit par en faire, des heureux. Pardon, des euros.

20/09/2008

LE PLUS GRAND MUSEE JUIF DU MONDE OUVRIRA A MOSCOU

Etonnant, mais vrai. Les Russes étant apparemment très tolérants et sans rancune, le Musée de la Tolérance verra bientôt le jour à Moscou. La raison officielle de cette ouverture est de réduire les incidents antisémites qui se sont multipliés ces dernières années en Russie. Mouais … Je suis plus que sceptique devant ce « remède », mais il est vrai qu’on ne m’a pas demandé mon avis.

 

Il est plus vraisemblable de penser que les juifs reviennent aujourd’hui nombreux en Russie et entendent marquer fortement leur présence. Synagogues et organisations culturelles prolifèrent comme jamais : « Moscou compte plus d’organisations culturelles juives que tout le reste de l’Europe », déclare Boruh Gorin, l’un des hauts responsables communautaires.

 

A l’ouverture des frontières, en 1989, il restait environ 1,5 million de juifs en Russie. Plus d’un million ont alors émigré en Israël. Un bon dixième seraient aujourd’hui revenus en Russie, quoique leur statut soit assez flou : « La plupart ont conservé la nationalité israélienne, et ne sont ici que pour affaires : ils se considèrent comme israéliens expatriés en Russie. Je ne parlerais pas de «retour », selon Gorin.

 

Le Musée de la Tolérance sera constitué d’un ensemble de bâtiments englobant bibliothèques, centres d’étude, salles de conférences. Il couvrira une surface de 9 000m2, sans compter les sous-sols de 15 000m2. Il jouxtera des institutions juives déjà existantes, telles que restaurants, services sanitaires, yeshiva, plus une université en construction. Son ouverture est prévue pour 2011.

 

Qui finance ? Eh bien, la municipalité de Moscou a « accordé » à la communauté juive il y a cinq ans, le bâtiment historique, construit en 1927, dans lequel sera installé le Musée. J’ai mis des « » car j’ignore si c’est un don ou simplement un prêt. La Fondation culturelle russe versera aussi son obole.

Pour le reste, ce sont essentiellement des philanthropes juifs dirigés par l’homme d’affaires Lev Leviev, qui mettront la main au portefeuille.

 

Ce musée juif international veut être la vitrine de la vie et de l’histoire juives en Russie. Il présentera naturellement une importante section consacrée à la shoah.

 

Je me demande s’il consacrera également une place au souvenir d’un certain nombre d’acteurs, parmi les plus importants, d’une révolution qui fit trembler le monde et qui méritent pourtant de ne pas être oubliés car ils illustrent, eux aussi, un aspect important de la vie juive en Russie.

Ils le méritent d’autant plus qu’à l’époque, en 1917, toute la diaspora était très fière d’eux : les Trotski, Kamenev, Zinoviev, Sverdlov, Litvinov, Kaganovitch, Iagoda, Frenkel, Sokolnikov, Radek, etc, etc, etc, étaient portés aux nues. A ce jour, ils n’ont jamais été désavoués, ni fait l’objet de la moindre repentance, que je sache.

 

Ne les oublions surtout pas, ceux-là. En bonne logique, et pour faire complet, un autre musée, celui des horreurs, devrait ouvrir juste en face. Je parie qu’il ne désemplirait pas.

 

 

Un mot pour terminer, à propos de l’ « antisémitisme », toujours invoqué :

 

Dans un article du Courrier de Russie, d’avril 2008, qui parle de l’ouverture du musée, je lis ceci : 

« Sous l’URSS, la politique officielle des nationalités – égalitaire – s’est rapidement transformée en un antisémitisme d’Etat : « Si l’on découvrait qu’un fonctionnaire haut placé fréquentait la synagogue, il pouvait être exclu du parti ou démis de ses fonctions », explique Boruh Gorin. La synagogue de Kitaï Gorod est pourtant restée ouverte sans interruption, mais il s’agissait surtout de maintenir l’apparence quand les rabbins, au même titre que les prêtres orthodoxes et les imams, étaient contraints de collaborer avec le KGB. »

 

Il est clair à la lecture de ce qui précède que ce qui est traduit par « antisémitisme d’Etat » était en fait la persécution – égalitaire – de toutes les religions et ne s’adressait pas plus spécifiquement aux juifs qu’aux autres. Le terme d’ « antisémitisme » n’est donc pas approprié en la circonstance.