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31/08/2008

PETITE GALERIE D'ORIGINAUX

3.    HERSCHMANN CHAIM STEINSCHNEIDER, dit ERIK JAN HANUSSEN

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Le futur « mage de Hitler » naît en 1889 dans une famille juive d’un village de l’empire austro-hongrois.  Il débute à Vienne en 1910 par de petits cachets dans des cabarets et des piges dans quelques journaux. Faisant des recherches sur les secrets de Leo Rubini, un coreligionnaire magicien très connu, il se rend compte qu’en s’appliquant un peu, il arrive à réaliser ses tours de télépathie aussi bien que le maître.

Il décide donc d’occuper ce créneau prometteur où il réussira si bien qu’en 1918, toujours à Vienne, il remplit les salles et se voit même proclamé « plus grand voyant d’Europe ».

Mais à l’époque, il y a bien mieux que Vienne : Berlin ! La capitale de la république de Weimar est alors une métropole quelque peu décadente de quatre millions d’âmes où la vie nocturne est sans égale. Environ 20 000 astrologues, fakirs et autres occultistes y prospèrent et parmi eux, une confrérie juive florissante se présentant en général sous des habillages aussi divers que hauts en couleurs : tsiganes, chamans, moines exotiques, etc.

Le « plus grand voyant d’Europe » se lance donc à la conquête de Berlin en 1930 et entend bien y faire fortune. Se prétendant, lui, aristocrate danois itinérant, il ouvre un cabinet de voyance dans un quartier chic et cible dès le départ une clientèle huppée. Il ne délivrera pas ses oracles au tout venant. Et il a bien raison, car malgré ses tarifs exorbitants, il connaît un succès fou. Ses clients comptent parmi l’élite culturelle de Berlin : chanteurs, cinéastes, acteurs, notamment Peter Lorre.

Il se produit par ailleurs sur des scènes prestigieuses et réussit très vite à remplir son programme initial: il devient richissime. Il va étaler un train de vie époustouflant, même pour Berlin : voitures de luxe, appartements, yacht, gardes du corps. Son fameux yacht, où circulait la cocaïne, sera le théâtre de « spectacles » d’un genre très particulier.

Au sommet de son étoile, en 1931, il lance deux journaux afin d’entretenir l’intérêt du public : Hanussen Magazine et Bunte Wochenschau, tous deux consacrés à l’occultisme et au paranormal. Thomas Mann sera un contributeur régulier.

Si ses affaires se portent bien, l’Allemagne va mal. Elle connaît une période de chaos qui voit un nouveau venu conquérir peu à peu les foules : Hitler. Hanussen suit les événements politiques avec attention. Sa folle ambition et son désir de respectabilité vont le perdre. Il est un saltimbanque riche, il veut devenir un maître à penser. Il se lance donc dans les prédictions politiques. Le 25 mars 1932, son journal titre Hanussen en transes prédit l’avenir de Hitler.

Il prédit l’arrivée de Hitler au poste de chancelier pour l’année suivante. Evidemment, ce faisant, il attire l’attention des hiérarques du NSDAP. Hitler serait devenu l’un de ses clients à partir de ce moment-là. Mieux vaut utiliser le conditionnel car peut-on être sûr de quoi que ce soit dans ce domaine si particulier ? Et puis, on ne prête qu’aux riches…

Ce qui est sûr en revanche, c’est que Hanussen avait soigneusement caché à ses nouveaux amis son origine juive que les communistes allemands, déchaînés, vont étaler dans leur presse. Horreur dans les rangs nazis. Hanussen, sommé de s’expliquer, invente une histoire rocambolesque de parents danois morts prématurément en Moravie et d’adoption par une famille juive compatissante. On le croit – pour l’instant - et Hanussen respire.

Il s’offre même un monument extravagant à sa gloire, un théâtre nommé Le Palais de l’Occulte, où les nazis continuent à se rendre. Et son tabloïd  est l’un des deux journaux envoyés aux prisonniers du camp de Dachau qui vient tout juste de s’ouvrir.

Mais la fin est proche. Son rôle dans l’affaire de l’incendie du Reichstag est assez trouble – il avait opportunément « prédit » toute l’affaire juste avant. Par ailleurs, il avait prêté de fortes sommes d’argent à des membres éminents de la SA. Sans compter l’existence de « films » compromettants qui auraient été tournés sur le fameux yacht.

Et puis, ses dénégations n’ont pas vraiment convaincu. Le mouvement nazi, qui l’avait utilisé un temps, n’a plus besoin de lui. Hanussen n'aura pas prévu ce qui lui arrive au soir du 24 mars 1933: alors qu’il s’apprête à partir pour son théâtre, il est arrêté par des membres de la SA. Conduit à la gestapo, il est accusé de complicité avec les communistes et de production de faux certificat aryen.

Quelques heures après, le « prophète du IIIe Reich » est exécuté par balles et son cadavre abandonné dans la périphérie de Berlin. Par la suite, il ne sera plus guère évoqué, étant finalement aussi embarrassant pour les nazis que pour les juifs.

28/08/2008

PETITE GALERIE D’ORIGINAUX

 

2. MOSES PINKELES, alias IGNAZ TREBITSCH-LINCOLN, alias CHAO KUNG

 

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Moses Pinkeles naît en 1879 – la même année que Trotski – dans une famille juive orthodoxe de Hongrie. Il est du genre turbulent et aura souvent maille à partir avec la police pour divers larcins. De toute façon, Budapest est trop étroit pour lui et dès ses 18 ans, il part pour  Londres. Là, ayant rencontré des missionnaires chrétiens, il abandonne la religion familiale et se fait baptiser le jour de Noël 1899. On peut supposer que c’est à cette occasion qu’il adopte une nouvelle identité : dorénavant, il s’appellera Ignaz Trebitsch-Lincoln. Le nouveau converti entame des études de théologie dans un séminaire luthérien du Schleswig-Holstein, puis est envoyé au Canada comme missionnaire chargé de promouvoir le christianisme auprès des juifs de Montréal. Il rentre en Angleterre en 1903.

 

Là, il ne tarde pas à faire la connaissance de l’archevêque de Canterbury, qui lui confie une paroisse dans le Kent. Il rencontre également un autre personnage important : Seebohm Rowntree, millionnaire du chocolat et membre influent du parti libéral, dont il devient le secrétaire. Quoique toujours de nationalité hongroise, il est présenté par son mentor aux législatives de janvier 1910 et remporte le siège de Darlington, dans le comté de Durham, battant le conservateur en place depuis des lustres. Hélas, il ne restera pas longtemps membre du Parlement car en novembre de la même année, de nouvelles élections ont lieu et Darlington retourne à ses anciennes amours.

 

Que faire à présent ? Gagner de l’argent, bien sûr, mais comment ? Durant ces années d’avant-guerre, il s’essaie à diverses entreprises commerciales dans les Balkans, tâte de l’industrie pétrolière sans grand succès. Il offre ses services comme espion au gouvernement britannique. En vain.  Il aura plus de chance avec les Allemands qui l’emploient comme agent secret.

 

Mais rien n’est simple avec lui. Qu’a-t-il fait ou pas fait pour avoir mécontenté ses employeurs ? Toujours est-il qu’on le retrouve aux Etats-Unis en 1915. L’attaché militaire allemand en poste là-bas, Franz von Papen, reçoit de Berlin l’instruction expresse de l’écarter.

Du coup, Trebitsch-Lincoln vend son histoire au New York World Magazine. Elle paraîtra sous le titre sensationnel de Révélations de I.T Lincoln, l’ancien membre du Parlement devenu espion.

Malheureusement pour lui, les Anglais ne vont pas goûter la plaisanterie et Lincoln, extradé, purgera trois ans de prison sur l’île de Wight. Il est relâché en 1919.

 

Commence une nouvelle période de son existence où on le retrouve, toujours désargenté, dans les milieux militariste et d’ « extrême-droite » de la république de Weimar, dans le sillage de Wolgang Kapp et Erich Ludendorff. A la suite de l’échec du putsch de Kapp, en 1920, il quitte l’Allemagne pour Vienne puis Budapest, tentant de réunir des factions rivales en une improbable Internationale blanche. Celle-ci échouera mais Trebistch, ayant eu accès à des archives instructives, en profitera pour vendre ses informations à divers gouvernements.

L’Autriche lui intente un procès pour haute trahison. Acquitté, il est néanmoins déporté et se retrouve … en Chine où il va servir divers seigneurs de guerre en tant que « conseiller militaire ».

 

Entre deux opérations guerrières, il aura l’occasion de recevoir la révélation – du moins le prétendra-t-il - et il se convertit au bouddhisme à la fin des années 20. Comme il ne fait pas les choses à moitié, il devient moine. Il créera même son propre monastère à Shanghaï. Les impétrants étaient priés de transférer leurs possessions terrestres, désormais inutiles, à leur nouveau supérieur, qui avait pris le nom de Chao Kung. Lequel, disent les mauvaises langues, ne dédaignait pas de convertir également les nonnes.

 

Mais sa carrière ne s’arrête pas encore là, car cet homme infatigable va se mettre au service des Japonais en 1937, produisant pour eux de la propagande anti-britannique. Il avait vraiment gardé une dent contre les Anglais car lors du déclenchement de la seconde guerre mondiale, il contactera à nouveau les Allemands pour se rappeler à leur bon souvenir et leur proposer de soulever tous les bouddhistes de la région (la Chine…) contre l’influence anglaise. Cette proposition va être prise très au sérieux et  provoquer l’enthousiasme de Heinrich Himmler et de Rudolf Hess. Hélas, après l’envol de ce dernier pour l’Ecosse en mai 1941, Hitler mettra un point final à ces délires politico-mystiques.   

 

Ce qui n’empêchera nullement Chao Kung de continuer à travailler pour les services secrets japonais et allemands jusqu’à sa mort, survenue en octobre 1943.

En juillet de la même année, quelques mois avant sa mort, il donnait une interview au journal yiddish Unzer Lebn, publié par les juifs réfugiés à Shanghaï. Lui-même antisioniste, il y préconisait l’accueil des juifs réfugiés sur des domaines appartenant aux bouddhistes, près de Shanghaï, afin d’y créer un « Tel-Aviv miniature ».

26/08/2008

PETITE GALERIE D’ORIGINAUX

Au hasard des lectures ou autres sources, il arrive que l’on tombe sur des personnages étonnants et peu connus. Des originaux inclassables, en quelque sorte. Qu’on soit d’accord avec leur démarche ou pas n’a aucune importance. Ils ont de toute façon l’immense mérite de sortir des sentiers battus et de ne pas ressembler aux tristes clones que l’on voit à l’heure actuelle à peu près partout, rabâchant sempiternellement l’éternel discours convenu et approuvé.

 

Pour clore l’été, je vous invite à découvrir une petite série de ces originaux. Si vous, de votre côté, en trouvez d’autres, merci de le signaler.

 

 

1.     MUHAMMAD ASAD

 

Asad1932.jpgComme son nom ne l’indique pas, il est né Léopold Weiss en 1900 à Lvov, dans l’empire austro-hongrois, aujourd’hui ville d’Ukraine. La communauté juive de Lvov était très importante - de l'ordre de près d'un tiers de la population - et prospère. Issu d’une longue lignée de rabbins, Weiss est plongé dès son plus jeune âge dans les arcanes de l’hébreu, de l’araméen, du talmud, de la mishna. Et much more.

 

En 1918, il s'inscrit en philosophie et histoire de l’art à l’université de Vienne et débute très brièvement dans la vie active à Berlin aux côtés du cinéaste Fritz Lang. En fait, il veut devenir journaliste.  Il n’a que vingt ans et un grand sens de la houtspah, qui va lui permettre de décrocher une interview exclusive de la femme de Maxime Gorki, Yekaterina Peshkova, alors secrètement à Berlin pour solliciter l’aide des occidentaux. Nous sommes en 1920-21 et la famine fait rage au paradis bolchevique. Du coup, le voilà engagé au Frankfurter Zeitung.

 

En 1922, son oncle maternel, le psychanalyste Dorian Feigenbaum, l’invite à Jérusalem, alors sous mandat britannique, où il dirige une clinique psychiatrique. C’est une révélation. Léopold Weiss découvre le monde arabe et la religion musulmane. Il est si séduit par l’un et l’autre qu’il finira par se convertir à l’islam quelques années plus tard, en 1926. « L’islam ne me paraissait pas une religion … mais plutôt une manière de vivre ; moins un système théologique qu’un ensemble de règles individuelles et sociales fondées sur la conscience de Dieu », écrira-t-il notamment.

 

En attendant, il va rencontrer énormément de gens et voyager dans tout le Moyen-Orient : Egypte, Arabie saoudite, Iran, Afghanistan, et même plus loin, jusque dans les républiques soviétiques d’Asie, étudiant toutes les facettes de l'islam.. Il est vu d’un mauvais œil par les autorités coloniales qui le considèrent comme un bolchevik en raison de sa sympathie affichée pour les mouvements de « libération » des arabes de la férule coloniale soutenus plus ou moins discrètement par Moscou.

 

Durant ces années d’avant-guerre, il va passer six années à La Mecque et à Médine à étudier les textes religieux de l’islam et à nouer des contacts politiques. Finalement déçu par les dirigeants soudiens, il se rend en Inde en 1932 et y fera une rencontre importante : celle de Muhammad Iqbal, philosophe et poète, qui soutient la création d’un Etat musulman indépendant en Inde, qui deviendra bientôt le Pakistan. C’est à l’instigation d’Iqbal qu’il écrira en 1934, L’Islam à la Croisée des Chemins, livre à caractère politique destiné principalement aux jeunes générations musulmanes. Il s’y livre à des diatribes contre les valeurs matérialistes occidentales.

 

En 1938, lors de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, Weiss avait refusé le passeport allemand qui lui était proposé, préférant conserver sa nationalité autrichienne. Ce qui n’empêchera pas les Britanniques de l’emprisonner en Inde dès la déclaration de la guerre, comme « ennemi étranger ». Il ne sera libéré qu’en 1945.

 

La partition a lieu en 1947 et Asad – Weiss est à présent définitivement oublié - participe activement à la création du Pakistan, préconisant sa stricte conformité à la charia, contrairement à d’autres qui souhaitent un Etat laïque. Il occupe une position officielle dans les instances dirigeantes du pays, au sein du ministère des affaires étrangères.  En 1952, il devient ambassadeur du Pakistan auprès des Nations Unies à New York.

 

Mais il ne va pas tarder pas à se brouiller avec les Pakistanais pour des raisons assez mystérieuses. Il donne sa démission la même année et décide de rester à New York.

mecque.jpgA partir de cette date, il va consacrer son temps à l’écriture. Le plus célèbre de ses livres sera Le Chemin de la Mecque, publié en 1954, où il raconte ses voyages et sa conversion. Il y exprime également sans détours ses vues antisionistes. Car il a toujours été opposé au sionisme et la période d’avant-guerre qu’il décrit se situe toute entière dans le contexte de la pression sioniste grandissante. Weiss raconte qu’il avait découvert en Palestine des habitants qui lui semblaient évoquer bien davantage les figures bibliques que les immigrants hétéroclites provenant de divers coins d’Europe.

 

En 1955, il s’installe en Espagne et s’attelle à son œuvre majeure : la traduction du Coran en anglais. Il va y passer dix-sept années. Cette traduction sera publiée en 1980 sous le titre The Message of the Quran.

 

Au terme d’une existence originale et mouvementée, ayant eu quatre épouses et un fils, il meurt en Espagne en 1992.

 

24/08/2008

LES COMPTES D’AUSCHWITZ

Il vient de me tomber sous la main une brochure en français d’une centaine de pages ne portant pas de date et présentant le camp nazi d’Auschwitz. Il s’agit d’une brochure officielle en ce sens qu’elle émane du Musée installé dans le camp. Elle est assez ancienne, mais fort intéressante par les chiffres donnés. Voici un extrait de cette brochure :

 

25.jpg« OSWIECIM ( AUSCHWITZ)

 

4 millions d’hommes ont été exterminés dans le Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau – 4 millions de citoyens de tous les pays occupés par les nazis.

Ce chiffre est le résultat des calculs faits après l’inspection du terrain et des installations d’extermination, l’étude des documents du camp d’Auschwitz, l’audition de centaines de prisonniers rescapés et la consultation des experts :

- La Commission soviétique extraordinaire pour l’étude des crimes hitlériens a établi qu’ « au moins 4 millions d’hommes ont péri à Auschwitz ».

- Le Tribunal Suprême Polonais a établi qu’ « environ 4 millions d’hommes ont péri à Auschwitz ».

- Le Tribunal International de Guerre à Nürnberg a établi que « plus de 4 millions d’hommes ont péri à Auschwitz ».

Les cendres humaines recueillies sur le sol de Birkenau sont pieusement conservées dans une urne en mémoire de ces « quatre millions de victimes ».

 

Ainsi donc, des experts de trois origines différentes, quoique globalement dans l'orbite du communisme, se sont longuement penchés sur la question avant de rendre un verdict quasiment unanime : « au moins », « environ » et « plus de » 4 millions de morts pour le seul camp d’Auschwitz. Nous sommes alors dans les années 60 et on peut imaginer que les organisations juives se sont  montrées satisfaites de cette estimation. Or, il n’en a rien été. Bien au contraire, elles ont fulminé en dénonçant « une odieuse imposture ».

 

Précisons tout de suite que l’imposture en question ne portait pas sur les chiffres, qui n’étaient pas contestés, mais sur la spécificité juive d’Auschwitz qui était selon elles escamotée. En clair, les autorités juives  accusaient les autorités polonaises, communistes, d’avoir évacué cette spécificité et quelque peu réécrit l'Histoire à leur convenance.

 

Le journal de la LICRA, Le Droit de Vivre, s’en était hautement indigné en mars 1970. Rappelant l’inauguration d’un monument à la mémoire des victimes qui avait eu lieu en avril 1967, il précisait : « Ce jour-là, 200 000 personnes s’étaient rassemblées, venues de quinze pays d’Europe, d’Israël et des Etats-Unis pour témoigner de leur fidélité à la mémoire des suppliciés et de tous ceux qui avaient été exterminés dans les divers camps de la mort. Sur les quatre millions d’êtres humains tués à Auschwitz, des documents irréfutables reconnaissent que plus de trois millions étaient juifs ».

 

Il faut croire qu’aussi bien les « experts » que les « documents irréfutables » se sont trompés puisqu’aux dernières nouvelles, la plaque apposée dans le camp indique plus sobrement: « Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement ».

 

Ce dernier chiffre est le résultat d’une estimation produite en 1998 par Franciszek Piper, directeur du département d’histoire du Musée d’Auschwitz, concluant à un minimum de 1,1 million et un maximum de 1,5 million de personnes ayant trouvé la mort dans ce camp.

 

Dans le même ordre d’idée, le très célèbre film d’Alain Resnais, Nuit et Brouillard, indique le chiffre de 9 millions de morts dans les camps. Ce documentaire de 32 minutes sur l’univers concentrationnaire nazi réalisé en 1955 – pour le 10e anniversaire de la libération des camps – à la demande du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale est toujours projeté régulièrement dans les établissements scolaires.

13:27 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4)

23/08/2008

AH, LES ANTISEMITES !!!

22.jpgMikhaïl Khodorkovski restera en prison. Ainsi en a décidé hier un tribunal de la ville sibérienne de Tchita qui a rejeté sa demande de libération anticipée. Pourtant, ses amis s’étaient démenés : un comité de soutien campait à Tchita et collectait des signatures en faveur de sa libération.

 

Khodorkovski, ex-PDG de la compagnie pétrolière russe Ioukos et détenu le plus célèbre du pays, a été condamné à huit ans de prison en 2005 pour fraude fiscale, à l'issue d'un procès « inspiré selon de nombreux observateurs et experts par le Kremlin ». Quasiment un procès truqué, alors ? Pourtant, ce qu’il avait fait, franchement, il n’y avait pas de quoi knouter un chat : blanchiment de quelque 28 milliards de dollars  et "vol" de presque 350 millions de tonnes de pétrole. De nos jours, est-ce que ça compte encore, ça ?

 

Enfin, on est soulagés d’apprendre qu’il a de bons avocats : "Nous allons bien entendu faire appel de cette décision", a déclaré l'un des défenseurs, Iouri Schmidt, cité par Interfax. « La raison invoquée par le tribunal est complètement artificielle », a ajouté un autre avocat, Guenri Reznik, à la radio Echo Moscou.

C’est que le  tribunal de Tchita, qui a suivi l'avis du Service fédéral russe d'application des peines, a estimé qu'il n'y avait pas de "véritables preuves" de l'amélioration de la conduite de M. Khodorkovski et a relevé dans son dossier plusieurs infractions à caractère disciplinaire.

 

Dans une interview publiée vendredi par le quotidien financier russe Vedomosti, Mikhaïl Khodorkovski a critiqué le système judiciaire russe: "Le taux d'acquittements dans nos tribunaux est 100 fois inférieur aux chiffres mondiaux. A l'étranger, il y a un acquittement sur 5-10 affaires, chez nous un sur 500-1.000", a affirmé l'ex-patron de Ioukos. 

 

Il paraît qu’il est dans une prison très dure, le pauvre, et pourtant, il donne des interviews aux journaux financiers. Curieux, vous ne trouvez pas ?

En tout cas, il se trompe. Chez nous aussi, on peut avoir la main très lourde dans certains cas. Michel Lajoye qui a tiré près de vingt ans à la centrale de Clairvaux pour un plastiquage de bar qui n’avait fait aucune victime, pourrait en parler.

 

Mais ce pauvre Michel ne fait pas le poids à côté de Mikhaïl, dont il n’est pas inintéressant de rappeler la carrière : tout d’abord, notons qu’il a aujourd’hui 45 ans, ce qui démontre sa grande précocité dans les affaires de toutes sortes.

 

Il est issu d’une famille juive, ses parents étaient ingénieurs chimistes et lui-même faisait partie des Jeunesses communistes. Ce qui prouve qu’elles aussi mènent à tout, à condition d’en sortir.

Il a démarré vers 1985 dans le trafic de faux cognac. Et ça devait être un sacré bon filon puisque trois ans plus tard, en 1988, il crée sa banque, la Menatep. Il a surtout la bonne idée d’être dans les petits papiers de Boris Eltsine, ce qui lui permettra en 1995 de racheter le groupe Ioukos. A 32 ans. Pas mal, non ?

Au faîte de sa gloire, c’est-à-dire lors de son arrestation en 2003, il était la plus grosse fortune russe. La preuve que communisme et capitalisme peuvent parfaitement faire bon ménage. Dans certaines conditions.

 

Source: agence RIA Novosti

16/08/2008

LA FETE A GUY

Moi, l’ « affaire Siné », je la trouve drôlement instructive. Ce psychodrame dans un bocal avec ses flèches tirées dans tous les sens par des gens en principe de la même paroisse, il faut reconnaître que c’est un drôle de cadeau. Car forcément, quand on tire sans sommation en voulant se montrer plus percutant que le voisin, on finit par raconter un tas de bêtises. Des bêtises qui laissent des traces écrites et qui ne sont pas tombées dans l’oreille de sourds, pas vrai ?

 

Si vous avez envie d’en savoir (encore) un peu plus sur ce passionnant règlement de comptes entre gauchistes du système (pléonasme) et de vous marrer, allez sur www.gloupgloup.be . Vous y trouverez à peu près tout ce qui s’est dit, écrit, pensé - enfin, quand je dis pensé … - sur ce puissant révélateur.

 

Vous entendrez Siné gémir et en appeler à la liberté de la presse ! La liberté de la presse ! A mourir de rire. C’est fou ce que ces gens-là adorent la liberté quand il s’agit de défendre leurs opinions à eux. Parce que, quand il s’agit de celles des autres…

 

Vous y lirez des plumes tout ce qu’il y a d’autorisé nous rappeler doctement que faire le lien entre les juifs, l’argent et le pouvoir, c’est antisémite. Ainsi, le directeur de Libé : « Les défenseurs de Siné clament que son texte n’a rien d’antisémite. Je tiens qu’il l’est : tout est là, l’association du juif, de l’argent et du pouvoir dans une phrase qui stigmatise l’arrivisme d’un individu (il s’allie à une juive riche pour parvenir) fait partie des clichés les plus classiques de cette littérature. Voilà mon raisonnement. Il existe de nombreux livres sur la question, les pétitionnaires peuvent s’y reporter avec profit. » 

 

Justement, peut-être que les pétitionnaires se sont reportés – avec profit – au bouquin d’Attali intitulé Les juifs, le monde et l’argent. Il y est dit, notamment, que le peuple juif a « un rapport tellement privilégié à l'argent qu'on pourrait parfaitement restituer son devenir à partir de ce seul fil directeur. » Encore un antisémite. Ah, je vous jure, à qui se fier ! 

 

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Mais ce qui m’a fait le plus rigoler, c’est ce que Bedos s’est pris sur le coin de la figure de la part de ses ex petits copains pas d'accord avec lui sur ce coup-là (il a eu le malheur de soutenir l'"antisémite"). Là, je dois dire que nous, on n’aurait jamais osé… Mais eux, si. Alors, ça donne :

« Bedos, ce brave type indigné qui sautille de bonne cause en bonne cause, ce prophète souffrant du “plus-jamais-ça” qui cumule avec aplomb les doux privilèges de l’appartenance à l’establishment et les bénéfices symboliques de la résistance à un fantasmatique oppresseur !

… le spécialiste incontesté de la bonne conscience, “le barde du politiquement correct de gauche”… l’antifasciste éternel … Bedos est une grande conscience. Il ne fait pas dans le détail … Il y a quelques années, il aurait suffi d’une mauvaise blague, bien plus innocente encore que celles de Siné, pour que Guy Bedos s’époumone entre Bastille et République contre le retour de la bête immonde … “Avec certaines choses, on ne plaisante pas”, aurait déclaré Bedos, la voix grave et l’œil mouillé. Aujourd’hui, il mouille sa chemise pour qu’on ait le droit de déconner sur tout. Fort bien. Tant qu’on n’est pas forcés de rire. »

Etc, etc.

 

Ah, il est bien loin, le bon vieux temps - fin avril 2002 - où tout ce beau monde bras dessus bras dessous partait fièrement casser de la bête immonde et restaurer la démocratie menacée !  Six ans, un siècle !

 

Pour terminer la fête à Guy en feu d’artifice, allez vite voir :http://www.lorgane.com/index.php?action=article&numero=651  Vous ne serez pas déçus.

 

Un dernier mot pour finir : sans vouloir faire de peine à tous ces enragés de la pétition pro et anti, il faut quand même qu’ils sachent que la France profonde se contrefiche royalement de toutes ces péripéties dans un verre à dent. J’ai eu la curiosité de demander à mon mari ce qu’il pensait de l’affaire Siné. Il m’a répondu, le plus sincèrement  du monde : « C’est quoi, ça ? ».

Alors, faut relativiser, comme toujours dans la vie.

 

09:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : siné, bedos, kling

15/08/2008

RESPECTER LES PRIORITES, TOUT EST LA …

 

Il y a bien du malheur sur notre pauvre planète. On se bat, on trucide à tour de bras, on piétine les faibles, femmes et enfants d’abord, comme de juste. Violences, oppression, famine, esclavage, trafics en tous genres … On n’a que l’embarras du choix. Bon, c’est surtout hors d’Europe, d’accord. Mais chez nous, dans nos pays dits avancés, c’est à peine mieux. Paupérisation  croissante, étouffement des libertés, parodie de démocratie, inversion des valeurs, le tableau n’est pas franchement génial.

 

Tout ça, c’est vrai, c’est bien triste et bien embêtant. Mais enfin, ce n’est pas le pire. Il y a bien plus dramatique encore. J’ose à peine l’écrire, pourtant, il le faut bien. Heureusement que des sommités sont là pour y parer et  affronter sans faiblir la bête immonde qui pointe encore son mufle horrible pour menacer la planète. Alors, tranquillisez-vous et respirez un bon coup : l’Institut européen sur l’antisémitisme a été officiellement lancé à Londres le mois dernier.

 

En anglais ça s’appelle European Institute for the Study of Contemporary Antisemitism (EISCA) et c’est un nouveau think tank qui va nous dire tout, absolument tout, ce qu’on a toujours voulu savoir sur l’antisémitisme sans oser le demander : antisionisme, art antisémite, antisémitisme dans les médias, antisémitisme arabe, chrétien, ancien, contemporain, de gauche, de droite. Bref, tout, on vous dit. C’est qu’on était plutôt sevrés d’informations jusqu’à présent , il faut le reconnaître.

 

pollard.jpgL’EISCA sera présidé par un journaliste, Stephen Pollard, qualifié par ses confrères d’ « éminent néoconservateur britannique », qui est aussi, pure coïncidence, président d’un autre think tank basé à Bruxelles, le Centre for the New Europe (CNE).

 

Ah là là, quand je pense que des écervelés s’inquiètent de l’avenir de l’Europe… Tout est pourtant prévu pour qu’on puisse dormir tranquillement sur nos deux oreilles.

 

Le site de l’EISCA est très discret sur son financement. Dommage, on aurait bien aimé connaître les généreux contributeurs. Enfin, le contribuable britannique aura quand même l’occasion de faire sa BA : son gouvernement s’est fendu d’une somme de 20 000 £ pour pondre un rapport sur cette question dont l’urgence ne vous aura pas échappé. Ou alors, c’est que vous êtes vraiment de mauvaise foi.

 

 www.eisca.eu

10:42 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eisca, kling, pollard

14/08/2008

UN TRIANGLE INSTRUCTIF : ETATS-UNIS – ISRAEL - GEORGIE

 

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Afin de compléter l’article d’avant-hier sur le conflit en Ossétie du Sud, je vous conseille vivement d’aller lire l’excellent article de notre ami Hervé Ryssen paru sur son blog le 11 août et intitulé La Géorgie, plate-forme de la mafia américano-sioniste.

Ca complétera vos informations. Hervé revient en grande forme, une bonne nouvelle estivale !

 

http://www.herveryssen.com/?p=121

09:03 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2)