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18/03/2008

LA BIPOLARISATION : INSTRUMENT PRIVILEGIE DE LA MAINMISE DU SYSTEME

772533361.jpgLes récentes élections ont démontré une fois de plus avec éclat que la bipolarisation de la vie politique française était bien installée dans le paysage pour le plus grand bénéfice des deux faces du système qui s’est parfaitement bien débrouillé pour éliminer les empêcheurs de mondialiser en rond.

 

Je ne suis pas en train de dire que c’est exclusivement à cause de ce phénomène que nous avons fait un score aussi faible ici à Strasbourg. C’est vrai en partie seulement, bien d’autres causes – y compris relevant de notre propre responsabilité – y ont concouru.

Par contre, aux régionales de 2004, avec un score de 9,5% et AUCUN  élu, nous avons bel et bien été volés par le système qui, en la personne de Chirac soutenu par toute l’UMP, venait de trouver LE truc.

A ce propos, qui se souvient qu’un certain François Fillon, alors ministre des Affaires sociales, avait vivement défendu le relèvement à 10% des électeurs inscrits du seuil permettant de se maintenir au second tour des régionales au motif scélérat que la bipolarisation était « nécessaire à la stabilisation de la vie politique française » ? Stabilisation ! Disons plutôt qu’elle était nécessaire à l’éviction de tous les opposants à la pensée unique et totalitaire.  C’était en février 2003. Et tenez-vous bien, ce grand démocrate de Fillon précisait même : « J’aurais aimé que pour le Conseil régional et le Conseil général, on ait une élection unique avec un scrutin majoritaire. Je ne vois pas ce que la proportionnelle apporte au fonctionnement de ces assemblées. Je suis pour le scrutin uninominal dans toutes les élections, si possible à un tour ».

Edifiant, non ? La proportionnelle, avec son cortège d’indésirables et de mauvais pensants faisant irruption dans un « débat » bouclé d’avance, voilà quel était l’ennemi à éjecter sans faiblesse de ce beau système si démocratique. Ceci réalisé, quel rêve de pouvoir rester entre soi pour se passer et se repasser tranquillement les plats. C’est ce qui est en bonne voie d’être réalisé.

Cette constatation m’a donné une idée. Comment cela se passe-t-il chez nos voisins européens ? Ne croyez-vous pas qu’il serait très intéressant d’inaugurer une série sur les systèmes électoraux en vigueur chez nos partenaires de l’Union européenne, ainsi que chez ceux qui, en Europe, ont eu la sagesse de rester soigneusement en dehors, comme la Suisse ? Le sujet paraît aride, mais il est en réalité fondamental et de cette connaissance naîtra peut-être, qui sait, un mouvement destiné à imposer chez nous des méthodes un peu plus démocratiques ? Cela ne pourra éventuellement venir que de la base, pas du sommet où l’on est évidemment très content comme ça. Et après tout, l’Europe de Bruxelles, qui aime tellement uniformiser, pourra peut-être se montrer utile en la circonstance, même contre son gré ?

Mais je me propose de vous faire travailler car c’est trop de recherches pour une seule personne. Alors si vous trouvez l’idée intéressante, contactez-moi et indiquez-moi le pays dont vous vous proposez de nous faire connaître le système électoral.

Règle du jeu : renseignements bien vérifiés, simples, accessibles, pas de philosophie ni de commentaires. Le but est de faire savoir de façon très pragmatique comment on élit chez nos voisins un conseil municipal, régional ou autre, ainsi que l’assemblée nationale et éventuellement le Sénat. Seuil minimal pour être élu, cumul des mandats, nombre d’élus rapportés à la population,  etc. Tout se trouve sur Internet.

Si on s’y colle, je suis sûre que cette comparaison va être instructive au possible. Une belle "exception française" en perspective.

J’attends donc de vos nouvelles …

Commentaires

La division est une méthode de gouvernement inhérente à l'administration républicaine. Maurice Bardèche l'a bien vu :

"La puissance de l'argent dans nos démocraties est immense, mais toujours oblique, tortueuse, omniprésente et sourde. L'argent règne, mais sans ministres, sans appareil, sans charte. Il pénètre tout, mais comme l'humidité, comme le sel. Les groupes financiers ou du moins certains groupes financiers font les élections et ils font les partis: mais ensuite les partis gouvernent comme ils peuvent et ils ne font pas toujours, ils ne peuvent pas toujours faire la politique pour laquelle ils ont été payés. Les barons financiers autorisent et soutiennent telle idéologie et tolèrent ou combattent telle autre. ... On découvre alors que les gouvernements ne peuvent se mouvoir que dans des limites très étroites. ..." (Maurice Bardèche, Les Temps modernes, Editions Les Sept Couleurs, Montargis 1956, p. 85-86).

"L'empire de l'argent est un empire sans loi morale. Sa seule loi est le gain. Les hommes de l'argent n'ont pas intérêt à la puissance de nos patries. Ils ont intérêt à traiter avec un pouvoir faible et, si possible, vénal. C'est pourquoi la démocratie est leur instrument. ...

"Ils aiment diviser pour régner. Le régime des partis leur offre cette occasion." (Maurice Bardèche, ibid., p. 92)

C'est pourquoi je ne pense pas qu'une réflexion de fond sur les modes de scrutin en Europe eut pu faire avancer notre combat, qui est vain dans le cadre des actuelles institutions "démocratiques" inféodées au mondialisme "libéral".

Ce n'est pas nous, ce n'est pas le peuple qui détient le pouvoir (le peuple ne détient d'ailleurs nulle part dans le monde le pouvoir, hormis peut-être en Suisse, c'est toujours une élite qui le détient) : la "souveraineté nationale", la "démocratie", la "liberté & l'égalité" sont des farces, des prétextes au service de la caste ploutocrate, que seuls les naïfs gobent.

C'est aussi pourquoi, je reste profondément monarchiste de coeur et de raison. Le roi arbitre de nos divisions, garant de l'unité nationale.

C'est aussi pourquoi, je pense que dans l'immédiat, notre dernier recours est la solution envisagée par Jean Raspail dans son éditorial "la patrie trahie par la république" : la "communauté de la pérennité française" ou communautarisme français. Peu à peu les structures étatiques s'effondreront d'elles-mêmes.

Madame Kling, vos articles nous manqueront. J'espère que vous continuerez de temps en temps à poster vos commentaires de la vie politique française.

Au revoir.

Écrit par : Ingomer | 25/03/2008

Oui, ce blogue va nous manquer !... Merci pour les citations de Maurice Bardèche. En voici une de l'autre bord :

"L'Europe de l'Ouest, c'est-à-dire les six pays du Marché commun plus la Grande-Bretagne, peut-être l'Irlande et les pays Scandinaves selon des modalités à définir, vont constituer une Europe politique fédérale, mais parce que chaque individu éprouve le besoin de se situer dans un milieu restreint, il s'identifiera à une province, que ce soit le Wurtemberg ou la Savoie, la Bretagne, l'Alsace-Lorraine ou le pays wallon. Dans ces conditions, la structure qui doit disparaître, le verrou qui doit sauter, c'est la nation..."

C'est ce qu'a écrit le banquier Edmond de Rothschild dans la revue "Entreprise" en date du 18 juillet 1970. On ne saurait être plus cynique.

Écrit par : Martial | 25/03/2008

Les commentaires sont fermés.