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10/11/2007

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX (12)

MOISEI MARKOVICH GOLDSTEIN, dit VOLODARSKY

Voilà encore un météore dans le ciel bolchevique, qui, comme nous le verrons,  n’eut pas le temps d’exprimer tout ce qui était en lui.

cbbb5aa56c81ddc114c93b53b20965cb.jpgIl naît en 1891 dans une famille juive ukrainienne et participe à la révolution de 1905 (il était précoce) dans les rangs du Bund, le parti ouvrier juif, avant de rejoindre les mencheviks. Arrêté, exilé puis amnistié, il émigre aux Etats-Unis en 1913.

Dans les années 1916-17, on le retrouve collaborant au mensuel Novy Mir (Nouveau Monde), basé à New York. Il y rencontrera forcément Trotsky qui se trouvait également à New York à la même époque et qui collaborait lui aussi à ce journal révolutionnaire.

D’ailleurs, coïncidence curieuse, Volodarsky rentre en Russie en mai 1917, exactement comme Trotsky.  Peut-être sur le même bateau, le Kristianiafjord ?

En tout cas, le voilà à présent bolchevik pur sucre. Il est élu dans le courant de l’année à la Douma de Petrograd (Saint-Petersbourg, qui est alors la capitale du pays) et se fait connaître comme orateur et agitateur particulièrement actif et apprécié.

Lors de la révolution d’octobre, il est élu au Soviet Suprême (l’assemblée des « parlementaires ») et assume d’importantes responsabilités dans le secteur de la presse.

Hélas – pour lui – sa carrière, qui pourtant promettait, va prendre fin tragiquement en juin 1918 sous les balles d’un ouvrier révolutionnaire, Grigory Semyonov, lors d’échauffourées dans une usine de Petrograd.

En guise d’épitaphe, voici un extrait des lignes que lui consacrera Anatol Lunacharsky,  dans son recueil d’articles sur ses petits camarades, intitulé Revolutionary Silhouettes :

« …Il était impitoyable. Il n’était pas uniquement pénétré de la réalité de la révolution d’octobre, mais déjà d’un avant-goût des fureurs de la Terreur rouge qui devait survenir après sa mort. Pourquoi cacher que Volodarsky était un terroriste ? Il était profondément convaincu que si nous échouions à terrasser l’hydre contre-révolutionnaire, celle-ci nous dévorerait et avec nous, tous les espoirs qu’Octobre avait soulevés dans le monde entier.

C’était un combattant à l’état pur, prêt à aller partout où c’était nécessaire. Il y avait quelque chose de Marat dans son caractère impitoyable. Mais, contrairement à Marat, il recherchait la lumière du jour : jouer un rôle de conseiller de l’ombre, d’une éminence grise, voilà qui ne l’intéressait pas. Il lui fallait, au contraire, être toujours en pleine vue, avec son nez en bec d’aigle et son regard pénétrant, toujours en pleine voix avec ce grincement de la gorge, toujours au premier rang, cible pour ses ennemis, chef sur le terrain.

C’est pourquoi ils l’ont tué ».

Vous n’avez pas l’impression que finalement, Lunacharsky n’était pas si triste que ça de la perte prématurée de ce Marat impitoyablement bolchevique?

Commentaires

L'abominable Danton disait, avec une surprise effarée : "La Révolution dévore ses enfants !" Danton a d'ailleurs fini sur la bascule du coupe-cigare national ; puis, ce fut le tour du non moins ignoble Robespierre, qui l'y avait expédié en éclaireur. En définitive, n'est-ce pas la seule qualité de la Révolution que de commencer par assassiner ceux qui la fomentent, révélant ainsi son caractère à la fois meurtrier et suicidaire ?

Écrit par : Martial | 10/11/2007

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