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05/12/2007

VOLE UN CRAYON POUR MOI: UNE LOVE STORY A BERGEN-BELSEN

73f8dd1f273c2141bf12ba44fef701c0.jpgUn film-documentaire qui bénéficie d’une couverture presse et de louanges à faire rêver sort en ce moment sur les écrans américains.

Basé sur le récit publié en 2000 par les protagonistes de l’histoire, le film porte en anglais le titre de Steal a pencil for me. Il a été réalisé par Michèle Ohayon, une réalisatrice née à Casablanca et élevée en Israël, qui croule littéralement sous les récompenses en tous genres.

C’est l’histoire d’un amour qui se développe dans l’environnement ô combien hostile du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen. Jack Polack rencontre en fait Ina Soep à Amsterdam en 1943 lors d’une réception. Il est plutôt fauché, et mal marié de surcroît, tandis qu’elle vient d’une famille de diamantaires. Ils se plaisent mais l’avenir semble bouché. Trop de choses les séparent.

Et voilà que trois mois après, tous trois – Jack, Ina et Manja, l’épouse – sont déportés et se retrouvent au camp de transit néerlandais de Westerbork. Et qui plus est, dans la même baraque ! [Suite à une demande de Jack, ai-je lu]. Comme l’épouse n’a pas l’air d’apprécier le roman qui s’ébauche sous ses yeux, Jack et Ina vont devoir se cacher et s’écrire des lettres d’amour secrètes. Jack le dit d’ailleurs lui-même au début du film: “I’m a very special Holocaust survivor. I was in the camps with my wife and my girlfriend; and believe me, it wasn’t easy.”( Je suis un survivant de l’holocauste très spécial. J’étais dans les camps avec ma femme et ma petite amie; et croyez-moi, ce n’était pas facile).

Après Westerbork, tous trois vont se retrouver à Bergen-Belsen, le camp d’Anne Frank. Et durant les mois qui vont suivre, jusqu’à la délivrance en 1945, les lettres secrètes s’échangeront, placées « under her pillow » [sous son oreiller ? il doit s’agir d’une erreur].

Le film présente également la vie du camp, les départs du mardi vers une destination inconnue et la montée de l’angoisse jusqu’à ce jour fatidique. Puis une relative retombée de la tension, avec le spectacle du mardi soir que les prisonniers présentaient à leurs tortionnaires. Ina Soep remarque dans son récit que les prisonniers talentueux ne semblaient jamais choisis pour les départs hebdomadaires.

On y apprend également que le camp avait une école élémentaire que Jack aidait à faire fonctionner, et sa propre forme de vie sociale. De temps en temps, après les 12 heures de travail et avant la sirène de la nuit, Jack et Ina pouvaient se promener un peu sur la route au milieu du camp, parmi d’autres couples qui s’embrassaient dans le noir. A la sirène, bien sûr, il fallait rentrer et continuer à s’écrire en rêvant à un avenir meilleur.

Et ils auront raison d’espérer puisque tous trois vont émerger vivants de cet enfer. L’épouse accordera le divorce en 1945 – elle mourra 60 ans plus tard, en 2005 - et en 1946, les deux amoureux pourront enfin convoler. Ils émigreront aux Etats-Unis en 1951 et auront plusieurs enfants. Jack deviendra le directeur pour les USA du Centre Anne Frank.

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Ils ont même fêté leur 60e anniversaire de mariage l’an dernier à New York. Aujourd’hui, Jack et Ina sont toujours actifs : ils donnent des conférences sur les événements survenus il y a soixante ans à Bergen-Belsen.

08:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : licra, anne, kling, jack, ina, polack, bergen

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