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01/12/2007

GEORGE ABRAMOVITCH KOVAL : UN AMERICAIN BIEN MERITANT DECORE PAR POUTINE

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Vladimir Poutine a sûrement pris un plaisir subtil à faire la nique aux Américains en décorant  récemment du titre de Héros de la Fédération de Russie l’espion né américain George Koval qui avait réussi à pénétrer – encore un – au cœur du fameux Projet Manhattan. Tel était le nom du programme nucléaire US pendant la seconde guerre mondiale et si j’ai dit « encore un », c’est que nous en avons déjà rencontré au moins deux, qui étaient des femmes : Zarubina et Kitty Harris.

 

C’est à titre posthume que cette très haute décoration lui a été décernée puisque George Koval est mort l’an dernier, à l’âge de 92 ans. « M. Koval, qui opérait sous le nom de code de Delmar, a fourni les informations qui ont permis de réduire considérablement le temps pris par l’Union soviétique pour développer sa propre bombe », indiquait le communiqué officiel du Kremlin.

648b9343fdb1276f2d5408a0e2dc77cd.jpgLa décoration et le livret de Héros vont à présent être exposés au musée du GROu, l’officine des renseignements militaires russes.

George Koval naît le 25 décembre 1913 à Sioux City, Iowa, dans une famille juive qui arrivait tout droit de Biélorussie. En émigrant, son père, Abraham, comptait se rendre à New York, mais il n’y connaissait personne. Tandis qu’il avait un ami à Sioux City, qui abritait une communauté juive importante. D’où ce choix, étonnant de prime abord. Il ne tardera pas à mettre suffisamment d’argent de côté pour faire venir sa fiancée qui était restée en Russie. Cette dernière, fille de rabbin, était une socialiste convaincue. Ils se marièrent et eurent trois enfants, dont le futur espion, George. 

Tous deux accueillirent l’annonce de la révolution bolchevique avec transport. Le couple Koval faisait partie d’un groupe de juifs communistes américains qui, en 1924, créèrent l’ICOR (Organization for jewish colonization in Russia) qui militait pour l’établissement d’une région autonome juive en Union soviétique, en « réponse » aux projets sionistes. Et de fait, Staline créa cette région autonome, bien loin à l’est, sous le nom de Birobidjan. Les parents des Koval restés en Russie s’y installèrent aussitôt. Et en 1932, durant la grande dépression, toute la famille Koval du côté américain quitta à son tour Sioux City pour s’installer au Birobidjan, aux confins de la Sibérie.

George, le futur espion, avait alors 18 ans. Le Birobidjan étant un peu petit pour ses ambitions, il se rendit à Moscou pour y faire ses études universitaires – en chimie. Il en sortit diplômé en 1939. Les Grandes Purges se terminaient, l’Armée Rouge et le NKVD étaient décimés, on recrutait massivement. Il y avait justement à New York un poste vacant d’agent de renseignements militaires. George, né américain, avait le profil idéal. Il fut donc recruté par le GRU (renseignements militaires de l’Armée Rouge), on lui donna le nom de code de Delmar et son entraînement commença. La boucle était bouclée.

Si je me suis étendue si longuement sur le parcours de la famille Kovar, c’est pour illustrer la légèreté, pour ne pas dire plus, des officiels américains qui accordèrent par la suite leur confiance – et l’accès aux lieux les plus stratégiques du pays - à un homme ayant pareils antécédents, qu’il n’était pas insurmontable de retrouver.

Delmar fut d’abord chargé d’obtenir des informations sur les recherches en matière d’armes chimiques. Jusqu’en 1943, il n’obtint pas grands résultats. Cette année-là, il s’engage dans  l’armée US qui, au vu de faux diplômes, l’envoie se perfectionner sur les données radioactives au City College of New York. L’armée l’envoie ensuite à Oak Ridge, dans le Tennessee, lieu de recherches secrètes à haut degré de sécurité. C’est à partir de là qu’il pourra fournir, lors de ses congés, de très importants renseignements aux soviétiques, qui leur feront gagner beaucoup de temps dans leur propre programme atomique. Delmar leur fournira des rapports sur la production de plutonium et de polonium, les processus scientifiques requis, les quantités, la qualité, etc.

En 1945,  il monte en grade et se retrouve à Dayton, dans l’Ohio. Dans son nouveau poste, il aura accès aux secrets les plus intimes de la recherche nucléaire, qui ne tarderont pas, eux aussi, à être connus des soviétiques. Et qui plus est, il y aura accès en tant que gradé de l’armée américaine, avec les responsabilités et l’autorité y afférents.

Après la guerre, les choses vont se gâter. Un autre agent soviétique, Guzenko, était passé à l’ouest et avait fait des révélations sur l’état d’avancement du programme nucléaire à l’est qui conduisent – quand même – les responsables à se méfier et à renforcer les mesures de sécurité. Mais ils ignorent le nom de la taupe. Koval sent l’étau se resserrer et réclame le droit de rentrer à Moscou avec sa femme. Le GRU finit par accepter en 1948.

Peu de temps après son retour, les soviétiques procédaient à leurs premiers essais nucléaires. Koval, lui, découvre la routine. Il devient professeur de chimie à son ancienne université moscovite et prendra sa retraite à la fin des années 70. Il mourra dans son appartement de Moscou le 31 janvier 2006.

Franchement, Poutine aurait pu le décorer de son vivant, vous ne trouvez pas ?

Quant aux Américains, ils furent à ce point mortifiés par cette affaire qu’ils réussirent à la tenir secrète pendant des décennies.

Commentaires

Ceux qui croient encore à l'opposition ONTOLOGIQUE entre "capitalisme" et "communisme" sont des enfants, comme en témoigne l'implication DÉMONTRÉE des banques juives américaines dans le capitalisme ET la montée du bolchevisme.

Ces naïfs sont sur le point de croire à l'opposition entre "néo-cons" USraéliens et néo-staliniens de Russie (où l'on compterait aujourd'hui trente millions de nostalgiques du stalinisme...). Ils seront confirmés dans cette illusion par la troisième guerre mondiale, que sont en train de susciter les hautes initiés DE TOUS BORDS et qui opposera artificiellement l'Occident ex-chrétien (dorénavant mené par l'USraël) à la Russie coalisée aux hordes de l'islam (et peut-être de la Chine). Oh, bien sûr, tout ça a l'air dingue pour quiconque se retranche dans son "bon sens" aveugle... De même que paraissait étrange, aux gens "de bon sens" de l'époque, la perspective de l'invasion et de la conquête de l'Empire d'Orient par les Turcs...

Écrit par : Martial | 01/12/2007

Au-delà de l'action des banques en faveur du bolchevisme, l'origine de la complicité des démocraties avec les régimes bolchéviques a été brillamment démontrée par Alain de Benoist dans son livre " Communisme et nazisme " :


http://iaboc.hautetfort.com/archive/1999/01/01/alain-de-benoist-25-reflexions-sur-le-totalitarisme-au-xxeme.html


Alors que l'appareil de propagande nous tympanise depuis des décennies sur la glorieuse victoire démocrato-stalinienne de 1945, citez une seule éclatante victoire des démocrates sur les abjects régimes communistes !

En dehors de la collaboration financière et donc de la position du statu-quo, les rares initiatives prises par les démocraties se sont soldées par de retentissants échecs, depuis la campagne des forces de l'Entente en Russie en 1918 jusqu'aux débâcles des forces américaines en Asie.

Écrit par : l'Eurasien | 02/12/2007

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