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02/01/2008

BENAZIR BHUTTO: UN SYMBOLE « DEMOCRATIQUE » QUI CONVENAIT TRES BIEN AUX OCCIDENTAUX …

91c82c4a183d63fa547152efa02b07b4.jpgL’assassinat de Benazir Bhutto éteint l’action en justice qui était encore en cours contre elle en Suisse pour corruption. En cela, elle méritait bien mal son prénom, qui signifie « l’unique ». Les faits qui lui étaient reprochés paraissent en effet d’une banalité affligeante dans le petit monde très fermé des dirigeants politiques, ce qui ne diminue en rien leur gravité.

Celle qui promettait la « démocratie » au Pakistan - pour l’avenir - avait pourtant été chef du gouvernement à deux reprises et n’avait pas fait d’étincelles à ce poste. Arrivée une première fois au pouvoir en 1988, elle était limogée deux ans plus tard par le président de la République pour corruption et abus de pouvoir. Revenue en 1993, elle était une nouvelle fois renvoyée, trois ans plus tard cette fois, pour les mêmes raisons. Son mari perdait par la même occasion son juteux portefeuille « des investissements ». 

Elle sera condamnée à plusieurs reprises pour ces faits, notamment en 1999 et 2003 et s’exilera à Dubaï et à Londres pour échapper à la justice.

En 2004, une Cour suisse concluait en ces termes : « Mme Benazir Bhutto, alors premier ministre, son mari, M. Asif Ali Zardari, sa mère, Nusrat Bhutto, sont soupçonnés d’avoir, au cours des années 90, perçu des commissions illégales sur des contrats gouvernementaux conclus avec des compagnies étrangères à propos d’armes, de matériel agricole et d’autres marchandises ».

Il est intéressant de noter qu’alors que Wikipédia français passe très rapidement sur ces accusations de corruption, Wikipédia anglais les détaille au contraire avec précision.

Un correspondant polonais m’envoie quelques détails parus à ce propos dans la presse de son pays. Lors de son second passage au pouvoir, Benazir Bhutto avait lancé l’Awami Tractor Scheme (ATS) destiné à venir en aide aux pauvres paysans pakistanais.

Intention éminemment louable, n’est-ce pas ? Dans ce but, 5 900 tracteurs russes et polonais de la marque URSUS avaient été achetés. Le bien-être d’un certain nombre de paysans pakistanais s’est peut-être amélioré à la suite de cette opération, mais sûrement moins vite que celui de la famille Bhutto fortement soupçonnée d’avoir perçu 7,15% de commissions sur ce marché énorme, sans parler de leurs deux intermédiaires – les avocats suisses Jens Schlegelmilch et Didier Plantin - qui ont  empoché au passage une très coquette commission se chiffrant en millions de dollars.

Mais ne nous inquiétons pas trop pour la famille Bhutto. Même si Benazir n’a plus désormais la possibilité de repartir pour un troisième tour de « démocratie » - ce mot magique qui passe tellement bien auprès des occidentaux, et tant pis si elle n’a jamais songé à appliquer la chose dans son propre parti, le PPP, dont elle était présidente à vie -  il leur reste quand même quelques petites économies par ci, par là, en Suisse, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Economies qui ont été récemment débloquées, le pouvoir pakistanais ayant prononcé une amnistie.

Vous aurez sans doute remarqué comme moi que la presse en général est fort discrète sur la menace nucléaire potentielle que représente un Pakistan au bord du chaos. Une menace autrement plus préoccupante que l’Iran, à ce jour. Mais le Pakistan – avec ses 160 millions d’habitants – est encore pour le moment un allié des USA. Alors, mieux vaut éviter de parler de sujets qui pourraient fâcher. Et exploser.

Commentaires

j'ai entendu que son mari avait comme surnom au Pakistan Monsieur 10%

Écrit par : Paul-Emic | 02/01/2008

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