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11/08/2008

BETES, HOMMES ET DIEUX …. ET BOLCHEVIKS

images.jpgJe lis en ce moment Bêtes, Hommes et Dieux de Ferdynand Ossendowski. Sous-titré A travers la Mongolie interdite 1920-1921, c'est l'histoire autobiographique d'un Polonais condamné à mort par les bolcheviks durant la guerre civile et fuyant, tantôt seul, tantôt avec des compagnons d'infortune à travers une bonne partie de l’Asie. Passionnant.


La note de l'éditeur (Phébus, Paris, 1995) indique ceci: "Publié dans les années vingt, presque conjointement à Londres et à Paris, ce récit qui fit comparer Ossendowski à un nouveau Robinson Crusoé suscita à l'époque de rudes polémiques: l'image qu'il donne de la révolution bolchevique et de ses suites sanglantes cadrait mal avec la légende dorée qu'une certaine intelligentsia tentait alors d'accréditer, non sans succès, en Occident. Et puis l'oubli fit son oeuvre et pendant plus d'un demi-siècle (à l'exception d'un bref passage en collection de poche il y a une trentaine d'années) seuls quelques chanceux capables de repérer le livre dans les boîtes des bouquinistes parisiens purent s'en régaler et en faire profiter leurs amis."
 
Je n'en suis pas encore à la moitié, mais pour illustrer le propos ci-dessus et rappeler une fois de plus que les horreurs du bolchevisme ne doivent pas se résumer à quelques statistiques vite escamotées, voici une page tirée du livre. L'auteur est alors au tout début de son périple, dans le sud de la Sibérie. Il vient de fuir Krasnoïarsk et longe, au printemps, le fleuve majestueux qu'est l'Ienisseï en pleine fonte des glaces:


 "En contemplant cette fabuleuse retraite des glaces, je restai saisi de terreur et de révolte devant le tableau horrible qu'offrait l'Ienisseï charriant dans sa débâcle annuelle les plus affreuses dépouilles: c'étaient les cadavres des contre-révolutionnaires exécutés, officiers, soldats et cosaques de l'ancienne armée du gouverneur général de toute la Russie anti-bolchevik, l'amiral Koltchak. Tel était le résultat de l'oeuvre sanguinaire de la Tchéka à Minoussinsk. Des centaines de ces cadavres, têtes et mains coupées, visages mutilés, corps à moitié carbonisés, crânes défoncés, flottaient à la dérive parmi les blocs de glace à la recherche d'un tombeau, quand ils n'étaient pas entraînés dans la fureur des tourbillons où ils se trouvaient alors déchiquetés, écrasés, déchirés, masses informes que le fleuve, écoeuré de sa tâche, vomissait sur les îles et les bancs de sable. J'ai longé tout le cours moyen de l'Ienisseï et, sans cesse, j'ai rencontré ces effroyables témoignages putréfiés de l'oeuvre des bolcheviks. Il me souvient qu'à un certain tournant du fleuve, je tombai sur une troupe de trois cents chevaux au moins gisant les uns sur les autres.


A une verste en aval, ce que je vis ensuite me souleva le coeur: un bouquet de saules, le long de la rive, avait arraché au flot et gardé entre ses branches tombantes, comme entre les doigts d'une main, des corps humains de tous aspects et dans toutes les attitudes, leur conservant par-delà la mort une apparence de naturel qui grava à jamais dans mon esprit le souvenir de cette vision d'épouvante. Dans ce groupe macabre je comptai soixante-dix cadavres.
Enfin, la montagne de glace passa, suivie de crues limoneuses charriant encore troncs d'arbres, branches, cadavres, cadavres, cadavres ..."

 

C’était ça - exemple entre mille - la vraie réalité d’une révolution qui visait paraît-il la justice et la fraternité universelles. Elle n’avait vraiment rien à envier à ce qui suivit dans le siècle.

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