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15/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (14)

(PRESQUE) UNE CHASSE GARDEE : LES SERVICES SECRETS BOLCHEVIQUES

Nous entrons là dans un domaine où les informations se font plus rares : pratiquement rien en français, encore un peu en anglais, pas mal en russe ou en polonais. Mais là, je dois déclarer forfait. Nous ferons donc avec ce que nous avons.

Comme toute police secrète qui se respecte, la tchéka ne tarde pas à se doter de services d’espionnage et de contre-espionnage, activités tant internes qu’externes au pays, qui ne connaîtront pas de morte-saison avec les bolcheviques. Elle installe donc en son sein, dès décembre 1920, un département chargé de ces questions, nommé Inostrannyj Otdiel, ou INO.

Le premier chef de l’INO sera Yakov Davydov, né en 1888 dans la région de Nakhichevan, près de l’Iran. Il restera peu de temps à son poste, puisqu’il le quitte en 1921 pour se livrer à des activités de « diplomate ». Sa carrière s’achèvera en 1937, lors des grandes purge. Il sera fusillé en 1938.

1959b214df1ca272a19c9b172b56e97a.jpgLe second chef de l’INO s’appelle Solomon Mogilevsky. Il est né en 1885 en Ukraine, dans la ville de Pavlohrad où existait une importante communauté juive. Il rejoint le Parti dès 1903 et participe à diverses activités révolutionnaires qui le contraignent à quitter le pays. Il rejoint la Suisse où il rencontre Lénine. De retour en Russie, il participe à la révolution d’octobre, puis à la guerre civile durant laquelle il occupe diverses fonctions à la Guépéou.

Il dirigera l’INO de 1921 à mai 1922. Il est ensuite envoyé au Caucase comme chef de la Guépéou locale où il sera notamment responsable des services de renseignements vers la Turquie et l’Iran. Il s’illustrera particulièrement en Géorgie lors de l’insurrection d’août 1924. Les Géorgiens vont tenter de s’opposer au pouvoir des soviets, mais seront impitoyablement écrasés. En récompense des services qu’il rendra à cette occasion, Mogilevsky est décoré de l’Ordre du Drapeau rouge. Mais il meurt l’année suivante, en 1925, dans un accident d’avion resté très mystérieux. Le pilote, un jeune Géorgien, s’est-il délibérément sacrifié pour venger ses compatriotes ? C’est en tout cas l’hypothèse qui a été émise.

a95dca3c93b3548959ea084188e62ecf.jpgNous en arrivons au 3e chef de l’INO : Meïer Abramovitch Trilisser-Moskvin. Il est né en 1883 à Astrakan, dans le sud de la Russie, près de la mer Caspienne, et fera toute sa carrière d’abord à la tchéka, puis à la Guépéou, ensuite au NKVD. Diverses appellations pour désigner en fait le même type d’activités et de (très) basses œuvres.

Il devient membre du Parti dès 1901 et se voit chargé de l’organisation militaire clandestine. Il est ensuite secrétaire du soviet d’Irkoutsk. Après la révolution d’octobre, il fera la guerre civile en Sibérie.

Trilisser sera le chef des services d’espionnage bolcheviques de mai 1922 à octobre 1929. Entre-temps, en 1926, il devient vice-président de la Guépéou. Lui aussi sera décoré de l’ordre du Drapeau rouge pour services rendus. Il est en effet très actif, voyage beaucoup à Berlin et à Paris principalement et développera considérablement ses services. Il quitte l’INO fin 1929 pour intégrer le Komintern. Le livre noir du communisme nous apprend que : « En 1935, Meïr Trilisser, l’un des plus hauts responsables du NKVD, fut nommé secrétaire du Comité exécutif du Komintern chargé du contrôle des cadres. Sous le pseudonyme de Mikhaïl Moskvine, il recueillait les informations et les dénonciations, décidait aussi des disgrâces, première étape vers une liquidation prochaine. Ces services de cadres furent parallèlement chargés d’établir des « listes noires » des ennemis du communisme et de l’URSS ».

Mais son zèle ne le sauvera pas. Lui aussi sera rattrapé par la folle machine répressive qui s’est emballée et réclame son tribut: il est arrêté en novembre 1938 et meurt fusillé le 1er février 1940.

Il avait donc quitté la tête de l’INO fin 1929 où il avait été remplacé par Artur Artuzov, qui y restera jusqu’en 1936. A ce moment-là arrive Abram Aronovich Slutsky, qui remplira à son tour cette fonction jusqu’en 1938. Cette année-là, c’est la valse à la tête de l’INO. Son successeur, Zelman  Isaevich Passov ne restera que quelques mois à son poste. Puis ce sera au tour de Sergey Spigelglas.

Nous nous pencherons sur les intéressantes carrières de Slutsky et de Spiegelglas demain.

Commentaires

Puis-je me permettre de vous soumettre ce personnage. Peu connu et pourtant il fut très utile à la cause.

Léonidas "Leonide Borissovitch" Krassine (premier commissaire du Peuple aux finances de la Russie)
Ce brave type (point de vue communiste) profita de sa situation pour voler une fortune telle qu'il pu donner à sa fille une dot estimée en Italie à 212.000.000 de lires (valeur 1950), lorsqu'il la maria au duc de la Rochefoucauld, dans les années 1950. Et qu'on n'aille surtout pas croire que l'infortuné Krassine n'ait rien gardé pour lui...

Pour faire bonne mesure :

"Fusiller un, c'est terroriser cent"; enseigne Djerjinsky, fondateur de la Tchéka.

On ne résiste pas à celle-là aussi :

"Même les amis, même les camarades doivent être terrorisés", le brave Iejov, ex-chef des policiers russes.

Pour la route qui est jonchée de leurs cadavres, et de la joie du travail bien fait :

"Les communistes ne doivent pas renoncer à la terreur ; nous étions terroristes au début de la révolution et même avant et nous le resterons toujours", voilà une belle affirmation de Zinoviev (discours de Haller en 1920). Remarquons qu'il n'est jamais question de modifier cette disposition sanguinaire.

Nous avons affaire à des tueurs en séries "élu(e)s" par le peuple.
A suivre...

Écrit par : Looserman | 15/11/2007

Deux extraits de "L'Epopée d'une anarchiste" d'Emma Goldman retouvé dans mes archives et ne nécessitant aucun commentaire : en 1921 à Odessa "Nos camarades (anarchistes) nous apprirent que les autorités (bolchéviques) étaient d'une parfaite inefficacité, quand elles ne se livraient pas directement aux actions de "sabotage". Notre camarade Shakhvorostov nous raconta que la Tchéka s'était servie du mot d'ordre de Lénine, "Volez les voleurs", pour piller des maisons et des magasins en promettant de redistribuer les richesses aux ouvriers." ... "Nous reçûmes la visite du docteur Landesman, un sioniste qui animait un cercle d'intellectuels juifs" ... "La clinique du docteur Landesman était la meilleure d'Odessa avant d'être confisquée par les bolcheviks pour en faire une maison de repos pour les ouvriers. Mais pas un ouvrier ne s'y trouvait, ni même un membre ordinaire du Parti : elle était réservée aux hauts dignitaires et à leur famille. Le chef de la Tchéka, Deitsch, y séjournait actuellement pour soigner une "dépression nerveuse"..."

Écrit par : Novalis | 15/11/2007

Des "dépressions nerveuses" ?... Excusez-moi, mais je me marre : quelle engeance SENSIBLE ! Sans doute les pauvres biquets se reprochaient-ils amèrement de n'avoir point respecté le plan stakhanoviste d'élimination systématique des ennemis du peuple, par exemple de n'avoir réussi à faire crever de faim que 678.943 koulas au lieu des 700.000 prévus... Etape suivante : le suicide d'une balle dans la nuque, exercice ô cmbien acrobatique exécuté quotidiennement dans les sous-sols de la Loubianka...

Écrit par : Martial | 16/11/2007

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