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16/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (15)

(PRESQUE) UNE CHASSE GARDEE : LES SERVICES SECRETS BOLCHEVIQUES

ABRAM ARONOVICH SLUTSKY

febdba84d908dafab82a5a759e3cc95b.jpgCe (futur) chef des services secrets naît en 1898 dans une famille juive d’Ukraine. Il rejoint les bolcheviques dès 1917, à l’âge de dix-neuf ans. Durant la guerre civile, il combat dans l’Armée Rouge puis il intègre la Guépéou, où, nous dit Wikipédia, il grimpe rapidement les échelons en raison de son affable personality. Vu la suite des événements, je reste quand même sceptique quant à cette « aimable personnalité ».

En fait, il débute à la GPU dans l’espionnage industriel. Il sera notamment décoré pour avoir réussi à voler aux Suédois un procédé de fabrication de roulements à bille. Après ces amusettes, les choses sérieuses vont commencer. Dans un premier temps, à partir de 1929,  il deviendra  l’adjoint d’Artur Artuzov qui dirige à ce moment-là  l’INO (voir article d’hier).

Puis il le remplace à la tête des services secrets en mai 1935. Il va enfin pouvoir donner la pleine mesure de sa personnalité affable.

Sa tâche principale va être de traquer et d’éliminer – poliment – tous les opposants, ou présumés tels, de Staline. Essentiellement des émigrés russes blancs et les trotskystes. Parmi les principales opérations à son actif, on peut citer : - le kidnapping du général blanc Evgenii Miller, à Paris en 1937. Le général sera exécuté à Moscou en mai 1938. - l’assassinat d’Ignace Reiss en Suisse, également en 1937. Reiss était un ex-agent du NKVD décidé à rompre avec Moscou - la liquidation de bon nombre d’opposants en Espagne durant la guerre civile.

En 1936, il aura la charge d’extorquer les fausses confessions destinées à charger les accusés du 1er procès de Moscou (Zinoviev, Kamenev et cie). Loquace de nature, il racontera à ses subordonnés, Leiba Lazarevich Felbing, dit Alexander Orlov, et Samuel Ginsberg, dit Walter Krivitsky, qui le relatent dans leurs Mémoires – des veinards qui ont apparemment eu le temps de les écrire – ses méthodes pour briser ces vieux bolcheviques.

Son chef direct était le patron du NKVD, Iagoda. Or, comme on l’a vu, Iagoda tombe en 1937 et se voit remplacé par « le nain sanguinaire », Nikolai Yezhov. Ce dernier va immédiatement se livrer à une chasse aux sorcières à l’intérieur de ses services pour éliminer tous les proches de son prédécesseur. Dans un premier temps, Slutsky sera cependant épargné afin d’éviter la défection d’agents à l’étranger.

Mais ce répit est de courte durée. Il mourra le 17 février 1938. Comment ? Rien n’est simple avec les agents secrets. On a donc le choix entre deux versions :

-         Il est mort empoisonné à l’acide cyanhydrique dans le bureau de Mikhail Frinovsky – l’un des chefs du NKVD -  à la Loubianka après avoir dégusté du thé et des gâteaux (il n’était pourtant pas invité par Agatha Christie)

-         Il a été assassiné par injection de poison dans le bras toujours dans les mêmes locaux, toujours par Frinovsky ou ses sbires,  et toujours sur ordre de Yezhov.

Quelle que soit la version choisie, le résultat sera  de toute façon le même et aucun des témoins de ce regrettable incident ne survivra longtemps, ni n’aura le temps d’écrire ses Mémoires. Tous disparurent durant les grandes purges, y compris Frinovsky. Et Yezhov aussi, d’ailleurs.

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