Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/09/2008

PETITE GALERIE D’ORIGINAUX

4.  BENJAMIN HARRISON FREEDMAN

 

freedman.jpgEn l’occurrence, c’est plutôt d’anticonformisme et de liberté de penser qu’il faudrait parler. Pour ne pas dire de sagacité.

 

Benjamin Freedman naît en 1890 à New York dans une famille juive ashkénaze nommée en réalité Friedman (il américanisera plus tard son nom). Attiré par la politique, il devient l’assistant de Bernard Baruch lors de la campagne présidentielle de 1912. Ce grand financier de Wall Street, également d’origine juive, soutient le candidat démocrate qui sera élu et débutera son premier mandat en 1913 : Woodrow Wilson. C’est Wilson qui fera entrer les Etats-Unis dans la première guerre mondiale. Baruch sera son conseiller pour les questions de défense et prendra la tête du Bureau des Industries de Guerre. Plus tard, toujours aussi influent, il deviendra l’un des proches de Roosevelt.

 

Freedman aura donc l’occasion, de par ses contacts et activités, de voir de près les ressorts de la politique américaine et surtout d’en connaître les coulisses durant ces années extrêmement intenses, qui vont de la première guerre mondiale à 1945.  Il ne sera jamais un politique au sens électoral du terme, mais un industriel très riche. Il met sa fortune au service de ses convictions dont la principale se trouve formulée dans le livre The Hidden Tyranny (La Tyrannie Cachée), qu’il fait paraître en 1961 : les organisations sionistes exercent une très forte emprise sur la politique des Etats-Unis. Il racontera dans ce livre sa vision des événements dont voici un aperçu, très simplifié. 

 

Selon lui, durant la première guerre mondiale, les milieux sionistes se livrèrent à un lobbying intense auprès des puissances occidentales de l’époque afin de favoriser la création d’un Etat juif en Palestine, en jouant habilement des alliances et influences diverses et réciproques. Dans cette optique, toujours selon Freedman, il était nécessaire que les Etats-Unis entrent en guerre et l’Angleterre y avait elle aussi un vif intérêt. Les relais sionistes de la presse américaine s’employèrent donc à faire évoluer l’opinion publique du pays, qui était à l’époque plutôt pro allemande. Avec succès. Le fait est – d’autres raisons certes y concourront – que les Etats-Unis rejoignent la Triple Entente (France, Royaume-Uni, Russie) le 6 avril 1917.

 

1917 est décidément une année incroyable. Elle voit la révolution bolchevique et la déclaration Balfour qui servira plus tard à légitimer le futur Etat d’Israël.

Par cette déclaration en forme de lettre au baron Rothschild qui préside alors l’antenne anglaise du mouvement sioniste, les Anglais promettent assez vaguement aux juifs un « foyer national », tout en faisant des promesses exactement opposées aux arabes.

 

Freedman est un antisioniste ardent, vous l’avez deviné. En 1946, il fondera la « Ligue pour la Paix et la Justice en Palestine ».

 

Il se fait des ennemis inexpiables, mais n’en a cure. De toute façon, il a un autre dada qui ne plaira pas davantage aux sionistes: les Khazars. Il écrira à ce sujet Les faits sont les faits : la vérité sur les Khazars.

 

La Khazarie était au Moyen-Age un royaume turco-caucasien qui s’était converti au judaïsme en 838. Selon la théorie de Freedman, les juifs ashkénazes (dont il était) descendaient de ces anciens Khazars convertis qui, après la chute de leur royaume, s’étaient dispersés dans toute l’Europe orientale et l’Asie centrale. Selon lui, plus de 90% des juifs vivants descendaient d’une façon ou d’une autre des Khazars. Vous imaginez la réaction des sionistes. Une théorie aussi scabreuse, en niant les liens du sang avec les anciens Hébreux, fichait par terre tous les mythes fondateurs du sionisme, Elle discréditait la prétention au « retour » et accessoirement réduisait à presque rien le terme de « sémite » que seuls pouvaient encore revendiquer les sépharades. Quel couscous !

 

Comme un malheur ne vient jamais seul, le professeur Abraham Poliak, de l’Université de Tel Aviv avait publié en 1941 La conversion des Khazars au judaïsme. Ses conclusions rejoignaient celles de Freedman et furent d’ailleurs accueillies avec la même hostilité. La controverse fera rage et pour le punir, le nom de Poliak sera finalement supprimé de l’édition 1971-1972 de l’Encyclopedia Judaïca. Plus tard, Arthur Koestler reprendra le sujet avec les mêmes conclusions.

[Je reviendrai sur ce sujet intéressant, la Géorgie faisant partie de l’ancien royaume khazar. Les années sont courtes et la mémoire est longue].

 

Pour faire bonne mesure, Freedman s’en prendra aussi au Talmud et recensera toutes ses attaques contre le christianisme. Il ira au bout de sa logique : Benjamin Freedman finit par se convertir et devient chrétien.

 

Il était encore actif au milieu des années 70 et mourra en 1984, à l’âge vénérable de 94 ans, systématiquement honni et vilipendé par toutes les organisations sionistes américaines sous le terme de self hatred jew (juif atteint de la « haine de soi »). Une affreuse maladie qui touche inévitablement tous ceux qui, juifs eux-mêmes, se permettent d’émettre la moindre critique à l’encontre du sionisme.

Commentaires

Très pertinent comme sujet qui décortique les diffèrentes origines réelles, car c'est intéressant de les connaître.

Écrit par : Olivier V | 05/09/2008

Benjamin Freedman et Léopold Weiss alias Muhammad Assad ont eu une vie passionnante, ce sont que l'on appelle "Destin". A côté, le Harussen et l'autre Chao sont de vulgaires marginaux et de vulgaires escrocs.

Écrit par : ramirez | 06/09/2008

Une info qui fait la une en Allemagne, mais passe bien discretement en France :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/03/01011-20080903FILWWW00567-la-capitale-des-khazars-retrouvee.php

Écrit par : gerard | 08/09/2008

Comme quoi, on peut toujours s'en sortir...

Cette prison mentale n'est pas une fatalité.

Écrit par : Tchetnik | 12/05/2012

Parmis les personnages qui furent affublés de la même accusation de "self hatred" se trouve aussi un écrivain dont l'origine Juive prononcée n'a pas empêché une grande lucidité sur bien des choses et notamment son milieu d'origine qu'elle décrit avec une certaine férocité dans (entre autres) "DAVID GOLDER": Irène Nemirovski.

Un personnage aussi intéressant qui pourrait avoir sa place dans cette galerie.

Écrit par : Tchetnik | 30/01/2013

Les commentaires sont fermés.